Érosion et activité humaine : la gestion des risques Cours

Sommaire

IL'utilisation des produits du cycle érosion/sédimentationIIL'homme, un facteur d'érosionIIIL'érosion et la gestion des risques géologiques

L'érosion est un processus qui tend à aplanir les reliefs, en arrachant à ces derniers des matériaux détritiques qui vont se déposer dans des bassins sédimentaires. Il se produit une formation de nouvelles roches sédimentaires qui, un jour où l'autre, subiront un soulèvement et seront à leur tour l'objet des phénomènes érosifs. Ce cycle de la matière produit des matériaux utilisables par l'homme, mais induit également des risques.

I

L'utilisation des produits du cycle érosion/sédimentation

Les produits des phénomènes d'érosion/sédimentation utilisés par l'homme sont nombreux et variés.

  • Les matériaux de construction

Il existe différents matériaux de construction :

- le sable ;
- la pierre ;
- l'argile ;
- etc.

Le sable, utilisé dans le bâtiment pour former du béton, est également à l'origine de la fabrication du verre.

L'argile est nécessaire à la fabrication de tuiles, de briques, de plâtre (constitué à partir d'une roche formée par évaporation dans des milieux lagunaires : le gypse).

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  • Des ustensiles divers

À partir de matériaux produits par l'érosion et/ou la sédimentation, on a pu fabriquer nombre d'objets utilitaires, et ce depuis les débuts de la poterie et de la céramique il y a au moins 20 000 ans.

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  • Des sources de métaux

La bauxite est une roche formée par l'altération de granites en climat chaud et humide. C'est une source d'aluminium importante.

II

L'homme, un facteur d'érosion

De manière générale, les êtres vivants peuvent avoir une action érosive.

L'homme, par ses activités industrielles ou agricoles ou dans l'aménagement du territoire, exerce une forme d'érosion : on parle d'érosion anthropique.

La déforestation, à des fins d'augmentation des surfaces cultivables ou d'urbanisation, met les sols à nu. Ces derniers, n'étant plus protégés par la végétation, sont soumis à l'action conjuguée du vent et des précipitations, ce qui induit une érosion importante.

Une estimation de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) indique une perte, liée à l'érosion, d'environ 12 à 16 millions d'hectares de sols cultivables par an dans la période de 1975 à 2000, soit 0,5 % environ des terres cultivables chaque année au cours de cette période. Sachant que la surface cultivable est un élément fondamental dans la production d'une nourriture suffisante pour l'humanité, il est facile d'imaginer l'importance considérable de ce problème.

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Déforestation en Tanzanie : les sols mis à nu seront rapidement érodés.

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L'utilisation de pesticides, en particulier des herbicides qui tuent les plantes adventices dont les racines donnent une cohérence au sol, liée à un labourage profond, provoque également une érosion sensible des sols.

La suppression des haies qui retiennent et canalisent l'eau provoque également l'érosion des sols, qui sont facilement dégradés (lessivés et appauvris en éléments minéraux, lorsqu'ils ne sont pas purement et simplement emportés) par l'eau de ruissellement.

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Érosion d'un sol agricole par les eaux du ruissellement

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III

L'érosion et la gestion des risques géologiques

La notion de risque géologique suppose la conjonction d'un aléa et d'un enjeu (économique ou humain).

Par exemple, le risque d'éboulement d'une falaise du fait de l'érosion de sa base ou de sa fissuration est un aléa. La destruction d'une ville à cause de ce risque est un enjeu.

En 2010, un éboulement se produit, de nuit (et ne fait aucune victime) sur une ligne de chemin de fer touristique du département de l'Isère. La ligne a dès lors cessé toute activité, et la circulation ne reprendra qu'en 2020. L'estimation du volume de pan de falaise qui s'est écroulé est d'approximativement 3000 m³ de roches.

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L'éboulement d'une falaise peut interrompre une activité économique.

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Pour protéger certaines zones de ces éboulements, des filets permettant de contenir les roches qui tombent peuvent être installés (par exemple au bord des routes).

L'érosion causée par les vagues peut emporter des parties entières de littoral, et ainsi mettre en péril des habitations ou des infrastructures de transport.

Le pan de falaise (côte bretonne) présenté est rongé à sa base par les vagues.

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L'érosion de la côte par les vagues

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Une stratégie peut être mise en place afin de limiter cette érosion du littoral, comme la mise en place de pare-vagues qui brisent les vagues avant qu'elles n'atteignent la côte.

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Une protection pare-vagues mise en place à Saint-Malo

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La législation prévoit l'interdiction ou la limitation des constructions dans les zones à risque, et tout particulièrement sur les falaises soumises à l'érosion maritime ou fluviale.

Dans les zones littorales, la loi « littoral » de 1986 interdit les constructions sur une bande de 100 m à partir du bord de la falaise.

Ainsi, la connaissance des processus d'érosion, l'observation et la connaissance d'aléas locaux ou régionaux, en lien avec la connaissance d'enjeux humains, économiques et environnementaux, permettent de déterminer des risques et de prendre des mesures de protection du public et des biens.