Terminale L 2016-2017
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Terminale L 2016-2017

Idéologies et opinions en Europe

I

Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875

A

Socialisme et mouvement ouvrier allemand (1875 − 1914)

1

Les débuts du Parti socialiste allemand

  • À la fin du XIXe siècle, l'Allemagne est un pays fortement industrialisé et urbanisé. Les ouvriers regroupent un tiers de la population active.
  • En 1875, lors du congrès de Gotha, les principaux mouvements ouvriers allemands s'unissent et fondent le Parti socialiste des ouvriers allemands (SAP).
  • En 1878, le chancelier Bismarck interdit le SAP.
  • En contrepartie de cette interdiction, Bismarck met en place de nombreuses lois sociales.
  • Malgré ses "lois antisocialistes", les socialistes, qui peuvent se présenter de manière individuelle, remportent de nombreuses élections.
  • En 1890, Bismarck se retire et le SAP est autorisé.
2

Un mouvement ouvrier allemand puissant

  • En 1890, le Parti social-démocrate allemand (SPD) est créé.
  • La tendance révolutionnaire et la tendance réformiste continuent de s'opposer. Mais sous l'action d'Eduard Bernstein la direction du SPD adopte la tendance réformiste.
  • Les syndicats s'unissent en 1892 au sein de la Confédération nationale des syndicats. Ils sont proches du SPD.
  • Avec 35% des élus au Reichstag en 1912, le SPD devient le premier parti allemand.
  • Le SPD est structuré à toutes les échelles de la société (État, région, ville, usine).
B

Le mouvement ouvrier allemand de 1914 à 1945

1

Le mouvement ouvrier allemand se divise (1914 − 1919)

  • Malgré les nombreux débats qui animent le SPD concernant l'entrée dans la Première Guerre mondiale, le SPD vote les crédits de guerre.
  • En opposition au conflit, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht fondent la ligue spartakiste en 1916.
  • À la fin de la guerre, des conseils ouvriers organisent une insurrection communiste.
  • L'empereur Guillaume II abdique en 1918. La république est proclamée.
  • Le chancelier SPD Friedrich Ebert organise une violente répression contre l'insurrection communiste en 1919.
  • Cette répression entraîne de profondes divisions entre les socialistes du SPD et les communistes, désormais réunis dans le Parti communiste allemand (KPD).
2

Le mouvement ouvrier dans les années 1920

  • À la suite de la répression menée contre les communistes, le SPD perd la moitié de son électorat.
  • Le SPD ne dirige plus de gouvernement mais il reste néanmoins proche du pouvoir car il participe à des coalitions avec le centre et le centre droit.
  • Il participe, au sein de ces coalitions, à l'instauration de mesures sociales durant les années 1920 (abolition des privilèges, loi de huit heures de travail quotidien, assurance-chômage, conventions collectives, etc.).
  • Le SPD, avec 1 million de membres et des liens étroits avec les syndicats, reste un parti de masse.
  • LE KPD membre de l'internationale communiste adopte le principe de "classe contre classe", c'est-à-dire qu'il refuse toute participation aux gouvernements.
  • À la fin des années 1920, le KPD compte 300 000 membres.
3

L'anéantissement du mouvement ouvrier des années 1930 à 1945

  • La crise économique qui débute en 1929 touche particulièrement l'Allemagne. Le pays connaît une chute de la production industrielle et le développement d'un chômage de masse.
  • Dans ce contexte de crise, le parti nazi enregistre une audience grandissante auprès de la population allemande.
  • Incapables de réaliser une alliance, le SPD et le KPD, assistent à la victoire d'Hitler en 1933.
  • Le parti nazi est fermement opposé aux socialistes et aux communistes à qui il reproche de diviser la nation allemande avec la théorie de la lutte des classes.
  • En février 1933, Hitler accuse les communistes de l'incendie du Reichstag. Il procède à l'emprisonnement et à la déportation des militants communistes puis des militants socialistes qui refusent de lui accorder les pleins pouvoirs.
  • Les militants socialistes et communistes qui n'ont pas été emprisonnés se réfugient à Londres ou à Moscou.
C

Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne après 1945

1

Communisme en RDA de 1945 à 1990

  • À la fin de la guerre, l'Est de l'Allemagne, occupée par les Soviétiques, devient un système de parti unique contrôlé par le SED, le Parti socialiste unifié.
  • La RDA est créée le 7 octobre 1949.
  • Le parti compte plus d'un million de membres.
  • Les syndicats sont contrôlés par le SED.
  • La RDA intègre le bloc de l'Est dans le cadre de la guerre froide.
  • Une société de type communiste est mise en place (planification de l'économie, encadrement et contrôle de la population).
  • Les contestations du régime sont réprimées, comme la grève des ouvriers de Berlin-Est en 1953.
  • En 1961, le mur de Berlin est construit pour stopper la fuite des Allemands de l'Est vers l'ouest de l'Allemagne.
  • L'Allemagne de l'Est, dirigée par Honecker, refuse les réformes entreprises par Gorbatchev en URSS à partir de 1985.
  • Le gouvernement communiste de la RDA chute en 1989, et le pays est rattaché à l'Allemagne de l'Ouest en 1990.
2

Socialisme, syndicalisme et mouvement ouvrier en RFA

  • En Allemagne de l'Ouest, le pluralisme politique est rétabli et trois partis dominent la scène politique (le SPD, le KPD qui est interdit en 1956 et la droite chrétienne, la CDU).
  • Le SPD perd les élections jusque dans les années 1960.
  • En 1969, Willy Brandt, ancien maire de Berlin, devient le premier chancelier SPD de la RFA.
  • Il met en place l'Ostpolitik, qui se caractérise par un rapprochement avec l'Allemagne de l'Est.
  • Il est remplacé en 1974 par un autre membre du SPD à la chancellerie, Helmut Schmidt.
  • Durant cette période de gouvernement, le SPD doit affronter l'opposition violente de l'extrême gauche, dont la bande à Baader.
3

Socialisme et communisme depuis la réunification

  • En 1990, le SED devient le Parti du socialisme démocratique (PDS).
  • Ce parti rencontre un succès relatif dans l'ex-Allemagne de l'Est où il développe le thème de l'"ostalgie" (la nostalgie de l'Est).
  • Le SPD perd les premières élections de l'Allemagne réunifiée, remportée par Helmut Kohl (CDU) qui garde le pouvoir pendant 16 ans.
  • En 1998, Gerhard Schröder est élu à la chancellerie grâce à une coalition entre le SPD et Les Verts.
  • Pour faire face aux difficultés économiques, Gerhard Schröder entreprend une série de réformes libérales à partir de 2003, appelées "agenda 2010".
  • Opposée à cette orientation libérale, la gauche du SPD quitte le parti et forme avec les membres du PDS le parti Die Linke.
II

Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France

A

Médias et opinion publique dans les crises de 1880 à 1945

1

L'Âge d'or de la presse écrite (1880 − 1914)

  • La liberté de la presse est instaurée en 1881.
  • L'amélioration des moyens techniques permet une diffusion en masse de journaux.
  • Les lois scolaires de Jules Ferry (1881 − 1882) permettent à l'ensemble de la population de lire les journaux.
  • La presse populaire, dont Le Petit journal ou Le Petit parisien, met en avant des événements sensationnels et du divertissement. Certains titres de la presse populaire peuvent réaliser des tirages de plus d'un million d'exemplaires.
  • La presse d'opinion touche un public moins large. Toutes les tendances politiques ont leurs journaux (L'Humanité fondée en 1904 par Jean Jaurès est un journal de gauche, L'Action française et La Libre Parole sont des journaux d'extrême droite).
2

Les crises de la IIIe République de 1880 à 1918

  • L'affaire Boulanger et le scandale de Panama sont très suivis par la presse et l'opinion publique.

L'affaire Dreyfus montre les liens entre la presse et l'opinion publique :

  • En 1894, le journal La Libre parole de l'antisémite Drumont, révèle l'affaire Dreyfus. Le lieutenant Dreyfus, de confession juive, est accusé de trahison au profit de la Prusse.
  • À partir de 1897, l'affaire prend des allures d'un feuilleton à rebondissements. La presse prend parti et l'opinion publique se divise.
  • La majorité des journaux accuse le lieutenant Dreyfus, il s'agit des antidreyfusards.
  • Certains journaux clament l'innocence de Dreyfus. Ce sont les dreyfusards. En 1898, Zola publie dans L'Aurore un article intitulé "J'accuse".
  • L'affaire Dreyfus divise les Français. Les dreyfusards défendent le respect des Droits de l'Homme et de la justice alors que les antidreyfusards défendent la raison d'État et l'armée.
  • Dreyfus est finalement gracié en 1899 et réhabilité en 1906.

Durant la Première Guerre mondiale, la liberté de la presse est mise entre parenthèses :

  • Les journaux sont censurés et la presse reprend le discours officiel.
  • Dans ce contexte de "bourrage de crâne", le journal satirique Le Canard enchaîné paraît en 1915 et cherche à maintenir une certaine liberté d'expression par l'utilisation de procédés comiques.
3

Les médias et l'opinion publique de 1918 à 1945

Après la Première Guerre mondiale, on observe un renouvellement des médias :

  • La moitié des journaux disparaissent et de nouveaux titres font leur apparition.
  • La radio se diffuse au sein des foyers français dont plus de la moitié possède un poste de radio à la fin des années 1930. Cependant les radios sont contrôlées par le pouvoir et ne prennent pas part au débat politique.

La presse s'engage à nouveau lors de la crise du 6 février 1934 et durant le Front populaire :

  • Dans un contexte de crise économique, l'antiparlementarisme se développe en France. Le 6 février 1934, des ligues d'extrême droite manifestent et provoquent des heurts devant l'Assemblée nationale qui font plusieurs morts et des dizaines de blessés.
  • Le lendemain, les journaux d'extrême droite dénoncent "la répression des assassins" alors que la gauche parle de "la menace d'un coup d'État" des fascistes en France.
  • Cette crise a pour conséquence la démission du gouvernement. De plus, la gauche décide de s'unir et crée le Front populaire qui remporte les élections en 1936.
  • Durant le Front populaire, le gouvernement de Léon Blum doit affronter les critiques de la presse de droite et de violentes campagnes de la part de l'extrême droite, notamment contre le ministre de l'Intérieur, Salengro, qui se suicide.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les médias sont instrumentalisés :

  • Les Allemands et le régime de Vichy, dirigé par le Maréchal Pétain, instaurent un contrôle total des médias qui relaient la propagande officielle.
  • Alors que les radios collaborationnistes relaient la propagande officielle, la BBC transmet depuis Londres, les messages de la France libre, dont l'appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle. Il s'agit de la "guerre des ondes".
  • Enfin, les résistants organisent la presse clandestine qui représente toutes les tendances politiques.
B

Les médias et l'opinion publique de 1945 aux années 1970

1

Les évolutions des médias au lendemain de la guerre

Après la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la diversification de la presse écrite à la généralisation de la radio et à l'essor de la télévision.

La presse écrite se diversifie :

  • Les journaux collaborationnistes sont supprimés, certains journaux de la résistance se maintiennent (Combat, etc.), Certains journaux interdits pendant la guerre réapparaissent (L'Humanité, etc.) et de nouveaux journaux sont créés comme Le Monde. Un nouveau type de presse apparaît : les magazines (L'Express, Le Nouvel Observateur, Paris-Match).
  • La grande majorité des foyers français possèdent une radio (90% dans les années 1960) et le transistor rend la radio mobile. La télévision connaît un essor spectaculaire : 61% des foyers en sont équipés en 1968.
2

Le contrôle de l'État

  • En 1944, la liberté des médias est réinstaurée, mais la télévision et la radio restent sous le contrôle de l'État.
  • Lors du putsch d'Alger le 13 mai 1958, les médias appuient le retour de De Gaulle au pouvoir.
  • Durant la guerre d'Algérie, la censure est rétablie.
  • Lors du putsch des généraux à Alger en 1961, de Gaulle utilise la télévision et la radio afin de régler la crise.
  • De Gaulle utilise fréquemment les médias dans lesquels il apparaît souvent.
  • La radio et la télévision restent sous la tutelle de l'État lors de la création de l'ORTF en 1964.

La crise de mai 1968 amène des contestations contre le contrôle du pouvoir sur les médias :

  • Les étudiants critiquent la mainmise de De Gaulle sur les médias, et de nombreux journaux alternatifs sont créés.
  • Certains médias, comme Europe 1, relaient les revendications des protestataires.
  • Mais De Gaulle reprend la main sur les médias, et de nombreux journalistes grévistes de l'ORTF sont licenciés en juin 1968.
C

L'avènement de la société de la communication

1

La reconfiguration des médias

  • En 1974, Valéry Giscard d'Estaing met fin à l'ORTF et donne aux trois chaînes télévisées publiques leur autonomie.
  • En 1982, François Mitterrand met fin au monopole d'État sur les médias télévisés et des chaînes privées sont créés (Canal+, La Cinq). TF1 est privatisée en 1987.
  • Dans les années 1990, Internet fait son apparition et en 2013, 82 % des foyers français sont connectés.
  • La presse écrite continue son déclin.
  • Certains médias apparaissent exclusivement sur Internet (Rue 89, Médiapart) et la blogosphère devient de plus en plus influente dans la formation de l'opinion publique.
2

Une tyrannie de l'opinion ?

La multiplication des sondages d'opinion modifie le rapport de la société aux médias et interroge sur les ambiguïtés de la démocratie d'opinion :

  • Les sondages permettent de relayer le point de vue des Français, mais leur objectivité est souvent remise en question.
  • Les hommes politiques sont de plus en plus attentifs aux sondages d'opinion sur lesquels ils adaptent leurs discours.

Avec l'essor d'Internet, le rapport de la société à l'actualité est modifiée :

  • Les blogs et les réseaux sociaux donnent la parole à un nombre croissant de personnes.
  • Cette évolution brouille la frontière entre l'opinion publique et les médias.
  • Internet permet une multiplication des sources d'information, cependant beaucoup ne sont pas fiables.

La participation accrue de l'opinion publique grâce à Internet modifie le rôle des médias dans les crises, notamment lors de l'élection présidentielle de 2002 ou lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen pour lequel Internet a joué un rôle de première importance dans la victoire du non.

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