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Identifier l'ancrage d'un discours Exercice fondamental

Difficulté
2-5 MIN
1

Dans les phrases suivantes extraites de Alexis ou le Traité du Vain Combat de Marguerite Yourcenar, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

N'ayant pas pu vivre selon la morale ordinaire, je tâche, du moins, d'être d'accord avec la mienne : c'est au moment où l'on rejette tous les principes qu'il convient de se munir de scrupules. J'avais pris envers vous d'imprudents engagements que devait protester la vie : je vous demande pardon, le plus humblement possible, non pas de vous quitter, mais d'être resté si longtemps.

2

Dans la phrase suivante extraite de L'Oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Les escarmouches avec les théologiens avaient leur charme, mais il savait fort bien qu'il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui, et ceux qui croient, ou affirment croire, et obligent sous peine de mort leurs semblables à en faire autant.

3

Dans les phrases suivantes extraites de Splendeurs et Misères des courtisanes d'Honoré de Balzac, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

- Adieu, mon cher, lui dit-il à voix basse et à l'oreille. Nous sommes séparés l'un de l'autre par trois longueurs de cadavres ; nous avons mesuré nos épées, elles sont de la même trempe, de la même dimension… Ayons du respect l'un pour l'autre ; mais je veux être votre égal, non votre subordonné… Armé comme vous le seriez, vous me paraissez un trop dangereux général pour votre lieutenant. Nous mettrons un fossé entre nous. Malheur à vous si vous venez sur mon terrain !

4

Dans la phrase suivante extraite de Madame Bovary de Gustave Flaubert, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.

5

Dans les phrases suivantes extraites de Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Mon cher Marc, je suis descendu ce matin chez mon médecin Hermogène, qui vient de rentrer à la Villa après un assez long voyage en Asie ; l'examen devait se faire à jeun : nous avions pris rendez-vous pour les premières heures de la matinée. Je me suis couché sur un lit après m'être dépouillé de mon manteau et de ma tunique. Je t'épargne des détails qui te seraient aussi désagréables qu'à moi-même, et la description du corps d'un homme qui avance en âge et s'apprête à mourir d'une hydropisie du cœur.

6

Dans les phrases suivantes extraites du roman Le Coup de grâce de Marguerite Yourcenar, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Contrairement à la plupart des hommes un peu réfléchis, je n'ai pas plus l'habitude du mépris de soi que de l'amour-propre ; je sens trop que chaque acte est complet, nécessaire et inévitable, bien qu'imprévu à la minute qui précède, et dépassé à la minute qui suit. Pris dans une série de décisions toutes définitives, pas plus qu'un animal, je n'avais eu le temps d'être un problème à mes propres yeux. Mais si l'adolescence est une époque d'inadaptation à l'ordre naturel des choses, j'étais certes resté plus adolescent, plus inadapté que je ne le croyais, car la découverte de ce simple amour de Sophie provoqua en moi une stupeur qui allait jusqu'au scandale.

7

Dans les phrases suivantes extraites de La Reine Margot d'Alexandre Dumas, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Mais cet observateur qui manquait aux galeries intérieures du Louvre, continuait dans la rue à regarder de ses yeux flamboyants et à gronder de sa voix menaçante : cet observateur c'était le peuple, qui, avec son instinct merveilleusement aiguisé par la haine, suivait de loin les ombres de ses ennemis implacables et traduisait leurs impressions aussi nettement que peut le faire le curieux devant les fenêtres d'une salle de bal hermétiquement fermée. La musique enivre et règle le danseur, tandis que le curieux voit le mouvement seul et rit de ce pantin qui s'agite sans raison, car le curieux, lui, n'entend pas la musique.

8

Dans les phrases suivantes extraites de "Boule de suif" de Guy de Maupassant, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Personne ne la regardait ne songeait à elle. Elle se sentait noyée dans le mépris de ces gredins honnêtes qui l'avaient sacrifiée d'abord, rejetée ensuite, comme une chose malpropre et inutile. Alors elle songea à son grand panier tout plein de bonnes choses qu'ils avaient goulûment dévorées, à ses deux poulets luisants de gelée, à ses pâtés, à ses poires, à ses quatre bouteilles de bordeaux ; et sa fureur tombant soudain comme une corde trop tendue qui casse, elle se sentit prête à pleurer.

9

Dans les phrases suivantes extraites de "Boule de suif" de Guy de Maupassant, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Elle s'emporta : "Puisque c'est son métier, à cette gueuse, de faire ça avec tous les hommes, je trouve qu'elle n'a pas le droit de refuser l'un plutôt que l'autre. Je vous demande un peu, ça a pris tout ce qu'elle a trouvé dans Rouen, même des cochers ! oui, madame, le cocher de la préfecture ! Je le sais bien, moi, il achète son vin à la maison. Et aujourd'hui qu'il s'agit de nous tirer d'embarras, elle fait la mijaurée, cette morveuse !"

10

Dans les phrases suivantes extraites de Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, le discours est-il ancré ou coupé de la situation d'énonciation ?

Le piano commença à jouer. La lumière s'éteignit. Suzanne se sentit désormais invisible, invincible et se mit à pleurer de bonheur. C'était l'oasis, la salle noire de l'après-midi, la nuit des solitaires, la nuit artificielle et démocratique, la grande nuit égalitaire du cinéma, plus vraie que la vraie nuit, plus ravissante, plus consolante que toutes les vraies nuits, la nuit choisie, ouverte à tous, offerte à tous, plus généreuse, plus dispensatrice de bienfaits que toutes les institutions de charité et que toutes les églises, la nuit où se consolent toutes les hontes, où vont se perdre tous les désespoirs, et où se lave toute la jeunesse de l'affreuse crasse d'adolescence.