Terminale ES 2016-2017
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Terminale ES 2016-2017

Comment expliquer l'instabilité de la croissance ?

La croissance est un phénomène irrégulier et instable. Les fluctuations économiques forment des cycles plus ou moins long au travers desquels il est possible d'étudier les différentes phases de la croissance. Au cours du XXe et XXIe siècle, l'économie mondiale a connu trois grandes crises : la crise de 1929, la crise de 1973 et la crise de 2008. Les fluctuations économiques répondent à trois grandes explications : les chocs d'offre, les chocs de demande et le cycle de crédit.

I

La croissance est instable : fluctuations et crise

A

Les cycles de croissance

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Fluctuations économiques

Fluctuations économiques

Les fluctuations économiques désignent l'ensemble des mouvements de ralentissement ou d'accélération du rythme de la croissance économique. Les fluctuations sont repérées avec la mesure des variations du volume de production, du chômage, des prix ou encore de la variation de stock.

Lorsque les fluctuations économiques présentent un caractère régulier, on parle de cycle économique. Chaque cycle est constitué de différentes phases possibles :

  • Expansion économique : le taux de croissance augmente (la croissance "accélère"), donc le volume de production croît de plus en plus vite. Souvent, cette période s'accompagne d'inflation (car les prix augmentent avec la demande), et de profits croissants pour les entreprises.
  • Ralentissement : le taux de croissance reste positif mais diminue (la croissance "ralentit"), donc le volume de production continue à augmenter, mais de moins en moins vite.
  • Crise : au sens strict, il s'agit d'un point de retournement brutal de la conjoncture. Au sens large, on utilise ce terme pour désigner l'ensemble de la période durant laquelle la croissance est faible et le chômage élevé.
  • Récession : la croissance ralentit fortement, éventuellement jusqu'à devenir négative. Si le taux de croissance devient négatif, ce qui signifie que le volume de production diminue. On dit que l'économie entre en récession si le taux de croissance est négatif pendant au moins deux trimestres consécutifs. Cela a par exemple été le cas en France en 1974, 1993 et 2009.
  • Dépression : c'est une diminution importante et durable de la production. Ce phénomène s'accompagne souvent d'une déflation (baisse des prix et des salaires). Exemple : 1929.
  • Reprise : le taux de croissance redevient positif, donc le volume de production ré-augmente après avoir diminué.
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Les différents cycles économiques

L'activité économique est marquée par des fluctuations cycliques qui prêtent à discussion. Les économistes ont souvent tenté de relever et d'expliquer des cycles réguliers, à partir d'observations statistiques, et ont formulé plusieurs théories portant sur des cycles de longueurs différentes. On présente ici trois des principales théories traditionnelles des cycles économiques.

  • Les cycles de Juglar (élaborés par l'économiste français Clément Juglar en 1862) : Juglar est l'un des premiers à mettre en évidence l'existence de cycles réguliers de l'activité et de l'emploi. Il observe des cycles de moyen terme (ils durent entre 8 et 10 ans), appelés également cycles des affaires. Ces cycles comprennent trois phases : une phase d'expansion économique, qui aboutit à une période de spéculation où les agents prennent des risques trop élevés. Cela débouche sur une crise, puis une phase de "liquidation" au cours de laquelle l'emploi et l'activité sont au point bas.
  • Les cycles de Kitchin (théorisés par le statisticien anglais Joseph Kitchin en 1923) : Kitchin prouve statistiquement l'existence de cycles d'activité courts (ils durent environ 40 mois) liés à la variation de stock. En période d'expansion, les entreprises produisent et constituent des stock. Lorsque la demande ralentit, les entreprises produisent d'autant moins qu'elles ont des stocks à écouler.
  • Les cycles de Kondratiev : Nikolai Kondratiev est un économiste soviétique qui met en évidence en 1926 l'existence de cycles économiques de long terme, de 40 à 50 ans. Il distingue une phase A durant laquelle les prix, l'emploi et la production augmentent, et une phase B, suite à un retournement, durant laquelle ces indicateurs varient à la baisse.
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L'irrégularité de la croissance

L'analyse des fluctuations économiques repose notamment sur l'étude de l'écart entre la croissance effective et la croissance potentielle.

  • La croissance effective : c'est la croissance réellement mesurée pendant une période donnée.
  • La croissance potentielle : elle correspond au niveau maximal de croissance durable du PIB. Elle définit la croissance maximale possible du PIB sur le long terme, c'est-à-dire le niveau de production maximal que l'on pourrait obtenir avec une pleine utilisation des capacités de production, sans surexploiter les ressources (sinon, ce niveau devrait ensuite baisser).

Deux situations peuvent être étudiées :

  • Lorsque le taux de croissance effective est supérieur au taux de croissance potentielle (on parle d'"écart de production positif", ou "output gap positif"), l'économie est proche du plein-emploi des capacités de production. L'économie atteint donc ses limites de capacités de production, alors que la demande continue d'augmenter (car les revenus augmentent). Cela peut entraîner des tensions inflationnistes (surchauffe).
  • Lorsque le taux de croissance effective est inférieur au taux de croissance potentielle (on parle d'"écart de production négatif", ou "output gap négatif"), toutes les capacités de production ne sont pas employées. Notamment, le facteur travail est sous-employé, ce qui signifie qu'il existe du chômage. Les entreprises diminuent leur prix pour augmenter leur production, ce qui peut entraîner une dépression.

L'écart ("gap") entre croissance effective et potentielle permet d'appréhender l'instabilité de la croissance et de déterminer les politiques à suivre. Lorsque la croissance n'assure pas le plein-emploi :

  • Soit on considère que la croissance effective est inférieure à la croissance potentielle. Dans ce cas, il faut relever la croissance effective, ce qui relève d'une politique conjoncturelle (à court terme, il faut relancer l'offre et la demande).
  • Soit on considère que c'est la croissance potentielle qui est insuffisante. Dans ce cas, il faut mener une politique structurelle, car la croissance potentielle dépend de déterminants de long terme de l'économie (par exemple, les capacités de production en travail et en capital qui sont disponibles dans l'économie).

En France, alors que la croissance potentielle était de 2,1% pour la période de 2008 à 2011, l'augmentation du PIB n'a été que de 1,4% en 2010 et de 1,7% en 2011.

B

Deux siècles de fluctuations et de crises

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La crise de 1929

Les années 1920 correspondent à une période de prospérité économique ("La prospérité est au coin de la rue" aurait dit le président américain Herbert Hoover, élu de 1929 à 1933). Cette période est caractérisée par une forte augmentation de la production, un accès facilité au crédit et à la bourse.

En 1929, sur le marché boursier américain, une bulle spéculative se met en place. Les agents achètent des actions dans le seul but de les revendre plus cher (et non de bénéficier des dividendes). Étant donné que les taux d'intérêt sont bas et donc l'accès au crédit facile, beaucoup d'agents empruntent de l'argent pour cela. De ce fait, le cours des actions (c'est-à-dire leur prix sur le marché) ne cesse d'augmenter. C'est ce que l'on appelle un climat d'"euphorie boursière".

Cependant, dans ce contexte, il suffit d'un choc minime pour que les agents cessent de croire qu'ils pourront faire des profits en revendant leurs actions, et dès lors, plus personne ne veut acheter d'actions et les cours s'effondrent. C'est ce qui se passe le jeudi 24 octobre 1929, souvent nommé "jeudi noir" : un krach boursier. La bourse de New York s'effondre, car tous les spéculateurs cherchent à vendre leurs actions et baissent les prix, mais plus personne ne veut acheter. Les ménages endettés (qui avaient notamment emprunté pour acheter des actions) se retrouvent ruinés, car ils ne peuvent plus revendre leurs actions, et la consommation s'effondre. Les spéculateurs ne peuvent plus rembourser leurs emprunts aux banques, qui se retrouvent en faillite, et ne peuvent donc faire de crédits pour financer l'investissement. L'offre s'effondre donc aussi, et la crise boursière se transforme en crise économique.

Étant donné que la production chute, les entreprises licencient leurs salariés, ce qui aggrave la chute de la consommation et donc la baisse des prix. L'économie américaine est alors entraînée dans une spirale déflationniste, c'est la "Grande Dépression" des années 1930.

Déflation

La déflation correspond à une baisse du niveau général des prix qui perdure dans le temps.

La déflation caractérise souvent une période de réduction simultanée de la production, des revenus et des prix, car la baisse des prix entraîne une baisse de la production, donc une baisse des salaires (ou une augmentation des licenciements), ce qui provoque une diminution de la consommation qui fait encore baisser les prix. C'est ce que l'on appelle une spirale déflationniste.

La crise se propage peu à peu au monde entier, car les banques américaines en difficultés retirent leurs capitaux dans les banques étrangères, notamment européennes. Celles-ci, à leur tour, ne peuvent plus faire de prêts, et les économies nationales européennes s'effondrent. En conséquence, le chômage de masse s'installe. Traditionnellement, le chômage était une période de transition relativement courte qui touchait régulièrement les ouvriers. Lors de la crise des années 1930, le chômage devient un chômage de long terme, et touche toutes les catégories de population.

Dans de nombreux pays, l'État intervient massivement pour relancer l'économie, à l'exemple du "New Deal" mis en place par F.D. Roosevelt, qui succède à H. Hoover comme président des États-Unis. Il lance notamment des grands travaux d'aménagement aux États-Unis (construction de routes et de barrages), établit des salaires minimaux. Cette politique est nouvelle, et diffère profondément des traditions libérales qui voulaient que l'État se cantonne à un rôle économique minimal.

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La crise des années 1970

Cette crise succède aux "Trente Glorieuses". En 1973 a lieu le premier choc pétrolier : les cours du pétrole ont fortement augmenté (prix du baril multiplié par quatre), provoquant une forte augmentation des coûts de production pour les entreprises (en l'absence de produits de substitution, cette hausse du prix du baril se répercute sur l'ensemble des dérivés). Les entreprises voient leur marge se réduire et augmentent les prix. La production recule dans de nombreux secteurs, puis stagne. Les investissements s'effondrent, alors que la consommation continue d'augmenter. Cela ne s'explique pas uniquement par la hausse des prix du pétrole, mais aussi par des facteurs de long terme. Progressivement, la demande de biens d'équipement de la part des ménages, qui a alimenté la croissance des Trente Glorieuses, se sature, car les ménages sont quasiment tous équipés. Le secteur tertiaire se développe, mais il offre moins de gains de productivité possibles que les secteurs primaire et secondaire.

La crise des années 1970 est ainsi marquée par une forte inflation conjuguée à une croissance faible, ce qui donne naissance au terme de "stagflation" qui caractérise cette période. Le pouvoir d'achat des ménages chute, ce qui a un impact sur la demande globale (baisse de la consommation et de l'investissement). Le chômage augmente lentement mais durablement, l'activité économique entre en récession et le commerce international ralentit (bien que poursuivant son expansion).

Le deuxième choc pétrolier, en 1979, renforce les effets du premier choc (triplement du prix du baril). Les idées libérales reviennent en force face à l'essoufflement des politiques keynésiennes (celles-ci sont mises en échec par la stagflation, car les modèles keynésiens soutiennent généralement que l'inflation et le maintien de la consommation permettent de lutter contre le chômage et le ralentissement de la croissance). Cela conduit à mener des politiques dont l'objectif est notamment de limiter l'inflation, sous l'influence des économistes monétaristes.

Désinflation

La désinflation correspond à un ralentissement de l'inflation (ralentissement de la hausse des prix).

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La crise de 2008

La crise de 2008 est une crise qui trouve son origine dans l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis en 2007. C'est pourquoi on parle aussi de crise des subprimes.

Les subprimes sont des prêts immobiliers à taux variables consentis à des ménages américains peu solvables (c'est-à-dire avec un fort risque de faire défaut). Pour se prémunir du risque, les banques ont eu recours à deux dispositifs : l'hypothèque (les ménages mettent en gage leur maison, qui est saisie et revendue au profit de la banque s'ils ne peuvent rembourser) et la titrisation (les banques ont transformé ces crédits risqués et garantis par la valeur des maisons des emprunteurs en titres financiers échangeables sur les marchés financiers). Le manque de transparence de ces titres a participé à la détention de subprimes par de nombreux acteurs à travers le monde, sans que ceux-ci ne connaissent le niveau de risque auxquels ils s'exposaient. En 2006 et 2007, la bulle immobilière éclate aux États-Unis, c'est-à-dire que les prix de l'immobilier s'effondrent. Les maisons gagées ne valent plus rien, et lorsque les ménages font défaut, les banques ne peuvent plus se rembourser en vendant les maisons. Les banques se retrouvent donc en difficulté, de même que tous les acteurs qui détenaient des titres subprimes. Ils ne parviennent plus à vendre de titres, car les agents ayant compris que ceux-ci sont plus risqués que prévus, cessent de se faire confiance. Le marché est donc asséché, c'est-à-dire que plus personne n'arrive à y vendre de titres pour obtenir des liquidités. Le volume de l'offre de titres sur le marché monétaire devient très supérieur à la demande, le manque de confiance se propage à l'ensemble des marchés de capitaux ce qui précipite le krach boursier de l'automne 2008. Les banques font face à une crise de liquidités.

À partir de 2008 − 2009, la crise bancaire se propage à l'économie réelle : les banques n'octroient plus de crédits aux ménages et aux entreprises. La consommation et l'investissement s'effondrent, la demande globale se contracte, les entreprises en difficultés de trésorerie font faillite, la production recule et le chômage augmente. Il s'agit bien d'une crise économique.

Enfin, dernier épisode de la crise, les États qui mettent en place des politiques conjoncturelles de relance pour contrecarrer les effets de la crise (notamment le chômage et le sous-investissement) se heurtent rapidement à l'augmentation croissante de leur déficit public. Les créanciers perdent alors confiance dans la capacité des États à rembourser leur dette, et ceux-ci se retrouvent en difficulté, c'est la crise des dettes souveraines. C'est notamment le cas de l'Irlande, du Portugal, de l'Espagne et surtout de la Grèce en 2010, qui finit par négocier avec des banques créancières le non-remboursement d'une partie de ses dettes.

II

Comment expliquer l'instabilité de la croissance ?

A

Les chocs d'offre et de demande

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Les chocs d'offre

Choc d'offre

Un choc d'offre est une perturbation imprévue de l'activité économique liée à la hausse ou la baisse brutale de la situation économique des offreurs, et qui a des effets directs en termes de hausse ou de diminution des quantités offertes sur le marché. Les chocs d'offre peuvent être positifs (augmentation des quantités offertes) ou négatifs (diminution des quantités offertes).

Un choc correspond à une modification brutale et le plus souvent exogène (c'est-à-dire d'origine extérieure au fonctionnement de l'économie) d'une variable qui modifie la situation des agents.

Les chocs d'offre négatifs sont le plus souvent la conséquence d'une augmentation des coûts de production, à l'image des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Ils peuvent également provenir d'une augmentation des salaires plus rapide que l'augmentation de la productivité, ou encore d'un alourdissement de la fiscalité. Ces chocs négatifs affectent la production des entreprises : ils peuvent augmenter les prix ou diminuer la production (donc réduire l'emploi) ce qui a un impact sur la demande globale (consommation des ménages et investissement).

Il existe également des chocs d'offre positifs. Ce sont notamment les chocs technologiques, ou "chocs de productivité". Une innovation peut permettre de réaliser subitement des gains de productivité et réduire les coûts de production, ce qui entraîne une baisse des prix et stimule ainsi la demande et la production, donc la croissance économique.

2

Les chocs de demande

Choc de demande

Les chocs de demande sont une perturbation de l'activité économique liée à une hausse ou une baisse brutale de la demande globale. Ces chocs peuvent être positifs ou négatifs.

Comme les chocs d'offre, les chocs de demande peuvent être positifs ou négatifs et affecter une ou plusieurs composantes de la demande globale (consommation des ménages, investissement, mais aussi importations et exportations).

Les chocs de demande ont des effets cumulatifs :

  • L'augmentation des impôts, une baisse des salaires ou une hausse des prix produisent un choc de demande négatif. Cela entraîne une diminution de la production, et favorise ainsi la montée du chômage, qui fait à son tour diminuer la demande globale.
  • À l'inverse, une augmentation des salaires peut favoriser une hausse de la demande et stimuler ainsi la production des entreprises, qui a donc plus de revenus à redistribuer et peut augmenter les salaires, etc.
B

Le rôle des banques

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Le cycle du crédit

Le crédit est à la base du processus de production économique, puisque la plupart des agents ont recours au crédit pour accéder aux moyens de production en vue de produire. Il joue aussi un rôle important dans les cycles économiques, car il a tendance à les accentuer.

En phase d'expansion économique, les banques octroient souvent des crédits de plus en plus facilement, c'est-à-dire à des taux de plus en plus bas. Les agents peuvent ainsi s'endetter afin de consommer (pour les ménages) ou investir (pour les entreprises), ce qui alimente la croissance et l'optimisme de tous les acteurs économiques.

Cependant, au fil de ces périodes, le taux d'endettement des agents augmente. Des crédits sont donc accordés à des agents de moins en moins solvables, et sont donc de plus en plus risqués. Des comportements spéculatifs se développent, c'est-à-dire que des bulles se forment : des agents s'endettent pour acheter des titres avec pour seule fin de les revendre. Il s'agit d'opérations risquées, car le cours de ces titres augmente très vite, et au moindre retournement de conjoncture, leur valeur s'effondre, et ceux qui les détiennent sont ruinés.

Ce phénomène a été nommé le "paradoxe de la tranquillité" par Hyman P. Minsky. Il désigne ainsi le fait que les périodes de tranquillité sont souvent des périodes où les crises se préparent, notamment via des crédits de plus en plus faciles.

Symétriquement, en cas de retournement de la conjoncture, les crédits sont de plus en plus difficiles à obtenir, ce qui accentue la crise économique. En effet, lorsqu'une bulle se développe dans une période d'euphorie boursière, les actifs qui constituent une bulle sont surévalués, c'est-à-dire que le cours des titres est très artificiellement élevé par rapport à ce qu'ils valent réellement. Par exemple, le cours d'une action peut être mille fois supérieur aux dividendes auxquels elle donne droit. Si les agents perdent confiance dans le fait qu'ils pourront revendre ces titres encore plus cher, plus personne n'en veut, et leurs cours s'effondrent. Les agents qui les détiennent se retrouvent ruinés, et souvent, ces agents devaient de l'argent à des banques qui se retrouvent à leur tour en difficulté. Elles accordent donc de moins en moins de crédits, car elles veulent n'accorder des crédits qu'aux agents dont elles sont sûres qu'ils les rembourseront.

Les mécanismes qui avaient accéléré la croissance jouent dans le sens d'une amplification de la récession, voire de la dépression : l'endettement a participé au "boom économique" et le retournement des anticipations et la contraction de l'offre de crédit favorise la crise. En effet, certains agents, qui auraient besoin de crédits pour pouvoir faire face à leurs échéances (c'est-à-dire pour rembourser les intérêts d'autres crédits) sont donc conduits à faire défaut, et la crise s'amplifie. Ce rationnement du crédit diminue la chute de la demande globale (baisse de l'investissement et de la consommation lié à la chute de l'offre de crédit) et la hausse du chômage.

C'est souvent via le crédit qu'une crise financière (éclatement d'une bulle sur le marché financier) se transforme en crise économique (diminution de la production, augmentation du chômage).

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La déflation par la dette

La déflation par la dette est un phénomène mis en évidence par Irving Fischer (1867 − 1947). Lors de l'éclatement d'une bulle, les agents économiques qui détenaient un actif surévalué se retrouvent surendettés, car ils ne peuvent plus revendre à un prix supérieur l'actif qu'ils ont acheté grâce à un crédit. Pour pouvoir rembourser leur emprunt, ils vendent donc massivement tous les actifs dont ils disposent. Cependant, puisque beaucoup d'agents le font en même temps, ces ventes sont généralisées, et aboutissent à la baisse du prix des actifs, dû à la supériorité du nombre d'offreurs par rapport aux acheteurs. Puisque le prix de ces actifs diminue (c'est un phénomène de "déflation"), les autres agents qui en possédaient se retrouvent ruinés, puisque ces actifs ont perdu leur valeur. Ils vendent donc à leur tour tous les actifs qu'ils ont, en entretiennent une baisse généralisée des prix et une propagation de la crise financière.

Ce mécanisme caractérise par exemple la crise de 1929 : pour rembourser leurs dettes, les agents vendent massivement leurs actifs, voire leurs voitures, pour pouvoir rembourser, ce qui précipite la chute des prix et l'augmentation de l'endettement général.

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