Le verbe : emplois et valeurs Cours

Sommaire

IIntroduction : les principales valeurs verbalesALa valeur temporelleBLa valeur aspectuelleCLa valeur modaleIIL'indicatifALes formes simples de l'indicatif1Le présent2L'imparfait3Le passé simple4Le futur simple5Le conditionnel présentBLes formes composées de l'indicatif1Le passé composé2Le plus-que-parfait3Le passé antérieur4Le futur antérieur5Le conditionnel passéIIIL'impératifIVLe subjonctifALe subjonctif employé dans une proposition indépendante ou principaleBLe subjonctif employé dans une proposition subordonnée complétiveCLe subjonctif employé dans une proposition subordonnée circonstancielleDLe subjonctif employé dans une proposition subordonnée relative
I

Introduction : les principales valeurs verbales

Les formes verbales peuvent avoir trois valeurs.

A

La valeur temporelle

La valeur temporelle est la valeur de base de la plupart des formes verbales. Elle situe le fait ou l'action sur la ligne du temps : avant (antériorité), pendant (simultanéité) ou après (postériorité) le moment de référence.

Quand mes parents décidèrent que j'irais faire mon droit à Paris, de longues discussions eurent lieu pour régler toutes choses. Le chiffre de ma pension avait d'abord été fixé à deux mille cinq cent francs.

Guy de Maupassant, « La Patronne », 1884

  • Le moment de référence est évoqué au passé simple.
  • Le conditionnel exprime le futur dans le passé (postériorité).
  • Le plus-que-parfait évoque un passé antérieur au moment de référence.
B

La valeur aspectuelle

La valeur aspectuelle indique si le fait ou l'action est accompli(e) ou non accompli(e). Les formes simples de l'indicatif ont toutes une valeur aspectuelle d'accompli et les formes composées de l'indicatif une valeur aspectuelle d'inaccompli.

Lol V. Stein est née ici, à S. Tahla, et elle y a vécu une grande partie de sa jeunesse. […] Elle a un frère plus âgé qu'elle de neuf ans […].

Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein, 1964

  • Les verbes au passé composé évoquent des faits accomplis, révolus.
  • Le verbe au présent évoque un fait inaccompli, inachevé car appartenant à un présent encore en cours.
C

La valeur modale

La valeur modale traduit le degré de certitude ou d'incertitude. On distingue trois valeurs modales :

  • le potentiel : le fait est présenté comme possible ;
  • l'irréel du présent : le fait est présenté comme irréel ou impossible au moment présent ;
  • l'irréel du passé : le fait est présenté comme possible dans le passé mais non réalisé.

Je serais très heureux que tu viennes.

Ici, la venue est possible (potentiel).

Si tu n'étais pas malade, je serais heureux que tu viennes.

La venue est impossible au moment présent en raison de la maladie (irréel du présent).

J'aurais été très heureux que tu viennes.

La venue était possible dans le passé mais n'a pas été réalisée (irréel du passé).

Ce que je veux dire, ce que je voulais dire, c'est que tout va bien et tu aurais tort, tu aurais eu tort, en effet, de t'inquiéter pour nous.

Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, 1995

Le personnage se corrige et remplace le conditionnel présent par un conditionnel passé : le personnage passe ainsi du potentiel à l'irréel du passé pour suggérer que l'interlocuteur ne s'est en fait pas inquiété.

II

L'indicatif

A

Les formes simples de l'indicatif

Les formes simples de l'indicatif ont toutes une valeur aspectuelle d'inaccompli.

1

Le présent

a. Les valeurs temporelles du présent

Présent d'énonciation : il renvoie au moment où l'énoncé est prononcé.

Je suis aujourd'hui toute seule dans ma chambre par l'excès de ma mauvaise humeur.

Madame de Sévigné, Lettre à Madame de Grignan, 1671
Présent de vérité générale : il renvoie à un temps indéfini et permet d'exprimer une généralité ou un fait valable de tout temps.

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Jean de La Fontaine, « Le Loup et l'Agneau » Fables, 1668

Présent de description : il sert à caractériser quelque chose ou quelqu'un.

Phédon a les yeux creux, le teint échauffé, le corps sec et le visage maigre ; il dort peu, et d'un sommeil fort léger.

Jean de La Bruyère, Caractères, 1688
Présent d'habitude ou de répétition : il évoque un fait ou une action qui se reproduit.

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers

Charles Baudelaire, « L'Albatros » Les Fleurs du Mal, 1857

 

b. Les valeurs modales du présent

Ordre : il remplace l'impératif.

Tu vas le dire tout de suite, hurla la dame.

Marguerite Duras, Moderato Cantabile, 1958

Potentiel : il évoque un fait présenté comme possible, dans une proposition subordonnée d'hypothèse introduite par « si ».

L'homme, quelque plein de tristesse qu'il soit, si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux pendant ce temps-là.

Blaise Pascal, Pensées, 1670

 

c. Autre valeur du présent

Le présent peut être employé ponctuellement dans un récit à la place d'un passé simple : on l'appelle dans ce cas présent de narration.

Il ne me restait plus qu'à voler ; je me fais banquier de pharaon : alors, bonnes gens, je soupe en ville, et les personnes dites comme il faut m'ouvrent poliment leur maison.

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, 1784

2

L'imparfait

a. Les valeurs temporelles de l'imparfait

Durée : il évoque un fait ou une action ayant lieu dans le passé et dont la durée est indéterminée.

La nuit tombait, la plaine était froide et vague, de grandes brumes montaient dans la clarté crépusculaire.

Victor Hugo, Les Misérables, 1862
Action de second plan : il évoque les circonstances secondaires sur lesquelles se détachent les faits principaux du récit, racontés au passé simple.

Le temps commençait à changer lorsqu'ils arrivèrent à Naples.

Madame de Staël, Corinne ou l'Italie, 1807
Description : il sert à caractériser quelque chose ou quelqu'un dans le passé. Le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, […] l'air raisonnable et fort embarrassé.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857

Habitude ou répétition : il évoque un fait qui se reproduit dans le passé.

Quelquefois elle ouvrait la bouche, sans avoir la force d'achever quelques mots qu'elle commençait.

L'abbé Prévost, Manon Lescaut, 1734

 

b. La valeur modale de l'imparfait

L'imparfait peut également avoir une valeur modale d'irréel du présent. Dans ce cas, il évoque un fait présenté comme irréel au moment présent, dans une proposition subordonnée d'hypothèse introduite par si.

Si nous n'avions point d'orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.

François de La Rochefoucauld, Maximes, 1664

3

Le passé simple

Le passé simple n'a qu'une valeur temporelle, celle d'action de premier plan. Il évoque les faits principaux, les actions ponctuelles du récit, par opposition à l'imparfait.

Il parut alors une beauté à la cour qui attira les yeux de tout le monde.

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678

4

Le futur simple

a. Les valeurs temporelles du futur simple

Certitude : il évoque un fait à venir présenté comme certain.

Je vivrai, je suivrai vos ordres absolus
Adieu, Seigneur, régnez, vous ne me verrez plus.

Jean Racine, Bérénice, 1670

 

Vérité générale : il évoque un fait valable de tout temps.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste » Fables, 1678

 

b. La valeur modale du futur simple

Le futur simple peut également avoir une valeur modale d'ordre. Il remplace l'impératif dans certains contextes.

Vous m'attendrez demain toute la matinée
Chez vous, dans la maison que je vous ai donnée.

Victor Hugo, Ruy Blas, 1838

5

Le conditionnel présent

a. La valeur temporelle du conditionnel présent

Le conditionnel présent peut avoir une valeur temporelle, celle de futur dans le passé. Dans un contexte passé, il évoque un fait à venir.

Elle souhaitait un fils ; il serait fort et brun, elle l'appellerait Georges.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857

b. Les valeurs modales du conditionnel présent

Potentiel : il évoque un fait présenté comme possible.

C'est peut-être la seule au monde / Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !...

Gérard de Nerval, Odelettes, 1833
Irréel du présent : il évoque un fait présenté comme irréel ou impossible dans le présent.

Du meilleur de mon cœur je voudrais vous complaire :
Que me coûterait-il, si je le pouvais faire ?

Molière, L'École des femmes, 1662
Atténuation : il est utilisé pour exprimer une demande ou un souhait de manière polie.

Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé !

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857

B

Les formes composées de l'indicatif

Les formes composées de l'indicatif ont toutes une valeur aspectuelle d'accompli.

1

Le passé composé

Le passé composé a une valeur d'accompli et/ou d'antériorité par rapport au présent.

Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

Albert Camus, L'Étranger, 1942

2

Le plus-que-parfait

a. La valeur temporelle

Le plus-que-parfait a une valeur d'accompli et/ou d'antériorité par rapport à l'imparfait.

Dantès toucha l'obstacle avec ses mains et reconnut qu'il avait atteint une poutre. Cette poutre traversait ou plutôt barrait entièrement le trou qu'avait commencé Dantès.

Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, 1844−1845

b. La valeur modale

Le plus-que-parfait peut avoir une valeur modale d'irréel du passé. Il évoque dans ce cas un fait présenté comme possible dans le passé mais non réalisé, dans une proposition subordonnée d'hypothèse introduite par « si ».

S'ils m'avaient regardé, je crois que j'aurais lancé la bombe. Pour éteindre au moins ce regard triste. Mais ils regardaient toujours devant eux.

Albert Camus, Les Justes, 1949

3

Le passé antérieur

Le passé antérieur a une valeur d'accompli et/ou d'antériorité par rapport au passé simple ou à l'imparfait.

Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.

Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885

4

Le futur antérieur

Le futur antérieur a une valeur d'accompli et/ou d'antériorité par rapport au futur.

La guerre sera bientôt finie et bientôt tu pourras retourner en Algérie […]. Et ce temps d'incertitude dans laquelle nous sommes tous, tu l'auras traversé ici.

Bernard-Marie Koltès, Retour au désert, 1988

5

Le conditionnel passé

a. La valeur temporelle

Le conditionnel passé a une valeur d'accompli et/ou d'antériorité par rapport au conditionnel présent.

On m'avait promis que je ne mourrais que lorsque je l'aurais décidé moi-même.

Eugène Ionesco, Le roi se meurt, 1963

b. La valeur modale

Le conditionnel passé peut avoir une valeur modale d'irréel du passé : il évoque un fait qui aurait été possible dans le passé mais qui ne s'est pas réalisé.

Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle ?

Jean Racine, Andromaque, 1667

III

L'impératif

L'impératif n'a pas de valeur temporelle, il a uniquement une valeur modale. Il exprime l'ordre, le souhait ou le conseil.

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791

IV

Le subjonctif

Le subjonctif n'a pas de valeur temporelle car il ne permet pas de situer l'action chronologiquement par rapport au moment de l'énonciation.

La distinction entre le subjonctif présent et le subjonctif passé n'est pas temporelle mais aspectuelle :

  • le subjonctif présent évoque un fait non accompli ;
  • le subjonctif passé un fait envisagé comme accompli.

Toutes les formes du subjonctif ont une valeur modale : le subjonctif est employé dès lors que le fait évoqué est présenté comme appartenant non pas à la réalité mais au monde des possibles (potentiel, irréel du présent, irréel du passé).

La règle de concordance des temps dans la langue littéraire :

  • On utilise le subjonctif présent ou passé dans une subordonnée, quand le verbe de la principale est au présent, au passé composé ou au futur.
  • On utilise le subjonctif imparfait ou plus-que-parfait dans une subordonnée, quand le verbe de la principale est à l'imparfait, au plus-que-parfait, au futur antérieur ou au conditionnel.

Toutefois, dans la langue courante, les subjonctifs imparfait et plus-que-parfait ne sont plus employés et sont remplacés par les subjonctifs présent et passé.

A

Le subjonctif employé dans une proposition indépendante ou principale

Le subjonctif employé dans une proposition indépendante peut avoir diverses valeurs modales.

Souhait

Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères !

Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763
Ordre

Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux

Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, 1678

Indignation

[...] moi Héron que je fasse
Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?

Jean de La Fontaine, « Le Héron » Fables, 1678

Irréel du passé : dans la langue littéraire, le subjonctif plus-que-parfait peut être utilisé à la place du conditionnel passé.

Ma sœur du fil fatal eût armé votre main.
Mais non, dans ce dessein je l'aurais devancée.
L'amour m'en eût d'abord inspiré la pensée.

Jean Racine, Phèdre, 1677
B

Le subjonctif employé dans une proposition subordonnée complétive

Le subjonctif est employé dans la subordonnée complétive lorsque la proposition principale exprime :

La volonté, le souhait (vouloir que, demander que, exiger que, souhaiter que, attendre que)

Je voudrais que cette assemblée n'eût qu'une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l'abolition de la misère !

Victor Hugo, « Discours sur la misère », 1849

L'obligation (il faut que, il est nécessaire que)

Non, puisque vous voulez me suivre, faible femme,
Il faut que vous sachiez quel nom, quel rang, quelle âme,
Quel destin est caché dans le pâtre Hernani.

Victor Hugo, Hernani, 1830

La permission ou l'interdiction (permettre que, accepter que, empêcher que)

Je me les sers moi-même, avec assez de verve
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897

La possibilité, l'éventualité (il se peut que, il arrive que, il est possible que) ou le doute, l'incertitude, (douter que, il est impossible que)

Elle fut étonnée de n'avoir point encore pensé combien il était peu vraisemblable qu'un homme comme M. de Nemours, qui avait toujours fait paraître tant de légèreté avec les femmes, fût capable d'un attachement sincère et durable. Elle trouva qu'il était presque impossible qu'elle pût être contente de sa passion.

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678
La crainte (craindre que)

Vous l'accusiez pourtant, quand votre âme alarmée
Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée

Pierre Corneille, Rodogune, 1647

L'appréciation personnelle (préférer que, aimer que, se réjouir que, déplorer que, s'étonner que)

Je m'étonne, messieurs, a-t-il ajouté, qu'on ait mené si grand bruit autour de cet asile.

Albert Camus, L'Étranger, 1942
C

Le subjonctif employé dans une proposition subordonnée circonstancielle

Le subjonctif est employé dans les propositions subordonnées circonstancielles exprimant :

Le but (afin que, pour que, de façon que)

[...] pour que ce fût plus champêtre, la famille s'installa sur l'herbe sans table ni sièges.

Guy de Maupassant, « Une partie de campagne », 1881

La concession (bien que, quoique)

Ne me contraignez point, lui dit-elle, à vous avouer une chose que je n'ai pas la force de vous avouer, quoique j'en aie eu plusieurs fois le dessein.

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678
La condition, l'hypothèse (à condition que, à moins que, pourvu que, soit que… soit que…)

[...] soit qu'elle essayât de la dégager ou bien qu'elle répondît à cette pression, elle fit un mouvement des doigts [...].

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857
Le temps (antériorité) (avant que, jusqu'à ce que)

La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté [...].

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913

La manière niée (sans que)

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
[…] Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus !

Jean Racine, Bérénice, 1670
La cause niée (non que)

Non que je veuille à Rome imputer quelque crime :
Du grand art de régner elle suit la maxime ;
[…] Mais ne permettez pas qu'elle vous y contraigne

Pierre Corneille, Nicomède, 1651

Après que est toujours suivi de l'indicatif.

Une année après que je meurs, que je suis mort ?

Jean-Luc Lagarce, Le Pays lointain, 1995

D

Le subjonctif employé dans une proposition subordonnée relative

Le subjonctif est employé dans les propositions subordonnées relatives :

  • Lorsque l'antécédent renvoie à quelqu'un ou quelque chose dont l'existence est niée ou présentée comme non avérée.

Quant aux ingrats, il n'en est point
Qui ne meure enfin misérable.

Jean de La Fontaine, « Le Villageois et le Serpent », Fables, 1668

  • Lorsque l'antécédent comporte un superlatif.

Dépositaire de tous les secrets de mon cœur, je vais vous confier le plus grand projet que j'aie jamais formé.

Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, 1782

  • Lorsque l'antécédent est un pronom indéfini (qui que, quoi que, où que).

J'ai donné ordre à mon coureur de vous chercher où que vous soyez [...].

Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse, 1761