La mise en œuvre du projet républicainPersonnages

-

Georges Boulanger

(1837 – 1891)

Général devenu ministre de la Guerre en 1886, il est hostile aux monarchistes et refuse de faire tirer la troupe sur les ouvriers grévistes. Sa grande popularité effraie les républicains qui l'écartent du gouvernement et le mettent en retraite en 1888. Il réunit alors autour de lui les nombreux ennemis et déçus de la république et entame une carrière politique qui culmine lorsqu'il est élu député à Paris en 1889. Il refuse de commettre un coup d'État comme le lui suggèrent ses partisans et, poursuivi, s'enfuit en Belgique avant de se suicider en 1891.

-

Alfred Dreyfus

(1859 – 1935)

Capitaine dans l'armée française, Alfred Dreyfus est d'origine alsacienne et de confession juive. En 1894, il est arrêté et condamné sur de fausses accusations pour avoir transmis des documents militaires à l'Allemagne. Dégradé, il est envoyé au bagne. En 1896, un autre militaire prouve la culpabilité du capitaine Esterhazy, qui est toutefois acquitté. En 1898, une campagne de presse est lancée par Émile Zola pour demander la révision du procès de Dreyfus. Le second procès le condamne malgré tout à 10 ans d'emprisonnement avec « circonstances atténuantes ». En 1906 , la Cour de cassation annule le procès de 1899 et réhabilite Dreyfus qui obtient la Légion d'honneur.

-

Jules Ferry

(1832 – 1893)

Avocat de formation, il est élu député en 1869. Il est maire de Paris au moment de la Commune. Hostile à l'Ordre moral, il participe à la création de la gauche républicaine sous la présidence de Mac Mahon. Il devient l'un des « pères de la République » en exerçant dans plusieurs ministères. À l'Instruction publique, il instaure la laïcisation de l'enseignement. Devenu ministre des Colonies, il défend l'idée d'une mission civilisatrice de la France et lance la conquête de la Tunisie, du Congo et du Tonkin. Il devient président du Sénat en 1893.

-

Léon Gambetta

(1838 – 1882)

Hostile à l'empire, il devient le porte-parole des républicains en 1869 et proclame la République le 4 septembre 1870 en devenant ministre de l'Intérieur du gouvernement de Défense nationale. Il essaie d'organiser la poursuite de la guerre contre l'Allemagne sur la Loire mais doit démissionner sous la pression des partisans de la paix. Il est élu député et lutte contre l'influence des monarchistes en prenant la tête de l'opposition au président Mac Mahon en 1877. Il devient ensuite président de la Chambre des députés et chef du gouvernement en 1881 – 1882.

-

Patrice de Mac Mahon

(1808 – 1893)

Général sous le Second Empire, il est victorieux en Crimée et en Italie, ce qui lui permet de devenir sénateur en 1856 et maréchal en 1859, puis gouverneur général de l'Algérie en 1864. Il est nommé général en chef des armées après la défaite de Sedan et réprime l'insurrection de la Commune. Il est choisi par les monarchistes pour devenir président de la République en 1873, afin de rétablir la monarchie à laquelle il est favorable. Il dissout pour cela la Chambre des députés en 1877, espérant une victoire monarchiste aux élections suivantes. Son échec le pousse à démissionner en 1879.

-

Adolphe Thiers

(1797 – 1877)

Avocat, journaliste et historien, il prend la tête du mouvement libéral durant la Restauration avec pour objectif d'instaurer une monarchie parlementaire sur le modèle anglais. Il contribue à l'arrivée au pouvoir en 1830 de Louis-Philippe, le « roi des Français », et devient son ministre des Affaires étrangères puis son chef du gouvernement. Opposé au virage réactionnaire de la monarchie, il démissionne en 1840 et entre dans l'opposition. Devenu républicain conservateur, il adhère à l'Ordre moral en 1848, mais combat Napoléon III à partir de 1851. Après la défaite de Sedan, il s'oppose à la poursuite de la guerre et négocie la paix avec le chancelier allemand Bismarck en cédant l'Alsace-Lorraine. En 1871, il devient le premier président de la IIIe République et fait réprimer la Commune de Paris. Mais malgré cela, il déplaît aux monarchistes et doit céder la place à Mac Mahon en 1873.

-

Louise Michel

(1830 – 1905)

Devenue institutrice à 20 ans, elle dirige deux écoles libres dans son département d'origine avant de s'installer à Paris. Chantre de l'éducation populaire, elle fréquente les milieux politiques révolutionnaires sous le Second Empire. Elle prend une part active dans les événements de la Commune, dont elle est la « Vierge rouge ». Arrêtée sur les barricades lors de la Semaine sanglante, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle poursuit sa mission d'éducatrice du peuple auprès des indigènes Canaques. Amnistiée avec les autres communards en 1880, elle rentre en France pour mener une carrière de conférencière révolutionnaire et d'auteure.

-

Victor Hugo

(1802 – 1885)

Victor Hugo devient une gloire littéraire et le chef de file du mouvement romantique en 1830, suite à la polémique autour de sa pièce Hernani. Il défend la fonction sociale du poète. À partir de 1843, il se lance en politique suite à l'échec d'une pièce de théâtre et à la mort accidentelle de sa fille Léopoldine. D'abord monarchiste et conservateur, il se rapproche de plus en plus des républicains. En 1851, il s'oppose au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte dans les colonnes de son journal. Contraint à l'exil, il se sert de son œuvre pour s'opposer à Napoléon III (Les Châtiments). Rappelé en France à la chute de l'Empire en 1870, il devient le poète officiel de la IIIe République qui transfert sa dépouille au Panthéon en 1885.