Quatrième 2015-2016
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Quatrième 2015-2016

L'évolution politique de la France (1815 - 1914)

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Louis XVIII

17 novembre 1755 − 16 septembre 1824

Français

Quand Napoléon est vaincu par la coalition européenne en 1814, les souverains d'Europe décident de restaurer en France la Monarchie et placent donc sur le trône Louis XVIII, frère de Louis XVI (le fils de Louis XVI, Louis XVII, en prison pendant la Révolution, n'a pas régné). Louis XVIII règne en 1814 − 1815, fuit pendant le retour au pouvoir de Napoléon pendant les Cent Jours, puis revient de 1815 jusqu'à sa mort en 1824. C'est la Restauration.
En 1814, Louis XVIII accorde aux Français une charte constitutionnelle et signe avec les alliés européens le Traité de Paris qui ramène la France à ses frontières de 1792. Mais il prend des mesures impopulaires qui facilitent le retour de Napoléon en 1815.
Après Waterloo, Louis XVIII s'empresse de revenir à Paris occupé. Il doit signer un second traité de Paris, beaucoup moins favorable que le précédent. Après une période instable appelée la Terreur Blanche menée par les ultra-royalistes (1815 − 1816), une période plus calme s'amorce avec une Monarchie constitutionnelle qui fonctionne (1816 − 1820). Mais après l'assassinat de son neveu le Duc de Berry, Louis XVIII fait du Duc de Richelieu son ministre, et c'est le retour des ultras au gouvernement. A partir de 1820, une politique réactionnaire est mise en place. Louis XVIII meurt en 1824.

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Charles X

9 octobre 1757 − 6 novembre 1836

Français

Charles X succède à Louis XVIII, son frère, en 1824. La politique réactionnaire conduite par les députés et les ministres ultra-royalistes du gouvernement se poursuit sous son règne. Et Charles X impose une politique cléricale (la loi du sacrilège en 1825) et prend comme ministre Polignac, connu pour ses opinions ultra-royalistes.
Malgré des libertés réduites et une presse muselée, l'opposition se met en place d'abord clandestinement, puis elle s'élargit et se manifeste à la chambre des pairs : des bourgeois anticléricaux, des catholiques et des aristocrates modérés comme Chateaubriand s'opposent aux propositions de lois qui veulent réduire les libertés et restaurer en France le droit d'aînesse (c'est-à-dire le fait de favoriser le fils ainé pendant un héritage). Charles X se lance également dans une politique étrangère agressive (prise d'Alger en 1830). Le mécontentement s'intensifie et aux élections de l'été 1830 les députés de l'opposition obtiennent la majorité à la Chambre. Polignac et Charles X décident de dissoudre la Chambre des pairs et de supprimer les libertés de la presse, par les ordonnances du 25 juillet. Cela provoque l'insurrection des Parisiens : les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, appelées les Trois Glorieuses, obligent Charles X à abdiquer et à repartir en exil. C'est la fin de la Restauration.

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Louis-Philippe Ier

6 octobre 1773 − 26 août 1850

Français

Louis-Philippe, duc de Chartres, est le fils de Louis-Philippe Joseph, le duc d'Orléans. Le jeune Louis-Philippe accueille favorablement la Révolution et y prend même une part active. Mais, avec la Terreur en 1793, il choisit l'exil. La même année son père est guillotiné.
Le nouveau duc d'Orléans voyage en Europe et aux Etats-Unis. Il rentre en France en 1814 après l'effondrement de l'Empire napoléonien et s'occupe de la gestion de ses biens que la Restauration lui rend. Pendant les Cents Jours il fuit en Angleterre et ne rentre en France qu'en 1817 et s'installe au Palais Royal. Il fréquente alors la bourgeoisie libérale. Quand éclate la révolte parisienne de juillet 1830 contre Charles X et Polignac, la bourgeoisie libérale, craignant le retour en force des Républicains et l'instauration d'une nouvelle République, propose la candidature du très populaire Louis-Philippe. Le 31 juillet les députés libéraux le proclament lieutenant général du Royaume et après l'abdication de Charles X, il devient "roi des Français" et prête serment à la Charte constitutionnelle. Commence alors la Monarchie de juillet.
Après une période d'instabilité ministérielle, Louis-Philippe confie la responsabilité du gouvernement à Guizot (de 1840 à 1848). Celui-ci favorise la bourgeoisie industrielle, commerciale et financière. Louis Philippe est un roi pacifiste, partant du principe qu'un pays en paix est un pays qui prospère ("la paix est nécessaire aux affaires"). Il refuse de soutenir la Pologne insurgée et ralentit la conquête en Algérie. Le socialisme se développe en France, comme partout en Europe, et le prolétariat de plus plus nombreux veut des réformes. A partir de 1845, la crise économique et le chômage aggravent les mécontentements. La Révolution éclate le 24 février 1848. Louis-Philippe doit quitter la France et se réfugie en Angleterre, où il meurt deux ans plus tard, en 1850.

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Louis-Napoléon Bonaparte − Napoléon III

20 avril 1808 − 9 janvier 1873

Français

Après la Révolution de 1848, la deuxième République est proclamée. Une Assemblée constituante est élue au suffrage universel masculin donnant une large majorité aux républicains modérés. Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, le neveu de Napoléon Ier, est élu Président de la République au Suffrage Universel. Mais avant la fin de son mandat il organise un coup d'Etat : il dissout l'Assemblée et s'empare de tous les pouvoirs le 2 décembre 1851. La résistance au coup d'Etat est faible et rapidement brisée.
En décembre 1852, Louis Napoléon rétablit l'Empire à la suite d'un plébiscite et devient Empereur sous le nom de Napoléon III. Jusqu'en 1860 le régime du Second Empire est autoritaire. Les opposants sont arrêtés ou contraints à l'exil. Après 1860, l'Empire devient plus libéral et Napoléon III accorde le droit de grève aux ouvriers en 1864, accepte les syndicats et rétablit en partie les libertés de la presse et de réunion en 1868. Du coup, l'opposition républicaine progresse et se renforce.
L'œuvre de Napoléon III au cours de son règne est importante et il favorise la croissance économique du pays :

  • Développement considérable du réseau ferré
  • Création des premières banques de dépôts
  • Traité de libre-échange avec l'Angleterre
  • Grands travaux à Paris, dirigés par le préfet de Paris, Haussmann (grandes avenues, nouveaux immeubles, gares, Opéra, etc.)
  • Il participe à l'unification de l'Italie et obtient en contrepartie Nice et la Savoie (1860)
  • Il achève la conquête de l'Algérie et la Nouvelle Calédonie devient française.

Mais en 1870, il déclare la guerre à la Prusse et il est fait prisonnier à Sedan dans les Ardennes, tandis que la France est envahie et occupée. A Paris, un gouvernement provisoire proclame la République le 4 septembre 1870. Après quelques mois de captivité, Napoléon III part s'installer en Angleterre, où il meurt le 9 janvier 1873.

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Alphonse de Lamartine

21 octobre 1790 − 28 février 1869

Français

Lamartine est un grand écrivain et poète qui a aussi été diplomate et qui se lance dans une carrière politique entre 1830 et 1851. Il s'enthousiasme pour la politique avec les événements de juillet 1830 et après un voyage en Orient, il est élu député en 1833. Il participe activement aux débats politiques tout en poursuivant son œuvre littéraire. D'abord royaliste, il devient peu à peu républicain. Il joue un rôle important pendant la Révolution de 1848 et devient chef du gouvernement provisoire après la proclamation de la République. Il se présente aux élections présidentielles, mais il n'obtient que quelques milliers de voix, c'est un échec. Il conserve son poste de député à la Chambre, mais après le coup d'Etat de Louis-Napoléon, il se retire de la vie politique française. Alors couvert de dettes, il se met à écrire beaucoup.
Lamartine laisse une œuvre poétique, romanesque et historique immense (dont les méditations poétiques, Jocelyn, Histoire des Girondins, Graziella).

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Victor Schoelcher

22 juillet 1804 − 25 décembre 1893

Français

Victor Schoelcher, issu d'une famille bourgeoise catholique, devient journaliste et critique artistique. En 1833, Schoelcher condamne l'esclavage, en réclame l'abolition et décrit les conditions de vie effroyables des esclaves noirs dans les colonies, dans son livre De l'esclavage des noirs et de la législation coloniale. De retour des Antilles en 1840, il réclame une abolition immédiate.
Après la proclamation de la République en 1848, il obtient un poste dans le gouvernement provisoire et contribue à faire adopter par le gouvernement le décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies. Il est nommé président de la Commission d'abolition de l'esclavage et est à l'origine du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage en France et qui ordonne la libération immédiate des esclaves. Il est élu député de la Martinique en 1848 puis de la Guadeloupe. Après le coup d'Etat de 1851, il part en exil en Angleterre et revient en France en 1770. Réélu député de la Martinique, il devient ensuite sénateur. Il lutte alors pour l'abolition de la peine de mort. Ses cendres sont transférées en 1949 au Panthéon.

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Louise Michel

29 mai 1830 − 9 janvier 1905

Française

Louise Michel, une jeune Républicaine, abandonne son métier d'institutrice et vient s'installer à Paris en 1856. Elle s'investit alors dans des activités littéraires et politiques. Après la chute de l'Empire, une nouvelle assemblée est élue et Thiers, le nouveau chef de gouvernement négocie la paix avec l'Allemagne. Mais les Parisiens, républicains et patriotes refusent la nouvelle Assemblée et les négociations de paix. Le 18 mars 1871 le peuple de Paris se soulève. Louise Michel participe à l'insurrection. Thiers doit fuir à Versailles. Les révolutionnaires parisiens établissent un gouvernement révolutionnaire appelé la Commune de Paris. Pendant la Commune, Louise Michel est conférencière et ambulancière. Pendant la semaine sanglante (21 − 28 mai 1871), elle participe aux combats contre les "Versaillais", c'est-à-dire l'armée de Thiers qui écrase la commune. Elle est emprisonnée puis déportée en 1873 en Nouvelle-Calédonie. Elle rentre en France grâce à l'amnistie de 1880. Elle continue toute sa vie à se passionner pour la liberté et la justice sociale. Elle écrit des livres et fait des conférences et continue à avoir des attitudes anarchistes qui lui valent trois arrestations.

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Jules Ferry

5 avril 1832 − 17 Mars 1893

Français

Journaliste et député républicain élu à Paris en 1869, Jules Ferry est nommé secrétaire dans le gouvernement provisoire (dit de défense nationale) de la nouvelle République proclamée le 4 septembre 1870, alors que la France est envahie par les Prussiens. Jules Ferry doit fuir Paris quand éclate l'insurrection du 18 mars 1871 (début de la commune de Paris). Après les lois constitutionnelles de 1875, les Républicains remportent les élections à l'Assemblée et au Sénat. Entre 1879 et 1885, Jules Ferry est régulièrement au pouvoir (ministre de l'instruction publique, président du conseil, ministre des affaires étrangères).
En 1881 − 1882, alors ministre de l'instruction publique, Jules Ferry fait voter les lois scolaires (qui fondent l'école publique obligatoire laïque et gratuite). Les lois prévoient la gratuité de l'école primaire publique, l'obligation scolaire de six à treize ans et la laïcité de l'enseignement public. En fait, Jules Ferry veut bâtir une France républicaine et laïque. Sa politique coloniale ambitieuse l'oppose aux radicaux et provoque la chute de son gouvernement en 1885. Après sa chute, son discours à la chambre des députés, dans lequel il expose ses théories colonialistes, fait scandale et provoque une réaction vive de Clemenceau qui répond par un autre discours anti-colonialiste. En effet, dans son discours Jules Ferry évoque les "races supérieures" qui ont le droit et le devoir d'apporter aux "races inférieures" la civilisation.

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Léon Gambetta

2 avril 1838 − 31 décembre 1882

Français

Gambetta est avocat et devient chef des Républicains pendant le Second Empire. Aux élections de 1869 il est élu député. Il fait un discours à l'Assemblée qui le consacre comme un très grand orateur. Gambetta proclame la République le 4 septembre, trois jours après la victoire des Prussiens à Sedan face à l'armée de Napoléon III. Il devient ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Défense Nationale. Mais la France est envahie, Metz, Orléans et Paris capitulent. Des élections s'organisent dans une France occupée. Mais la majorité est obtenue par les députés monarchistes. Thiers forme le nouveau gouvernement, il négocie la paix et doit mater la commune, pendant que Gambetta fonde un journal La République Française et se déplace en France dans l'espoir de réveiller les Français et augmenter la ferveur républicaine. C'est une réussite, et aux élections de 1876 les Républicains obtiennent la majorité à l'Assemblée. Il refuse alors d'être candidat à l'élection présidentielle et c'est Jules Grévy qui est élu. Puis il devient président de la Chambre. Il est nommé par Grévy président du Conseil en 1881, pendant quelques semaines puis il démissionne fatigué de lutter contre toutes les oppositions à son projet d'un grand ministère d'union républicaine. Il meurt en 1882.

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Georges Clemenceau

28 septembre 1841 − 24 novembre 1929

Français

Clemenceau fait des études de médecine et devient médecin avant de se consacrer au journalisme et à la politique. Elu député en 1876, il rejoint les radicaux. Il crée un journal en 1880, la Justice. Clemenceau se fait énormément d'ennemis dans le monde politique et on l'écarte des responsabilités. Il ne conserve alors que ses amis peintres et écrivains (Claude Monet, Alphonse Daudet, Emile Zola). Clemenceau prend parti pour Dreyfus et publie dans le journal l'Aurore le célèbre J'accuse de Zola.
Ministre de l'Intérieur, puis président du Conseil de 1906 à 1909, il réprime parfois sévèrement les manifestations et les grèves. Il crée le ministère du Travail et impose des réformes sociales (comme la journée de congés hebdomadaire). Sa tentative de créer un impôt sur le revenu échoue. Clemenceau tombe, en juillet 1909, critiqué et attaqué de toutes parts. Il retourne dans l'opposition et crée un nouveau journal, L'Homme libre, rebaptisé L'Homme enchaîné, pendant la guerre. En 1917, à l'âge de 76 ans, Clemenceau est rappelé au pouvoir par Poincaré, le Président de la République. Clemenceau redonne du courage aux soldats qu'il vient voir sur le front, lance un emprunt et fait nommer Foch commandant en chef des armées alliées. Après la signature de l'Armistice le 11 novembre 1918, c'est Clemenceau, surnommé le tigre et le père la victoire, qui signe pour la France le Traité de Versailles (1919).
En 1919, il réprime des manifestations, brise des grèves et impose la journée de travail de 8 heures et les impôts sur le revenu. Il fait alors de nombreux mécontents chez les députés à droite comme à gauche et n'est pas élu par le Parlement aux élections présidentielles de 1920. Il se retire alors définitivement de la vie politique.

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Université de Napierville

Alfred Dreyfus

9 octobre 1859 − 12 juillet 1935

Français

En 1894, après la découverte d'une lettre d'un officier français livrant des renseignements militaires à l'Allemagne, le capitaine Dreyfus, un officier de confession juive et d'origine alsacienne, est accusé de trahison et d'être l'auteur de cette lettre. Il est reconnu coupable par un tribunal militaire, dégradé et condamné à la déportation. En 1898, les soupçons se portent sur un autre officier, Esterhazy, jugé et acquitté. L'écrivain Emile Zola dénonce une erreur judiciaire et rédige la lettre "J'accuse" que Clemenceau publie dans son journal l'Aurore. On découvre alors que de fausses preuves ont été fabriquées pour accabler Dreyfus. Dreyfus est rejugé en 1899 à Rennes par un nouveau tribunal militaire, qui le condamne de nouveau alors qu'il n'y a plus de preuves contre lui et que tout accuse Esterhazy. Finalement, le 19 septembre, Dreyfus est gracié par le Président de la République. Pendant plusieurs années, Dreyfus se bat pour laver son honneur, et ce n'est qu'en 1906 qu'il est réhabilité.
L'affaire Dreyfus a divisé la France en deux camps : les anti-dreyfusards (souvent antisémites qui croient Dreyfus coupable) et les dreyfusards (qui veulent la vérité et qui croient Dreyfus innocent). Des familles se sont brouillées à cause de l'affaire.

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