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Dernière modification : 23/03/2026 - Conforme au programme 2025-2026
Galilée (1564-1642) incarne la rupture scientifique du XVIIe siècle. Grâce à l'observation avec la lunette astronomique, il confirme les théories de Copernic sur l'héliocentrisme. En remettant en cause la vision du monde héritée d'Aristote et soutenue par l'Église, il affirme l'autonomie de la science fondée sur l'expérimentation. Son procès en 1633 symbolise le conflit entre raison et foi, et fait de lui une figure centrale de la révolution scientifique moderne.
Un savant en rupture avec la tradition antique
Une formation classique et une curiosité nouvelle
Galileo Galilei naît à Pise en 1564, dans une Europe encore dominée par la pensée antique, notamment celle d'Aristote. Formé aux mathématiques et à la philosophie naturelle, il devient professeur à Padoue. Il s'inscrit rapidement en faux contre certaines théories aristotéliciennes, notamment l'idée que les corps tombent à des vitesses proportionnelles à leur poids.

Portrait de Galilée, 1640, par Justus Sustermans (1597–1681)
Wikimedia Commons
Un usage novateur de l'expérience et du calcul
Galilée inaugure une nouvelle manière de faire de la science : il combine l'observation, l'expérimentation contrôlée et l'usage des mathématiques. Il établit les lois de la chute des corps, élabore les premières notions de mouvement uniforme et accéléré, et ouvre la voie à une physique rationnelle fondée sur des faits mesurables, en rupture avec les raisonnements abstraits des anciens.
Une révolution dans l'observation du ciel
Une lunette qui change la vision du monde
En 1609, Galilée perfectionne la lunette astronomique, invention récente venue des Pays-Bas, et l'oriente vers le ciel. Il découvre des réalités invisibles à l'œil nu : les montagnes de la Lune, les taches solaires, les satellites de Jupiter, les phases de Vénus. Ces observations contredisent la conception aristotélicienne d'un ciel parfait, immobile et incorruptible.

Reconstitution des télescopes utilisés par Galilée (musée de Galilée)
Wikimedia Commons
Une remise en cause du géocentrisme au profit du modèle copernicien
Les phases de Vénus et les mouvements des satellites de Jupiter constituent des preuves directes que tous les astres ne tournent pas autour de la Terre. Galilée devient alors un ardent défenseur du modèle héliocentrique de Copernic, selon lequel la Terre tourne autour du Soleil. Il s'oppose ainsi frontalement au modèle géocentrique de Ptolémée, encore soutenu par l'Église catholique, qui considère que la Terre et l'Homme, créations de Dieu, ne peuvent être qu'au centre de l'Univers.
Le procès de 1633 : science et foi en conflit
L'Inquisition contre l'autonomie de la science

Galilée face à l'Inquisition (1857, Cristiano Banti)
Wikimedia Commons
En 1616, la Congrégation de l'Index, institution de censure catholique, condamne officiellement l'héliocentrisme. En 1632, Galilée publie, en italien, ce qui lui assure une vaste diffusion, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, ouvrage dans lequel il soutient clairement le modèle copernicien. En 1633, malgré l'amitié que lui porte le Pape Urbain VIII, il est convoqué à Rome par l'Inquisition. Sous la pression, il abjure ses idées en public pour éviter une condamnation plus sévère. Il passe les dernières années de sa vie en résidence surveillée, à Arcetri, près de Florence.
Galilée, une figure emblématique de la liberté intellectuelle
Le procès de Galilée en 1633 symbolise le conflit entre la raison scientifique et l'autorité religieuse. En défendant l'héliocentrisme, il remet en cause une vision du monde acceptée depuis longtemps, affirmant que la science doit s'appuyer sur l'observation et l'expérience plutôt que sur les dogmes. Son combat fait de lui un symbole de la liberté de pensée et de la naissance de la science moderne.
Après sa mort, Galilée est devenu une icône du progrès scientifique, représentant l'indépendance du savoir vis-à-vis des croyances religieuses ou politiques. Sa méthode, basée sur le doute, l'expérimentation et la démonstration, a posé les fondations de la recherche scientifique telle qu'on la connaît aujourd'hui, marquant une rupture avec la science médiévale.