Essor et déclin des puissances : un regard historiqueCours

L'Empire ottoman est une puissance qui a connu un essor considérable puis un déclin important. De 1299 à 1922, l'Empire ottoman a dominé une large partie du Bassin méditerranéen jusqu'à s'étendre sur trois continents avant d'éclater après la Première Guerre mondiale. La Russie a également été une grande puissance jusqu'à l'éclatement de l'URSS en 1991. Elle connaît un certain essor depuis quelques années avec les actions entreprises par son président Vladimir Poutine. Ces deux exemples permettent de comprendre comment une puissance se construit et disparaît, mais également comment une puissance peut redevenir influente à l'échelle mondiale. 

Comment les puissances se construisent-elles et disparaissent-elles ?

I

L'essor et le déclin de l'Empire ottoman

Essor et déclin de l'Empire ottoman

Essor et déclin de l'Empire ottoman

A

La construction d'un immense empire multinational et religieux

De 1299 à 1922, l'Empire ottoman a dominé une large partie du Bassin méditerranéen. Il s'étend sur trois continents. Jusqu'au XVIe siècle, son essor est fulgurant. À partir du XVIe siècle, il décline, puis il disparaît avec la Première Guerre mondiale.

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L'extension fulgurante de l'empire

L'extension de l'Empire ottoman commence à la fin du XIIe siècle et s'accélère au XIVe siècle. Son apogée est la prise de Constantinople, le 29 mai 1453. 

Au début du XIIIe siècle, l'Empire byzantin domine la mer Égée et une partie du monde musulman. 

L'Empire byzantin au XIIIe siècle
L'Empire byzantin au XIIIe siècle

D'après Wikimedia Commons

Une tribu turcomane, dite tribu des Osmanlis (fondée par Osman), est chassée d'Asie centrale par l'avancée des Mongols. Elle s'établit dans le berceau byzantin, au nord de l'Anatolie. C'est la création d'un nouvel émirat : l'émirat ottoman. Son fondateur est le sultan Osman Ier. C'est le début de la dynastie des Ottomans. L'émirat ottoman s'engage dans la lutte contre l'Empire chrétien des Byzantins. En 1326, la ville de Brousse devient sa première capitale. L'émirat s'étend au nord sur le littoral de la mer de Marmara. On parle alors d'Empire ottoman.

En 1344, les Byzantins demandent l'aide des Ottomans contre les Serbes. Les Ottomans avancent et s'établissent ainsi à Gallipoli (détroit des Dardanelles) avant de se lancer à la conquête des Balkans.

Les Ottomans poursuivent leur extension en remportant plusieurs batailles :

  • Murad Ier élargit l'empire vers l'est en Anatolie et réalise des conquêtes en Europe comme les conquêtes d'Andrinople en 1363, de Macédoine, de Bulgarie, de Serbie en 1389 lors de la bataille de Kosovo Polje (ou « bataille du champ des Merles »).
  • En 1396, le sultan ottoman Bajazet Ier gagne la bataille de Nicopolis contre les croisés.  

 

La plus importante victoire militaire de l'Empire ottoman est la prise de Constantinople le 29 mai 1453. C'est un triple symbole : 

  • c'est la fin de l'Empire byzantin ;
  • cela marque un rapprochement politique entre l'Asie et l'Europe ;
  • c'est aussi la victoire de l'islam sur la chrétienté d'Orient. 

 

Constantinople devient la capitale de l'empire, elle est nommée Istanbul.

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La gestion d'un empire multinational et multireligieux

La supériorité de l'Empire ottoman s'explique par sa capacité à dominer militairement une population multinationale et multireligieuse. L'administration de l'empire est centralisée pour permettre une bonne gestion de tous les territoires conquis. 

Les réformes de l'empire commencent dès le XIIe siècle. L'administration est centralisée (divãn ou diwan) et placée sous l'autorité d'un grand vizir. 

L'armée ottomane est également réformée. Elle possède un corps d'élites, les janissaires. Ce sont de jeunes chrétiens qui ont été enlevés puis islamisés et turquisés. Ils suivent un apprentissage militaire en Anatolie. Ils maîtrisent l'artillerie et mettent au point des plans de bataille ingénieux. L'armée ottomane est connue pour sa discipline de fer, elle est très puissante et permet d'encadrer une population grandissante.

En effet, l'Empire ottoman compte 28 millions d'habitants au XIVe siècle. Son évolution est impressionnante au cours de son expansion.

Évolution de la population ottomane
Évolution de la population ottomane

© Angus Maddison, Historical statistics for the World Economy, 1978

La population de l'Empire ottoman est multinationale. Différents peuples s'y côtoient : les Turcs, les Albanais, les Arabes, les Arméniens, les Berbères, les Hongrois, les Kurdes, les Persans, les Roumains, les Slaves, les Tatars et les Tsiganes. Afin de ne pas créer de conflits, les Ottomans autorisent les différents peuples à parler leurs langues et à maintenir leurs traditions. Le rang social des anciens seigneurs dans les territoires nouvellement conquis est également conservé. 

La population est également multireligieuse : musulmans, chrétiens et juifs vivent ensemble. La religion officielle de l'empire est l'islam, qui en reste le socle idéologique. Le sultan contrôle les trois principales villes saintes de l'islam : La Mecque, Médine et Jérusalem. Toutefois, les chrétiens et les juifs s'intègrent grâce au statut de dhimmi. Ils sont protégés par le sultan, qui leur a promis la dhimma, c'est-à-dire la protection par contrat.

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Du XVIe au XIXe siècle : le long déclin de l'empire

À partir du XVIe siècle, l'Empire ottoman connaît plusieurs défaites militaires. Le démantèlement de l'empire commence au XIXe siècle. Au début du XXsiècle, malgré des tentatives de modernisation, l'Empire ottoman éclate complètement et disparaît après la Première Guerre mondiale.

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Les premières défaites militaires

Les premières défaites qui fragilisent l'Empire ottoman ont lieu à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. 

Ces défaites sont multiples :

  • L'empire perd face aux chrétiens en Moldavie, en Hongrie et à Lépante en octobre 1571 lorsque les Ottomans sont vaincus par la flotte de la Sainte-Ligue (Espagne, Venise, Saint-Siège). 
  • En 1683, les Ottomans sont battus à Vienne et la situation se renverse : à l'ouest, ils perdent la Hongrie, la Transylvanie, la Podolie. 
  • Puis, au XVIIIe siècle, lors du traité de Passarowitz en 1718, les Ottomans cèdent le Nord de la Serbie. À l'est, les Perses chiites reprennent des provinces, les Russes reprennent la Crimée et une partie du littoral de la mer Noire.
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L'essor des puissances européennes et les troubles internes

À partir du XVe siècle, l'Empire ottoman est affaibli par l'essor des puissances européennes et la multiplication des troubles internes (rébellion, nationalismes, etc.).  

Du XVe au XVIIe siècle, la France, l'Allemagne, l'Angleterre, le Portugal et l'Espagne se lancent dans les grandes découvertes. Ils explorent des terres en Afrique, en Asie, en Océanie et en Amérique. Ils s'enrichissent grâce au commerce atlantique, et l'Empire ottoman ne profite plus de la même souveraineté économique en Méditerranée. 

Puis, au XIXe siècle, la Grande-Bretagne, la France et la Russie étendent leur influence sur les provinces arabes de l'Empire ottoman :

  • Les Anglais veulent contrôler leurs routes commerciales et notamment la route des Indes. 
  • Les Français convoitent la Syrie et le Liban. 
  • La Russie veut former son propre empire et convoite un accès à la Méditerranée. 

 

Pour désigner les rivalités russe et européenne à propos de l'Empire ottoman, les historiens utilisent l'expression « la question d'Orient ». 

Le déclin de l'empire est également dû à des causes internes : 

  • l'éveil des nationalismes ;
  • la rébellion des janissaires ; 
  • la corruption et la fragilisation de l'administration.

En 1622, les janissaires assassinent le jeune sultan Osman II, de la corruption et d'une administration qui se délite.

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Le démantèlement de l'Empire ottoman au XIXe siècle

À partir du XIXe siècle, l'Empire ottoman perd de plus en plus de territoires. 

  • En 1830, la conférence de Londres reconnaît l'indépendance de la Grèce ;
  • En 1870, des conflits éclatent en Bulgarie, en Serbie, en Bosnie et en Roumanie. Le traité de San Stefano, en mars 1878, confirme l'émergence des puissances orthodoxes dans les Balkans.
  • En septembre 1878, les grandes puissances se réunissent à Berlin pour procéder à une redistribution territoriale au détriment de l'Empire ottoman. La Serbie, le Monténégro et la Roumanie deviennent indépendants, un royaume de Bulgarie est créé, la Grèce annexe la Thessalie, l'Autriche occupe la Bosnie et l'Herzégovine, l'Angleterre obtient Chypre, la Russie gagne les régions du Nord de l'Empire (Kars, Ardahan, Batoum).
  • En Afrique du Nord, l'Égypte devient autonome et Méhémet Ali se fait proclamer gouverneur et s'impose en Arabie et au Soudan. Le canal de Suez, construit et contrôlé par les Français et les Anglais, est ouvert en 1869. 
  • La France colonise l'Algérie en 1830 puis la Tunisie en 1881. 
  • Les Italiens se posent en Tripolitaine en 1891.

Le tsar Nicolas Ier appelle l'Empire ottoman « l'homme malade de l'Europe » pour montrer que le XIXe siècle est synonyme de recul territorial de cet empire.

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La chute de l'empire au début du XXe siècle

Affaibli, l'Empire ottoman tente de se moderniser, mais la montée des nationalismes est trop importante. Avec la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman éclate et disparaît.

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Une tentative de modernisation

L'Empire ottoman tente de se réformer en s'inspirant des puissances européennes. Il veut se moderniser, espérant ainsi faire face à ses difficultés.

La Sublime Porte (résidence du grand vizir où se trouvent les services de l'administration centrale et le cœur du pouvoir au XIXe siècle) lance un grand programme de réformes entre 1839 et 1878. Elles sont appelées Tanzimat (réorganisations) et doivent moderniser l'Empire et ses institutions. Ces actions réformatrices menées au sommet de l'État cherchent à occidentaliser la société, à rattraper le retard économique et social pour enrayer le recul territorial.

Ce programme introduit la propriété privée.

L'Empire ottoman connaît alors des transformations modernes : 

  • l'essor urbain ;
  • le développement d'un classe moyenne et d'une élite progressiste ;
  • le développement de la presse. 

 

Ces réformes améliorent le fonctionnement de l'empire mais accroissent sa dépendance à l'égard de l'Europe.

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Le nationalisme des Jeunes-Turcs

Le développement des nationalismes devient important dans l'Empire ottoman. Le mouvement politique mené par les Jeunes-Turcs arrive alors à la tête de l'empire et exerce un pouvoir autoritaire.

Les Arméniens, les Kurdes et les Arabes se révoltent. Le sultan Abdülhamid II se replie alors sur l'Anatolie en exerçant un pouvoir autoritaire.

Il supprime la constitution libérale promulguée deux ans plus tôt lors des réformes.

En juillet 1908, le sultan est confronté à des rébellions internes intenses. Les Jeunes-Turcs du mouvement politique nationaliste et réformateur Comité Union et Progrès (CUP) rétablissent la Constitution :

  • Ils souhaitent un État fort, centré autour de l'élément national turco-musulman. 
  • Ils considèrent les minorités comme un obstacle à cet État national, durcissent le régime et restreignent la liberté de la presse. 

 

Le CUP impose peu à peu un parti unique et, en janvier 1913, après un coup d'État, prend véritablement le pouvoir. Il instaure une dictature. Il est responsable du génocide des Arméniens en 1915.

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La Première Guerre mondiale et l'éclatement de l'empire

Durant la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman se range dans le camp de l'Allemagne. Lorsqu'elle est vaincue, les Alliés s'engagent dans la signature de traités de paix. L'Empire ottoman, du côté des vaincus, est éclaté. C'est la fin d'un empire vieux de plusieurs siècles.

En avril 1920, la conférence de San Remo (au nord de l'Italie), qui réunit les Français, les Britanniques, les Italiens, les Japonais, les Grecs et les Belges, prépare les conditions du traité de paix avec l'Empire ottoman.

Le traité de Sèvres du 10 août 1920 donne lieu à des modifications frontalières : 

  • La Thrace et la région de Smyrne sont cédées à la Grèce. 
  • Un État arménien est prévu, tout comme l'autonomie du peuple kurde. 
  • Les provinces arabes de l'empire sont placées sous mandat de la SDN et les détroits sont internationalisés. 

 

Le démembrement de l'empire est quasi total puisqu'il ne reste plus au territoire ottoman qu'un morceau de l'Anatolie.

Dans ce contexte, un officier ottoman, Mustapha Kemal, organise l'indépendance de la Turquie. Il fonde un gouvernement à Ankara, rejette les clauses du traité de Sèvres et reprend plusieurs territoires après des combats (Kars et Ardahan à l'Est, la Cilicie au Sud, et il chasse les Grecs de l'Ouest). Un armistice est conclu en 1922 et un nouveau traité, celui de Lausanne en 1923, fixe les limites actuelles de la Turquie. 

Les Turcs reconnaissent l'indépendance des anciennes provinces arabes. Des échanges de populations ont lieu entre les Turcs de Grèce et les Grecs d'Anatolie. Le sultanat ottoman disparaît et le 29 octobre 1923 est proclamée la République laïque de Turquie dont la capitale est désormais Ankara. Son premier président est Mustafa Kemal dit Atatürk. C'est la fin de l'Empire ottoman.

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II

La renaissance de la Russie depuis 1991

La Russie a été une grande puissance. D'abord empire sous les tsars, elle devient le cœur de l'URSS au XXe siècle. Affaiblie après la guerre froide, elle connaît un renouveau depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 1999.

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Les difficultés de la Russie depuis l'effondrement de l'URSS

À la fin de la guerre froide, en 1991, l'URSS est éclatée. La Russie est plongée dans des difficultés sociales et économiques, sa puissance est considérablement affaiblie.

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L'éclatement de l'URSS

Après des années 1980 difficiles, l'URSS éclate en 1991. C'est la fin de la guerre froide.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde est bipolaire, divisé entre les États-Unis et l'URSS. L'URSS domine le bloc communiste constitué des démocraties populaires (régimes communistes à l'est du rideau de fer). 

Mais à la fin des années 1980, la situation économique et sociale de l'URSS s'est fortement dégradée. Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985. Il met en place une politique de réformes économiques et sociales appelée perestroïka (« restructuration » en russe). Elle s'accompagne d'une politique de transparence, la glasnost. Toutefois, les difficultés économiques sont trop importantes : lourd déficit, endettement croissant, prix élevés. En URSS, la contestation s'étend de plus en plus et des populations exigent leur indépendance.

L'Estonie proclame sa souveraineté en novembre 1988, suivie par la Lituanie en mai 1989. Le mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989 et des conflits éclatent entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. De 1990 à 1991, les quinze républiques qui composaient l'URSS accèdent à l'indépendance, c'est l'éclatement de l'URSS. 

Mikhaïl Gorbatchev est affaibli et contesté. Le Parti communiste de l'Union soviétique est dissout et, le 8 décembre 1990, la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie fondent, par le traité de Minsk, la Communauté des États indépendants (CEI) et proclament la dissolution de l'URSS. Celle-ci disparaît officiellement le 21 décembre 1991 et Gorbatchev démissionne le 25 décembre.

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Les difficultés de la Russie dans les années 1990

La Russie rencontre de nombreuses difficultés durant les années 1990. Le pays est confronté à des crises économique, géopolitique et sociale.

Sur la plan économique, la situation est désastreuse. La « thérapie de choc », politique de privatisation massive mise en place entre 1991 et 1994, provoque une crise monétaire et une situation de banqueroute. La Russie connaît un net recul, le PIB et les investissements chutent.

Aux niveaux politique et militaire, la Russie rencontre des tentations indépendantistes en Tchétchénie qu'elle réprime par la force (guerre entre 1994 et 1996). De plus, la Russie n'a plus la même influence que précédemment : elle pèse peu dans les affaires européennes au moment où le traité de Maastricht (1992) crée l'Union européenne et où les États-Unis s'imposent comme une hyperpuissance. Les effectifs militaires sont divisés par deux entre 1992 et 1996, même si la Russie récupère son siège au Conseil de sécurité de l'ONU et conserve l'arme nucléaire. 

Enfin, la société russe se paupérise (alcoolisme, établissements de santé déficients, suicides, etc.). Le taux de natalité continue de chuter et le taux de mortalité continue d'augmenter.

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D'après wikiwand

B

Le renouveau de la Russie dans les années 2000

Depuis l'arrivée de Vladimir Poutine, la Russie connaît un renouveau. Son pouvoir s'articule autour de trois axes forts : un contrôle politique centré sur le président, un contrôle économique des principales ressources énergétiques du pays et l'influence russe dans le monde.

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Un pouvoir centralisé autour de Vladimir Poutine

Vladimir Poutine arrive au pouvoir en décembre 1999 après la démission de Boris Eltsine. C'est une figure forte. Bien que controversé, il est apprécié par de nombreux Russes qui estiment qu'il a rendu à la Russie sa gloire passée.

Vladimir Poutine est un ancien officier du KGB, les services secrets soviétiques. Il se retrouve à la tête d'un pays en crise économique, politique et géopolitique. Ce nouvel homme fort veut mettre fin au désordre par une politique autoritaire. Il renforce l'exécutif et réaffirme le pouvoir de l'État central sur les régions russes. Cela se manifeste notamment dans le violent conflit qui survient entre 1999 et 2000 en Tchétchénie, pays qui réclame son indépendance. Poutine apparaît comme un président intraitable. 

Dans les années 2000, il met en place un pouvoir vertical : les gouverneurs russes de régions (les oblasts) ne sont plus élus au suffrage universel mais directement nommés par le président.

Même si Vladimir Poutine fait l'objet de vives critiques à l'international, sa popularité grandit rapidement dans son pays.

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Un contrôle économique

Vladimir Poutine contrôle l'économie russe, en s'appuyant notamment sur l'exportation des hydrocarbures (gaz et pétrole). Ces hydrocarbures sont présents en quantités très importantes sur le territoire russe.

La Russie fait 17 millions de km2.

Vladimir Poutine a écarté plusieurs oligarques afin de prendre le contrôle sur l'acheminement des hydrocarbures. 

Mikhaïl Khodorkovski, ex-PDG de la compagnie pétrolière Ioukos, a été emprisonné en 2003 pour « escroquerie à grande échelle » et « évasion fiscale ». 

L'État possède plus de la moitié des actions des deux grandes compagnies Gazprom et Rosneft. La situation économique est ainsi meilleure que dans les années 1990, même si elle reste fragile. 

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L'influence de la Russie à l'Ouest (Caucase, Ukraine, Balkans)

Enfin, Vladimir Poutine souhaite que l'influence russe soit plus importante dans les affaires internationales. Il est très présent sur le plan géopolitique, particulièrement à l'Ouest.

On appelle « étranger proche » les quatorze anciennes républiques devenues indépendantes avec l'éclatement de l'URSS. La Russie entend y préserver son influence et des intérêts privilégiés. La diaspora russe y est très présente. Poutine réaffirme régulièrement la puissance de la Russie en intervenant à ses frontières comme dans le Caucase, en Ukraine ou en Crimée, péninsule qu'il a annexée en 2014. 

Toutefois, certaines de ces anciennes républiques tendent à se rapprocher de l'Union européenne ou entrent dans l'OTAN, ce qui fragilise l'influence russe.

L'Ukraine et la Géorgie ont reçu des aides de l'OTAN et participent au partenariat oriental de l'Union européenne.

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Un nouveau rayonnement fragile

Le nouveau rayonnement russe repose sur son hard power et son soft power. Toutefois, les faiblesses de la Russie en font une puissance qui reste fragile.

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Le hard power et le soft power russes

La combinaison du hard et du soft power est aujourd'hui un élément essentiel du nouveau rayonnement russe. 

La Russie diffuse des outils du soft power en Europe et dans le monde par le biais des médias pro-russes :

  • C'est le cas avec RT (anciennement Russia Today), chaîne de télévision proche du pouvoir et dotée d'un important budget. Elle est présente aussi à l'étranger (RT France lancée en 2017). 
  • C'est également le cas avec Sputnik, une agence de presse lancée en 2014, qui constitue un instrument de politique étrangère.

Poutine a annoncé son projet de consacrer 24 millions d'euros à la création d'une alternative russe au site Internet Wikipédia.

Les réseaux sociaux diffusent également largement des informations pro-russes. 

L'Église orthodoxe de Russie est par ailleurs bien implantée dans le monde, tout comme les centres culturels russes.

La cathédrale russe de la Sainte-Trinité et le centre culturel russe ont été construits au centre de Paris.

La Russie utilise également son hard power. Ses interventions militaires aux frontières mais aussi en Syrie permettent le maintien des bases militaires russes à l'étranger. La Russie est redevenue une puissance militaire capable :

  • d'intervenir dans plusieurs espaces ;
  • de se réarmer ;
  • de modifier les frontières ;
  • de créer des relations à l'Est avec d'autres puissances comme la Chine et l'Inde.

 

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Des faiblesses rédhibitoires

Si le renouveau de la Russie est réel, il ne masque pas les faiblesses de cette puissance qui reste fragile. 

  • L'économie reste dépendante de la rente de ses hydrocarbures et très inférieure à la puissance économique des États-Unis et de la Chine. 
  • Les capacités d'intervention militaire de la Russie sont très loin d'égaler celles des États-Unis. 
  • Son soft power n'est pas comparable à celui des États-Unis ou de la Chine.
  • Par ailleurs, les effets de la crise démographique des années 1990−2000 se poursuivent et la croissance démographique reste très lente.

Questions fréquentes

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