Identifier le lexique appréciatif, le lexique affectif et le lexique abstrait Exercice fondamental

Dans chacun des extraits suivants, le lexique noté en gras est-il appréciatif, affectif ou abstrait ?

Est-ce la Volupté qui, pour ses doux mystères,
Furtive, a rallumé ces lampes solitaires ?

(Alfred de Vigny, "Dolorida")

Je défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur cœur bondisse d'indignation et crie leur révolte, en pensant à l'expiation démesurée, là-bas, à l'île du Diable.

(Émile Zola, "J'accuse...!")

Il est terrible
le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim

(Jacques Prévert, "La Grasse Matinée")

L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans mœurs ni politesse : ils se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l'on commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes, et des amours ridicules.

(Jean de La Bruyère, Les Caractères)

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !

(Charles Baudelaire, "Le Voyage")

Il y a de certaines vérités qu'il ne suffit pas de persuader, mais qu'il faut encore faire sentir : telles sont les vérités de la morale.

(Montesquieu, Lettres persanes)

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

(Alphonse de Lamartine, "L'Isolement")

Cette menace d'un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très effrayante ; mais après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été : et ce qu'il y a de plus bizarre est que ce châtiment m'affectionna davantage encore à celle qui me l'avait imposé.

(Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions)

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

(Charles Baudelaire, "La Beauté")

J'aime le plus chinois aux nues
J'aime la plus nue aux écarts d'oiseau

(Paul Éluard, "La Parole")