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Biographie de Victor Hugo Cours

Victor Hugo est né en 1802 et mort en 1885. Habité par une grande ambition littéraire dès le plus jeune âge, il a marqué l'histoire du XIXe siècle par l'ampleur de son œuvre et son investissement politique. Génie littéraire, poète, dramaturge, romancier et homme d'État, Victor Hugo est une figure emblématique d'une époque troublée par une histoire complexe. Le peuple, hommes comme femmes et enfants, a besoin de la reconnaissance de ses droits fondamentaux. Luttant contre la misère, le travail des enfants, la peine de mort ou l'injustice en général, Victor Hugo a renouvelé la littérature.

I

Enfance et influences

Victor-Marie Hugo est né à Besançon le 26 février 1802. Ses parents sont :

  • Joseph Léopold Sigisbert Hugo, général d'Empire (1773−1828)
  • Sophie Trébuchet, jeune femme issue de la bourgeoisie nantaise (1772−1821)

Vers 1813, Sophie Trébuchet se sépare de son mari car elle entretient une relation avec le parrain et précepteur de Victor Hugo.

Victor Hugo est le benjamin d'une fratrie de trois enfants. Ses deux frères sont Abel Joseph et Eugène. Il passe son enfance à Paris et voyage à plusieurs reprises en Espagne et en Italie en raison de l'activité militaire de son père. Lors de l'un de ces voyages, il fait une halte à Hernani, une ville du pays basque espagnol. Peut-être ce voyage inspirera-t-il son œuvre dramatique Hernani. Pensionnaire dans un collège de Madrid durant quelques années, il marque un attachement à l'Espagne qu'il met en scène dans différentes œuvres comme Ruy Blas ou Hernani. Il vit une enfance plutôt heureuse, nouant des liens très proches avec sa mère.

Sophie Trébuchet entretiendra une relation adultère avec le parrain et précepteur de Victor Hugo, Victor Fanneau de Lahorie. Accusé d'être un conspirateur, elle le cachera au domaine des Feuillantines. Le jeune Hugo est très proche de son parrain qui devient comme un second père. Il lui apprend le latin. Il lui enseigne aussi qu'un homme de conviction doit se battre pour la liberté. Lahorie sera arrêté et fusillé en 1812, ce qui marque profondément le jeune Hugo. Il défendra toute sa vie la liberté et l'abolition de la peine de mort. Sophie Trébuchet se sépare de son mari peu après.

De retour en France, il commence à écrire des poèmes dès l'âge de douze ans. Autodidacte, il est ambitieux et passionné par la littérature. À quatorze ans, il écrit : "Je veux être Chateaubriand ou rien !". Il suit des cours en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand à Paris. Avec ses frères, il fonde la revue Le Conservateur littéraire en 1819 et se fait remarquer par le roi qui lui octroie une rente. Encouragé par sa mère et ses frères, il gagne de nombreux concours d'écriture et publie son premier recueil poétiques, intitulé Odes, en 1821 à l'âge de dix-neuf ans.

II

Une vie sentimentale et sociale source de créativité

En 1822, après la mort de sa mère dont il était très proche, il décide d'épouser Adèle Foucher, son amie d'enfance, dont il aura cinq enfants :

  • Léopold (1823 − 1823) : mort à moins de trois mois.
  • Léopoldine (1824 − 1843) : décédée lors d'un accident de canot à l'âge de 19 ans, elle a inspiré de nombreux poèmes à Victor Hugo, comme le célèbre Demain, dès l'aube.
  • Charles (1826 − 1871) : journaliste politique, il est le seul enfant de Victor Hugo à laisser une descendance.
  • François-Victor (1828 − 1873) : il est connu pour sa traduction en français de l'intégralité des œuvres de William Shakespeare.
  • Adèle (1830 − 1915) : elle est la seule enfant à avoir survécu à son père mais son état mental fragile lui a valu de nombreuses années en maison de santé.

Adèle Foucher et Victor Hugo, qui sont restés mariés pendant 46 ans jusqu'à la mort d'Adèle, ont une vie sociale très active, source de débats, de culture et d'enrichissement. Ils reçoivent beaucoup d'invités et fréquentent des personnalités littéraires telles que Mérimée, Musset, Lamartine ou Sainte-Beuve.

Avec la création d'Hernani, les répétitions et l'effervescence autour de la pièce, Adèle Foucher, délaissée, se rapproche de Sainte-Beuve, ami du couple. Ils entretiennent une relation jusqu'en 1837. L'opposition personnelle entre les deux hommes se traduira par une farouche opposition littéraire par la suite.

En 1833, Victor Hugo rencontre Juliette Drouet, une actrice qui devient sa maîtresse, pour laquelle il se prend d'une vive passion qui durera jusqu'à sa mort. Il lui dédie de nombreux poèmes. Cela ne l'empêchera pas d'entretenir d'autres relations avec Léonie D'Aunet et Alice Ozy, par exemple.

En 1841, malgré l'opposition de certains anciens réfractaires au romantisme et après plusieurs échecs, il entre à l'Académie française. Mais en 1843, sa fille meurt tragiquement noyée, avec son mari. Victor Hugo, alors en voyage avec Juliette Drouet, apprend la nouvelle dans les journaux. Très affecté, il cesse toute activité littéraire jusqu'à son exil.

III

Une action politique engagée

Après le deuil de sa fille, il s'engage en 1844 dans la politique. En avance sur son temps, il prend position sur des sujets sensibles.

A

La question sociale

On retrouve l'intérêt que Hugo porte à la question sociale dans Les Misérables, roman dans lequel il retrace le parcours tragique de ceux qui n'ont pas de droits. Dans une réunion publique qu'il préside en 1879, Hugo dénonce encore la misère.

La question sociale reste. Elle est terrible mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas !

Victor Hugo

Il défend également la condition féminine et dénonce le travail des enfants.

B

L'abolition de la peine de mort

Ayant assisté à des exécutions dans son enfance, et fortement marqué par celle de son parrain, Victor Hugo souhaite l'abolition de la peine de mort. Ayant déjà assisté dans son enfance à des exécutions capitales, il témoigne dans son œuvre de la cruauté et de l'injustice de ce châtiment.

Le Dernier Jour d'un condamné en 1829 puis Claude Gueux en 1834 sont deux œuvres qui abordent la question de la peine de mort.

La littérature ne lui suffit pas, il entre en politique pour s'impliquer davantage. Il utilise tous les moyens pour se faire entendre : Chambre des pairs, Sénat, Assemblée nationale. On retient son discours du 15 septembre 1848 à l'Assemblée dans lequel il dénonce avec virulence la peine de mort.

Messieurs, il y a trois choses qui sont à Dieu et qui n'appartiennent pas à l'homme : l'irrévocable, l'irréparable, l'indissoluble. Malheur à l'homme s'il les introduit dans ses lois. Tôt ou tard elles font plier la société sous leurs poids, elles dérangent l'équilibre nécessaire des lois et des mœurs, elles ôtent à la justice humaine ses proportions ; et alors il arrive ceci, réfléchissez-y, messieurs, que la loi épouvante la conscience.

Victor Hugo

Discours contre la peine de mort prononcé à l'Assemblée constituante le 15 septembre 1848

15 septembre 1848

C

La lutte contre l'oppression politique

Initialement confident de Louis-Philippe, Victor Hugo soutient ensuite la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République en 1848. Cette année-là, Hugo est nommé maire puis député et siège parmi les conservateurs. Il prononce son Discours sur la misère en juillet 1849 à l'assemblée législative.

Pourtant fervent admirateur de Napoléon Ier, Victor Hugo rompt avec son neveu Louis-Napoléon Bonaparte, lorsque ce dernier soutient le retour du pape à Rome. Très déçu, il juge Napoléon III comme une pâle copie de son oncle. Il se détourne progressivement de ses alliés politiques. Suite au coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, qui devient Napoléon III, Hugo s'exile en Belgique où il rédige des pamphlets contre le nouvel empereur. Il rejoint ensuite les îles de Jersey, puis Guernesey.

Bien qu'élevé par une mère proche de la tradition royaliste, il est partisan d'une certaine forme de démocratie.

D

Un engagement qui mène à l'exil

Après huit mois passés à Bruxelles, Victor Hugo apprend son bannissement. Il part sur l'île de Jersey et entame une période littéraire prolifique.

Dans ses écrits, Hugo condamne Napoléon III qu'il surnomme Napoléon le Petit. En 1855, à force d'attaques, notamment envers la reine Victoria, il est chassé de Jersey et s'installe à Guernesey. Il publie alors en 1853 Les Châtiments, qui attaque le Second Empire, puis Les Contemplations en 1856 et La Légende des siècles en 1859, ainsi que Les Misérables en 1862.

IV

Des funérailles nationales

En 1859, Napoléon III signe une amnistie générale des prisonniers politiques, ce qui signifie pour Victor Hugo qu'il est gracié. Mais ce dernier refuse cette grâce de la part de celui qu'il juge être illégitime, "l'usurpateur", comme il l'appelle. Il écrit : "Quand la liberté rentrera, je rentrerai".

Après la défaite de l'armée française à Sedan durant la guerre franco-prussienne en 1870, Hugo revient enfin en France où les Parisiens lui réservent un accueil triomphal. Il participe à l'effort de guerre et est élu à l'Assemblée nationale en 1871.

Quand éclate la Commune de Paris, il désapprouve avec virulence la répression depuis la Belgique où il se trouve. Il est expulsé de Belgique et séjourne alors au Luxembourg. À son retour en France, fin 1871, il se présente à nouveau aux élections mais cette fois il est battu, jugé trop complaisant à l'égard des communards. Il se rend à nouveau à Guernesey et rédige son dernier roman, Quatrevingt-treize, sur le thème de la Révolution française. En 1878, victime d'un malaise cérébral, il est contraint de prendre du repos et met un terme à sa carrière littéraire.

En 1881, le gouvernement Ferry promulgue une loi dite de "réparation nationale" pour dédommager les victimes du coup d'État de Napoléon III. Victor Hugo apparaît comme une figure emblématique de la résistance et son œuvre littéraire fait de lui un modèle incontesté.

Il meurt le 22 mai 1885 dans son hôtel particulier. Sa notoriété est si grande qu'il est honoré par des funérailles nationales. Son cercueil est exposé sous l'Arc de Triomphe pour permettre au peuple de lui rendre un dernier hommage. Il est ensuite inhumé au Panthéon, suivi par une immense foule. Environ deux millions de personnes se seraient déplacées pour assister à ces funérailles.