Les réformes religieuses en Europe au XVIe siècle Cours

Sommaire

ILes réformes protestantes et leur diffusion en EuropeALe renouvellement des pratiques religieusesBLuther et la naissance du protestantismeCD'autres courants protestants en Europe1Calvin et la religion calviniste2L'anglicanismeIILa réforme catholique : faire face au protestantismeALe concile de Trente et la réaffirmation des pratiques catholiquesBLes jésuites et la reconquête des fidèlesIIILe rôle des réformes religieuses dans les troubles en EuropeALes guerres de religionBLes révoltes et la répressionCLes négociations et l'édit de Nantes
  • Jusqu'au début du XVIe siècle, la religion chrétienne, sous l'autorité du pape de Rome, domine l'Europe de l'Ouest qualifiée de « chrétienté ». 
  • Au début du XVIe siècle, l'angoisse du Salut et les dysfonctionnements du clergé entraîne un climat de contestation de l'Église chrétienne.
  • À partir de 1517, Martin Luther ouvre le temps des réformes marqué par le développement des protestantismes puis les guerres de religion.

 

\textcolor{dodgerblue}{\Rightarrow} Dans quelles circonstances Luther crée-t-il la religion protestante et quelles tensions en résultent ? Comment l'Église catholique riposte-t-elle au protestantisme ?

I

Les réformes protestantes et leur diffusion en Europe

A

Le renouvellement des pratiques religieuses

Au début du XVIe siècle, la question du Salut angoisse les Européens. Les réponses de l'Église catholique, qui leur impose de renforcer leur foi et de multiplier les œuvres, ne rassurent pas les croyants. Certains critiquent même les dysfonctionnements du clergé : l'ignorance des prêtres, l'indiscipline des moines, la cupidité des évêques et des papes.

Les humanistes proposent de renouveler les pratiques religieuses. À l'image d'Érasme, ils défendent une religion plus simple et plus personnelle fondée sur une meilleure connaissance du message du Christ. Afin que chacun puisse lire la Bible, ils la traduisent en langue nationale. Mais l'Église censure toutes les initiatives susceptibles de limiter le contrôle que le clergé exerce sur la société. Elle censure les livres qui réclament une réforme de l'Église.

En 1516, l'humaniste hollandais Érasme écrit cette lettre au pape au sujet de sa traduction du Nouveau Testament en latin.

« Puisque c'est à la source que l'on puise la pure doctrine, nous avons entièrement revu le Nouveau Testament à partir de l'original grec qui seul fait foi. À l'aide des manuscrits les plus anciens et les plus corrects, nous avons ajouté des notes pour justifier nos corrections et expliquer les passages ambigus. Notre but est de rendre moins facile l'altération de ce texte à l'avenir. »

Érasme

1516

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Erasme

B

Luther et la naissance du protestantisme

-

Martin Luther

Membre du clergé allemand, le moine Martin Luther veut réformer l'Église. En 1517, il affiche sur la porte de l'église de Wittenberg une liste de 95 thèses qui dénoncent les abus du clergé, critiquent le dogme catholique et contestent l'autorité du pape. Luther dénonce notamment le trafic des indulgences par lequel le pape laisse croire que le Salut s'achète. Devant la détermination de Luther qui refuse de se rétracter, le pape Pie X l'excommunie en 1520 et l'empereur Charles Quint le déclare hors la loi en 1521.

Protégé par Frédéric de Saxe, Luther reçoit le soutien de villes et de princes allemands « protestants » contre l'empereur qui leur refuse la liberté religieuse. Martin Luther déclenche donc une crise religieuse en Europe. 

Entre 1517 et 1525, Martin Luther écrit de nombreuses lettres pour expliquer ce qu'il reproche à l'Église catholique.

« La vente des indulgences me rend malade car on fait croire aux gens que les âmes seront sauvées dès qu'ils auront mis l'argent dans les coffres du pape. Mais aucun pape ne peut vous donner le Salut car il ne dépend que de Dieu. Pourquoi le pape n'édifie-t-il pas sa cathédrale avec ses propres deniers ? Nous sommes tous prêtres. Les chrétiens sont tous égaux car nous avons tous reçu le même baptême, le même Évangile et la même foi. Un chrétien n'a besoin ni de bonne action ni de don à l'Église pour assurer son Salut car seule la foi lui suffit. Et seuls deux sacrements, le baptême et la communion, sont nécessaires au Salut. »

Martin Luther

Les idées de Luther donnent naissance à la religion chrétienne protestante. Synthétisé dans la Confession d'Augsbourg en 1530, le culte luthérien se démarque du catholicisme. Selon lui, seuls Dieu et la foi peuvent sauver les hommes. Considérés comme inutiles, les œuvres, le culte des saints et de la Vierge sont abandonnés. Les protestants prient dans des temples sans image où la messe est dite en langue nationale et ils n'y reçoivent que deux sacrements : le baptême et la communion. Les idées luthériennes se diffusent grâce à l'imprimerie et aux gravures de certains artistes comme Lucas Cranach ou Albrecht Dürer.

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La vraie et la fausse Église, Lucas Cranach, 1546

Domaine public, © Wikimedia Commons

Des Églises luthériennes autonomes se développent dans le Saint-Empire et en Prusse. Des souverains adoptent le protestantisme en Suède (1536) et au Danemark (1537).

C

D'autres courants protestants en Europe

1

Calvin et la religion calviniste

Jean Calvin créé la religion calviniste. Ce Français réfugié en Suisse s'appuie sur les idées de Luther qu'il interprète de façon plus radicale. Il structure une Église réformée indépendante. Basée sur la doctrine de la prédestination, le calvinisme promeut l'austérité et la rigueur morale. Les jeux et les représentations théâtrales sont interdits et il contraint les Genevois à dénoncer les comportements déviants qui sont réprimés sévèrement. Pour étendre son Église, Calvin forme des pasteurs qui sont envoyés en France, aux Pays-Bas espagnols, en Angleterre et jusqu'en Hongrie. 

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Calvin

Jean Calvin écrit cette Ordonnance sur les mœurs à Genève en 1541 :

« Nous tenons les livres de la Sainte Écriture comme la seule vérité infaillible. Nous considérons comme une erreur les pèlerinages, la confession et les indulgences. Croire que le Salut se mérite grâce à la foi est aussi une erreur. Nous avons donc ordonné que les églises que Dieu nous a confiées soient nettoyées de toutes décorations et images religieuses car elles sont une offense à Dieu. Nous appelons prédestination le fait que Dieu a déjà choisi ce qu'il voulait faire de chaque homme car il ne les a pas créés égaux. Ainsi, dès la naissance, les élus sont voués à la vie éternelle et les autres à la damnation. Chez nous, les pasteurs élus par les fidèles président les offices au Temple et délivrent le baptême et la communion. Chacun est tenu de venir écouter la parole de Dieu, les dimanches et les autres jours, sous peine d'être traduit en justice. Nul ne doit jurer ni blasphémer le nom de Dieu sous peine de baiser la terre. Que personne ne se déplace en ville passé neuf heures sous peine d'être mis en prison vingt-quatre heures. Que personne ne joue ni or ni argent, danse, chante, se déguise, soit ivre ou vende son corps sous peine de soixante sous d'amende et trois jours de prison au pain et à l'eau. L'adultère est puni par le fouet pour l'homme et par la mort pour la femme. Dieu requiert qu'il n'y ait pas de femmes qui ressemblent à des hommes et la sodomie est punie par le bûcher. Les chefs de quartier doivent régulièrement visiter les maisons et envoyer les mauvais croyants au Consistoire, le tribunal des Pasteurs. Chacun doit dénoncer ceux qu'il verra ne pas obéir à nos règles. »

Calvin

Ordonnance sur les mœurs

1541

Au XVIe siècle, les protestants et les catholiques s'affrontent sur le terrain des idées en défendant leur dogme et leur culte, ils se livrent une violente guerre des images. Qu'ils s'agissent de gravures ou de livres imprimés, chaque camp perçoit rapidement l'intérêt de ces supports utilisés comme des armes de propagande massive. Ainsi, à travers ces images, chacun cherche à idéaliser sa religion et dénigrer l'adversaire. Au cours des guerres de religion, ces caricatures anti-protestantes et anti-catholiques attisent les tensions religieuses.

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Cette médaille anti-catholique circule en Allemagne et en France à partir de 1545. Elle représente le pape entouré de l'inscription latine « L'Église perverse a le visage du diable ». En latin, le mot perversa invite aussi à retourner la médaille à 180 degrés pour découvrir l'autre visage du pape.

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2

L'anglicanisme

L'anglicanisme naît pour des raisons politiques. Henry VIII, roi d'Angleterre catholique sans héritier mâle pour lui succéder, demande à l'Église catholique l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon pour pouvoir épouser sa maîtresse Anne Boleyn. Devant le refus du pape, le roi promulgue en 1534 l'Acte de suprématie qui marque la rupture avec Rome et la naissance d'une nouvelle Église chrétienne indépendante : l'Église anglicane. Devenu « chef suprême de l'Église d'Angleterre », Henry VIII nomme les évêques et confisque les biens du clergé catholique.

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Henry VIII

En 1549, le roi Edouard VI impose la messe en anglais grâce au Prayer Book. C'est en 1563, que la reine Élisabeth Ire fixe le culte anglican qui est un compromis entre le protestantisme − deux sacrements − et le catholicisme - hiérarchie ecclésiastique et cérémonies fastueuses.

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Le Prayer Book des Anglicans

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Récapitulatif 

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II

La réforme catholique : faire face au protestantisme

A

Le concile de Trente et la réaffirmation des pratiques catholiques

Entre 1545 et 1563, le concile de Trente réforme l'Église catholique. À l'initiative du pape Paul III, des centaines d'évêques sont réunis pour mettre en œuvre une réforme du clergé catholique. Leur but est de répondre aux critiques et de contrecarrer l'expansion du protestantisme. Le concile réaffirme avec autorité les croyances et les pratiques catholiques. Il rappelle :

  • les sept sacrements ;
  • l'utilité du culte de la Vierge et des saints ;
  • le rôle des œuvres pour accéder au Salut ;
  • l'autorité pontificale

 

La Vulgate, la Bible traduite en latin au Ve siècle, est confirmée comme la seule valable. Les idées protestantes sont condamnées d'hérésie.

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La troisième session du concile dans la cathédrale de Trente

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Le concile de Trente

Le concile de Trente rassemble plus de 200 cardinaux et évêques sous la direction de 5 papes successifs sur une période de 18 années. En 1563, il aboutit à la rédaction de décrets qui resserrent la discipline du clergé. Ils rappellent :

  • l'obligation de résidence pour les prêtres et les évêques qui doivent visiter régulièrement leur diocèse ;
  • la formation des prêtres qui doit être améliorée par le développement de séminaires ;
  • le respect des vœux faits par les moines de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.

En 1563, le pape Pie IV clôture le concile de Trente par la lecture des décrets qui seront publiés dans un livre de catéchisme traduit en langues nationales :

« 1. La Vulgate est la seule version traditionnelle de la Bible en latin que l'Église reconnaît comme authentique. Personne n'a le droit de l'interpréter dans un sens contraire à celui de l'Église.  

2. Les œuvres comme les dons et les pèlerinages aident à atteindre le Paradis. 

3. La messe ne peut être célébrée que par un prêtre et avec la Bible, qui doit rester en latin. 

4. Les sacrements sont bien au nombre de sept : baptême, confirmation, communion, pénitence, mariage, ordination, extrême-onction.  

5. Le clergé doit avoir un comportement exemplaire en menant une vie simple sans chercher à s'enrichir. Les prêtres doivent rester célibataires et porter une soutane.  

6. Le pape est le chef suprême et infaillible de l'Église chrétienne.  

7. Les prêtres doivent recevoir une solide formation religieuse dans des séminaires dont le nombre minimum est d'un par diocèse.  

8. Si quelqu'un dit que le Salut s'obtient par la foi seule, que le Salut n'est accordé qu'aux prédestinés, que les indulgences sont inutiles, qu'il soit considéré comme hérétique et excommunié. 

9. Que soient immédiatement abolis les déplorables trafics d'argent qui accompagnent la vente des indulgences et sont la cause de nombreux abus. 

10. Le bureau d'enquête de l'Inquisition a la charge de mettre à jour l'Index qui répertorie les livres prohibés car contraires à la morale et à la foi. »

Pie IV

1563

B

Les jésuites et la reconquête des fidèles

L'Église catholique veut reconquérir les fidèles. Cette tâche est confiée à une élite de prêtres missionnaires réunis dans la Compagnie de Jésus fondée par Ignace de Loyola. Au service du pape à partir de 1540, les jésuites prêchent le catholicisme dans toute l'Europe et au-delà. Dans les collèges qu'ils fondent, les enfants sont éduqués dans le respect strict du catholicisme. Dans certaines zones comme au sud des Pays-Bas, à Cologne, à Vienne ou à Prague, ils parviennent même à faire reculer le protestantisme

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Ignace de Loyola

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Vie de St-Ignace de Loyola, Zebedaüs Müller et Carolus Fischer 

Domaine public, © Wikimedia Commons

Les arts sont aussi mis au service de la réforme catholique. Dans les nouvelles églises, peintures, sculptures et musique transmettent des émotions pour renforcer la foi. L'art baroque devient un outil de reconquête spirituelle au service de la puissance du pape.

« Avant de commencer la classe, quelqu'un fera la prière d'usage : le maître et tous les élèves l'écouteront à genoux et la tête découverte. Le maître poussera ses élèves à prier Dieu et la Vierge, à assister à la messe tous les jours, à faire tous les soirs l'examen de conscience, à pratiquer les vertus dignes d'un chrétien. Regroupés en classe selon leur âge, les élèves seront gérés par le décurion : un bon élève responsable de dix élèves. Le matin sera consacré à l'étude des lettres latines antiques. Les élèves prendront en notes les leçons, les réciteront aux décurions, feront des exercices et rendront des devoirs aux décurions qui ramasseront les copies. Ils pointeront sur un cahier les fautes de récitations et ceux qui n'ont pas revu le devoir. Quant au professeur, il dictera leçons et devoirs puis corrigera les copies. L'après-midi sera consacrée à l'étude des lettres grecques antiques. Afin d'exciter l'émulation, on pourra séparer la classe en deux camps et chaque élève aura dans le camp adverse un adversaire désigné. Le vendredi et le samedi, ils suivront le catéchisme ainsi qu'une demi-heure d'éducation chrétienne. Le collège dispense une formation de six années. »

Règlement du collège jésuite de Molsheim fondé par l'évêque de Strasbourg

1580

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Collège jésuite de Molsheim

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L'Église catholique cherche à renforcer son contrôle sur les croyants. La papauté encadre la publication de trois ouvrages pédagogiques : 

  • un bréviaire pour aider les prêtres à faire correctement la messe
  • un catéchisme pour instruire les enfants ;
  • un missel contenant les prières de référence pour les fidèles. 

 

La papauté interdit la traduction de la Bible en langue nationale et censure les ouvrages non conformes qui sont mis à l'Index

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Index : liste des livres interdits par l'Église

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En 1542, l'Église durcit la répression des hérésies : le tribunal de l'Inquisition pourchasse les protestants en Italie et en Espagne.

III

Le rôle des réformes religieuses dans les troubles en Europe

A

Les guerres de religion

Au XVIe siècle, l'Europe se déchire pendant les guerres de religion. La diffusion du protestantisme s'accompagne d'une montée de l'intolérance religieuse. Des guerres de religion ont lieu en Allemagne, en France et aux Pays-Bas espagnols

Entre 1562 et 1598, huit guerres de religion ensanglantent la France. Les protestants pillent des églises et tuent des catholiques lors des Michelades de Nîmes en 1567. À Paris, le 24 août 1572, des catholiques massacrent des protestants le jour de la Saint-Barthélemy.

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Le massacre de la Saint-Barthélémy, François Dubois, 1580

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B

Les révoltes et la répression

Les enjeux économiques et politiques s'ajoutent aux tensions religieuses. Dans le Saint-Empire, la Franconie et la Souabe sont secouées par la révolte des petits chevaliers (1522−1523) puis la guerre des Paysans (1524−1526). Les nobles ruinés et les paysans se révoltent contre les princes pour réclamer des libertés. Martin Luther condamne fermement ces révoltes et défend le maintien de l'ordre social. À l'échelle européenne, les divisions religieuses alimentent les conflits de puissance entre l'Angleterre protestante et l'Espagne catholique.

« Ces bandes de paysans pillards et meurtriers qui se révoltent contre les seigneurs qui me soutiennent méritent la mort car ils commettent trois horribles péchés. Ils renient leur promesse d'être soumis et obéissants, ils saccagent les cloîtres et les châteaux, ils se nomment chrétiens alors qu'ils servent le diable. Chers seigneurs, puisque rien n'est plus nuisible qu'un rebelle, assommez, poignardez, égorgez en toute bonne conscience, secrètement ou en public et aussi longtemps que la révolte aura un souffle de vie. »

Martin Luther, lettre aux seigneurs protestants allemands à propos de la révolte des paysans.

1525

-

Martin Luther 

Pour renforcer leur pouvoir, certains souverains optent pour la répression :

  • Dans l'Espagne catholique, Philippe II persécute les protestants
  • Elisabeth Ire réprime les révoltes catholiques du Nord de l'Angleterre
  • En France, après avoir tenté d'éliminer les leaders protestants, le pouvoir royal est dépassé par le parti des ultracatholiques et la Saint-Barthélemy dégénère en massacre de milliers de protestants.
C

 Les négociations et l'édit de Nantes

Pour restaurer la paix, certains souverains font le choix de la négociation :

  • En 1555, la paix d'Augsbourg consacre la division confessionnelle du Saint-Empire. Les princes allemands ont le choix de devenir protestants ou de demeurer catholiques. Selon le principe « tel prince, telle religion », les populations doivent adopter la religion de leur prince ou déménager. 
  • En France, Henri IV impose la coexistence pacifique entre catholiques et protestants en promulguant l'édit de Nantes en 1598. Dans les faits, les « huguenots » n'ont qu'un statut de minorité tolérée puisqu'ils ne peuvent exercer leur culte que sous certaines conditions, dans des périmètres restreints. 
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Le roi de France Henri IV

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Si ces accords de pacification mettent un terme aux guerres de religion, la paix reste fragile et les affrontements reprennent dès le premier quart du XVIIe siècle, en Allemagne comme en France.

En 1598, le roi de France Henri IV trouve un moyen pour faire cesser les guerres de religion entre la minorité protestante et la majorité catholique : l'édit de Nantes

« Article 1. Nous défendons à tous nos sujets de s'attaquer, de s'injurier, de se provoquer en se reprochant ce qui s'est passé et de s'offenser de fait ou de parole afin que la mémoire des troubles passés demeure éteinte comme chose non avenue. Nous leur demandons de se contenir pour vivre paisiblement comme des frères, amis et concitoyens sous peine aux contrevenants d'être punis.

Article 2. Nous ordonnons que la religion catholique soit rétablie en tous lieux de notre royaume pour y être paisiblement et librement exercée, sans aucun trouble ni empêchement.

Article 6. Nous permettons à ceux de la Religion Prétendue Réformée de vivre en tous lieux de notre royaume sans être vexés, brutalisés ni obligés à agir contre leur conscience.

Article 22. Nous ordonnons que ne soit faite aucune différence entre les religions pour être admis comme étudiants dans les universités et comme malades dans les hôpitaux. »

Henri IV

Édit de Nantes

1598

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L'édit de Nantes

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  • Au début du XVIe siècle, les Européens doutent de la capacité de l'Église chrétienne de leur permettre d'atteindre le Salut. De plus, des humanistes dénoncent les abus du clergé et de la papauté qui tardent à se réformer. 
  • Cette effervescence religieuse débouche sur la réforme protestante. Il s'agit d'une nouvelle rupture au sein de l'Église chrétienne qui voit naître la religion protestante créée par Martin Luther à partir de 1517. 
  • Sous leurs différentes déclinaisons luthérienne, calviniste et anglicane, les protestants ne reconnaissent pas l'autorité du pape. 
  • Les guerres de religion qui opposent la minorité protestante à la majorité catholique déchirent l'Europe au XVIe siècle. Impulsée par le concile de Trente qui s'achève en 1563, la réforme catholique permet de resserrer la discipline du clergé mais elle n'empêche pas la division religieuse de l'Europe de s'accentuer.