Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-mondeCours

Lorsque la Seconde Guerre mondiale s'achève en 1945, deux pays apparaissent comme les grands vainqueurs : les États-Unis et l'URSS. Ces deux puissances s'opposent idéologiquement, on parle de bipolarisation du monde : c'est la guerre froide. Jusqu'en 1970, cette bipolarisation du monde va influencer les relations géopolitiques. La période de 1945 à 1970 est également marquée par l'émergence du tiers-monde après la décolonisation de l'Afrique et de l'Asie. La Chine de Mao s'affirme comme un acteur géopolitique important, tandis que des conflits se développent et s'enracinent au Proche-Orient.
En quoi peut-on parler d'un monde bipolaire après la Seconde Guerre mondiale, et quels rôles les États-Unis et l'URSS jouent-ils dans la décolonisation et l'émergence du tiers-monde ? Quelles sont les nouvelles puissances et les nouveaux conflits sur la scène mondiale ?

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I

Un monde bipolaire : l'affrontement des États-Unis et de l'URSS

Très vite après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dès 1947, les États-Unis et l'URSS forment deux blocs qui s'opposent dans ce que l'on appelle la guerre froide. De 1948 à 1953, les tensions sont très fortes. De 1953 à 1970, des crises continuent d'opposer les deux puissances, mais les forces s'équilibrent dans les années 1970. On parle alors de « la Détente ».

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A

1947 : la naissance des deux blocs

À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, les États-Unis et l'URSS sont les grands vainqueurs. Très vite, ils s'affrontent dans ce que l'on a appelé la guerre froide. Le monde est divisé, bipolarisé entre ces deux blocs dès 1947. On parle de rideau de fer pour désigner la limite entre les deux blocs. Les deux puissances s'opposent sur le plan idéologique : les États-Unis constituent le bloc occidental, avec une politique libérale, tandis que l'URSS constitue le bloc soviétique, avec une politique communiste.

En 1945, l'Armée rouge (armée russe) s'installe dans les pays de l'Est qu'elle a libérés et qu'elle va occuper en mettant en place des « fronts nationaux » dirigés par le Parti communiste. Dès 1946, des dictatures s'installent, prenant le nom de « démocraties populaires ». Churchill, Premier ministre anglais, perçoit la création d'un « rideau de fer ». Le monde est divisé en deux blocs. En Europe, ce rideau de fer marque la limite entre les deux pôles.

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Le président américain Truman prend acte de la bipolarisation du monde dans un discours en mars 1947 : c'est la doctrine Truman, qui définit le containment (endiguement) pour soutenir financièrement « les peuples libres ». Le plan Marshall de juin 1947 propose d'aider à la reconstruction des pays européens (qui soutiendront en retour l'économie américaine). Il est accepté par seize pays occidentaux et rejeté par l'URSS qui oblige les pays sous son contrôle à le refuser également.

L'URSS réagit par la doctrine Jdanov et par la création du Kominform (bureau d'information des partis communistes) qui doit permettre de contrôler plus étroitement les partis communistes européens.

Chaque bloc se construit autour d'une superpuissance, d'une doctrine, d'un système économique, d'une organisation politique et d'une alliance militaire.

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B

1948−1953 : des tensions de plus en plus fortes

L'année 1948 est une année de tensions multiples entre les deux blocs, notamment en Allemagne. Les tensions vont culminer avec la guerre de Corée qui se termine en 1953.

L'année 1948 est une année cruciale dans la bipolarisation du monde :

  •  La Tchécoslovaquie, seul pays de l'Est à ne pas être encore une démocratie populaire, bascule dans le bloc soviétique lors du « coup de Prague » de février.
  • Tito, dirigeant communiste de la Yougoslavie, souhaite rester indépendant. Staline n'ose pas envahir le pays et doit s'incliner. La Yougoslavie est exclue du Kominform.
  • La même année, les Occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni, France) décident de créer une zone d'occupation commune en Allemagne, à la place de leurs trois zones respectives.

 

Une monnaie commune, le Deutsche Mark, est créée. En réponse, Staline instaure un blocus de Berlin-Ouest en juin 1948. Les voies ferrées et les autoroutes sont coupées par les Soviétiques, isolant totalement les zones occidentales. Les États-Unis mettent en place un pont aérien afin de ravitailler la ville.

Près de 275 000 vols arrivent à Berlin-Ouest en onze mois de blocus.

Staline finit par céder et rétablit la libre circulation :

  • Les trois zones d'occupation occidentales en Allemagne deviennent la RFA (République fédérale d'Allemagne) en mai 1949.
  • La zone soviétique devient la RDA (République démocratique allemande) en octobre 1949. 

 

En 1950, la guerre de Corée donne une dimension mondiale à la guerre froide. 

La Corée du Nord (communiste) envahit la Corée du Sud (pro-américaine), avec le soutien de Staline. Truman riposte par l'envoi d'un corps expéditionnaire, appuyé par l'ONU. L'armistice de Pan Mun Jon, signé en juillet 1953, met un terme à ce conflit qui a causé la mort de plus d'un million de personnes et reste un échec pour le camp soviétique.

C

1953−1970 : du dégel à la Détente

Une période de « dégel » s'annonce avec la mort de Staline en 1953. Cependant, les tensions continuent. Dès 1956, de nouvelles crises apparaissent (seconde crise de Berlin, crise des missiles de Cuba). Après la crise de Cuba en 1962, les tensions s'apaisent, cette période est appelée la Détente.

En URSS, Khrouchtchev succède à Staline. Il propose un répit provisoire avec l'idée d'une « coexistence pacifique ». Les crises de 1956 révèlent une nouvelle donne : les deux Grands s'entendent pour éviter l'escalade liée à la prolifération des armes nucléaires :

  • Les États-Unis possèdent la bombe A depuis 1945 et la bombe H depuis 1952.
  • L'URSS possède la bombe A depuis 1949 et la bombe H depuis 1953.

On observe même des alliances ou des non-réactions entre les deux puissances :

  • Lors de la crise de Suez, les États-Unis et l'URSS s'allient pour obliger Français et Anglais à évacuer la zone du canal, occupée depuis la nationalisation par Nasser. 
  • Les États-Unis ne réagissent pas lorsque l'URSS écrase la révolution hongroise. 

 

Khrouchtchev rencontre rapidement des difficultés, notamment des contestations en Pologne et en Hongrie. Dès 1956, c'est le retour à la guerre froide dans les relations internationales. L'URSS se sent en position de supériorité avec ses fusées transcontinentales et l'envoi du premier homme dans l'espace. 

La seconde crise de Berlin (1958−1961) s'inscrit dans ce contexte politique. En quinze ans, plus de trois millions d'Allemands de l'Est ont quitté le bloc soviétique, avec le soutien des Occidentaux, pour se réfugier à l'Ouest. Pour endiguer ce phénomène, Khrouchtchev rétablit un blocus de Berlin en 1958. Il n'est pas total mais débouche sur la construction du « mur de la honte ». Le mur de Berlin est construit en une nuit, le 13 août 1961, entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.

En octobre 1962, la crise des missiles de Cuba marque l'apogée des nouvelles tensions. En 1959, Fidel Castro a chassé le dictateur Batista et s'est emparé des intérêts américains dans l'île. Il demande l'aide de l'URSS et laisse les Soviétiques procéder à l'installation de rampes de missiles dirigés vers les États-Unis. La réaction du président Kennedy est immédiate : il isole Cuba par un blocus maritime au moment où la flotte soviétique approche.

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Finalement, Khrouchtchev cède et renonce. Le monde est passé très près d'une guerre nucléaire. La crise de Cuba fait prendre conscience aux deux Grands du danger atomique et de la nécessité de discuter. La période de la Détente s'ouvre et dure jusqu'en 1975.

II

La décolonisation et l'émergence du tiers-monde

Après la Seconde Guerre mondiale, les grandes puissances européennes coloniales ont perdu de leur prestige. Les pays colonisés réclament leur indépendance. La décolonisation se fait en plusieurs étapes et mène à l'émergence du tiers-monde.

A

Les causes de la décolonisation

La colonisation a considérablement fragilisé les économies et les sociétés des pays colonisés. Ils souhaitent obtenir leur indépendance. L'URSS et les États-Unis favorisent la décolonisation qui leur permet d'obtenir de nouveaux débouchés pour leurs économies. L'ONU est également contre la colonisation. 

Les pays colonisés ont souffert de la colonisation :

  • L'artisanat et le commerce ont été détruits pour que les pays colonisateurs puissent vendre leurs propres produits. 
  • Les populations locales sont souvent très pauvres et vivent dans des bidonvilles. 
  • Les progrès en termes d'hygiène et de santé ont provoqué l'explosion de la démographie, ce qui entraîne le chômage. 
  • Les humiliations de la part des colons sont récurrentes.
  • Les nouvelles élites formées dans les universités européennes apportent de nouvelles idées.

 

La Seconde Guerre mondiale provoque les défaites rapides des pays colonisateurs :

  • Le Royaume-Uni sort vainqueur mais a subi des difficultés.
  • La France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Italie ont été envahis.
  • Les troupes coloniales ont perdu face aux Japonais en Birmanie, en Malaisie, en Indochine et au Congo belge.

 

Le prestige des puissances européennes est entaché. 

De plus, les Britanniques se sont positionnés comme les défenseurs des libertés et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes dans la Charte de l'Atlantique de 1941. Les colonies et les Français leur ont servi d'appui en fournissant des soldats pour la libération des pays asservis par l'Allemagne nazie. Cela alimente le désir d'indépendance. De nouveaux partis indépendantistes apparaissent. 

L'ONU, créée en 1945, les soutient. Elle est favorable au « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». L'ONU offre une tribune aux leaders indépendantistes, comme Nehru (en Inde) ou Soekarno (en Indonésie). Les États-Unis se posent en modèle en accordant l'indépendance aux Philippines. Ils sont favorables à tout État souhaitant sa liberté et se mettant sous leur protection, au détriment du bloc soviétique. L'URSS arme tous ceux qui souhaitent obtenir leur indépendance dans le monde. La Chine, devenue communiste en 1949, s'associe à ce mouvement.

B

Les étapes de la décolonisation

La décolonisation commence en Asie en 1947 et se poursuit en Afrique dans les années 1950. Certaines décolonisations sont pacifiques, d'autres sont violentes et entraînent des guerres, comme la guerre d'Algérie de 1954 à 1962.

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La décolonisation débute en Asie en 1947. Les colonies anglaises, l'Inde, le Pakistan, la Birmanie, Ceylan et la Malaisie, sont décolonisées de manière pacifique :

  • Depuis la participation de soldats d'origine indienne à la Première Guerre mondiale, Gandhi défend l'émancipation des Indes britanniques. La Seconde Guerre mondiale accélère le processus. Les négociations débutent dès 1945. Gandhi et Nehru, leaders du parti du Congrès, souhaitent conserver l'unité de l'Inde, tandis que les musulmans dirigés par Jinnah veulent créer un État indépendant, le Pakistan. Le 15 août 1947, l'indépendance du Pakistan et de l'Union indienne est reconnue.
  • Ceylan et la Birmanie obtiennent leur indépendance en 1948 et la Malaisie en 1957.

 

L'Indonésie, colonie des Pays-Bas, et l'Indochine du Nord, colonie de la France, entrent en guérilla car les pays colonisateurs refusent leur indépendance :

  • L'Indonésie remplace les Indes néerlandaises en 1949 sous la pression de l'ONU et contre la volonté des Pays-Bas.
  • En Indochine du Nord, Hô Chi Minh proclame l'indépendance de la République démocratique du Vietnam en septembre 1945. Appuyée puis refusée par la France, cette volonté d'indépendance conduit à une guerre qui s'achève par les accords de Genève signés en juillet 1954, après la défaite française de Diên Biên Phu.

 

Dans un second temps, les pays d'Afrique sont décolonisés. Certaines colonies françaises sont décolonisées pacifiquement, d'autres mènent à un conflit :

  • La France accorde l'indépendance au Maroc et à la Tunisie en 1956 et négocie pacifiquement celle de l'Afrique noire française. La loi-cadre Defferre permet une évolution vers l'autonomie des territoires en 1956. Puis, le général de Gaulle propose une nouvelle alliance, la Communauté française, à laquelle tous adhèrent (à l'exception de la Guinée) en 1958. L'indépendance est proclamée en 1960. Elle est accompagnée par celle des colonies britanniques ou belges.
  • En revanche, en Algérie, les colons français s'opposent à toute idée de réforme. La guerre débute en 1954 par l'insurrection de la Toussaint. La crise s'enlise. En 1958, le général de Gaulle est rappelé au pouvoir. Des négociations pour la paix s'amorcent, elles sont longues. Les accords d'Évian sont signés en mars 1962. L'Algérie devient indépendante après une guerre violente et traumatisante.

 

Les colonies portugaises sont les dernières à obtenir gain de cause : la Guinée-Bissau, le Mozambique et l'Angola accèdent à l'indépendance en 1974 et 1975 après une longue période de violences.

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C

L'émergence du tiers-monde

La décolonisation permet la création de vingt-neuf États asiatiques et africains. Ces États revendiquent leur solidarité notamment lors de la conférence de Bandung en Indonésie en 1955. On parle d'émergence du tiers-monde. Les États nouvellement indépendants tentent de s'affranchir de l'influence des États-Unis et de l'URSS, mais cela reste compliqué.

Le démographe Alfred Sauvy invente la notion de « tiers-monde ». Elle fait référence au tiers état : c'est la majorité de la population qui est minoritaire politiquement.

À la conférence de Bandung en 1955, les États nouvellement indépendants se rassemblent. Ils condamnent le colonialisme et revendiquent la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque État. Ils défendent les Droits de l'homme et utilisent l'ONU comme tribune.

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© Wikipédia

Ces États nouvellement indépendants se réunissent à nouveau à Belgrade en 1961. Vingt-cinq pays créent le mouvement des non-alignés basé sur le rejet de la bipolarisation du monde et l'obligation tacite d'adhérer à l'un ou à l'autre des deux modèles idéologiques. Ils veulent emprunter leur propre voie. Cependant, il est très compliqué pour ces jeunes États fragiles politiquement et économiquement d'exister sans les deux superpuissances.

La première Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a lieu en 1964 à l'initiative de soixante-quinze pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Elle est organisée tous les quatre ans. Une assemblée extraordinaire des Nations unies définit un programme visant à construire un nouvel ordre économique international en 1974. C'est un échec relatif, les pays du Nord sont peu coopératifs et les pays du Sud sont divisés. Le tiers-monde désuni ne résiste pas à la guerre froide et à la crise des années 1970.

L'Indochine française et la guerre du Vietnam sont des conflits dans lesquels l'URSS et les États-Unis interviennent : 

  • La Chine et l'URSS financent l'armée Viêt-Minh d'Hô Chi Minh contre l'armée française en Indochine.
  • La guerre du Vietnam voit s'opposer le Nord-Vietnam pro-soviétique et le Sud-Vietnam pro-occidental.
III

La Chine de Mao : l'affirmation d'un nouvel acteur international

La période 1945−1970 est marquée par l'affirmation d'un nouvel acteur international : la Chine. En 1949, Mao Zedong crée la République populaire de Chine. La Révolution culturelle lancée en 1966 lui permet de s'imposer sur la scène internationale comme un acteur de premier plan.

A

1949 : Mao Zedong crée la République populaire de Chine

En 1949, Mao Zedong proclame la fondation de la République populaire de Chine. C'est une République communiste qui est alors mise en place, l'URSS la soutient.

En 1945, lorsque la Seconde Guerre mondiale s'achève, une guerre civile éclate en Chine. Elle se termine avec la victoire des communistes de Mao soutenus par l'URSS, et la défaite des nationalistes soutenus par les États-Unis.

Mao Zedong Chine nouvel acteur

© Wikipédia

La République populaire de Chine est proclamée le 1er octobre 1949. Les nationalistes doivent se réfugier à Taïwan. Les États-Unis et l'ONU ne reconnaissent pas le nouveau gouvernement. En signe de protestation, l'URSS cesse de siéger à l'ONU.

Dans le cadre des conflits de la guerre froide, les Chinois interviennent au nom du bloc soviétique.

Les Chinois interviennent au nom du bloc soviétique dans la guerre de Corée, la guerre d'Indochine, puis la guerre du Vietnam.

Hong Kong reste britannique et Macao reste portugaise. Aucune opération militaire n'est tentée contre Taïwan, protégé par les États-Unis.

B

L'importance grandissante de la Chine

En 1966, Mao lance la Révolution culturelle en s'appuyant sur la jeunesse (« Gardes rouges »). Cette révolution permet à la Chine d'avoir une influence partout dans le monde. Un rapprochement avec les États-Unis a lieu entre 1969 et 1972. La Chine a de plus en plus d'influence au niveau mondial.

La politique du « Grand Bond en avant » est fondée sur un ensemble de réformes comme la collectivisation des terres agricoles et le développement de l'industrie. Cette politique a des résultats catastrophiques.

Entre 20 et 43 millions de Chinois meurent de la famine lors de l'application de la politique du Grand Bond en avant.

Mao perd le pouvoir jusqu'en 1966. Il met alors en place la Révolution culturelle qui repose sur l'idée de renverser un ordre établi inégalitaire. Cette révolution séduit la jeunesse jusqu'en Occident. Les mouvements étudiants maoïstes sont nombreux lors du mouvement de mai 1968 et le « Petit Livre rouge » de Mao se diffuse.

« Petit Livre rouge » 

Le « Petit Livre rouge » est un recueil dans lequel on trouve de nombreuses citations de Mao.

Dans le film La Chinoise de Jean-Luc Godard en 1967, les personnages lisent le « Petit Livre rouge ».

Dans les années 1970, la Chine se rapproche des États-Unis :

  • En 1971, la Chine remplace Taïwan sur le siège chinois du Conseil de sécurité de l'ONU avec l'accord des États-Unis et devient un interlocuteur crédible.
  • En 1972, Richard Nixon est le premier président américain à se rendre en Chine populaire.

 

Mao meurt en 1976. Pour la Chine, c'est le début d'une ouverture et d'un développement économique spectaculaire qui continue jusqu'à aujourd'hui.

IV

Les conflits au Proche et au Moyen-Orient

La période de 1945 à 1970 voit émerger de violentes tensions au Proche et au Moyen-Orient. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des conflits agitent la région. Les facteurs de tensions sont multiples. La région est prise dans la guerre froide. La création de l'État d'Israël attise la haine entre Juifs et Arabes.

conflits proche moyen-orient
A

Les facteurs de tensions au Proche et au Moyen-Orient

En 1945, de nombreux enjeux économiques, politiques et culturels font du Proche et du Moyen-Orient une région stratégique à l'échelle mondiale.

Proche-Orient 

Le Proche-Orient désigne les pays situés à l'est de la Méditerranée (Égypte, Turquie, Syrie, Liban, Israël, territoires palestiniens, Cisjordanie et Jordanie).

Moyen-Orient

Le Moyen-Orient désigne les pays du Proche-Orient, ainsi que l'Irak, la Péninsule arabique, l'Iran et l'Afghanistan.

Les facteurs de tensions au Proche et au Moyen-Orient sont multiples : 

  • La zone est une importante réserve d'hydrocarbures, de pétrole et de gaz, dont l'exploitation est nécessaire pour les économies industrialisées.
  • C'est un carrefour de circulation essentiel entre l'Asie et l'Europe.
  • C'est enfin le berceau des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam) abritant les lieux saints.
B

Le Proche et le Moyen-Orient pris dans la guerre froide

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS et les États-Unis, engagés dans la guerre froide, rivalisent au Proche et au Moyen-Orient. Les pays du Proche et du Moyen-Orient rentrent dans la logique de la guerre froide et intègrent les blocs. 

Certains pays rejoignent le bloc occidental :

  • L'Arabie saoudite reste un allié des États-Unis.
  • La Turquie et l'Iran reçoivent des aides financières des États-Unis. La Turquie intègre d'ailleurs l'OTAN en 1952.
  • Le pacte de Bagdad, en 1955, permet une alliance entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Pakistan, l'Iran et la Turquie.

 

L'URSS s'appuie sur le nationalisme arabe, ou panarabisme, pour s'installer dans la région.

Panarabisme

Le panarabisme, ou nationalisme arabe, se développe au cours du XIXe siècle. Ce projet d'un grand État arabe se répand au-delà des différences religieuses et les chrétiens arabes le soutiennent.

Les pays arabes sont en effet unis par la Ligue arabe depuis 1945.

Ligue arabe

La Ligue arabe est une organisation fondée en 1945 rassemblant les États arabes existants et ceux nés de la décolonisation.

L'URSS devient un soutien de Nasser qui prend le pouvoir en Égypte en 1952 et incarne ce nationalisme. L'URSS défend la cause des Arabes palestiniens.

C

Les tensions autour de l'État d'Israël

La création d'un État juif, l'État d'Israël, en Palestine, provoque des tensions et des conflits. Ce conflit est instrumentalisé par l'URSS et les États-Unis dans le contexte de la guerre froide, et par les Européens. Dès 1948, le conflit israélo-arabe éclate. Il perdure encore aujourd'hui. 

L'État d'Israël est créé en 1948. Dès sa création, l'État provoque des tensions et des conflits, les pays arabes qui entourent Israël lui déclarent la guerre. Jérusalem, lieu saint des trois grandes religions monothéistes, est au cœur des revendications politiques. Le conflit israélo-arabe est largement instrumentalisé par les États-Unis et l'URSS dans le contexte de la guerre froide :

  • Les États-Unis aident Israël.
  • L'URSS soutient les États arabes. 

 

Ce conflit est également influencé par les Européens. La crise de Suez de 1956 est emblématique des tensions dans la région. Le président égyptien Nasser décide de nationaliser le canal de Suez pour financer la construction du barrage d'Assouan sur le Nil. Les Français et les Britanniques en avaient jusqu'alors la gestion. Ils incitent les Israéliens à déclencher une guerre préventive contre l'Égypte. Les Français et les Britanniques prévoient de proposer ensuite leur arbitrage dans la région. C'est un échec pour les Européens, mais une réussite pour Israël qui désarme l'Égypte. En réaction, Nasser se tourne vers l'URSS. 

Ce conflit provoque des guerres :

  • la guerre des Six-Jours en 1967 ;
  • la guerre du Kippour en 1973.