Sommaire
ILe contexte religieux et social de l'Europe au XVIe siècleAUne Église puissante mais contestéeBLes transformations de la société européenneIIMartin Luther et le début de la RéformeALa vie et les idées de LutherBLa diffusion de ses idéesIIILes conséquences de l'action de LutherAUne Europe religieusement diviséeBDes réformes au sein de l'Église Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.
Dernière modification : 19/01/2026 - Conforme au programme 2025-2026
Martin Luther (1483-1546) initie un bouleversement religieux majeur dans l'Europe chrétienne. La Réforme critique les excès de l'Église catholique et met en avant une nouvelle conception de la foi personnelle. Ce mouvement marque le début d'une Europe divisée sur le plan religieux et ouvre la voie à des changements durables dans la société, la culture et la politique, tout en affirmant l'importance de la liberté de conscience et de l'accès direct aux textes sacrés.
Le contexte religieux et social de l'Europe au XVIe siècle
Une Église puissante mais contestée
Au début du XVIe siècle, l'Église catholique domine presque tous les aspects de la vie européenne : religieuse, sociale, culturelle et politique. Elle possède de vastes richesses et des territoires importants, les Etats pontificaux, perçoit des taxes et influence les souverains. Cependant, face à cette puissance temporelle, de nombreuses critiques émergent. Les indulgences, qui permettent d'obtenir le pardon des péchés en échange d'argent, ainsi que la vie luxueuse et parfois corrompue de certains membres du clergé, parfois même du Pape, suscitent l'indignation. Certains fidèles dénoncent un éloignement de l'idéal chrétien et réclament un retour à une pratique plus simple et plus authentique de la foi.
Les transformations de la société européenne
La Renaissance, avec son esprit d'étude et de redécouverte des textes antiques, favorise un questionnement sur les institutions et les traditions. L'invention de l'imprimerie permet une diffusion rapide et massive des idées et des textes religieux, ce qui explique pour une part le développement foudroyant de la Réforme. Parallèlement, les villes se développent, le commerce prospère, et une bourgeoisie lettrée s'affirme. Ces changements sociaux et économiques créent un contexte propice à la critique de l'Église et à l'émergence de nouvelles formes de religiosité fondées sur la lecture directe des Écritures et sur la réflexion personnelle.
Martin Luther et le début de la Réforme
La vie et les idées de Luther
Martin Luther naît en 1483 en Saxe (Allemagne). Après des études de droit, il entre dans un monastère augustin pour devenir moine. Très rigoureux, il est tourmenté, presque obsédé par la question du salut et la crainte du péché. Ses lectures de la Bible et des Pères de l'Église le conduisent à s'interroger sur la manière dont l'Église catholique pratique et enseigne la foi, notamment sur le rôle des indulgences, dont le Pape use et abuse pour financer la Basilique Saint-Pierre de Rome. En enseignant la théologie à l'université de Wittenberg, Luther approfondit ses idées : le salut ne peut pas s'acheter par des indulgences ou des œuvres, mais est uniquement offert par la foi. Cette conviction le pousse à rédiger en 1517 ses « 95 thèses », affichées sur la porte de l'église de Wittenberg. Il invite au débat sur les abus du clergé et sur la corruption dans l'Église, jetant ainsi les bases de la Réforme.
Luther affirme trois points essentiels, qui remettent en cause l'autorité du pape et la hiérarchie ecclésiastique :
- le salut par la foi seule (sola fide) ;
- l'autorité exclusive de la Bible (sola scriptura) ;
- la prêtrise universelle des croyants, qui permet à chacun de lire et comprendre la Bible.

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La diffusion de ses idées
L'imprimerie joue un rôle décisif dans la propagation des idées de Luther. Ses thèses et écrits circulent rapidement dans toute l'Europe, provoquant un grand émoi et encourageant d'autres intellectuels et réformateurs à critiquer l'Église. Luther traduit la Bible en allemand, permettant à un plus large public de lire les textes sacrés et de réfléchir à sa foi. Ses idées remettent en question l'autorité du pape et posent les bases d'une nouvelle conception de la religion, centrée sur la foi personnelle et la lecture directe des Écritures. Condamné par Rome (bulle Exsurge Domine en 1520), Luther refuse de se rétracter à la Diète de Worms (1521). Il est ensuite protégé par l'Electeur de Saxe, au château de Wartburg, où il poursuit son oeuvre de traduction de la Bible.

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Les conséquences de l'action de Luther
Une Europe religieusement divisée
Les idées de Luther donnent naissance au luthéranisme et inspirent d'autres mouvements réformateurs. L'Europe se divise religieusement. Certains princes allemands soutiennent Luther pour affirmer leur indépendance face à l'empereur et au pape, mêlant enjeux religieux et politiques. En plus de la réforme luthérienne, différentes Églises protestantes apparaissent : le calvinisme en Suisse et dans certaines régions des Pays-Bas, ainsi que l'anglicanisme en Angleterre. Cette division religieuse entraîne des conflits politiques et sociaux, des tensions et parfois des guerres entre catholiques et protestants. L'Europe cesse d'être religieusement homogène, et la liberté de conscience devient progressivement une question centrale dans certaines régions.

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Des réformes au sein de l'Église
Face au succès du protestantisme, l'Église catholique lance la Contre-Réforme. Elle renforce la discipline ecclésiastique, crée de nouveaux ordres religieux comme celui des jésuites, et organise des conciles, notamment le Concile de Trente de 1545 à 1563, pour corriger les abus et clarifier les doctrines. Cette période transforme durablement l'organisation religieuse, la vie spirituelle et l'éducation en Europe. La Réforme et la Contre-Réforme sont donc des moments-clés qui influencent profondément la politique, la culture et la société européenne pendant plusieurs siècles.