Avancées et reculs des démocratiesCours

Pour Alexis de Tocqueville, la démocratie est un régime qui peut présenter des risques et tourner à la tyrannie. C'est le cas au Chili, où la démocratie est confisquée par Pinochet qui instaure une dictature. Toutefois, comme le soulignait Tocqueville, les sociétés semblent aller vers la démocratie, comme le prouvent les avancées démocratiques portugaise et espagnole dans les années 1970.
Dans quelle mesure les fragilités de la démocratie peuvent-elles conduire à des avancées ou à des reculs démocratiques ?

chronologie avancées reculs démocraties
I

L'inquiétude de Tocqueville : de la démocratie à la tyrannie

Selon Alexis de Tocqueville, l'histoire humaine a un sens, les sociétés vont vers la démocratie et l'égalité entre les hommes. Toutefois, la démocratie est un système politique imparfait qui peut conduire à la tyrannie.

A

Le sens de l'histoire

Pour Alexis de Tocqueville, la démocratie est un processus historique d'« égalisation des conditions ». Cette évolution est irrémédiable, les sociétés vont vers plus d'égalité et de liberté. L'égalisation de la société repose sur trois points.

Le séjour d'Alexis de Tocqueville aux États-Unis lui permet d'étudier la démocratie représentative américaine qu'il compare avec la société française. Loin d'être selon lui un système politique parfait, il voit dans la démocratie un régime qui peut présenter des risques.

Tocqueville pense la démocratie comme une société dans laquelle les relations sociales sont dominées par l'égalité des conditions entre individus, mais aussi comme un système politique, une forme de gouvernement, dans lequel le peuple exerce sa souveraineté.

Selon lui, le changement le plus radical que la démocratie introduit réside dans l'utilisation de l'égalité comme valeur fondamentale et principe de légitimité des sociétés modernes.

La démocratie est un processus historique d' « égalisation des conditions ». Elle s'oppose à une société aristocratique fondée sur la hiérarchie des classes sociales et l'autorité des traditions. Ce processus de démocratisation ne peut être entravé et ne doit pas l'être.

B

L'égalité

L'égalisation des conditions repose sur trois points : l'égalité des droits, l'égalité des chances et l'égalité de considération.

  • L'égalité des droits : tous les citoyens sont soumis aux mêmes lois.
  • L'égalité des chances : les positions sociales qu'occupent les individus ne sont pas équivalentes mais on devrait pouvoir accéder à un poste en fonction de son mérite, indépendamment de l'origine sociale. La mobilité sociale est possible en démocratie.
  • L'égalité de considération : « Les individus sont égaux et les individus se sentent égaux », selon Tocqueville, indépendamment des inégalités réelles. Il s'agit d'un état d'esprit, c'est la valeur centrale des sociétés démocratiques.
C

Le spectre de la tyrannie de la majorité

Les idées démocratiques d'égalité et de liberté tendent à produire des dérives et rendent la démocratie instable. Ces dérives peuvent conduire à la tyrannie de la majorité, à l'individualisme et au despotisme démocratique si l'on ne parvient pas à l'équilibre entre ces deux valeurs.

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La tyrannie de la majorité

La démocratie est la loi de la majorité. Tocqueville y voit le risque de la tyrannie de la majorité au dépend de la minorité. Pour lui, il faut empêcher la toute-puissance de la souveraineté du peuple par des contre-pouvoirs.

Avec des élections à la majorité des suffrages, les aspirations de la minorité peuvent être négligées. Pire, on peut l'empêcher de s'exprimer en la poussant à se plier à l'opinion dominante.

C'est pourquoi il faut empêcher la toute-puissance de la souveraineté absolue du peuple. Tocqueville préconise la mise en place de contre-pouvoirs entre l'État et les citoyens. Cela peut se faire grâce :

  • aux associations politiques. Elles rassemblent des individus autour d'intérêts publics communs. Elles sont ainsi les garantes d'une indépendance d'esprit et de liberté d'expression pour ceux qui sont minoritaires ;
  • à la séparation des pouvoirs. Elle protège la démocratie face à la tyrannie de la majorité.

 

En démocratie, il faut limiter :

  • La loi de la majorité, celle-ci n'ayant pas toujours raison dans ses prises de décision.
  • La loi de la minorité qui confisquerait les décisions au prétexte que les aspirations de la minorité doivent être prises en compte.
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L'individualisme

La démocratie peut être rendue instable par la montée de l'individualisme dans la société.

Individualisme

L'individualisme est une doctrine qui privilégie les intérêts de l'individu.

En favorisant l'égalité et l'accroissement du bien-être matériel, la démocratie brise les liens de dépendance entre individus. L'individu espère que son bien-être matériel peut encore s'accroître sans compter sur autrui. Il devient individualiste, seuls ses intérêts comptent. L'individu peut alors se replier uniquement sur sa vie privée, se déresponsabiliser et oublier ses devoirs de citoyen. Cela conduit au despotisme démocratique.

3

Le despotisme démocratique

L'homme individualiste est prêt à abandonner sa souveraineté à des représentants élus et à un pouvoir qui lui garantit l'égalité de traitement et le bien-être matériel. Le danger est que l'individu se retrouve seul face à un État despotique.

Despotisme démocratique

Le despotisme démocratique est l'idée qu'un État finit par prendre en charge et contrôler toutes les sphères de la vie économique et sociale par le biais de ses agents.

II

De la démocratie à la dictature : le coup d'État d'Augusto Pinochet au Chili

Dans la seconde moitié du XXe siècle, des gouvernements démocratiquement élus sont renversés par des coups d'État ou des révolutions. C'est le cas du Chili, qui est marqué par un recul de la démocratie entre 1973 et 1990 avec l'instauration du régime de Pinochet.

A

Le contexte latino-américain

Dès 1947, l'Amérique latine est un lieu de tension entre les États-Unis et l'URSS dans le cadre de la guerre froide. Les tensions idéologiques entre les deux Grands participent au recul démocratique du Chili.

Dès 1947, l'Amérique latine devient le théâtre des enjeux de la guerre froide qui oppose les États-Unis et l'URSS. Les États-Unis imposent leur politique d'endiguement (stopper le communisme) aux pays latino-américains :

  • En 1947, le traité de Rio garantit l'assistance mutuelle en cas d'agression par l'URSS.
  • En 1948, l'Organisation des États américains est créée.
  • À partir des années 1950, les États-Unis favorisent et consolident les régimes anticommunistes en Amérique latine.

 

Pour les États-Unis, ce n'est pas la démocratie mais la dictature qui est devenue la forme la plus efficace de gouvernement afin de lutter contre le communisme.

En 1961, la CIA aide 1 500 mercenaires anticastristes à reprendre Cuba aux communistes de Fidel Castro. C'est un échec. L'île devient une dictature communiste alliée de l'URSS dans la région, comme en témoigne la crise des fusées de Cuba en 1962.

Les coups d'État se multiplient en Amérique latine dans les années 1960 contre la menace communiste. Les militaires qui arrivent au pouvoir sont majoritairement soutenus par les États-Unis. Des dictatures répressives sont mises en place : en Équateur en 1963, en Bolivie et au Brésil en 1964, au Pérou et au Panama en 1968.

Durant cette période, seuls quelques États d'Amérique latine sont des exceptions démocratiques, dont le Chili.

B

Le régime de Pinochet (1973−1990)

La démocratie est un régime instable et fragile. Dans un contexte de crise, elle peut être menacée par des courants conservateurs ou révolutionnaires. Le coup d'État du général Augusto Pinochet au Chili en 1973 est un exemple du recul de la démocratie au profit de l'établissement d'une dictature militaire.

chronologie régime Pinochet
1

Une démocratie instable 

Salvador Allende est le président du Chili. Son gouvernement est démocratique et socialiste. Il fait passer plusieurs mesures insuffisantes dans un contexte de crise sociale et économique. 

En 1970, le Chili est l'un des rares pays encore démocratiques en Amérique latine. Le président socialiste Salvador Allende a été élu démocratiquement à la faveur d'élections libres et pluralistes.

La démocratie chilienne est fragilisée par la crise économique et l'accroissement des inégalités. 

Allende conduit les réformes promises par l'Unité populaire (alliance des gauches) pendant la campagne électorale. Il prend plusieurs résolutions qui doivent permettre de redistribuer les richesses :

  • une augmentation de 40 % à 60 % des salaires minimum ;
  • un plafonnement des prix des biens de consommation ;
  • une réforme agraire pour que les petits paysans puissent accéder à la terre ;
  • la nationalisation des mines de cuivre dont la production représente 80 % des exportations du pays.

 

Malgré ces mesures, la situation se dégrade : la production alimentaire s'effondre, le mécontentement croît dans la population et les milieux économiques.

Le 1er décembre 1971 a lieu la « marche des casseroles vides ». L'année 1972 est marquée par des manifestations et des grèves.

Cette instabilité économique et sociale fragilise la démocratie chilienne. On constate une forte instabilité ministérielle.

Entre 1970 et 1973, six gouvernements se succèdent au Chili.

2

Le coup d'État de Pinochet

En 1973, la CIA soutient le coup d'État de l'armée. Le général Pinochet prend le pouvoir et instaure une dictature violente qui conduit à la mort de nombreuses personnes.

Pour répondre à l'instabilité ministérielle, les parlementaires votent une résolution demandant au président Allende et aux militaires de restaurer l'ordre constitutionnel. Une première tentative de coup d'État a lieu en août 1973. Puis, le 11 septembre 1973, l'armée, avec à sa tête le général Augusto Pinochet, renverse le président Allende. Ce projet est soutenu par la CIA. Allende se suicide.

Après avoir été une démocratie, le Chili devient une dictature militaire.

Augusto Pinochet exerce le pouvoir de façon violente. Il multiplie les violations des Droits de l'homme à l'encontre de sa population. Au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre le communisme, il participe à l'opération Condor et met en œuvre un terrorisme d'État qui conduit à :

  • la mort de 2 200 à 3 100 personnes ;
  • la torture de 27 000 personnes ;
  • l'emprisonnement de 150 000 personnes pour des motifs politiques ;
  • l'exil de dizaines de milliers de Chiliens.
coup État général Pinochet

© Wikimedia Commons

III

De la dictature à la démocratie : les transitions espagnole et portugaise

Dans les années 1970, le Portugal et l'Espagne sont deux exemples d'avancées démocratiques réussies alors même qu'en Asie, en Amérique latine et en Afrique, les régimes autoritaires se multiplient.

transitions espagnole portugaise dictature démocratie
A

Le contexte autoritaire au Portugal et en Espagne

Jusque dans les années 1970, le Portugal et l'Espagne sont deux pays européens aux régimes autoritaires. Les valeurs démocratiques y sont bafouées, tandis que la modernisation économique et sociale y est freinée.

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Le régime autoritaire de Salazar au Portugal

Entre 1926 et 1974, le Portugal est un régime autoritaire. De 1932 à 1968, il est dirigé par Antonio de Oliveira Salazar qui met en place l'Estado Novo, l'État nouveau, un régime conservateur, catholique et nationaliste.

L'État nouveau est caractérisé par :

  • Un parti unique au pouvoir, l'Union nationale, qui s'appuie sur l'Église catholique et les corporations.
  • Une surveillance de la population. En 1933, Salazar crée une police politique, la Police de surveillance et de défense de l'État (PVDE), qui devient en 1945 la Police internationale et de défense de l'État, la PIDE. Leur rôle est de surveiller la population, de traquer les opposants au régime et d'appliquer la censure. La presse, les partis politiques et les syndicats sont interdits. La police politique et l'armée surveillent au quotidien la population par l'intermédiaire d'indicateurs, les bufos. Les opposants politiques sont exilés ou envoyés dans des centres de rétention où ils sont torturés.
  • Le maintien de l'empire colonial portugais par la force et la guerre.

 

Salazar est contre le communisme, il aide Franco contre les républicains espagnols, qui sont communistes, et rejoint l'OTAN (anticommuniste, puisque du côté des États-Unis).

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Le régime autoritaire de Franco en Espagne

L'Espagne devient un régime autoritaire en 1939. Jusqu'en 1975, ce régime est dirigé par le général Francisco Franco. Le régime de Franco repose sur l'armée et l'Église catholique. Toutefois, la population n'est pas opposée à Franco qui a permis des améliorations économiques.

La dictature franquiste, ou État franquiste, s'appuie sur des principes nationaliste, catholique et anticommuniste dont l'armée et l'Église sont les garantes.

La population espagnole est étroitement surveillée par l'armée. La période 1939−1945 est marquée par la « terreur blanche » au cours de laquelle les opposants politiques sont massivement éliminés. Deux milices font régner la terreur : la Guardia Civil sévit dans les espaces ruraux et la Policia Armada frappe dans les zones urbaines. L'Espagne entière est en libertad vigilada. Franco délègue aux services de sécurité une puissance importante.

  • Servicio de Informacion del Ejercito : ce service réprime les derniers républicains encore présents à l'intérieur du pays et gère les informations pour sanctionner tous ceux qui peuvent être considérés comme déloyaux ou hostiles au général Franco.
  • Servicio Central de Documentacion de la Presidencia del Gobierno : ce service privilégie l'espionnage de toutes les personnes qui s'opposent résolument au régime franquiste, notamment dans les manifestations, les grèves ou encore dans les affronts avec la police.

 

Le tribunal militaire décide des sentences et procède à l'élimination des ennemis politiques :

  • Entre 600 000 et 700 000 Espagnols deviennent des prisonniers politiques.
  • Entre 100 000 et 200 000 personnes sont exécutées ou mortes dans les prisons franquistes à Madrid.
  • Près de 100 000 républicains sont exécutés entre mars 1939 et mars 1940.

 

Le régime s'appuie sur l'Église pour restaurer l'ordre moral traditionnel. L'institution religieuse participe activement à la recatholisation de la société espagnole. Cela se traduit par :

  • Des interdictions : le mariage civil est annulé, les avortements et les divorces sont interdits. Certaines manifestations récréatives contraires à la morale sont condamnées.
  • Des pratiques : on observe de nombreuses processions religieuses, la multiplication des baptêmes, l'organisation de la censure morale dans le cinéma, la séparation des sexes dans les piscines, etc.

 

Dans les années 1950, Franco engage l'Espagne dans un début de modernisation économique. Dans les années 1960, la classe moyenne apparaît et on constate un relatif essor économique.

En Espagne, le PIB augmente de 7,5 % par an entre 1960 et 1968, puis de 6,8 % par an entre 1968 et 1973.

Le symbole de cette nouvelle donne économique est l'ouverture du pays au tourisme de masse.

1,4 million de touristes visitent l'Espagne en 1955.
33 millions de touristes visitent l'Espagne en 1972.

L'exemple espagnol illustre bien les craintes de Tocqueville. D'après l'historien Bartolomé Bennassar, si des élections s'étaient tenues dans les années 1960, Franco aurait été élu. Les Espagnols auraient accepté la privation de leurs libertés en contrepartie d'une amélioration de leurs conditions de vie.

B

Des transitions démocratiques réussies dans les années 1970

Dans les années 1970, le Portugal et l'Espagne réussissent leur passage de la dictature à la démocratie au point d'être érigés en exemples. Toutefois, l'avancée démocratique de ces deux pays ne se fait pas sans incertitudes ni heurts.

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Les facteurs

Durant les années 1960, plusieurs facteurs expliquent la démocratisation du Portugal et de l'Espagne : la croissance économique, la montée des contestations intérieures, l'insertions des deux pays dans les relations internationales et le retrait des deux dictateurs.

Dès les années 1960, le Portugal et l'Espagne connaissent une modernisation économique, le niveau de vie des populations s'améliore.

Le revenu mensuel moyen par tête des Espagnols est passé de 315 $ en 1960 à 827 $ en 1971.

Dans les deux pays, on observe la montée des contestations intérieures :

  • L'Espagne est agitée par des grèves qui éclatent dans les Asturies, puis dans le Pays basque, à Madrid et à Barcelone. L'État franquiste fait face à la montée des séparatismes basque et catalan ainsi que des actions clandestines menées par le parti communiste. Sur le plan religieux, l'Église catholique se divise entre traditionalistes et progressistes qui se reconnaissent du Vatican II.
  • Au Portugal, l'impasse des guerres coloniales en Angola et au Mozambique nourrit les oppositions.

 

L'insertion progressive du Portugal et de l'Espagne dans les relations internationales explique également la démocratisation des deux pays :

  • Le Portugal entre dans l'OTAN en 1949 et à l'ONU en 1955.
  • Le Portugal et l'Espagne ouvrent leurs frontières aux investissements étrangers.
  • Les deux pays intègrent la Communauté économique européenne (CEE). En échange, ils doivent respecter l'État de droit et des libertés fondamentales. En 1970, un premier accord d'association est signé entre l'Espagne de Franco et la CEE.

 

Les retraits de Salazar et Franco dans la gestion de l'État est un autre facteur de démocratisation de ces deux pays :

  • Victime d'un accident vasculaire cérébral en 1968, Salazar est contraint de se retirer du pouvoir pour laisser place à Marcelo Caetano.
  • De plus en plus affecté par la maladie de Parkinson, Franco désigne le prince Juan Carlos de Bourbon, petit-fils du dernier roi d'Espagne, comme son successeur en 1969. En 1970, il choisit l'amiral Luis Carrero Blanco comme chef du gouvernement.

 

Les transitions démocratiques portugaise et espagnole s'inscrivent dans le long terme.

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Les caractéristiques de ces transitions démocratiques

Le Portugal et l'Espagne partagent des caractéristiques communes dans leur transition vers la démocratie : la transition est pacifique, assurée par des acteurs politiques déjà au pouvoir qui s'engagent dans le rétablissement des libertés fondamentales. 

Les transitions démocratiques sont pacifiques :

  • En Espagne, la proclamation en 1975 de Juan Carlos comme chef de l'État est conforme à la loi de succession de 1969.
  • Au Portugal, un coup d'État militaire non violent, organisé par le Mouvement des Forces armées, renverse Marcelo Caetano en 1974. L'armée déclenche une révolution, appelée « révolution des Œillets ». Le général Antonio de Spinola prend la tête du coup d'État militaire.

 

Dans les deux pays, la transition démocratique est assurée par des acteurs déjà au pouvoir dans les dictatures salazariste et franquiste.

  • Au Portugal, le général Antonio de Spinola est gouverneur militaire de Guinée-Bissau en 1968 puis vice-chef d'État-Major des armées en 1974. Il exerce la charge de président de la République en 1974 après le coup d'État.
  • En Espagne, Juan Carlos est dans la lignée des rois d'Espagne.

 

Ces acteurs politiques participent à des gouvernements provisoires qui s'engagent dans le rétablissement des libertés fondamentales.

  • Au Portugal, les prisonniers politiques sont libérés, les libertés sont rétablies et le Mozambique, le Cap-Vert, l'Angola et la Guinée-Bissau obtiennent leur indépendance.
  • En Espagne, les exilés peuvent enfin revenir, ils ne sont plus menacés de mort.
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Des transitions compliquées

Les processus démocratiques portugais et espagnol ne s'effectuent pas sans heurts. Les Portugais craignent un nouveau coup d'État, les Espagnols redoutent une nouvelle guerre civile.

La révolution des Œillets ouvre la voie à une période d'instabilité au Portugal au cours de laquelle s'affrontent les partisans de l'ordre ancien et les partisans de la démocratie. Le pays est au bord de la guerre civile et connaît une importante agitation sociale : grèves, manifestations, occupations d'usines et mises à sac. 

En 1975, des ouvriers en grève prennent 250 députés et le Premier ministre en otage. Ce coup d'État est un échec qui met fin au processus révolutionnaire. C'est la victoire des modérés. Le pays entre dans une phase de normalisation de la vie politique avec, en 1976 :

  • l'adoption d'une constitution qui met en place une démocratie représentative parlementaire ;
  • la subordination de l'armée au pouvoir civil ;
  • la tenue d'élections libres et pluralistes. Le socialiste Mario Soares est nommé chef du gouvernement.

 

Le processus de démocratisation est renforcé par l'entrée du Portugal dans la Communauté économique européenne (CEE) en 1986.

La transition démocratique espagnole ne se fait pas non plus sans incertitudes ni heurts. Au milieu des années 1970, les Espagnols craignent une nouvelle guerre civile. Les tensions se cristallisent autour de :

  • la liquidation de la dictature et l'établissement de la démocratie ;
  • l'organisation territoriale et des nationalités ;
  • des questions économiques et sociales. 

 

La société espagnole est confrontée à la violence :

  • de la police, comme à Vitoria en 1976 ;
  • des groupes paramilitaires d'extrême droite (Triple A) qui procèdent à des assassinats (tuerie dans le cabinet d'avocats à Atocha en 1977) ;
  • des nationalistes basques (ETA) et catalans (Terra Lliure) qui font usage de la lutte armée (ETA est à l'origine de 118 morts en 1980) ;
  • des groupes révolutionnaires antifascistes qui font également usage de la lutte armée.

 

Le roi Juan Carlos doit faire face à la situation :

  • En 1976, il nomme Adolfo Suarez comme chef du gouvernement. Ce dernier entreprend des réformes essentielles à la réussite de la transition démocratique : légalisation des partis politiques, amnistie pour tous les prisonniers politiques. 
  • En 1978, la Constitution est adoptée : l'Espagne devient une monarchie parlementaire et démocratique. 

 

Cependant, l'armée reste majoritairement conservatrice et hostile à la démocratie. Une tentative de coup d'État militaire par le colonel Antonio Tejero a lieu en 1981. C'est un échec, la démocratisation se poursuit : la victoire des socialistes de Felipe Gonzalez aux élections législatives marque la première alternance politique post Franco.

Le processus de démocratisation est renforcé, comme pour le Portugal, par l'entrée de l'Espagne dans la Communauté économique européenne en 1986.

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