Les frontières en débatPersonnages

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Willy Brandt

1913−1992

Willy Brandt est né en 1913. « C'est un Allemand qui a traversé le XXe siècle, témoin de ce que l'Allemagne y a fait de pire et acteur de son rachat et de son relèvement – sans jamais être un héros idéal. » Ainsi s'exprime, en 2013, sa biographe française, l'historienne Hélène Miard-Delacroix. En effet, c'est un homme politique social-démocrate (socialiste) et un homme d'État allemand de premier plan. De son vrai nom Karl Herbert Frahm, il s'engage très tôt dans les jeunesses socialistes et, à l'arrivée au pouvoir de Hitler en 1933, il émigre en Norvège où il prend le pseudonyme Willy Brandt, puis en Suède. Au lendemain de 1945, journaliste, il revient en Allemagne et devient un membre actif du parti social-démocrate allemand (SPD), le parti socialiste ouest-allemand. Il en gravit tous les échelons : maire de Berlin-Ouest (1957−1966), vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères de la RFA de 1966 à 1969 dans un gouvernement de coalition avec la droite, puis chancelier de 1969 à 1974 – 1er chancelier social-démocrate depuis 1949, date de la création de la RFA. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1971 pour son Ostpolitik. Il décède en 1992.

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Mikhaïl Gorbatchev

1931

Mikhaïl Gorbatchev est né en 1931 en URSS. Fils de paysan, il devient après des études de droit un brillant cadre communiste, repéré par le chef du KGB (les services secrets soviétiques), Iouri Andropov. Il était de ceux qui connaissaient la réalité du pays. À François Mitterrand, président français, qui lui demandait depuis quand l'agriculture soviétique était en crise, il fit cette réponse époustouflante : « Depuis 1917. » Il arrive au pouvoir le 11 mars 1985 à 54 ans et tente de réformer l'URSS, constatant qu'elle connaît une triple crise profonde : économique et sociale, politique et internationale. Il met en place une nouvelle politique : d'une part, la perestroïka [terme fort : « pere » (à nouveau) et « stroïka » (chantier)] qui vise à restructurer l'économie et la société et, d'autre part, la glasnost [« transparence »] qui insère des éléments de liberté au sein du régime totalitaire soviétique. Cette politique a aussi des conséquences en matière de politique étrangère. Il a conscience du coût onéreux de la guerre froide et de la nécessité de mettre fin à la course aux armements tout en encourageant des réformes dans les démocraties populaires. Sa politique étrangère et son refus de recourir à la force pour réprimer les mouvements de contestation des régimes politiques de l'Europe de l'Est, notamment en Allemagne de l'Est, vont accélérer la dislocation de l'« empire est-européen soviétique » à partir de l'été 1989. Il accepte la réunification allemande en 1991 et la démocratisation de l'Europe de l'Est et, face aux mouvements de contestation et de dislocation à l'intérieur même de l'URSS, finit par démissionner le 25 décembre 1991 d'un État qui n'existe plus, achevant définitivement la guerre froide.