Le travail Théories

La dialectique de la nature et de la culture

Claude Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss

Les Structures élémentaires de la parenté

1947

La technique participe à ce que Claude Lévi-Strauss nomme la dialectique de la nature et de la culture, c'est-à-dire le passage, par transformation, de la nature à la culture. Or, c'est justement comme un acte de transformation que le travail est défini. Technique et travail sont indissociables l'un de l'autre. Ils sont également ce qui différencie les hommes de tous les autres animaux.

Posons donc que tout ce qui est universel, chez l'homme, relève de l'ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier.

Claude Lévi-Strauss

Les Structures élémentaires de la parenté

1947

L'arraisonnement

Martin Heidegger

Martin Heidegger

"Essais et conférences"

1951

Le monde habité par l'homme n'a ainsi plus rien de "naturel". Martin Heidegger conçoit la technique comme un "arraisonnement", c'est-à-dire une mise à la raison, presque une "mise au pas" du monde naturel. René Descartes, déjà, définissait la technique comme une manière de rendre les hommes "maîtres et possesseurs de la nature". L'homme a travaillé "contre" un monde extérieur initialement "hostile" ou du moins indifférent. Il est parvenu à maîtriser en partie la nature grâce à la technologie. Toutefois, le travail n'a pas des effets uniquement sur la nature, il en a aussi sur l'homme lui-même.

Bâtir, habiter, penser.

Martin Heidegger

Essais et conférences

1951

La dialectique du maître et de l'esclave

Hegel

Hegel

Phénoménologie de l'esprit

1807

Hegel développe la dialectique du maître et de l'esclave dans son ouvrage Phénoménologie de l'esprit (1807). Il montre que le travail, au départ "subi" par un être dépendant, forme et éduque le travailleur. Celui-ci acquiert des savoirs et des savoir-faire qui constituent une formation essentielle. Le maître, au contraire, sombre dans l'oisiveté, l'ennui et la guerre destructrice. Ainsi, le travail, devenu rapidement une dépendance, est aussi, par le progrès technique, la conquête d'une liberté, celle de la connaissance. Sans devenir "l'esclave de son esclave", le maître devient dépendant dans la mesure où il ne travaille pas car il a besoin du savoir technique de son esclave.

Le maître se rapporte médiatement à la chose par l'intermédiaire de l'esclave ; l'esclave, comme conscience de soi en général, se comporte négativement à l'égard de la chose et la supprime ; mais elle est en même temps indépendante pour lui, il ne peut donc par son acte de nier venir à bout de la chose et l'anéantir ; l'esclave la transforme donc seulement par son travail. Inversement, par cette médiation, le rapport immédiat devient pour le maître la pure négation de cette même chose ou la jouissance ; ce qui n'est pas exécuté par le désir est exécuté par la jouissance du maître ; en finir avec la chose : l'assouvissement dans la jouissance. Cela n'est pas exécuté par le désir à cause de l'indépendance de la chose ; mais le maître, qui a interposé l'esclave entre la chose et lui, se relie ainsi seulement à la dépendance de la chose, et purement en jouit. Il abandonne le côté de l'indépendance de la chose à l'esclave, qui l'élabore.

Hegel

Phénoménologie de l'esprit

1807