Les évolutions politiques en France et en Europe entre 1814 et 1848Personnages

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Klemens von Metternich

1773−1859

Allemand

Aristocrate allemand, il se met au service de l'empereur d'Autriche dont il devient l'ambassadeur à Paris avant d'être nommé ministre des Affaires étrangères en 1809. Accueillant les délégations européennes au congrès de Vienne en 1815, il est l'un des principaux architectes du texte final. Antilibéral, antirévolutionnaire, il fait tout pour que l'ordre monarchique soit rétabli. Il est le fondateur de la nouvelle diplomatie européenne qui consacre la domination des puissances monarchiques alliées que l'on appelle « le système Metternich ». Nommé chancelier en 1821, c'est-à-dire chef du gouvernement, il réprime les mouvements libéraux et nationaux européens. En 1848, les insurgés libéraux autrichiens le forcent à quitter le pouvoir et à s'enfuir.

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Louis XVIII

1755−1824

Membre de la famille Bourbon, frère de Louis XVI, il quitte la France en 1791 et n'en revient qu'en 1814 après la première abdication de l'empereur Napoléon Ier. « Roi de France » de la monarchie restaurée, il octroie une Charte constitutionnelle à ses sujets en 1814. Malgré quelques concessions libérales, il s'enferme progressivement dans une politique réactionnaire qui limite les libertés des Français.

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Charles X

1757−1836

Membre de la famille Bourbon, il émigre dès juillet 1789 et ne rentre en France qu'après l'abdication de Napoléon Ier en 1814. Il succède à Louis XVIII en 1824 et règne jusqu'en 1830 avec le titre de « roi de France ». Sacré à Reims, il mène une politique de restauration autoritaire de l'Ancien Régime politique et social avec l'appui des ultraroyalistes. Ses ordonnances réactionnaires de 1830, qui rétablissent notamment la censure de la presse, déclenchent l'insurrection parisienne puis la révolution qui fait naître la monarchie de Juillet.

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Louis-Philippe Ier

1773−1850

Membre de la famille d'Orléans, il soutient les révolutionnaires en 1789 et participe aux guerres que la France mène contre les monarques voisins en 1792 avant de choisir d'émigrer. Il est porté au pouvoir par les monarchistes et les républicains modérés dans le contexte de la révolution parisienne des « Trois Glorieuses » de juillet 1830. Devenu « roi des Français », il prête serment sur la Charte de 1830. Sous la monarchie de Juillet, il met en place un régime parlementaire mais adopte progressivement une attitude conservatrice en limitant l'influence politique du peuple. Confronté à une crise politique, économique et sociale, les révolutionnaires parisiens le contraignent à abdiquer en février 1848.

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Adolphe Thiers

1797−1877

Avocat, journaliste et homme politique, il oscille entre la gauche, le centre gauche et le centre droit. Il est nommé ministre et chef du gouvernement à plusieurs reprises par Louis-Philippe sous la monarchie de Juillet et met en œuvre une politique antilibérale. Inquiet à la fois des excès de la République et des abus de la monarchie, il fait preuve d'opportunisme en soutenant les révolutionnaires comme les pouvoirs en place car il fait passer sa carrière avant ses convictions.

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François Guizot

1787−1874

Louis-Philippe fait de cet historien l'homme politique le plus influent de la monarchie de Juillet à partir de 1840. À la tête du gouvernement, il met en œuvre une politique conservatrice et réactionnaire très impopulaire. Son refus de laisser les républicains organiser un banquet à Paris en février 1848 déclenche la révolution qui renverse la monarchie de Juillet et proclame la République.

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Louis-Napoléon Bonaparte

1808−1873

Neveu de l'empereur Napoléon Ier, il part en exil à Rome, après l'abdication de son oncle en 1815, où il est influencé par les idées libérales des Carbonari. Opposé à la restauration monarchique, leader du groupe politique bonapartiste qui souhaite un homme fort au pouvoir, il tente de prendre le pouvoir par deux fois en 1835 et en 1840. Arrêté, il est emprisonné à vie mais parvient à s'enfuir et se réfugie en Angleterre. Il revient en France au cours de la révolution de février 1848 et se présente à l'élection au suffrage universel du premier président de la République française.