Comparer les registres Exercice fondamental

À quel registre chacun des extraits suivants appartient-il ?

ÉTÉOCLE :
On dirait que le ciel, par un arrêt funeste,
Voulut de nos parents punir ainsi l'inceste,
Et que dans notre sang il voulut mettre au jour
Tout ce qu'ont de plus noir et la haine et l'amour.

(Jean Racine, Antigone)

ANDROMAQUE :
Dois-je les oublier, s'il ne s'en souvient plus ?
Dois-je oublier Hector privé de funérailles,
Et traîné sans honneur autour de nos murailles ?
Dois-je oublier son père à mes pieds renversé,
Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrassé ?
Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle
Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle ;
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
Et de sang tout couvert échauffant le carnage ;
Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants,
Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants ;
Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue :
Voilà comme Pyrrhus vint s'offrir à ma vue.

(Jean Racine, Andromaque)

CLÉANTE :
Je ne le connais pas, puisque vous le voulez ;
Mais enfin, pour savoir quel homme ce peut être...

ORGON :
Mon frère, vous seriez charmé de le connaître,
Et vos ravissements ne prendraient point de fin.
C'est un homme... qui, ... ha ! un homme... un homme enfin.

(Molière, Tartuffe)

TOINETTE :
Ah, Madame !

BÉLINE :
Qu'y a-t-il ?

TOINETTE :
Votre mari est mort.

BÉLINE :
Mon mari est mort ?

TOINETTE :
Hélas oui. Le pauvre défunt est trépassé.

BÉLINE :
Assurément ?

TOINETTE :
Assurément. Personne ne sait encore cet accident-là, et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise.

BÉLINE :
Le Ciel en soit loué. Me voilà délivrée d'un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t'affliger de cette mort !

TOINETTE :
Je pensais, Madame, qu'il fallût pleurer.

BÉLINE :
Va, va, cela n'en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre ? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement, ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours, sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes, et valets.

TOINETTE :
Voilà une belle oraison funèbre.

(Molière, Le Malade imaginaire)

ORGON :
Ce que je viens d'apprendre, ô Ciel, est-il croyable ?

TARTUFFE :
Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable,
Un malheureux pécheur, tout plein d'iniquité,
Le plus grand scélérat qui jamais ait été ;
Chaque instant de ma vie est chargé de souillures ;
Elle n'est qu'un amas de crimes, et d'ordures.

(Molière, Tartuffe)

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