Pourquoi et comment aménager le territoire ? Fiche brevet

I

L'aménagement pour répondre aux inégalités croissantes entre territoires français

A

Les acteurs de l'aménagement en France

Aménagement des territoires

L'aménagement des territoires regroupe l'ensemble des actions menées par différents acteurs pour modifier un territoire en répondant à des objectifs précis.

Afin de limiter les temps de transport entre Rennes et Paris, l'État et d'autres acteurs publics ont construit une Ligne à grande vitesse (LGV) ouverte en juillet 2017 permettant de relier les deux villes en moins d'1h30.

L'Union européenne n'a pas de compétences définies mais elle participe aux financements des projets d'aménagement.

L'État est le premier acteur de l'aménagement des territoires. Il fixe les grandes orientations de l'aménagement, finance des grands équipements, notamment dans le domaine des transports. Il dispose d'un organisme, le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), en charge des questions d'aménagement. Malgré les lois de décentralisation qui ont pour objectif de donner plus d'initiatives au niveau local, l'État garde un contrôle sur l'ensemble des actions d'aménagement puisqu'il participe en grande partie à leur financement et surveille leur exécution.

Les collectivités territoriales sont les 18 régions dont les 13 régions métropolitaines, les 35 287 communes françaises (au 1er janvier 2017). Les communes sont souvent regroupées dans des Établissements public de coopération intercommunale (EPCI) dont l'objectif est de réunir plusieurs communes afin de mener conjointement des projets d'aménagement. Chaque collectivité a des compétences propres.

Les communes sont en charge des écoles élémentaires, les départements des collèges et les régions des lycées.

L'État signe des contrats avec les collectivités territoriales pour encadrer, financer et surveiller les actions d'aménagement à toutes les échelles, comme les Contrats de plan État-région (CPER). Chaque collectivité territoriale met ensuite en place des documents d'urbanisme qui encadrent les actions d'aménagements au niveau du territoire concerné comme les Plan locaux d'urbanisme (PLU) pour les communes. Enfin, les entreprises participent à des actions d'aménagement et les citoyens jouent aussi un rôle par le biais des associations ou en s'investissant dans des débats publics.

B

Les enjeux de l'aménagement

L'aménagement a pour but de réduire les inégalités entre les territoires. Les acteurs de l'aménagement cherchent ainsi à développer les transports dans les zones les plus reculées, à généraliser l'accès à Internet, à permettre à tous de pouvoir accéder à des infrastructures de santé. Il intervient notamment dans les territoires ruraux et les zones industrielles en reconversion.

De plus en plus, l'aménagement a pour objectif de favoriser le dynamisme économique des territoires afin de rendre les entreprises qui s'y installent plus compétitives au niveau international. Les 71 pôles de compétitivité présents sur le territoire français visent ainsi à regrouper dans un territoire des entreprises innovantes et des laboratoires de recherche autour d'un domaine précis (pharmacie, aérospatial, etc.) afin de créer une dynamique commune.

Enfin, l'objectif le plus récent de l'aménagement des territoires est le développement durable. Cet objectif cherche à concilier réduction des inégalités, développement économique et protection de l'environnement.

II

Les territoires ultramarins français : une problématique spécifique

A

Des espaces diversifiés

Les territoires ultramarins français ont des statuts différents :

  • Les DROM (Départements et régions d'outre-mer) : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte. Dans ces territoires, la législation française s'applique comme en métropole.
  • Les COM (Collectivités d'outre-mer) : Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française. Ces territoires disposent d'un statut et d'institutions particuliers.
  • Il existe d'autres statuts pour la Nouvelle-Calédonie, les Terres australes et Antarctiques françaises (TAAF) et Clipperton.

Certains sont densément peuplés comme la Guadeloupe alors que d'autres sont des territoires quasiment désertiques comme la Guyane. La majorité de ces territoires ont des climats intertropicaux (chaud et humide) même si certains sont beaucoup plus froids (Saint-Pierre-et-Miquelon à un climat continental) voire polaires (TAAF). Enfin, les populations sont pluriethniques, hétérogènes, et portent souvent les héritages de l'esclavage.

B

Atouts et difficultés des milieux ultramarins

Les territoires ultramarins sont isolés, ce qui s'expliquent par leur insularité (sauf pour la Guyane) et leur distance de la métropole. À cet isolement s'ajoute la présence de nombreux risques naturels tels que les événements climatiques extrêmes (cyclones, ouragans, tornades, etc.), qui provoquent inondations et glissements de terrain mais aussi les séismes et le volcanisme actif. Ces facteurs cumulés ont des conséquences dévastatrices.

En septembre 2017, l'ouragan Irma qui a violemment touché les Antilles a ravagé l'ensemble de l'île de Saint-Martin. Le déploiement des secours a été rendu plus difficile à cause de son insularité.

Ces territoires sont aussi confrontés à des difficultés socio-économiques. Les économies sont fragiles et largement dépendantes de la métropole. Le taux de chômage y est particulièrement élevé.

Enfin, ces territoires ont de nombreux atouts :

  • Ce sont des espaces touristiques majeurs pour certains d'entre eux (les Antilles françaises notamment).
  • Ils accueillent des bases militaires et permettent ainsi à la France de pouvoir intervenir militairement dans le monde entier (comme Mayotte dans l'océan Indien).
  • Ils permettent à la France d'avoir de nombreuses Zones exclusives économiques (zones maritimes appartenant au pays côtier) et de disposer ainsi du deuxième espace maritime mondial.