Entendre la musiqueCours

L'air qui vibre devient un son uniquement lorsque le cerveau l'a traité : avant, il n'est qu'une vibration. 

Comment l'oreille et le cerveau transforment-ils une vibration en son ? Quels sont les risques d'une exposition trop intense à certains sons ?

I

Le rôle de l'oreille dans la transmission du son au cerveau

A

L'organisation de l'oreille

L'oreille est constituée :

  • de l'oreille externe : pavillon et conduit auditif ;
  • de l'oreille moyenne : tympan et osselets (marteau, enclume et étrier) ;
  • de l'oreille interne : fenêtre ovale, cochlée.
Organisation de l'oreille

Organisation de l'oreille

B

De l'onde sonore au message nerveux

L'onde sonore suit le parcours suivant à l'intérieur de l'oreille :

  • Dans l'oreille externe : l'onde sonore est captée par le pavillon qui la transmet au conduit auditif. L'onde est alors amplifiée. Le conduit auditif la transporte ensuite vers l'oreille interne. 
  • Dans l'oreille moyenne : l'onde sonore fait vibrer le tympan qui amplifie davantage le son. Il est relié aux osselets qui transportent le message : le marteau vibre, puis l'enclume, puis l'étrier. De nouveau, le son est amplifié.
  • Dans l'oreille interne : l'onde sonore fait osciller une membrane sur la fenêtre ovale de la cochlée. Celle-ci est constituée de cellules ciliées comportant des cils vibratiles. Ceux-ci entrent en résonance avec les vibrations reçues et les traduisent en message nerveux électrique. Ce message se dirige vers le cerveau.
La transmission du son

La transmission du son

II

Le rôle du cerveau dans l'audition

A

L'interprétation du message nerveux dans le cerveau

Le message nerveux parvient au cerveau grâce au nerf auditif. Il arrive dans l'aire auditive primaire, située dans le cortex du lobe temporal

Cortex cérébral

Le cortex cérébral est la couche de cellules grises située à la surface du cerveau comme une enveloppe (« cortex » signifie « enveloppe » en latin).

Le lobe temporal dans le cortex cérébral

Le lobe temporal dans le cortex cérébral

C'est le lobe temporal qui assure la majeure partie du traitement des informations relatives aux sons, mais d'autres structures cérébrales sont impliquées. 

Des cellules nerveuses faisant partie du cervelet sont activées.

L'interprétation de l'univers sonore dans le cortex cérébral permet par exemple :

  • d'identifier un bruit ;
  • de reconnaître une voix ou une mélodie.

 

C'est aussi au moment de l'interprétation d'un son dans le cortex cérébral que des émotions sont générées.

La tristesse ressentie lors de l'écoute d'un morceau triste est liée à l'interprétation du son dans le cortex cérébral.

L'IRM (imagerie par résonance magnétique) permet de voir quelles zones du cerveau sont utilisées lorsque l'on écoute un son. 

-
B

Le développement des facultés auditives

Les facultés auditives peuvent se développer, se perfectionner. 

Lorsqu'on fait de la musique, on apprend à reconnaître les notes (do, , mi, fa, sol, la, si, do). La première fois que l'on entend une note, on ne la reconnaît pas. Plus on s'entraîne, plus le cerveau est habitué à ce message nerveux et peut le traduire : on finit par reconnaître plus rapidement une note de musique.

Avec de l'entraînement, le cerveau se réorganise : ce ne sont pas les mêmes aires cérébrales qui sont activées chez un individu qui s'est entraîné à reconnaître un son, et chez un individu qui ne l'a pas fait.

III

L'audition : un sens fragile

Les sons produisent des vibrations de l'air ou ondes sonores que l'oreille va transmettre au cerveau. Les sons audibles par les humains ont des fréquences comprises entre 20 et 20 000 Hz dont le niveau d'intensité sonore varie approximativement entre 0 et 120 dB

Différents seuils d'intensité sonore

Différents seuils d'intensité sonore

Les bruits trop intenses, supérieurs à 90 dB, provoquent des lésions des cellules ciliées de l'oreille interne : les cils vibratiles de ces cellules peuvent être détruits. Les symptômes de ces lésions sont des sifflements et des bourdonnements d'oreille. 

Les cellules ciliées existent en nombre limité chez l'être humain : leur destruction est irréversible. En s'accumulant, les dommages peuvent conduire à une surdité.

En évitant l'exposition prolongée ou répétée à des sons trop intenses, ou en utilisant des protections auditives, on préserve son audition.