Interpréter les relations lexicales dans un texteExercice fondamental

Dans la strophe suivante, dans quel but l'auteur emploie-t-il  les homonymes notés en rouge ?

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. »

Paul Verlaine, « Mon rêve familier », Poèmes saturniens, 1866

Dans l'extrait suivant, dans quel but l'auteur emploie-t-il  les antonymes notés en rouge ?

« Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée »

Jacques Prévert, « Barbara », Paroles, © Le Point du Jour, coll. « Le Calligraphe », 1946

Dans l'extrait suivant, dans quel but l'auteur emploie-t-il les hyperonymes et les hyponymes notés en rouge ?

« La grande puissance était surtout la publicité. Mouret en arrivait à dépenser par an trois cent mille francs de catalogues, d'annonces et d'affiches. Pour sa mise en vente des nouveautés d'été, il avait lancé deux cent mille catalogues, dont cinquante mille à l'étranger, traduits dans toutes les langues.

Maintenant, il les faisait illustrer de gravures, il les accompagnait même d'échantillons, collés sur les feuilles. C'était un débordement d'étalages, le Bonheur des Dames sautait aux yeux du monde entier, envahissait les murailles, les journaux, jusqu'aux rideaux des théâtres. Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu'elle finit fatalement par aller au bruit. »

Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883

Dans l'extrait suivant, dans quel but l'auteur emploie-t-il des synonymes notés en rouge ?

« "Quel temps, me dit-elle, au fond l'été sans fin de Balbec est une vaste blague. Vous ne faites rien ici ? On ne vous voit jamais au golf, aux bals du Casino ; vous ne montez pas à cheval non plus. Comme vous devez vous raser. Vous ne trouvez pas qu'on se bêtifie à rester tout le temps sur la plage. Ah ! vous aimez à faire le lézard. Vous avez du temps de reste. Je vois que vous n'êtes pas comme moi, j'adore tous les sports ! Vous n'étiez pas aux courses de la Sogne ? Nous y sommes allés par le tram et je comprends que ça ne vous amuse pas de prendre un tacot pareil ! nous avons mis deux heures ! J'aurais fait trois fois l'aller et retour avec ma bécane." Moi qui avais admiré Saint-Loup quand il avait appelé tout naturellement le petit chemin de fer d'intérêt local, le tortillard, à cause des innombrables détours qu'il faisait, j'étais intimidé par la facilité avec laquelle Albertine disait le "tram", le "tacot". Je sentais sa maîtrise dans un mode de désignations où j'avais peur qu'elle ne constatât et ne méprisât mon infériorité. Encore la richesse de synonymes que possédait la petite bande, pour désigner ce chemin de fer ne m'était-elle pas encore révélée. En parlant, Albertine gardait la tête immobile, les narines serrées, ne faisait remuer que le bout des lèvres. »

Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918

Dans le poème suivant intitulé « L'Effraie », dans quel but l'auteur emploie-t-il le paronyme de « effroi » ? On peut s'aider des mots notés en rouge.

« La nuit est une grande cité endormie
où le vent souffle... Il est venu de loin jusqu'à
l'asile de ce lit. C'est la minuit de juin.
Tu dors, on m'a mené sur ces bords infinis,
le vent secoue le noisetier. Vient cet appel
qui se rapproche et se retire, on jurerait
une lueur fuyant à travers bois, ou bien
les ombres qui tournoient, dit-on, dans les enfers.
(Cet appel dans la nuit d'été, combien de choses
j'en pourrais dire, et de tes yeux...) Mais ce n'est que
l'oiseau nommé l'effraie, qui nous appelle au fond
de ces bois de banlieue. Et déjà notre odeur
est celle de la pourriture au petit jour,
déjà sous notre peau si chaude perce l'os,
tandis que sombrent les étoiles au coin des rues. »

Philippe Jaccottet, « L'Effraie », L'Effraie et autres poésies, © Gallimard, coll. « Métamorphoses », 1953

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