Développement et inégalités dans le monde Cours

Sommaire

IDéfinir et mesure le développementARichesse et développement1Les critères pour mesurer le développement2La pauvreté, une notion relative et évolutiveBUn développement en progression1À l'échelle mondiale, le recul de l'extrême pauvreté2Le maintien de la pauvreté relative3Les conflits, une remise en cause du développementIIDes inégalités observables à toutes les échellesAInégalités territoriales et inégalités socio-économiquesBInégalités régionales et localesIIIDes trajectoires de développement différenciéesATypologie des pays1Une limite Nord-Sud à dépasser2Des inégalités dans les Nords3Des Suds contrastésBDes trajectoires économiques différentes selon les ÉtatsCVers un modèle plus durable de développement1Vers une transition économique2Différents acteurs à toutes les échelles en faveur d'un développement durable

\boldsymbol{\textcolor{dodgerblue}{\Rightarrow}}  Comment les stratégies de développement des pays peuvent-elles réduire ou accroitre les inégalités à toutes les échelles ?

I

Définir et mesure le développement

A

Richesse et développement

1

Les critères pour mesurer le développement

Jusqu'aux années 1980, le développement était envisagé dans une dimension exclusivement économique, selon un modèle linéaire et unique. Il n'intégrait pas les aspects sociaux des populations. Le développement nécessite une croissance économique, et celle-ci doit permettre l'amélioration des conditions de vie d'une société et la satisfaction de ses besoins essentiels en matière d'alimentation, de logement, de santé et d'éducation. De plus en plus, il intègre une dimension environnementale.

Pendant longtemps, on a mesuré le développement à partir de critères économiques :

  •  le Produit Intérieur Brut (PIB) mesure la production d'un pays au cours d'une année. Il permet à la fois d'établir un classement des économies du monde et de déterminer la croissance économique des pays d'une année sur l'autre. 
  • le Revenu National Brut (RNB), lorsqu'il est rapporté à la population, mesure les salaires et les revenus financiers des habitants. Il offre l'avantage de pourvoir comparer les pays en tenant compte de leur poids démographique.

La population chinoise qui vit dans la deuxième économie mondiale en termes de PIB a un niveau de vie nettement plus faible que la population japonaise pourtant classée troisième économie mondiale.

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Chine et Japon : puissance économique et développement

Les critères économiques sont désormais insuffisants pour appréhender toutes les dimensions du développement. En 1990, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a adopté l'indicateur, inventé par Amartya Sen : l'Indice de Développement Humain (IDH) qui combine trois dimensions : le niveau de vie, la santé et l'éducation. Depuis cette date, l'IDH a progressé dans le monde passant de 0,598 en 1990 à 0,728 en 2017. La progression a été particulièrement forte en Asie du Sud.

Indice de développement humain (IDH)

L'indice de développement humain est compris entre 0 et 1 et permet de classer les pays selon leur niveau de développement en 4 groupes : faible, moyen, élevé et très élevé. Il est calculé à partir de trois indicateurs : l'espérance de vie, la durée de scolarisation et le revenu par habitant. Il donne donc des informations en matière de richesse, de santé et d'éducation.

2

La pauvreté, une notion relative et évolutive

Initialement, la pauvreté désigne le manque de ressources économiques qui entraine des privations et empêche de satisfaire ses besoins. À l'échelle mondiale, la banque mondiale mesure la pauvreté monétaire. On parle d'extrême pauvreté lorsque le revenu est inférieur à 1,90 dollar par jour et par habitant. Cette situation concerne surtout les pays en développement. La pauvreté se concentre en Asie du Sud et surtout en Afrique subsaharienne où des taux record sont observés. À Madagascar, 78% de la population vit dans l'extrême pauvreté. 

La pauvreté dépend aussi du niveau de développement et du niveau de vie des populations : on parlera de pauvreté relative, plus pertinente pour les pays développés. Le seuil de pauvreté est calculé en fonction du revenu médian de la population. Les seuils de pauvreté varient donc en fonction des pays.

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La pauvreté en France et en Russie
Revenu médian

Le revenu médian est le revenu qui divise une population en deux groupes numériquement identiques. Une moitié de la population a des revenus supérieurs, l'autre moitié a des revenus inférieurs.

Depuis les années 1990, la notion de pauvreté s'est élargie à d'autres domaines pour mieux analyser les difficultés des populations démunies en matière d'alimentation, de conditions sanitaires, de niveau d'éducation, etc. En 2010, des chercheurs de l'université d'Oxford ont mis au point un indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) qui mesure la pauvreté dans dans trois domaines : niveau de vie, santé et éducation. Il est calculé à partir de 10 indicateurs comme l'accès à l'eau, l'accès à l'électricité, l'accès à des toilettes, la nutrition, la mortalité infantile, les années de scolarisation, etc. À travers cet indicateur, le Niger est le pays qui a l'indice de pauvreté le plus élevé (0,605 en 2014). 89% des Nigériens sont concernés par la pauvreté.

Plusieurs facteurs expliquent la pauvreté dans les pays en développement :

  • une économie peu diversifiée : souvent c'est une agriculture de subsistance, peu performante, qui domine. 
  • le manque cruel d'infrastructures qui empêchent de satisfaire les besoins essentiels des populations : réseaux d'eau et d'énergie, écoles, établissements de santé, etc. 
  • la mauvaise gouvernance et la corruption : les richesses sont mal redistribuées pour permettre à la majorité de la population de sortir de la pauvreté.
B

Un développement en progression

1

À l'échelle mondiale, le recul de l'extrême pauvreté

De nombreux indicateurs montrent que depuis 1990, la pauvreté absolue a régressé.

Entre 2000 et 2018, le nombre d'humains en situation d'extrême-pauvreté a baissé de 1,7 milliard à 660 millions, alors que dans le même temps la population mondiale a augmenté. 

Le taux de pauvreté est ainsi passé de 37% en 1990 à 9% en 2018.

On note des progrès dans l'accès à l'eau, à la santé, à l'éducation. Dans les pays en développement, les écoles primaires accueillent 80% des enfants en 2017, contre 52% en 1990. L'enseignement secondaire reste quant à lui difficile d'accès à la majorité des populations.

2

Le maintien de la pauvreté relative

La sortie de la pauvreté n'est pas irréversible. Les progrès enregistrés dans certains pays peuvent être remis en cause en cas de crise économique ou politique.

En Russie, la pauvreté a été divisée par 2 depuis les années 2000. En 2014, le pays comptait 16 millions d'habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté. En 2016, ce chiffre remonte à près de 20 millions soit 13% de la population russe. La baisse des cours des hydrocarbures que la Russie exporte et les sanctions occidentales suite à la crise ukrainienne (embargo sur les produits alimentaires) a entrainé une hausse des prix en Russie, poussant des centaines de milliers de Russes dans la pauvreté.

Le Brésil a connu un début de siècle fleurissant sur le plan économique ce qui lui a permis de diviser la pauvreté par 3 en dix ans grâce à la politique de redistribution de la Bolsa familia. À partir de 2014, le pays a connu trois années de grave récession économique, faisant remonter le taux de pauvreté et la suppression de ce programme. Concrètement cela s'est traduit par l'augmentation des populations sans logement, d'une hausse des activités informelles et illicites et d'une remontée de l'insécurité.

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3

Les conflits, une remise en cause du développement

La progression de développement peut être totalement enrayée en cas de conflit. Au  Yémen, en Libye et en Syrie, l'IDH a fortement diminué sous l'effet des guerres civiles à cause de la désorganisation des activités économiques, les destructions de terres agricoles et des infrastructures (réseaux d'eau et d'électricité, hôpitaux, écoles).

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Recul de développement dans les pays en guerre
II

Des inégalités observables à toutes les échelles

A

Inégalités territoriales et inégalités socio-économiques

Le monde est marqué par des inégalités de plusieurs natures :

  • des inégalités territoriales qui opposent des territoires « gagnants » qui profitent des fruits de la croissance économique mondiale et des territoires en marge. Ces territoires sont les métropoles dynamiques, tournées vers l'innovation (technopôle) et les services (quartier d'affaires), les espaces de production énergétique, les espaces agro-industriels spécialisés vers l'exportation (Mato-Grosso au Brésil), les façades littorales dynamisées par le commerce mondial (littoral chinois). Les territoires en marge sont les anciennes villes industrielles en crise où le chômage et pauvreté sont élevés, les zones enclavées mal desservies par les flux de transports ou encore des espaces ruraux dans lesquels l'agriculture locale ne peut rivaliser avec la concurrence internationale.
  • des inégalités socio-économiques observables dans tous les pays du monde. On estime qu'à l'échelle mondiale 10% des habitants les plus riches possèdent 40% du revenu mondial. Cette concentration de richesses aux mains d'un petit nombre augmente : le nombre de milliardaires a été multiplié par 5 depuis l'an 2000. Le coefficient de Gini permet de mesurer les écarts de revenus au sein des populations et donc de comparer les pays en matière d'inégalités. Ainsi, les écarts de revenus sont très élevés en Afrique australe (Afrique du Sud) et en Amérique latine (Brésil), importants en Asie et en États-Unis, plus modérés en Europe. Les inégalités socio-économiques s'accentuent à l'échelle mondiale, y compris dans les pays les plus avancés. Par exemple en Allemagne, plus d'un salarié sur cinq occupe un « mini-job » : un emploi précaire, à temps partiel et peu rémunéré. Si le taux de chômage est faible, les inégalités de revenus se creusent.
  • des inégalités de genre, dans toutes les régions du monde, entre les femmes et les hommes. À l'échelle mondiale, les femmes ont un IDH moyen inférieur de 6% à celui des hommes : 0,705 contre 0,749 en 2018. Même parmi les personnes fortunées, les femmes ne représentent que 11% des milliardaires de la planète. Ces inégalités s'expliquent par le fait que les femmes ont des salaires plus faibles, et dans les pays en développement un niveau d'instruction moindre car elles ne peuvent pas toujours accéder aux écoles. Les écarts hommes-femmes sont les plus élevés dans les pays du Sud.

Pour mieux tenir compte de ces inégalités internes aux pays, le PNUD a adopté de nouveaux indicateurs pour affiner les mesures du développement. En 2010, l'IDHI ou indice de développement humain ajusté aux inégalités et en 2014 l'indice de développement de genre (IDG) pour comparer la situation des hommes et des femmes en matière de développement.

B

Inégalités régionales et locales

Les inégalités s'observent à toutes les échelles : 

  • À l'échelle des États, on a souvent des inégalités régionales avec des régions motrices et ouvertes sur la mondialisation et des régions en marge. Ces inégalités entrainent des migrations internes, vers les régions les plus dynamiques. Les mingong, des régions rurales de l'Ouest de la Chine, alimentent l'exode rural et s'installent dans les villes en plein essor pour y travailler.

Mingong

Un mingong, en Chine, est un travailleur migrant. Le plus souvent il s'agit de paysans pauvres qui ont quitté les campagnes du centre et de l'ouest de la Chine pour aller travailler dans les usines ou les chantiers des villes en plein essor. Leurs conditions de vie sont extrêmement précaires.

Au Brésil, la région du Sudeste, autour des métropoles de Sao Paulo, Rio de Janeiro et Belo-Horizonte, où vit 40% de la population, produit 60% des richesses du pays.

  • À l'échelle locale, les inégalités sont surtout perceptibles à l'intérieur des métropoles avec une ségrégation socio-spatiale entre des quartiers favorisés et les quartiers défavorisés au Nord comme au Sud. On estime que près d'un milliard d'humains, soit un tiers de la population des pays en développement, vivent dans des bidonvilles, dans des conditions d'insalubrité et d'insécurité. Par exemple, le bidonville de Kibera à Nairobi est occupé par au moins 500 000 habitants qui peinent à accéder à l'eau potable, donc le commerce est aux mains de groupes mafieux.
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Les inégalités à l'échelle urbaine : le bidonville de Kibera au sud de Nairobi (Kenya) au premier plan

Schreibkraft, novembre 2000, © Wikipedia

Bidonville

Dans une ville, un bidonville est un quartier pauvre construit souvent de manière illégale et anarchique par les habitants eux-mêmes, en partie grâce à des matériaux de récupération. On parle aussi de quartier informel, de slums, de favelas.

Dans certains pays, l'appartenance ethnique ou religieuse peut être source d'inégalités car certaines populations sont discriminées et mises à l'écart du développement. C'est le cas des populations tibétaines ou ouïghoures en Chine, ou encore des Rohingyas au Myanmar.

III

Des trajectoires de développement différenciées 

A

Typologie des pays

1

Une limite Nord-Sud à dépasser

Au début des années 1980, un rapport de l'ONU consacré aux problèmes de développement fait apparaitre une opposition Nord-Sud pour différencier les pays dits « développés » des pays dits « en développement » à partir de critères économiques. Cette limite Nord-Sud a été ensuite adoptée par commodité car elle permet de se représenter rapidement les écarts de richesses à l'échelle mondiale. Mais cette opposition devient inopérante quand on prend les indicateurs de développement. 

Un pays du « Sud » peut avoir un IDH supérieur à un pays classé au « Nord ». Ainsi le Chili avec un IDH de 0,843 se classe au 44e rang mondial, loin devant l'Ukraine au 88e rang. 

Ces deux ensembles sont très hétérogènes et il vaut mieux parler des « Nords » et des « Suds » au pluriel tant les contrastes sont importants. En effet, il y a peu de points communs entre des pays émergents comme la Chine ou le Brésil et des pays pauvres comme le Niger ou Madagascar.

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L'opposition Nord-Sud en matière de population et de richesses
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Des inégalités dans les Nords

Si les pays du « Nord » sont considérés comme développés, il y a toutefois des écarts de développement. On peut distinguer les pays les plus avancés comme le Canada, les États-Unis, les pays d'Europe de l'Ouest, Israël, le Japon, l'Australie, les « dragons asiatiques » comme la Corée du Sud ou Singapour.

Les pays d'Europe centrale et orientale ainsi que la Russie sont classés au « Nord » mais ils souffrent de fragilités en matière de développement. Autrefois communistes, leur transition vers l'économie de marché s'est accompagnée d'un creusement des inégalités. Certains indicateurs de développement restent médiocres.

La Russie a vu son IDH progresser depuis le début du siècle, mais l'évolution de son espérance de vie a été irrégulière notamment dans la population masculine. Ainsi, un russe a une espérance de vie de 63 ans contre 77 ans dans la plupart des pays européens. Cette différence s'explique par plusieurs facteurs. Le mauvais état des équipements productifs (usines) et des réseaux routiers entrainent de nombreux accidents. La consommation d'alcool bien qu'en baisse, reste élevée surtout dans un contexte de difficultés économiques et d'augmentation de la pauvreté.

3

Des Suds contrastés

Parmi les pays du Sud, on trouve :

  • une vingtaine pays émergents dont le nombre varie en fonction des critères retenus. On qualifie d'émergent un pays qui grâce à une croissance économique, très soutenue sur plusieurs années, s'intègre au commerce mondial. Il se caractérise par une population nombreuse et/ou dynamique, au sein de laquelle les classes moyennes augmentent et consomment davantage. Il est marqué par une hausse des inégalités socio-économiques avec une partie de la population qui reste à l'écart du développement, dans les bidonvilles ou les zones rurales.
  • les pays pétroliers à hauts revenus dont le développement est basé sur l'exportations d'hydrocarbures : Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Venezuela. Leur niveau de richesse est élevé, leur dépendance au pétrole est un handicap à court terme en raison de la fluctuation des prix du baril et à long terme en raison de l'épuisement programmé des réserves.
  • les pays en situation intermédiaire au développement fragile. S'ils sont sortis de l'extrême-pauvreté, leur niveau de richesse et de développement reste moyen et leur situation est réversible en cas de crise économique ou de conflit.
  • les pays les moins avancés (PMA) selon une liste créée par l'ONU depuis 1971. On compte 47 PMA dans le monde dont 33 sont situés en Afrique subsaharienne (Sénégal, Éthiopie, RDC, Madagascar, etc.), 9 en Asie (Bangladesh, Cambodge, Myanmar, etc.), 4 en Océanie et 1 en Amérique avec Haïti. Les PMA abritent 12% de la population mondiale, mais produisent moins de 1% du PIB mondial. Ils souffrent de plusieurs handicaps. Leur économie peu diversifiée est souvent fondée sur une agriculture de subsistance, non mécanisée et/ou sur des mono-exportations agricoles, donc peu compétitives et très sensibles aux fluctuations des cours mondiaux. Une majorité de la population ne satisfait pas ses besoins essentiels en raison d'un manque d'infrastructures en matière de santé, d'éducation. L'IDH des PMA reste donc très faible (0,524 en 2017) ? Toutefois certains pays ont progressé et ont pu s'extraire de la liste des PMA comme le Botswana en 1994, les Maldives en 2011 ou la Guinée équatoriale en 2017. L'Angola devrait suivre en 2021.
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Essai de typologie des pays du monde en fonction de leur  niveau de développement
B

Des trajectoires économiques différentes selon les États

Les différentes trajectoires de développement observables aujourd'hui dans le monde dépendent largement des choix économiques opérés par les États :

  • certains pays ont opté au cours du XXe siècle pour le socialisme où l'économie était totalement contrôlée par l'État. Hormis de rares cas (Cuba, Corée du Nord), la plupart de ces pays se sont ouverts à l'économie de marché, favorisant leur croissance économique et la hausse des niveaux de vie des populations mais avec une augmentation des inégalités.
  • certains pays ont opté pour l'ultra-libéralisme (Royaume-Uni) où l'État intervient très peu dans l'économie, mais beaucoup ont privilégié un système mixte, dans lequel l'État joue un rôle économique et social important. Cela peut passer par des politiques de planification et de soutien à certains secteurs économiques à développer.  

Concernant l'ouverture à la mondialisation :

  • certains pays ont fait le choix du protectionnisme pour développer leur industrie (Japon) ou leur agriculture, 
  • d'autres au contraire se sont ouverts aux investissements étrangers et sont devenus des « pays atelier » pour stimuler leurs exportations (Chine, Mexique, Malaisie).

Dans les années 1960, l'Inde a cherché à améliorer son agriculture pour mieux nourrir sa population en menant une politique de Révolution verte. Parallèlement elle a fait le choix du protectionnisme pour pouvoir développer son tissu industriel, à l'abri de la concurrence internationale en s'appuyant sur son marché intérieur dynamisé par la croissance démographique. Depuis quelques années, l'Inde s'ouvre au reste du monde. En 2014, le premier ministre lance la politique du « Make in India » pour moderniser 25 secteurs économiques en attirant des investissements étrangers afin d'améliorer la compétitivité de l'Inde et lui permettre d'exporter et donc de créer des emplois.

Révolution verte

La révolution verte est une politique agricole expérimentée en Inde et diffusée dans d'autres pays en développement pour augmenter leur production agricole. Elle repose sur trois éléments : l'utilisation de variété de céréales à haut rendement, l'usage d'intrants chimiques (engrais et pesticides) et l'irrigation des cultures.

  • D'autres pays ont fait le choix d'une économie de rente c'est à dire qu'ils exportent des matières premières stratégiques pour en tirer des revenus importants (Algérie, Venezuela, Libye).

Le Venezuela qui dispose des premières réserves mondiales de pétrole, ne peut véritablement les exploiter car le prix du baril est trop faible pour que les investissements nécessaires soient rentables. Or comme les hydrocarbures représentent 90% de ses exportations, le pays connait une grave crise économique depuis 2014. La pauvreté y a explosé passant 48% de la population en 2014 à 87% en 2017.

L'intervention de l'État passe également par des politiques de redistribution des richesses (aides sociales) afin de réduire les inégalités socio-économiques.

Sous la présidence de Lula da Silva, le Brésil a inauguré une politique de redistribution à travers le programme de la Bolsa familia. Il s'agissait d'une sorte de revenu minimum accordé aux familles brésiliennes pauvres à condition que leurs enfants soient scolarisés et vaccinés. L'idée étant d'aider ces familles à sortir de la pauvreté par l'éducation. En 2010, le programme concernait 1 famille brésilienne sur 5 et a contribué à diviser la pauvreté par 3.

C

Vers un modèle plus durable de développement

1

Vers une transition économique

On s'achemine vers une transition économique qui s'appuie sur les innovations, principalement dans le domaine numérique. Dans le secteur industriel, on parle d'une quatrième industrialisation, marquée par l'usage des réseaux informatiques, de l'intelligence artificielle, des nanotechnologies et des biotechnologies. Pour les États rentiers, la transition économique est l'occasion de diversifier leur économie, par exemple en développant le secteur des services.

Nanotechnologies

Les nanotechnologies sont des technologies qui s'intéressent aux objets à l'échelle moléculaire. Elles ont des applications dans plusieurs domaines : optique, biologie, médecine, électronique, etc.

Biotechnologies

Les biotechnologies sont des technologies portant sur les êtres vivants avec des applications dans divers domaines comme la génétique, la microbiologie, etc.

Le Qatar a fondé sa croissance économique exceptionnelle sur les exportations de gaz. Le pays s'est modernisé et le niveau de vie des Qatariens a fortement progressé. Depuis quelques années ce pays commence à diversifier son économie, afin d'être moins dépendant des cours du des hydrocarbures et afin de prévoir l'épuisement de ses réserves. Le Qatar se lance ainsi dans la finance et le tourisme d'affaires.

Derrière la transition économique, il y a aussi la question de la préservation de l'environnement : certains pays soutiennent les investissements dans une économie verte qui doit être à la fois pauvre en carbone, respectueuse des ressources et créatrice d'emplois. Ce sont par exemple les énergies renouvelables, le tourisme durable, etc.

Le Bhoutan, petit état enclavé de l'Himalaya mise sur le développement de l'hydroélectricité en montagne afin de satisfaire les besoins de sa population et diversifier son économie, notamment en développant le tourisme durable. Il compte sortir de la liste des PMA dans les prochaines années.

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Le monastère de Taktshang à 3100 m d'altitude, un lieu emblématique du Bhoutan pour les touristes

Douglas J. McLaughlin, septembre 2006, © Wikipedia

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Différents acteurs à toutes les échelles en faveur d'un développement durable

Pour mener à bien la transition économique qui favorisera un développement plus durable, plusieurs acteurs agissent à différentes échelles. À l'échelle mondiale, ce sont les grandes instances internationales qui font la promotion d'un développement durable depuis les années 1990. L'ONU, à travers le PNUD et la Banque mondiale fixe de grandes orientations et des objectifs à atteindre en matière de développement économique, de réduction des inégalités et de préservation de l'environnement. En 2000, 8 objectifs du millénaire pour le développement avaient été fixé pour être atteints en 2015. De réels progrès ont été enregistrés, mais les résultats n'ont pas été complètement atteints. La démarche a donc été reconduite en 2015 avec 17 Objectifs de Développement Durable dont les principales thématiques sont la lutte contre la pauvreté et les inégalités, l'amélioration de l'accès des populations à la nourriture, l'énergie et l'eau, les progrès de la condition des femmes, la protection de la biodiversité, la préservation des ressources et l'innovation environnementale, la paix et la coopération entre les pays, les droits de l'homme.

La réalisation de ces objectifs, nécessitent la coopération de plusieurs acteurs à différentes échelles. Cette démarche fonctionne selon le principe du « glocal » c'est à dire « penser global, agir local ». Par exemple, avec la mise en place d'Agenda 21 à différentes échelles. Les Organisations non-gouvernementales (ONG) comme Oxfam, Médecins du monde, Action contre la faim, ou Greenpeace, participent aux forums sociaux et aux conférences environnementales mondiales. Elles alertent et sensibilisent les populations et les gouvernants afin de stimuler l'aide internationale. Localement, elles travaillent en coopération avec les États ou les institutions internationales pour porter assistance aux populations démunies par le biais de l'aide humanitaire.

Ces nouvelles approches du développement se heurtent à plusieurs obstacles :

  • les multiples acteurs ont parfois des intérêts divergents entre la rentabilité économique, l'équité sociale et la préservation de l'environnement. 
  • les initiatives des États sont parfois freinées par de puissants lobbys industriels ou encore par l'évasion fiscale qui impacte leurs budgets. 
  • certaines institutions internationales sont remises en cause car jugées illégitimes et trop proches des intérêts des pays riches ou bien parce que leurs actions ne répondent pas toujours aux besoins des populations.

Les politiques d'ajustement structurel du FMI appliquée à certains pays d'Afrique surendettés a conduit à une austérité budgétaire drastique empêchant les états de jouer pleinement leur rôle de redistribution en faveur. L'ouverture forcée de ces pays à la mondialisation a frappé de plein fouet leur économie peu compétitive.

  • Mesurer la richesse ne suffit pas pour mesurer le développement : il faut s'intéresser à d'autres critères qualitatifs comme la santé ou l'éducation.
  • La pauvreté est une notion relative qui dépend de l'échelle envisagée et surtout du niveau de développement du territoire considéré.
  • Des progrès de développement sont observables avec une réduction de l'extrême-pauvreté dans le monde.
  • Le développement et la réduction de la pauvreté ne sont pas irréversibles. Un conflit armé ou une crise économique peuvent les remettre en cause.
  • Les inégalités sont visibles à toutes les échelles : mondiale (entre les pays), régionale (à l'intérieur d'un même État) et locale (entre les quartiers d'une ville).
  • Les inégalités territoriales s'inscrivent dans l'espace, les inégalités socio-économiques, ethniques et religieuses fragmentent les sociétés.
  • La limite Nord-Sud conventionnelle est devenue obsolète pour différencier les pays en fonction de leur niveau de développement.
  • Les niveaux de développement sont le reflet de choix politiques et économiques opérés par les États. Certains choix se révèlent désastreux pour les populations.
  • À toutes les échelles, non sans difficultés, organisations internationales, ONG et États cherchent à promouvoir une transition économique qui soit plus équitable et plus respectueuse de l'environnement.