Cerveau, plaisir, sexualitéCours

I

Les mécanismes biologiques de la sexualité

L'activité sexuelle est associée à une sensation de plaisir chez l'être humain. Les mécanismes biologiques mis en œuvre dans le plaisir font appel à l'activation de structures cérébrales et de voies nerveuses constituant le système de récompense/plaisir.

Ce système est aussi impliqué dans les mécanismes du plaisir autre que sexuel. Il est également mis en cause dans les phénomènes d'addiction.

Diverses molécules participent à la mise en activité du système de récompense. Les systèmes de récompense cérébraux liés à la sexualité sont organisés de la façon suivante :

  • Le cortex cérébral reçoit les informations sensorielles liées à l'activité sexuelle.
  • Il transmet ces informations à l'aire tegmentale ventrale, ou ATV.

L'ATV libère de la dopamine vers le gyrus cingulaire, le putamen, le septum et le noyau accumbens. Ces quatre structures activées par la dopamine provoquent la sensation de plaisir.

Le système de récompense mis en jeu dans le plaisir sexuel

Le système de récompense mis en jeu dans le plaisir sexuel

Le système de récompense est une réponse biologique, mais il ne suffit pas à expliquer le plaisir sexuel. De nombreux autres facteurs entrent en jeu.

II

Les autres composantes de la sexualité

A

Les composantes cognitives, affectives et sociales

Il existe une composante biologique dans la relation entre sexualité et plaisir, mais d'autres facteurs entrent en compte. En effet, les facteurs hormonaux ne sont pas les seuls à influencer la sexualité humaine. On peut citer aussi :

  • des facteurs affectifs ;
  • des facteurs culturels ;
  • des facteurs motivationnels ;
  • de facteurs cognitifs.

Si des rongeurs sont castrés, leur comportement de recherche sexuelle est aboli en 15 semaines environ après l'opération. Le comportement sexuel de ces animaux est donc entièrement dépendant de la testostérone.

Chez l'homme, en revanche, des observations menées sur des individus ne sécrétant pas de testostérone permettent de montrer que le comportement sexuel échappe en partie aux hormones et est sous le contrôle du cortex cérébral. Chez des individus ne sécrétant pas de testostérone et en l'absence de tout traitement, des érections sont observables dans 20 % des cas.

Le cerveau a donc un rôle important à jouer dans la construction et l'affirmation de l'identité sexuelle, indépendamment des hormones et du sexe biologique.

B

L'identité et l'orientation sexuelles

Dans l'espèce humaine, la sexualité n'est pas automatiquement reliée à la reproduction. Ainsi, la génétique permet d'expliquer la détermination du sexe biologique, mais elle ne peut expliquer l'identité sexuelle.

L'identité sexuelle relève de trois composantes :

  • le sexe biologique (organe sexuel masculin ou féminin) ;
  • le sexe social (être élevé et perçu comme un homme ou une femme par la société) ;
  • le sexe psychologique (se sentir homme ou femme).

Identité sexuelle

L'identité sexuelle correspond à l'appartenance au genre masculin ou au genre féminin.

L'identité sexuelle se construit tout au long de la vie. En général, une personne de sexe masculin est élevée socialement comme un garçon, et une personne de sexe féminin est élevée comme une fille. Pourtant, certains individus de sexe masculin ne se sentent pas hommes, et certains individus de sexe féminin ne se sentent pas femmes.

L'identité sexuelle correspond au genre (féminin ou masculin) auquel une personne se sent appartenir, indépendamment de la biologie ou du regard de la société sur elle.

Orientation sexuelle

L'orientation sexuelle correspond à l'attirance sexuelle pour une personne.

L'orientation sexuelle de chacun est de l'ordre du domaine de la vie privée. Elle correspond au choix du partenaire sexuel.

On peut être attiré :

  • par des personnes du même sexe (homosexualité) ;
  • par des personnes du sexe opposé (hétérosexualité) ;
  • par des personnes appartenant aux deux sexes (bisexualité).

On peut également ne pas avoir d'attirance sexuelle pour les autres, certains revendiquent ainsi leur asexualité.

Il ne faut pas confondre :

L'identité sexuelle : appartenance à un genre (féminin, masculin, aucun des deux) L'orientation sexuelle : attirance sexuelle pour un autre individu