Les Lumières et le développement des sciencesCours

Les Lumières est au mouvement qui émerge dans la seconde moitié du XVIIe siècle et s'étend tout au long du XVIIIe siècle. Les Européens développent de nouvelles manières d'accéder à la connaissance. Ce nouvel esprit scientifique est fondé sur l'expérimentation et la remise en cause des vérités jusqu'alors établies. Les progrès accomplis aux XVIIe et XVIIIe siècles jettent les fondements de la révolution industrielle. Amorcée au XVIIIe siècle, elle va marquer le XIXe siècle.

Quelles mutations scientifiques et techniques voient le jour aux XVIIe et XVIIIe siècles ?

I

L'essor de l'esprit scientifique au XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, on constate un véritable essor de l'esprit scientifique. La méthode expérimentale est théorisée et validée par plusieurs scientifiques. L'héliocentrisme est prouvé par Galilée. De nombreuses avancées ont lieu, auxquelles les femmes participent. 

A

La méthode expérimentale 

Au XVIIe siècle, la méthode expérimentale est mise en place et validée par plusieurs scientifiques. La méthode expérimentale est une démarche qui consiste à considérer une théorie comme vraie après sa validation par l'expérience. Cette démarche est au cœur de la « révolution scientifique » qui a lieu au XVIIe siècle.

En 1637, le philosophe français René Descartes publie son Discours de la méthode dans lequel il pose les fondements théoriques de la démarche scientifique : tout doit toujours être questionné et rien ne doit être considéré comme évident. Le doute devient un principe philosophique et scientifique. Galilée, comme lui, considère que pour assurer les fondements du savoir scientifique, il faut prouver par l'expérience et l'observation : c'est ce qu'il fait avec sa lunette astronomique.

B

La validation de l'héliocentrisme par Galilée 

L'héliocentrisme, c'est-à-dire l'idée que le Soleil est au centre du système solaire, est validé par Galilée au XVIIe siècle.

Au XVIe siècle, le savant polonais Nicolas Copernic publie Des révolutions des sphères célestes (1543). Il émet l'hypothèse que la Terre est une planète qui tourne autour du Soleil. En remettant en cause le géocentrisme, c'est-à-dire l'idée que la Terre est au centre de l'Univers, il ébranle la société de son temps.

L'héliocentrisme selon Copernic 

L'héliocentrisme selon Copernic 

Domaine public, © Wikimedia Commons

Au début du XVIIe siècle, le savant italien Galilée prouve, par l'observation, la théorie de Copernic. La publication de son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde en 1632 apparaît comme une avancée fondamentale dans l'histoire des sciences. 

C

Les avancées scientifiques du XVIIe siècle

Le XVIIe siècle est marqué par des avancées scientifiques majeures. 

  • William Harvey découvre la circulation sanguine en 1628.
  • Isaac Newton édicte les lois de la gravitation universelle à la fin du siècle. 
  • Edmond Halley découvre une comète en 168. Il avance l'hypothèse que cette comète va revenir le siècle suivant. 
  • Buffon tente une classification illustrée du vivant dans son ouvrage Histoire naturelle publié entre 1749 et 1789.
  • Les découvertes de fossiles et les travaux menés en anatomie permettent aux scientifiques de concevoir et de théoriser l'évolution des espèces : Lamarck ouvre ainsi la voie à Darwin. 
  • En chimie, Lavoisier propose une classification nouvelle, la nomenclature chimique. 
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D

La place des femmes dans les avancées scientifiques du XVIIe siècle

Les femmes participent aux avancées scientifiques du XVIIe siècle. 

  • Émilie du Châtelet enrichit les recherches de Newton. 
  • Laura Bassi est la première femme au monde à enseigner la physique à l'université avant d'être admise à l'académie des sciences de Bologne en 1732 où elle parle de ses recherches sur l'électricité. 
  • Angélique du Coudray est une figure incontournable de l'obstétrique qu'elle pratique et qu'elle enseigne sans relâche toute sa vie.
II

Lieux et diffusion du savoir aux XVIIe et XVIIIe siècles

De nouveaux lieux de savoir se développent au cours des Lumières (laboratoires, académies, observatoires). La diffusion du savoir est permise par des publications scientifiques, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, mais également les salons et cabinets de curiosité où l'on échange sur les dernières découvertes.

A

Les nouveaux lieux du savoir

La « révolution scientifique » s'enracine dans de nouveaux lieux. Dans les capitales européennes comme dans les grandes villes de province. Le savoir se diffuse en s'appuyant sur les laboratoires, les académies et les observatoires. 

Aux Pays-Bas, dès le début du XVIIe siècle, on ouvre des laboratoires où les savants échangent et expérimentent. Dans ces lieux dédiés à la science, on se rassemble pour procéder à des autopsies afin d'approfondir les connaissances relatives au fonctionnement du corps humain. Par l'expérimentation, on remet ainsi en question ou on confirme les théories héritées des Anciens.

La Leçon d'anatomie du docteur Tulp, tableau peint par Rembrandt en 1632, témoigne de l'effervescence scientifique de l'époque : ce tableau montre que la recherche scientifique se fait à plusieurs et nécessite une transmission.

Les savants reçoivent une pension de l'État afin de mener à bien leurs recherches. Cette générosité royale est intéressée : il s'agit d'attirer les meilleurs scientifiques afin qu'ils contribuent à la gloire du roi.

Huygens (Néerlandais) et Cassini (Italien) s'installent en France.

L'académie est une institution créée à l'initiative de l'État royal. Elle permet de rassembler des spécialistes dans un domaine particulier en leur donnant les moyens et les protections nécessaires. En France, Louis XIV est le roi qui a ouvert le plus d'académies.

L'Académie royale des sciences est créée en 1666 ; elle s'installe au Louvre et jouit de la protection royale.

Des observatoires sont ouverts un peu partout en Europe. On cherche à connaître les astres afin de mieux comprendre l'Univers et d'établir des cartes précises. Ces observatoires sont à la pointe de la modernité technique. Leur puissance est sans équivalent. Là encore, il s'agit de faire avancer la science par l'observation.

L'Observatoire de Paris est créée en 1667 afin de permettre aux scientifiques d'établir des cartes, notamment pour la navigation.

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B

La diffusion du savoir en Europe

La « révolution scientifique » touche un public de plus en plus large. En effet, le savoir se diffuse plus largement en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles, grâce aux publications scientifiques, à l'Encyclopédie, et aux salons et cabinets de curiosité. 

1

Les publications scientifiques

La diffusion du savoir s'explique en partie par la publication de revues scientifiques : leur nombre augmente et leur qualité s'améliore sensiblement.

En France, dès la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, l'Académie des sciences publie Le Journal des savants qui vise à véhiculer les avancées de la recherche.

Le Journal des savants
Le Journal des savants

Domaine public, © Wikimedia Commons

Cette presse spécialisée stimule la recherche : des hypothèses et des conclusions d'expériences circulent, elles servent de base à de nouvelles recherches. 

Les savants entretiennent des correspondances dans le cadre de la république des sciences. Les échanges épistolaires sont nombreux et se développent à l'échelle européenne.

Au début du XVIIe siècle, Marin Mersenne joue un rôle pour structurer la pensée scientifique européenne. Il est au centre d'un réseau de correspondances entre Descartes, Gassendi et Torricelli.

À la fin du XVIIIe siècle, André Ampère et Jean-Stanislas Couppier entretiennent une correspondance dans le but de se former mutuellement.

2

L'Encyclopédie

Au XVIIIe siècle, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert joue un rôle de premier ordre. Les deux philosophes ont pour ambition de faire le bilan des connaissances dans tous les domaines du savoir. Cette entreprise s'étend sur plusieurs années.

Commencée en 1751, la publication s'achève en 1772 malgré la censure. L'Encyclopédie contribue à la diffusion du savoir scientifique, mais aussi philosophique, artistique, technique, etc. Toutefois, son accès est limité à une élite bourgeoise ou aristocratique.

L'Encyclopédie, Diderot et d'Alembert, 1751−1772
L'Encyclopédie, Diderot et d'Alembert, 1751−1772

Domaine public, © Wikimedia Commons

3

Salons et cabinets de curiosité

En Europe, des salons, souvent tenus par des femmes, se développent ; les scientifiques sont invités et peuvent échanger sur les dernières découvertes. Dans les cabinets de curiosité, les personnes les plus aisées présentent de nombreux objets liés à la science, qui sont ainsi vus et partagés.

Les salons sont d'abord et avant tout tournés vers les lettres, mais certains salons accueillent des scientifiques. Ainsi, dans celui de Madame du Châtelet, des débats scientifiques ont lieu. Madame du Châtelet participe activement à la recherche et à la vulgarisation scientifique.

Les particuliers prennent goût à la recherche. Les plus riches créent des cabinets de curiosité, c'est-à-dire des pièces à part entière, ou bien des meubles, renfermant des objets hétéroclites :

  • des fossiles ;
  • des animaux empaillés ;
  • des herbiers ;
  • des vestiges archéologiques, etc.
Cabinet de curiosités des années 1690
Cabinet de curiosités des années 1690

Domaine public, © Wikimedia Commons

III

Vers la révolution industrielle 

Au XVIIIe siècle, les physiocrates jouent un rôle important dans la mise en avant du savoir technique. Les ingénieurs quant à eux sont de plus en plus reconnus et font des avancées importantes. C'est le cas avec l'invention de la machine à vapeur qui mène à la première révolution industrielle.  

A

Le rôle des physiocrates

Au XVIIIe siècle, certains penseurs estiment que la science doit être mise au service de la nation : ce sont les physiocrates. Leurs idées permettent la modernisation de la société, notamment dans le domaine agricole.

Pour les physiocrates, les méthodes agricoles doivent être modernisées afin d'augmenter les rendements et la production. C'est par l'agriculture qu'une nation s'enrichit et assure la prospérité à ses habitants.

« Que toute richesse vient de la terre, que la seule classe productive est celle des agriculteurs. »

 Pierre Samuel Dupont de Nemours

Pierre Samuel Dupont de Nemours résume la thèse physiocrate.

Pour les physiocrates, l'agriculture doit donc être au cœur de la réflexion scientifique. Les agronomes doivent réfléchir à la manière :

  • d'assurer une meilleure production, plus régulière ;
  • de mieux répartir la nourriture sur le territoire. 

 

La pensée physiocratique incite les propriétaires terriens à se réunir dans des sociétés spécialisées comme la Société d'agriculture française fondée en 1757 à Rennes. Ces hommes réfléchissent à la modernisation de l'agriculture. Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, on observe :

  • une modernisation progressive du secteur agricole ;
  • une augmentation des rendements.

En 1758, François Quesnay publie un ouvrage majeur intitulé Tableau économique. Il démontre que le travail agricole est le seul moyen pour les hommes d'accéder au bonheur. Pour lui, il existe trois classes : 

  • la classe des producteurs (les paysans) ;
  • la classe stérile (les industriels) ;
  • la classe des propriétaires.
-
B

La valorisation des ingénieurs

Au cours du XVIIIe siècle, les ingénieurs bénéficient d'une aura croissante. Leur statut est progressivement reconnu et valorisé. Ils perfectionnent particulièrement la machine à vapeur.

France, des écoles spécialisées pour les ingénieurs sont créées : 

  • l'École nationale des ponts et chaussées en 1716 ; 
  • l'École nationale supérieure des mines en 1783 ;
  • l'École polytechnique en 1794.

 

Les ingénieurs mettent en place la machine à vapeur qu'ils perfectionnent.

La machine à vapeur de Newcomen

La machine à vapeur de Newcomen

Domaine public, © Wikimedia Commons

Thomas Newcomen reprend les travaux du Français Denis Papin sur la machine à vapeur. James Watt perfectionne encore le principe à la fin du siècle et permet ainsi l'utilisation des machines à vapeur dans le domaine des transports (locomotives et bateaux à vapeur) mais aussi dans l'industrie. 

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C

La première révolution industrielle 

La révolution industrielle est une période de transformation profonde des manières de produire. C'est le passage d'un mode de production artisanal à un mode de production industriel de grande échelle. Les évolutions techniques et l'invention de la machine à vapeur sont au cœur de la première révolution industrielle. Cette révolution permet la mécanisation et l'essor des secteurs textiles et sidérurgiques.

La révolution industrielle permet au continent européen de se transformer profondément. Progressivement, les pays européens basculent d'un modèle de société essentiellement rural et paysan à un modèle plus urbain, commercial et industriel. Les modes de production évoluant, le modalités de travail changent et les rapports socio-économiques sont transformés.

 Mine de charbon à Pithead, en Angleterre, vers 1800

 Mine de charbon à Pithead, en Angleterre, vers 1800

Domaine public, © Wikimedia Commons

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