La Renaissance : progrès scientifiques et renouvellements artistiques Cours

Sommaire

ILes progrès des sciences à la RenaissanceALes progrès en mathématiquesBLes progrès en médecineCLa révolution copernicienne : l'héliocentrismeIILes artistes italiens et l'interprétation de l'héritage antiqueAUne révolution artistique : la perspectiveBLéonard de Vinci, la révolution des codes esthétiquesCLe renouvellement de l'architectureDLes cités italiennes, berceaux de la Renaissance artistique1Florence, capitale européenne de l'art2Rome, une mosaïque de courants artistiquesIIILes autres foyers de la Renaissance artistiqueALes artistes français sous influence italienneBLes artistes du Nord de l'Europe
  • La place centrale que les intellectuels humanistes accordent à l'homme ainsi que la vision positive et optimiste qu'ils ont du genre humain influence les scientifiques et les artistes.
  • L'état d'esprit humaniste se diffuse aux sciences. De nombreuses découvertes impactent les mathématiques et la médecine. L'héliocentrisme bouleverse la vision du monde. 
  • À partir du XVe siècle, dans un environnement propice à la création, les artistes italiens s'inspirent de l'Antiquité et révolutionnent les manières de peindre, de sculpter et de bâtir : c'est la Renaissance artistique.
  • Ce processus de renouvellement des arts se diffuse en Europe au XVIe siècle. Les artistes flamands, allemands et français adoptent et adaptent les influences italiennes.

 

\textcolor{dodgerblue}{\Rightarrow} Comment la période de la Renaissance insuffle-t-elle un nouvel élan dans les domaines des sciences et des arts ?

I

Les progrès des sciences à la Renaissance

À partir du XVIe siècle, l'état d'esprit humaniste se diffuse aux sciences. Ainsi, la curiosité et la recherche de la vérité, l'esprit critique et la remise en cause des traditions font progresser les sciences

A

Les progrès en mathématiques

Grâce à la redécouverte des manuscrits grecs et arabes, les capacités de calcul augmentent en mathématiques. Le Français François Viète intègre des symboles dans les équations et les Italiens Nicolas Tartaglia et Jérôme Cardan résolvent des équations du troisième degré. 
La géographie bénéficie des progrès de la géométrie. Grâce aux grands voyages de découvertes maritimes, la connaissance du monde progresse et sa représentation sur les planisphères se précise. Dès 1507, le cartographe allemand Martin Waldseemüller réalise la première carte faisant apparaître l'Amérique. En 1569, le cartographe flamand Gérard Mercator met au point une technique permettant de projeter la sphère terrestre sur une surface plane en limitant les déformations.

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Planisphère du cartographe hollandais Abraham Ortelius de 1570

Domaine public, © Wikimedia Commons

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Léonard de Vinci

Dans l'un de ses Carnets, Léonard de Vinci définit au début du XVIe siècle la méthode scientifique :

« L'expérience est la vraie maîtresse. Parfois je conclus des causes aux effets et parfois des effets aux causes. Aucune investigation ne peut être appelée vraie science si elle ne passe pas par des démonstrations mathématiques. Ceux qui s'adonnent à la pratique sans science sont comme un marin sur un navire sans gouvernail ni boussole. Ainsi, la pratique doit toujours être édifiée sur une bonne théorie. Sans expérience, il n'y a aucune certitude. »

Léonard de Vinci

XVIe siècle

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Le mathématicien italien Lucas Pacioli

Domaine public, © Wikimedia Commons

B

Les progrès en médecine

Le corps humain est mieux connu. La médecine est enseignée dans les universités où les théories des médecins grecs de l'Antiquité, Hippocrate et Galien, dominent. Des médecins humanistes bousculent les traditions. Appliquant la démarche scientifique et profitant de la levée de l'interdiction de disséquer les cadavres par l'Église à partir de 1482, le médecin flamand André Vésale fait progresser l'anatomie. En 1543, il publie La Fabrique du corps humain dont les 7 livres sont enrichies de planches anatomiques très détaillées. L'Espagnol Michel Servet découvre la circulation sanguine.

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Vésale disséquant le bras d'un cadavre

© Wikimedia Commons

Sur le champ de bataille, le chirurgien français Ambroise Paré sauve des vies en cautérisant les plaies des soldats qu'il ampute non plus au fer rouge mais par la technique de la ligature des artères qui permet de stopper les hémorragies. Il met aussi au point les premières prothèses pour les amputés.

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Ambroise Paré réalisant une amputation

© Wikimedia Commons

Au début du XVIe siècle, le médecin et chimiste français Paracelse réfléchit sur son métier :

« Je me suis rendu compte que la médecine est un art qu'il est rarement honorable de pratiquer car il en guérit un quand il en tue dix. J'ai souvent abandonné la médecine mais j'y reviens toujours et voici mon vœu : parfaire l'art de la médecine, aimer les malades, ne porter aucun diagnostic qui ne repose sur des symptômes précis, n'administrer aucune médecine sans avoir compris, ne croire aucun de ces vendeurs de breuvage que sont les apothicaires, et surtout ne jamais deviner mais savoir ! »

Paracelse

XVIe siècle 

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Une planche anatomique de Vésale

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C

La révolution copernicienne : l'héliocentrisme

La connaissance de l'Univers et de la place qu'y occupe la Terre évolue grâce aux travaux de l'astronome polonais Nicolas Copernic. En 1543, il publie le résultat de ses observations et de ses calculs dans son ouvrage De la révolution des orbes célestes. Il y affirme que le Soleil est au centre de l'Univers et que la Terre tourne autour : c'est l'héliocentrisme. Ce que Copernic présente alors comme une théorie pour ne pas être censuré par l'Église remet en cause la théorie du géocentrisme affirmée dans la Bible et confirmée par l'astronome grec de l'Antiquité Ptolémée.

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Le système géocentrique de Ptolémée (la Terre au centre de l'Univers) et le système héliocentrique de Copernic (le Soleil au centre de l'Univers)

© Wikimedia Commons

Nicolas Copernic commence le livre dans lequel il présente sa théorie de l'héliocentrisme par cette dédicace au pape Paul III :

« Après de longues recherches, je me suis convaincu que le Soleil est une étoile fixe, entourée de planètes qui tournent autour d'elle et dont elle est le centre et le flambeau. Que les phénomènes comme le retour périodique des saisons et les changements de lumière et de température de l'atmosphère sont les résultats de la rotation de la Terre autour de son axe et de son mouvement autour du Soleil. Que le cours apparent des étoiles n'est qu'une illusion d'optique produite par le mouvement de la terre et par les oscillations de son axe. »

Nicolas Copernic

XVIe siècle

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Nicolas Copernic observant le ciel

Domaine public, © Wikimedia Commons

II

Les artistes italiens et l'interprétation de l'héritage antique

Les artistes de la Renaissance se démarquent du style médiéval et s'inspirent de l'art antique qu'ils cherchent à dépasser. La peinture médiévale est dénigrée pour son excès de symbolisme et sa représentation de l'espace en deux dimensions de personnages artificiels, statiques et inexpressifs. 

La perception de l'artiste dans la société évolue. Considérés comme des travailleurs manuels ne faisant qu'obéir à leurs commanditaires au Moyen Âge, la Renaissance hisse certains artistes comme Michel-Ange et Léonard de Vinci au sommet de la hiérarchie des métiers. À la fois peintres, sculpteurs, architectes et ingénieurs, ils sont considérés comme des génies de leur vivant. Il redéfinissent les codes esthétiques de leur époque. Pour acquérir une notoriété européenne, ils s'émancipent des mécènes et cherchent à se singulariser en développant leur style et en signant désormais leurs œuvres, parfois même par un autoportrait comme le fait Raphaël sur la fresque L'École d'Athènes.

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 Autoportrait de Raphaël sur la fresque L'École d'Athènes

© Wikimedia Commons

A

Une révolution artistique : la perspective

Les artistes de la Renaissance cherchent à représenter le monde tel que l'œil le perçoit dans la réalité. Ils empruntent aux mathématiques, à la géométrie et à l'optique pour mettre au point la perspective. Pour donner l'illusion de la tridimensionnalité, les peintres Piero della Francesca, Andrea Mantegna, Le Pérugin, Paul Véronèse et Raphaël attirent l'œil du spectateur vers un point de fuite grâce à des lignes convergentes tracées dans la phase de composition et qui disparaissent une fois le tableau achevé.

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L'École d'Athènes, fresque réalisée par Raphaël entre 1509 et 1511.

Domaine public, © Wikimedia Commons

B

Léonard de Vinci, la révolution des codes esthétiques

Léonard de Vinci s'inspire de l'architecte romain du Ier siècle Vitruve pour dessiner, vers 1490, un homme nu aux proportions parfaites inscrites dans un carré et un cercle.

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Dessin de Léonard de Vinci

Domaine public, © Wikimedia Commons

Léonard de Vinci dessine et écrit à l'envers (de droite à gauche) dans ses Carnets. Il explique ce qui fait un bon peintre :

« En peinture, grâce aux expressions des visages, nous animons les actions de l'esprit. Quand on regarde les personnages peints, on doit comprendre ce qu'ils disent, ce qu'ils pensent, leurs états d'âme. Pour cela, le peintre doit avoir une connaissance exacte et complète de l'anatomie, des os, muscles et tendons. Pour l'acquérir, j'ai beaucoup disséqué de cadavres. »

Léonard de Vinci

Carnets

XVIe siècle

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Dessins anatomiques

Domaine public, © Wikimedia Commons

Grâce aux connaissances anatomiques, peintres et sculpteurs représentent minutieusement les corps des personnages pour les mettre en mouvement et faire ressentir leurs sentiments.

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La Joconde, Léonard de Vinci, début du XVIe siècle

 Domaine public, © Wikimedia Commons

Conservé au musée du Louvre, le portrait de Mona Lisa est le tableau le plus connu au monde. La Joconde n'a pas encore livré tous ses mystères, mais celui qui plane autour de la brume qui l'entoure vient d'être levé grâce à la science, cinq siècles après sa réalisation. Baptisée sfumato – « nuancé » en italien –, il s'agit d'une technique de perspective que Léonard de Vinci a perfectionnée tout au long de sa carrière. Le maître italien la décrivait lui-même comme le fait « d'estomper les contours des formes à la façon de la fumée ». Grâce à la spectrométrie de fluorescence des rayons X, les scientifiques du laboratoire de restauration des musées de France ont percé le secret de cet effet vaporeux. L'explication est finalement assez simple : pour donner cette impression de volume et d'évanescence, le peintre a minutieusement superposé des glacis extrêmement fins, de l'ordre d'un à deux micromètres (un millième de millimètre), qui atteignent au final 30 à 40 micromètres. Grâce à l'analyse chimique de ces couches, on connaît désormais aussi leur composition : ocre, manganèse, vermillon et blanc de plomb.

C

Le renouvellement de l'architecture

Les architectes italiens s'affranchissent de l'héritage médiéval et renouent avec les canons antiques qu'ils réinterprètent. Qualifiée péjorativement de « gothique » pour son côté brouillon, son manque de finesse et d'harmonie, l'architecture médiévale est délaissée au profit du style antique. Le Florentin Filippo Brunelleschi utilise les mathématiques pour construire des bâtiments proportionnés aux lignes épurées et symétriques. En 1436, il réalise la prouesse du dôme de la cathédrale de Florence qui culmine à plus de 100 mètres de haut. Andrea Palladio construit des villas dont les frontons, pilastres et colonnes s'inspirent de l'Antiquité de façon originale comme la Villa Rotonda construite en 1571.

« Dès mon jeune âge, une inclination naturelle me porta à l'étude de l'architecture. J'estimai qu'en l'art de bâtir les Romains de l'Antiquité avaient dépassé tous ceux qui ont suivis. C'est pourquoi je pris Vitruve pour maître et pour guide, le seul des Anciens dont les écrits nous soient demeurés, et me mis à rechercher et à observer avec curiosité les reliques de tous ces vieux édifices, qui, malgré le temps et la brutalité des Barbares, nous restent encore. Je commençai de faire une étude très exacte sur chacune de leurs parties, dont je me rendis enfin si soigneux observateur que souvent je me transportai exprès en divers endroits, tant de l'Italie que d'ailleurs, afin de concevoir par ce qui en reste ce qu'avait été le tout ensemble, et le transposer en dessin. »

Les Quatre Livres de l'architecture

1470

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La Villa Rotonda de Palladio construite au XVIe siècle

© Flickr

D

Les cités italiennes, berceaux de la Renaissance artistique

Popularisé par le peintre florentin Giorgio Vasari, le terme Renaissance vient de l'italien Rinascita et désigne une période de l'histoire de l'art du XIVe siècle au XVIe siècle. Ce renouveau artistique a pour matrice les cités du Nord de l'Italie où de riches familles utilisent l'art comme un signe extérieur de richesse montrant leur statut social et leur pouvoir : la famille Gonzague à Mantoue, la famille Montefeltro à Urbino, la famille Sforza à Milan et la famille Médicis à Florence.

1

Florence, capitale européenne de l'art

Surnommé « le Magnifique », Laurent de Médicis fait de Florence, qu'il gouverne de 1469 à 1492, la capitale européenne de l'art. Mécène agissant tel un sponsor, il recrute, finance et protège les artistes les plus doués comme Michel-Ange. En 1563, la première Académie artistique d'Europe y est ouverte.

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Laurent de Médicis

Vers 1550, le peintre italien Giorgio Vasari écrit les Vies des plus excellents artistes italiens ; il décrit le rôle joué par Laurent de Médicis à Florence :

« Laurent de Médicis chérissait tous ceux qui excellaient dans l'art et protégeait les gens de lettres. Il avait rempli son palais d'admirables sculptures antiques et de peintures des meilleurs maîtres italiens et étrangers. Florence était comme une école pour les jeunes peintres et les apprentis sculpteurs. Aux génies trop pauvres qui ne pouvaient se consacrer à l'étude du dessin, Laurent assurait les moyens de vivre et de se vêtir. Il accordait d'immenses récompenses à ceux qui réalisaient les meilleurs travaux. Un jour, il demanda au grand peintre Domenico Ghirlandaio s'il avait des jeunes talents dans son atelier. Il lui envoya Michel-Ange et, constatant son ingéniosité, le garda dans sa maison et lui donna cinq ducats par mois. »

Giorgio Vasari

Vies des plus excellents artistes italiens

1550

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Florence, l'épicentre de la Renaissance artistique italienne

© Stony Brook University

2

Rome, une mosaïque de courants artistiques

À partir du XVIe siècle, le centre de gravité de l'art italien se déplace à Rome :

  • Les artistes redécouvrent les vestiges antiques grâce aux premières fouilles archéologiques.
  • Les papes Jules II puis Léon X coordonnent le chantier du siècle : la reconstruction du Vatican. Ce projet est financé par la vente des indulgences, les artistes italiens les plus renommés s'y côtoient.
  • L'architecte Bramante œuvre à la construction de la basilique et Le Bernin de la place Saint-Pierre
  • Entre 1509 et 1510, le peintre Raphaël réalise la fresque L'École d'Athènes dans les appartements pontificaux. 
  • Dans la chapelle Sixtine, Michel-Ange décore le plafond de plus de 1 000 m² puis réalise une fresque de 400 personnages représentant Le Jugement Dernier.
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Le Vatican

MarcusObal, © Wikimedia Commons

« Si les gens savaient à quel point je travaille dur pour développer ce talent, ils ne s'étonneraient plus. »

« Seigneur, accordez-moi la grâce de toujours désirer plus que je ne puisse accomplir. »

Michel-Ange

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La basilique Saint-Pierre de Rome

© Pixabay

La basilique Saint-Pierre de Rome est construite sur les ruines du tombeau de saint Pierre édifiée au IVe siècle par Constantin, premier évêque de Rome et premier pape. Sa construction commence en 1506 à l'initiative du pape Jules II et s'achève en 1626. Construite selon un plan en croix latine, elle mesure 218 mètres de long et 133 mètres de haut. Elle peut recevoir environ 60 000 personnes dans ses 23 000 m². On y trouve 45 autels et 11 chapelles.

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Jules II

La basilique est surmontée d'un dôme de 137 mètres de haut. Pour le réaliser, Michel-Ange s'inspire de celui du Panthéon construit au Ier siècle av. J.-C et de celui de la cathédrale de Florence construit en 1436. Mais il opte pour une forme ovoïde.

La façade de la basilique mesure 144 mètres de long et 45 mètres de haut. Elle se compose de colonnes antiques géantes et d'un fronton surmonté de statues du Christ et des Apôtres.

Réalisée par Le Bernin, la place Saint-Pierre se compose de deux colonnades en forme de bras comportant 284 colonnes surmontées de 140 statues de saints et de martyrs. Au centre, l'obélisque est un vestige du cirque antique où beaucoup de chrétiens, dont Pierre, auraient été crucifiés.

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La chapelle Sixtine,  la fresque du Jugement Dernier et La création d'Adam par Dieu, Michel-Ange

Domaine public, © Wikimedia Commons

La chapelle Sixtine doit son nom au pape Sixte IV qui en a décidé la construction en 1477. C'est dans cette salle rectangulaire de 40 mètres de long et 13 mètres de large que les cardinaux élisent le pape. La voûte en berceau, haute de 21 mètres, est percée de 12 fenêtres. Les peintres Le Pérugin, Botticelli et Michel-Ange en ont réalisé la décoration.

D'un diamètre de 42 mètres, la coupole percée de seize fenêtres est posée sur un tambour supporté par quatre piliers décorés par des médaillons de mosaïques représentants les quatre évangélistes. Sur le pourtour du dôme il est écrit : « Je suis Pierre et sur cette pierre je construirai mon Église. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux. »

Âgé de 33 ans, Michel-Ange peint seul à 20 mètres de haut les 1 100 m² du plafond de la chapelle Sixtine entre 1508 et 1512.

En 1980, le pape Jean-Paul II lance la restauration complète de la chapelle Sixtine. Des échafaudages sont accrochés à la voûte par les mêmes trous que ceux utilisés par Michel-Ange. La restauration fait polémique, certains estiment que le style de Michel-Ange a été trahi. En 2017, les fresques sont entièrement numérisées. 

III

Les autres foyers de la Renaissance artistique

Devenu une référence, le style italien attire et s'exporte. Pour les artistes européens, le séjour de formation dans les ateliers italiens devient incontournable. Les œuvres italiennes sont fidèlement reproduites sur des gravures à l'eau-forte que l'imprimerie diffuse largement. 

A

Les artistes français sous influence italienne

Les grands artistes italiens sont invités dans les cours européennes :

  • À la cour d'Espagne, Le Titien peint des portraits qui mettent en scène le pouvoir de Charles Quint. Ce dernier l'anoblit en 1533. Il peint François Ier, roi de France de 1515 à 1547.
  • François Ier invite Léonard de Vinci qui offre à la France le portrait de Mona Lisa del Giocondo et termine ses jours au château d'Amboise.

 

Un marché de l'art européen, dynamisé par les plus célèbres peintres et leurs chefs-d'œuvre, prend donc forme.

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L'empereur Charles Quint par Le Titien

Domaine public, © Wikimedia Commons

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Le roi François Ier par Le Titien

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En se faisant mécène, François Ier fait de la France un grand foyer artistique. Dans le Val-de-Loire, il mène une politique architecturale ambitieuse. À Blois, Amboise et Chambord, les châteaux perdent leur fonction militaire pour accueillir la cour itinérante et magnifier la puissance du monarque et de l'État. L'influence italienne s'y exprime sur les ornements, les cheminées et les tapisseries. 

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Le château de Chambord et l'aile François Ier du château de Blois

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À Paris, l'architecte Pierre Lescot s'occupe de l'agrandissement du Louvre. Il réalise des façades harmonieuses et symétriques : les lignes horizontales, les pilastres et les frontons réinterprètent les canons antiques. Le sculpteur Jean Goujon les décore de statues d'inspiration grecque. Les œuvres des peintres Antoine Caron et Jean Clouet confirment que chaque tradition nationale applique un filtre plus ou moins poreux aux influences italiennes.

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La façade Renaissance de la Cour carrée du Louvre

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B

Les artistes du Nord de l'Europe

La Flandre, les Pays-Bas et l'actuelle Allemagne participent au renouveau artistique. Les peintres du Nord de l'Europe se spécialisent dans la représentation minutieuse et réaliste de scènes de la vie quotidienne, de portraits, d'autoportraits et de paysages. Le flamand Jan van Eyck innove avec la peinture à l'huile. En liant pigments et huile de lin, il parvient à rendre l'effet de profondeur grâce à la superposition de nuances de couleurs et d'effets de transparence.

En 1550, l'artiste italien Giorgio Vasari rend hommage à l'inventeur de la peinture à l'huile.

« Jan van Eyck commença à réfléchir afin de trouver le moyen de faire une sorte de vernis qui sécherait à l'ombre, sans que l'on soit obligé de mettre la peinture au soleil. Après avoir expérimenté beaucoup de choses, c'est l'huile de lin et l'huile de noix, bouillies avec d'autres mélanges, qui lui donnèrent le vernis souhaité. La renommée de cette invention s'étant répandue en Flandre, en Italie et ailleurs, elle fit naître chez les artistes un grand désir de savoir par quel moyen Van Eyck communiquait par des couleurs si vives tant de perfection à ses œuvres. Devenu vieux, il fit connaître sa technique à Roger de Bruges. »

Giorgio Vasari

1550

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Autoportrait de Jan van Eyck

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Dans les portraits qu'ils réalisent pour les riches marchands de Bruges et d'Anvers, van Eyck, Hans Holbein et Quentin Metsys démontrent leur génie en intégrant des miroirs, qui offrent au spectateur un autre point de vue, ou encore des anamorphoses.

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Les Époux Arnolfini, Jan van Eyck, 1534

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En bas, au centre du tableau, on observe une anamorphose. En effet, la forme étrange est une tête de mort, que l'on voit clairement lorsque l'on regarde le tableau d'un certain point de vue. 

Jérôme Bosch et Pierre Bruegel peignent la face sombre d'une humanité angoissée par la mort et le Salut.

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Carré central du triptyque Le Jardin des délices, Jérôme Bosch

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Dans les tableaux, les dessins et les gravures qu'il signe de son monogramme, l'allemand Albrecht Dürer démontre sa maîtrise de la perspective et du clair-obscur. Il réalise une impressionnante série d'autoportraits où il met en scène l'évolution de son apparence et de son état d'esprit. 

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Autoportrait d'Albrecht Dürer

Domaine public, © Wikimedia Commons

Récapitulatif

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Les Renaissances artistiques européennes

  • Au XVIe siècle, on observe une remise en cause des traditions. Elle permet une véritable progression des sciences, notamment en mathématiques et en médecine. Cela a des conséquences sur la cartographie et l'astronomie. La révolution copernicienne, l'héliotrencisme, bouleverse les croyances traditionnelles qui mettaient la Terre au centre l'Univers.
  • Aux XVe et XVIe siècles, des artistes italiens bousculent les traditions. Rejetant « l'art barbare médiéval », ils font « renaître » l'art antique. Inspirés par l'humanisme et grâce à des innovations comme la perspective et la peinture à l'huile, les artistes italiens renouvellent la façon de représenter le monde et l'homme. Leurs chefs-d'œuvre montrent la beauté humaine de façon réaliste, c'est-à-dire en mouvement et avec des émotions.
  • La Renaissance artistique se diffuse en Europe. Les foyers flamand, allemand et français adaptent les influences italiennes pour donner naissance à une grande variété de styles.