La socialisation différenciée et ses enjeux Cours

Sommaire

ILa socialisation différenciée selon le genreIILa socialisation différenciée selon le milieu socialALa reproduction sociale et ses enjeuxBLes processus de socialisation liés à l'école1La réussite scolaire2Les choix d'orientation
I

La socialisation différenciée selon le genre

Genre

Le genre est un terme utilisé en sociologie pour désigner l'ensemble des différences entre hommes et femmes qui ne sont pas d'ordre biologique mais social.

Selon le sexe de l'individu, la socialisation est différente.

  • On apprend aux petites filles à s'occuper des tâches ménagères en leur offrant des jeux de dînette.
  • On apprend aux petits garçons à aimer la mécanique et les jouets automobiles.
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Socialisation différenciée

La socialisation différenciée s'exerce de façon différente sur des individus parce qu'ils appartiennent à des catégories sociales distinctes.

La socialisation primaire est différenciée selon le genre, puisqu'elle conduit à des pratiques éducatives différentes entre les filles et les garçons. Cette socialisation différenciée entre filles et garçons commence dès la naissance, car les parents adoptent aussitôt des attitudes différentes envers leur enfant, selon son sexe. Cela peut conduire plus tard à des différences de goûts et de comportements chez les filles et les garçons.

Les parents choisissent des couleurs spécifiques pour les habits des filles (rose, violet) et pour ceux des garçons (bleu, rouge).

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Cette socialisation différenciée s'étend à des rôles perçus comme féminins (les tâches ménagères) et masculins (le bricolage) et entretient une répartition inégale des tâches parmi les adultes. Même si la répartition des tâches domestiques évolue peu à peu, la répartition des tâches quotidiennes reste très stéréotypée : les femmes font davantage le ménage et les courses, les hommes s'occupent plus du bricolage et du jardinage.

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Les parents inculquent aux enfants des valeurs et des normes de comportements différentes selon que leurs enfants sont des filles ou des garçons. Ceux-ci reproduisent ce modèle lorsqu'ils sont adultes et ils le perpétuent auprès de leurs propres enfants.

En 2005, selon l'Insee, dans la division des tâches quotidiennes, certaines (repassage, préparation du repas, courses alimentaires) restent statistiquement effectuées bien davantage par les femmes que par les hommes.

II

La socialisation différenciée selon le milieu social

La socialisation est également différenciée selon le milieu social des individus : les individus acquièrent des valeurs et des normes différentes et ont des habitudes de comportement différentes.

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Pierre Bourdieu dans son ouvrage La Distinction a observé entre autres les habitudes alimentaires selon les groupes sociaux : dans les milieux les plus aisés, les aliments consommés sont souvent fins et légers, accompagnés de légumes ; il existe des manières de manger strictement respectées (on ne met pas les coudes sur la table, on se sert et on mange discrètement, etc.). Dans les milieux populaires, le repas est souvent abondant, constitué de nourritures riches et grasses plutôt qu'élaborées, les féculents (pommes de terre ou pâtes) sont centraux et on mange avec moins de manières.

Cette socialisation différenciée a notamment pour conséquence, dans le monde social, des phénomènes de reproduction sociale.

A

La reproduction sociale et ses enjeux

Reproduction sociale

La reproduction sociale est le processus par lequel les positions sociales se maintiennent de génération en génération.

Un fils de cadre a plus de chances qu'un autre de devenir cadre lui-même.

La reproduction sociale existe car les parents transmettent à leurs enfants :

  • Leurs normes et leurs valeurs qui sont différentes selon les milieux sociaux.

Le langage soutenu pour les milieux favorisés ou le langage familier ou populaire pour les milieux défavorisés.

  • Leurs ressources économiques.

Les moyens financiers et les biens possédés sont des ressources économiques.

  • Leurs ressources culturelles.

Les savoirs et savoir-faire et les réseaux de sociabilité sont des ressources culturelles.

Les enfants utilisent donc souvent les mêmes ressources que leurs parents et s'ils n'ont pas le désir ou les moyens d'en obtenir d'autres, ils reproduisent le même modèle que leurs parents.

La reproduction sociale est également favorisée par les phénomènes d'homogamie.

Homogamie

L'homogamie est un phénomène statistique, observé au niveau de la société tout entière : c'est le fait que les deux membres d'un couple sont souvent issus d'un même milieu social.

L'homogamie se produit car les personnes issues d'un même milieu social fréquentent généralement les mêmes lieux, et sont donc conduites à se rencontrer entre elles plutôt qu'avec des membres d'autres groupes sociaux. Les personnes issues d'un même milieu social partagent également globalement les mêmes normes et valeurs et ont généralement des goûts proches.

Les enjeux de la reproduction sociale sont nombreux car elle peut favoriser un maintien des inégalités sociales et culturelles dans la société.

B

Les processus de socialisation liés à l'école

L'école joue un rôle important en favorisant l'égalité des chances. L'école permet aux jeunes n'ayant pas beaucoup de ressources d'en obtenir d'autres. Elle devrait donc permettre aux individus de contourner les processus de reproduction sociale lorsqu'ils sont négatifs, en donnant les mêmes chances de réussite à chacun.

Cependant, l'école est aussi un lieu de reproduction sociale. Cela peut être relié à deux facteurs : la réussite scolaire et les choix d'orientation.

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La réussite scolaire

Les enfants issus de milieux défavorisés ont en moyenne de moins bons résultats scolaires que les autres. Cela peut s'expliquer par le fait que les parents de milieux favorisés ont une position sociale élevée et ont souvent bien réussi à l'école. Ils disposent des savoirs et de la culture attendus à l'école et les transmettent à leurs enfants. La socialisation familiale des enfants issus de milieux favorisés est donc proche des modèles valorisés scolairement, ce qui favorise la réussite de ces enfants.

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Décrochage scolaire et milieux d'origine
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Les choix d'orientation

Les enfants des différents milieux sociaux font des choix d'orientation différents, même lorsqu'ils réussissent pareillement à l'école. Les enfants de cadres vont plus souvent à l'université et en classes préparatoires (études longues) que les enfants d'employés ou d'ouvriers, qui eux choisissent souvent des filières d'études courtes et professionnalisantes.

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Dans L'Inégalité des chances, le sociologue Boudon montre que la reproduction sociale favorise les inégalités sociales malgré les institutions censées les combattre. Dans cet ouvrage, il montre notamment que l'école n'est pas l'endroit où l'on fabrique les inégalités. Pour lui, il n'y a pas de liaison simple et mécanique entre inégalités scolaires et inégalités sociales. L'école ne reproduit pas les inégalités sociales, elle tend au contraire à les diminuer mais cette réduction reste limitée et ne permet pas un changement radical des statuts sociaux.

L'explication réside à la fois dans la difficulté à surpasser les inégalités scolaires entre les milieux sociaux (reproduction sociale) mais également à lutter contre les inégalités d'orientation et la faible mobilité sociale qui en résulte. Les élèves des milieux défavorisés peuvent, grâce à l'école, connaître une certaine ascension sociale mais celle-ci est plus limitée statistiquement car ils doivent à la fois combattre les difficultés scolaires et acquérir les réseaux de relations qui leur permettront de changer de milieu. Cela nécessite à la fois un capital culturel et social complexe et la volonté de changer de milieu et donc de renoncer aux anciennes relations sociales qu'ils possédaient.