La véritéExemples et citations

I

La philosophie comme quête de vérité

« Les principes se sentent, les propositions se concluent et le tout avec certitude quoique par différentes voies et il est aussi inutile et aussi ridicule que la raison demande au cœur des preuves de ses premiers principes pour vouloir y consentir, qu'il serait ridicule que le cœur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu'elle démontre pour vouloir les recevoir. »

Blaise Pascal

Pensées, publié dans Revue des deux Mondes

1669

Pascal énonce ici qu'il existe deux voies distinctes dans l'accès à la vérité. D'une part, le cœur, qui fournit les premiers principes. D'autre part, la raison, qui démontre ensuite des propositions à partir des principes établis par l'intuition du cœur. Ces deux modes d'accès au vrai garantissent la certitude des propositions.

La caverne de Platon

C'est dans La République que Platon expose l'allégorie de la caverne. Il s'agit d'illustrer la condition humaine, que le philosophe compare à celle de prisonniers dans une caverne. Il ne voient qu'un mur, ne pouvant pas bouger. Sur ce mur sont projetées les ombres de la réalité derrière eux, qu'ils ne voient pas. Pour eux, la réalité se résume donc aux ombres.

Platon explique ainsi que, comme l'homme enchaîné dans la caverne, les hommes ne voient que le reflet des idées, qu'ils prennent pour des réalités. Mais Platon suggère également, à l'aide d'un mythe, que les hommes ont une âme qui, avant d'être enfermées dans un corps, ont vécu et connu les idées sous leur forme la plus pure. La philosophie aide à se remémorer ces idées. C'est un peu comme si l'homme de la caverne était libéré, se retournait, et voyait enfin la réalité, connaissait la vérité. La vérité est en l'homme, dans son âme. Le chemin vers la vérité est la philosophie.

II

Les différentes valeurs données à la vérité

A

Platon : opinion droite et connaissance

« Une opinion vraie n'est pas un moins bon guide, pour la rectitude de l'action, que la raison. [...] Mais ces opinions ne consentent pas à rester longtemps en place, plutôt cherchent-elles à s'enfuir de l'âme humaine ; elles ne valent donc pas grand-chose, tant qu'on ne les a pas reliées par un raisonnement qui en donne l'explication. »

Platon

Ménon

IVe siècle av. J.-C.

Si l'opinion droite, c'est-à-dire un jugement qui est correct sans savoir pourquoi il est vrai, est efficace dans le domaine de l'action, elle a cependant moins de valeur que la connaissance. En effet, contrairement à la connaissance qui est justifiée, l'opinion droite n'est pas justifiée.

B

Kant : opinion, foi, savoir

« L'opinion est une croyance qui a conscience d'être insuffisante subjectivement aussi bien qu'objectivement. Quand la croyance n'est suffisante que subjectivement, et qu'en même temps, elle est tenue pour objectivement insuffisante, elle s'appelle foi. Enfin, celle qui est suffisante subjectivement s'appelle savoir. »

Emmanuel Kant

Critique de la raison pure

1781

Dans cet extrait, Kant montre qu'un sujet adhère à un jugement selon trois modalités, qui sont trois degrés de certitude. Dans le cas de l'opinion, le sujet sait que son jugement est insuffisant aussi bien par rapport à l'objet de la connaissance que par rapport à sa propre conviction (il peut changer d'opinion demain). Dans le cas de la foi, le sujet sait que son jugement est insuffisant « objectivement » parce que la foi n'est pas un savoir, mais une croyance qui lui suffit « subjectivement » au sens où elle est la condition de son existence. Dans le cas de la connaissance, le sujet sait que son jugement est suffisant objectivement puisqu'il est vrai, et subjectivement puisqu'il entraîne la certitude proprement dite.

C

Le vrai comme évidence

« Toute science est une connaissance certaine et évidente. »

René Descartes

Règles pour la direction de l'esprit

1628−1629

Descartes associe la connaissance à la certitude et à l'évidence. Pour lui, est vrai ce qui est certain, évident, ou démontré à partir de principes évidents à l'aide des règles de démonstration de la logique.