Sommaire
IParis, capitale d'un royaume inégalitaireAUne ville de pouvoir et de prestigeBUne croissance démographique qui accentue les écartsIILes pauvres : la majorité invisible et fragileALes petits métiers et la survie quotidienneBMendicité et marginalitéIIILes contrastes sociaux au cœur des tensions de l'Ancien RégimeALa richesse et luxe de l'élite parisienneBUne ville marquée par la fracture sociale Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.
Dernière modification : 23/03/2026 - Conforme au programme 2025-2026
À Paris, entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, les contrastes sociaux sont particulièrement visibles. Tandis que les nobles et les bourgeois fortunés vivent dans le luxe, la majorité de la population survit grâce à de petits métiers précaires. La mendicité et la misère marquent fortement les faubourgs populaires. L'État cherche à contrôler les pauvres jugés dangereux, mais les inégalités demeurent. Ces fractures sociales reflètent la rigidité et les tensions de la société d'ordres, qui est combattu à la fin du XVIIIe siècle avec la Révolution française.
Paris, capitale d'un royaume inégalitaire
Une ville de pouvoir et de prestige
Paris n'est plus la capitale politique officielle depuis que Louis XIV s'est installé à Versailles en 1682, mais elle demeure le cœur économique et culturel du royaume. La ville attire une grande partie de la noblesse et des élites qui résident dans des hôtels particuliers luxueux (quartiers du Marais, faubourg Saint-Germain).
Paris concentre également des institutions prestigieuses (université, Parlement de Paris, manufactures royales) et des lieux de consommation et de divertissement réservés aux riches (théâtres, salons, jardins). Les aristocrates et les grandes fortunes bourgeoises affichent leur richesse dans l'espace urbain : carrosses, habits somptueux, fêtes fastueuses.
Une croissance démographique qui accentue les écarts
La population parisienne passe d'environ 510 000 habitants en 1700 à plus de 600 000 dans les années 1780. Cette croissance rapide attire des migrants venus de toutes les provinces du royaume, espérant trouver du travail.
Mais cette arrivée massive de nouveaux habitants accentue les contrastes : tandis que les plus riches vivent dans des quartiers spacieux et aérés, les classes populaires s'entassent dans des logements insalubres, souvent sans hygiène. Le développement urbain creuse l'écart entre luxe et misère quotidienne. Le Paris de cette époque ne ressemble pas au Paris actuel : les travaux d'hygiène et d'élargissement du Second Empire n'ont pas encore débarrassée la ville de ses rues étroites, odorantes et dangereuses.

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Les pauvres : la majorité invisible et fragile
Les petits métiers et la survie quotidienne
La majorité de la population parisienne vit dans la précarité. Elle est composée de journaliers, artisans, domestiques, blanchisseuses, vendeurs ambulants, etc. Ces métiers mal payés assurent la survie au jour le jour, sans véritable sécurité.
De nombreux Parisiens, surtout dans les faubourgs (Saint-Antoine, Saint-Marcel, Montmartre), survivent dans des conditions de grande pauvreté. Le moindre accident de travail, la maladie ou la hausse du prix du pain peut plonger une famille dans la misère.

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Mendicité et marginalité
Face à cette précarité, une partie des habitants tombe dans la mendicité ou le vagabondage. Les mendiants, les orphelins errants et les prostituées font partie du paysage urbain. L'État royal et la police cherchent à encadrer ou réprimer cette population jugée dangereuse pour l'ordre social.
Les hôpitaux généraux (comme Bicêtre ou la Salpêtrière) enferment les pauvres « inutiles » pour maintenir la paix publique. C'est le grand "renfermement des pauvres", sanctionné par un arrêt royal de 1632. La charité chrétienne joue aussi un rôle : paroisses, confréries et particuliers aisés distribuent des aumônes, mais celles-ci restent insuffisantes face à l'ampleur de la pauvreté.

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Les contrastes sociaux au cœur des tensions de l'Ancien Régime
La richesse et luxe de l'élite parisienne
Les nobles et la haute bourgeoisie affichent leur domination sociale dans les beaux quartiers. Ils possèdent hôtels particuliers, serviteurs et terres en province. Leur mode de vie fastueux les distingue radicalement du reste de la population. Les grands marchands, financiers et officiers achètent parfois des charges anoblissantes, brouillant la frontière entre noblesse et bourgeoisie. Cette ascension sociale crée une compétition symbolique dans l'espace urbain.
Une ville marquée par la fracture sociale
La cohabitation de ces deux mondes – le luxe des riches et la misère des pauvres – accentue le sentiment d'injustice. Les pauvres supportent les impôts indirects (sur le sel, le vin, le pain), tandis que les privilégiés y échappent en grande partie. Paris devient ainsi le reflet des tensions de la société d'ordres : une minorité vit dans l'abondance, tandis que la majorité subit la pauvreté. Ces inégalités grandissantes nourrissent le mécontentement populaire et annoncent les crises sociales de la fin du XVIIIe siècle.