Des milieux africains à valoriser et à ménagerCours

En Afrique australe, les ressources sont très abondantes. Elles sont néanmoins sous pression, notamment l'eau qui devient rare dans certains pays. Il faut donc préserver et ménager ces milieux naturels. 

Quelles sont les ressources valorisées par l'exploitation des milieux naturels en Afrique australe ? À quels défis ces milieux naturels sont-ils confrontés ?

I

Des milieux naturels variés et des ressources abondantes

A

La variété des paysages naturels

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Un ensemble régional composé de plusieurs États

L'Afrique australe est un territoire dont les limites peuvent varier selon les ouvrages. Le plus souvent, cet ensemble régional comprend les pays suivants : l'Angola, la Zambie, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe, le Botswana, la Namibie, le Swaziland, le Lesotho, l'Afrique du Sud, les îles de l'océan Indien, Madagascar et les Comores.

Les États qui composent l'Afrique australe
Les États qui composent l'Afrique australe
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Un territoire dominé par les hauts plateaux

L'Afrique australe se caractérise par la prédominance de hauts plateaux qui se situent à plus de 1 000 m d'altitude.

Quelques chaînes montagneuses se démarquent, avec un point culminant à plus de 2 500 m en Namibie et surtout le Drakensberg, massif d'Afrique du Sud dont le point culminant dépasse 3 400 m. Les plaines sont étroites et littorales.

Les principaux reliefs en Afrique australe
Les principaux reliefs en Afrique australe
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Des climats à dominante tropicale

L'Afrique australe se situe au sud de l'équateur, dans la zone intertropicale des climats chauds pour la plus grande partie de son territoire. Le domaine le plus vaste est le domaine tropical, avec d'importantes nuances dans la répartition des saison sèche et humide. 

Climat tropical

Un climat tropical se caractérise par des températures élevées et par l'alternance d'une saison sèche et d'une saison humide (plus ou moins longues selon que l'on s'éloigne ou que l'on se rapproche de l'équateur).

Les territoires les plus au nord se caractérisent par un climat nettement plus humide, avec une saison des pluies plus marquée (favorisant une végétation de forêt dense puis de savane), mais la majorité du territoire de l'Afrique australe présente un climat tropical sec ou aride (le désert du Namib en Namibie est parmi les plus spectaculaires). Les territoires les plus au sud se situent dans la zone tempérée, avec notamment un climat méditerranéen au sud de l'Afrique du Sud. Les massifs montagneux engendrent des dégradations montagnardes (plus de fraîcheur et d'humidité).

Les principaux domaines climatiques en Afrique australe
Les principaux domaines climatiques en Afrique australe
B

Les richesses minières

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L'Afrique australe : « l'Afrique des mines »

L'Afrique australe est considérée comme « l'Afrique des mines ». Elle possède des ressources importantes en platine, vanadium, diamant, etc. De nombreuses activités sont tournées vers l'extraction de ces ressources.

L'extraction de platine, de vanadium (métal utilisé dans la fabrication de l'acier) et de diamant en Afrique australe représente plus de la moitié de la production mondiale de chacune de ces ressources minières. La production d'or et de cobalt (respectivement 36 % et 20 % de la production mondiale) sont d'autres sources de richesse.

Les richesses minières de l'Afrique australe en pourcentage de la production mondiale
Les richesses minières de l'Afrique australe en pourcentage de la production mondiale

L'exploitation de ces ressources minières a favorisé l'essor de l'activité industrielle et a donné lieu à la construction d'infrastructures de transport, essentiellement pour relier les zones d'extraction aux zones portuaires.

Les revenus générés contribuent également à l'amélioration du niveau de développement de certains pays.

Niveau de développement

Le niveau de développement se mesure avec l'IDH, Indice de développement humain, qui est calculé à partir de trois indicateurs : les richesses produites, l'espérance de vie des habitants et le taux de scolarisation des enfants.

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L'inégale répartition des richesses minières et énergétiques

Les ressources minières ne profitent pas de la même façon à tous les pays de l'Afrique australe.

En 2015, l'exploitation des ressources minières représente 18 % du PIB de l'Afrique du Sud, pays qui bénéficie des ressources les plus abondantes et variées (charbon, diamant, or, fer uranium, cuivre) mais 5 % de celui du Mozambique.

Le Botswana se distingue par ses mines de diamant. Lorsque le pays acquiert son indépendance en 1966, il est l'un des plus pauvres du monde. Puis des mines diamantaires sont découvertes à la fin des années 1960 et durant les années 1970, dont certaines font partie des plus riches du monde.

Parmi les ressources énergétiques d'Afrique australe, le pétrole n'est une richesse qu'en Angola, tandis que d'immenses gisements de gaz offshore ont été découverts sur la côte nord du Mozambique.

Les ressources énergétiques et minières en Afrique australe
Les ressources énergétiques et minières en Afrique australe
II

Des ressources sous pression

A

L'eau, une ressource rare

L'eau est une ressource rare en Afrique australe. Les ressources naturelles renouvelables sont parfois très faibles, il faut des aménagements. Certains pays souffrent gravement de cette pénurie d'eau.

Ressources en eau renouvelables

Les ressources en eau renouvelables correspondent aux ressources en eau naturelles (la pluie et les réserves souterraines).

L'accès inégal à l'eau potable en Afrique australe

L'accès inégal à l'eau potable en Afrique australe

Les territoires situés à proximité des littoraux et des montagnes profitent de précipitations plus importantes et de réserves d'eau souterraine plus abondantes. En Afrique du Sud, l'approvisionnement de la population est garanti grâce aux aménagements hydrauliques pour une large part des habitants malgré un climat plus sec :

  • construction de nombreux barrages ; 
  • endiguement des rivières ; 
  • création de canalisations pour détourner les cours d'eau.
Le barrage de Katse au Lesotho

Le barrage de Katse au Lesotho

© Wikimedia Commons

La pénurie d'eau est un grave problème en Afrique. L'Angola et le Mozambique sont les deux États dans lesquels les populations sont les plus touchées par les difficultés d'accès à l'eau potable alors que ce sont des pays qui ont les climats parmi les moins arides. Ce sont des pays très pauvres, dont le faible niveau de développement ne garantit pas une bonne gestion des ressources naturelles.

B

Un territoire soumis aux risques naturels majeurs

1

Des territoires menacés par de multiples catastrophes naturelles

Les épisodes de catastrophes naturelles très graves se sont multipliés au cours des dernières années en Afrique australe à cause du réchauffement climatique. 

Ainsi au Mozambique :

  • En 2019, le cyclone Idai a fait plus de 600 morts et plus de 800 000 sinistrés au Mozambique, et plus de 250 morts au Zimbabwe. 
  • En 2015, le fleuve Licungo, au nord du pays, déborde de 12 mètres et dévaste la province de Zambézie.
  • En 2000, le cyclone Eline fait déborder les fleuves Save et Limopo. Les inondations dévastent la ville de Chokwe, pourtant située à 100 km dans les terres, après la rupture d'un barrage. Cette inondation provoque la mort de 800 personnes, tandis que 50 000 habitants sont sans abri.

La communauté scientifique a depuis longtemps prédit que les phénomènes cycloniques se feront plus fréquents et plus violents dans cette partie du monde, à cause du réchauffement de l'océan Indien, dont la température augmente plus rapidement qu'ailleurs.

2

Des territoires vulnérables face aux risques majeurs

Outre la multiplication des aléas naturels (événement imprévisible) , les pays les plus pauvres d'Afrique australe sont très vulnérables face aux risques majeurs (danger qui peut faire de nombreuses victimes) à cause du manque de moyens de prévention et de protection des population. Ces pays sont souvent incapables de face à une catastrophe sans l'aide humanitaire des ONG ou des pays les plus riches.

 

En 2019, après le passage du cyclone Idai qui plonge le Mozambique dans une situation humanitaire dramatique, l'Union européenne décide d'apporter une aide financière de 7 millions d'euros. Le but est de renforcer les capacités du pays à faire face aux catastrophes :

  • en améliorant la formation du personnel local responsable des secours ; 
  • en améliorant l'information des habitants les plus exposés aux aléas ; 
  • en investissant sur du matériel permettant de mieux observer les aléas naturels susceptibles de représenter un risque majeur.
III

Des milieux à ménager

A

Les effets néfastes de l'exploitation des ressources

1

La dégradation de l'environnement

L'exploitation des ressources et la consommation de charbon en Afrique australe provoque une importante dégradation de l'environnement : pollution des sols, de l'eau et de l'air. 

L'Afrique du Sud est le pays d'Afrique australe et plus globalement du continent africain qui consomme le plus d'énergie :

  • La population (plus de 55 millions d'habitants) représente 5 % de la population africaine et consomme environ 30 % de toute l'énergie consommée sur le continent. 
  • Le charbon génère plus de 90 % de l'énergie consommée. 

 

Or, l'exploitation et la consommation de charbon sont sources de pollution des eaux souterraines et de l'atmosphère.

L'exploitation des ressources minières provoque la pollution des cours d'eau puis des nappes phréatiques par le rejet des déchets industriels, et parfois la destruction de terres cultivées.

Centrale à charbon d'Arnot à Middelburg
Centrale à charbon d'Arnot à Middelburg

© Wikimedia Commons

2

La fragilisation des populations

Les conditions de travail dans les exploitations minières sont très précaires. Aux efforts physiques s'ajoutent l'inhalation de poussières, de gaz toxiques, le manque d'eau potable disponible, les risques d'accidents, pour des salaires qui sont faibles et des contrats de travail qui n'assurent pas la sécurité de l'emploi.

En Afrique du Sud, les accidents mortels dont sont victimes les mineurs sont nombreux, en particulier dans les mines d'or et de cuivre : 

  • 73 accidents mortels en 2016 ;
  • 82 accidents mortels en 2017. 

Si les conditions d'exploitation sont bien meilleures que pendant l'apartheid, les dangers sont accrus pour les 500 000 mineurs employés dans les industries minières car ils doivent désormais descendre à plus de 3 km sous terre pour extraire des quantités suffisantes. Les températures auxquelles ils sont soumis sont très élevées, les risques d'effondrement y sont très importants, les maladies pulmonaires développées par ces mineurs sont fréquentes.

B

Des actions pour protéger plus durablement les milieux

1

La réduction de l'exploitation des mines de charbon

Pour réduire les effets de l'exploitation des mines de charbon sur l'environnement, les politiques récemment mises en œuvre visent la diversification des énergies consommées.

Ainsi, des aménagements d'éoliennes ou de panneaux photovoltaïques (une centrale solaire a été inaugurée en 2019) sont multipliés.

L'évolution de l'installation de panneaux photovoltaïques en Afrique du Sud
L'évolution de l'installation de panneaux photovoltaïques en Afrique du Sud

L'Afrique du Sud s'intéresse également au projet de construction d'un grand barrage sur le fleuve Congo par la République du Congo à laquelle elle achèterait une partie importante de l'électricité produite.

Pour diversifier son énergie, l'Afrique du Sud compte aussi sur le nucléaire. Elle exploite déjà la seule centrale nucléaire du continent, à Koeberg, près du Cap. Le gouvernement a annoncé des projets portant sur six à huit nouveaux réacteurs à l'horizon 2025.

2

L'émergence de nouvelles pratiques agricoles

Depuis 2012, la FAO (institution de l'ONU en charge des questions alimentaires) et l'Union européenne développent des programmes avec des pays d'Afrique australe. Ces programmes ont pour but de changer les productions agricoles pour améliorer la sécurité alimentaire des habitants, tout en tenant compte des enjeux liés au changement climatique.

Au Zimbabwe, la FAO a lancé un projet de 40 millions de dollars, pour aider les petites exploitations à améliorer la gestion de l'eau, la diversification des cultures et de l'élevage, l'agroforesterie. En parallèle, une ONG (le Centre international d'amélioration du maïs et du blé) travaille sur la création de cultures hybrides capables de résister à la fois à la sécheresse et aux fortes températures, afin de produire des variétés de maïs permettant de réduire de 60 % la quantité d'eau nécessaire pour les faire pousser.