Identifier le type de strophe employé dans un poèmeExercice fondamental

Nomme le type de strophe utilisé dans chacun des textes suivants.

Prends cette rose aimable comme toi, 
Qui sers de rose aux roses les plus belles, 
Qui sers de fleur aux fleurs les plus nouvelles, 
Dont la senteur me ravit tout de moi.

Prends cette rose, et ensemble reçois
Dedans ton sein mon coeur, qui n'a point d'ailes : 
Il est constant, et cent plaies cruelles,
N'ont empêché qu'il ne gardât sa foi. [...]

 

Pierre de Ronsard, Les Amours, 1552

Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi je te prie,
Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de loi.

Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi
Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie,
À baiser (de Pluton ou la femme ou l'amie),
N'ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ?

En vivant presse-moi de tes lèvres de roses,
Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.

Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas,
Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.

 

Pierre de Ronsard, « Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi », Sonnets pour Hélène, 1578

Un Corbeau devant moi croasse,
Une ombre offusque mes regards,
Deux belettes et deux renards
Traversent l'endroit où je passe ;
Les pieds faillent1 à mon cheval,
Mon laquais tombe du haut mal,
J'entends craqueter le tonnerre,
Un esprit se présente à moi,
J'ois2 Charon qui m'appelle à soi,
Je vois le centre de la terre.

Ce ruisseau remonte en sa source,
Un bœuf gravit sur un clocher,
Le sang coule de ce rocher,
Un aspic s'accouple d'une ourse,
Sur le haut d'une vieille tour
Un serpent déchire un vautour,
Le feu brûle dedans la glace,
Le Soleil est devenu noir,
Je vois la Lune qui va choir,
Cet arbre est sorti de sa place.

 

Théophile de Viau, « Ode XLIX », Œuvres poétiques, 1621

 

1 Faillent : faiblissent.
2 J'ois : j'entends.

Ô Dieu, dont les bontés, de nos larmes touchées,
Ont aux vaines fureurs les armes arrachées,
Et rangé l'insolence aux pieds de la raison ;
Puisqu'à rien d'imparfait ta louange n'aspire,
Achève ton ouvrage au bien de cet empire,
Et nous rends l'embonpoint comme la guérison.

Nous sommes sous un roi si vaillant et si sage,
Et qui si dignement a fait l'apprentissage
De toutes les vertus propres à commander,
Qu'il semble que cet heur1 nous impose silence,
Et qu'assurés par lui de toute violence
Nous n'avons plus sujet de te rien demander. [...]

 

François de Malherbe, Prière pour le roi allant en Limousin, 1607

 

1 Heur : bonheur.