01 76 38 08 47
Logo Kartable
Classes
CE1CE2CM1CM2SixièmeCinquièmeQuatrièmeTroisièmeBrevetSecondePremièreTerminaleBac
AccueilParcourirRechercheSe connecter

Pour profiter de 10 contenus offerts.

Logo Kartable
Classes
CE1CE2CM1CM2SixièmeCinquièmeQuatrièmeTroisièmeBrevetSecondePremièreTerminaleBac
AccueilParcourirRechercheSe connecter

Pour profiter de 10 contenus offerts.

  1. Accueil
  2. Première
  3. Français
  4. Exposé type bac : Disons donc ainsi, qu’à l’homme toutes choses lui sont comme naturelles

Disons donc ainsi, qu’à l’homme toutes choses lui sont comme naturelles Exposé type bac

Sommaire

IPremier mouvement du texte (« Disons donc... l'injure. »)IIDeuxième mouvement du texte (« Toujours… l'accoutre. »)

Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.

Dernière modification : 21/10/2026 - Conforme au programme 2026-2027

Disons donc ainsi, qu'à l'homme toutes choses lui sont comme naturelles, à quoi il se nourrit et accoutume ; mais cela seulement lui est naïf, à quoi la nature simple et non altérée l'appelle : ainsi la première raison de la servitude volontaire, c'est la coutume : comme des plus braves courtauds[1], qui au commencement mordent le frein et puis s'en jouent, et là où naguère ruaient contre la selle, ils se parent maintenant dans les harnais et tout fiers se gorgiassent[2] sous la barde. Ils disent qu'ils ont été toujours sujets, que leurs pères ont ainsi vécu ; ils pensent qu'ils sont tenus d'endurer le mal et se font accroire par exemple[3], et fondent eux-mêmes sous la longueur du temps la possession de ceux qui les tyrannisent ; mais pour vrai, les ans ne donnent jamais droit de mal faire, ains agrandissent l'injure[4]. Toujours s'en trouve il quelques-uns, mieux nés que les autres, qui sentent le poids du joug et ne se peuvent tenir[5] de le secouer ; qui ne s'apprivoisent jamais la sujétion et qui toujours, comme Ulysse, qui par mer et par terre cherchait toujours de voir de la fumée de sa case, ne se peuvent tenir d'aviser à leurs naturels privilèges et de se souvenir de leurs prédécesseurs et de leur premier être ; ce sont volontiers ceux-là qui, ayant l'entendement net et l'esprit clairvoyant, ne se contentent pas comme le gros populas, de regarder ce qui est devant leurs pieds, s'ils n'avisent et derrière et devant et ne remémorent encore les choses passées pour juger de celles du temps à venir et pour mesurer les présentes ; ce sont ceux qui, ayant la tête d'eux-mêmes bien faite[6], l'ont encore polie par l'étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et toute hors du monde, l'imaginent et la sentent en leur esprit, et encore la savourent, et la servitude ne leur est de goût, pour tant bien qu'on l'accoutre[7].

Étienne de La Boétie

Discours de la servitude volontaire

1576

[1] Courtauds = animaux, souvent des chevaux, privés de la queue et des oreilles.
[2] Se gorgiassent = se rengorgent ; la « barde » est une pièce de harnachement.
[3] Se font accroire par exemple = se persuadent grâce à des exemples.
[4] Le texte a ici une portée juridique. La Boétie réfute la thèse des jurisconsultes qui fondent le droit sur la coutume ou la tradition. Le mot « injure » signifie « injuria » = absence de droit.
[5] Tenir = retenir.
[6] L'expression se trouve aussi chez Montaigne (Essais, chapitre « De l'institution des enfants »).
[7] Ne leur est goût, pour tant bien qu'on l'accoutre = n'est pas de leur goût, quelque assaisonnement qu'on lui donne.

I

Premier mouvement du texte (« Disons donc... l'injure. »)

Dès la première phrase de ce passage, La Boétie amène une autre cause à la servitude : l'habitude « accoutume », « coutume ». L'homme oublie naïvement que sa liberté est un droit naturel et se soumet comme au tyran, à un homme plus fort que lui par coutume, comme ses prédécesseurs ont pu le faire. C'est pourquoi La Boétie utilise une comparaison animale pour montrer de quelle manière l'homme se soumet et ressemble ainsi à la bête, à l'animal. C'est également l'occasion pour lui d'amener un nouvel ingrédient pour combattre la servitude.

« comme des plus braves courtauds » : comparaison animale qui invite à comprendre à quel point la servitude met l'homme au rang d'une bête.

II

Deuxième mouvement du texte (« Toujours… l'accoutre. »)

La Boétie, rempli de sa culture humaniste prend pour exemple Ulysse. Il suggère qu'il est toujours possible de s'élever contre la coutume, d'aller à son encontre si on le veut vraiment, si on réfléchit et surtout si l'homme a un minimum de culture et de savoir pour exercer sa raison et son esprit critique.

La charte éditoriale garantit la conformité des contenus aux programmes officiels de l'Éducation nationale. en savoir plus

Les cours et exercices sont rédigés par l'équipe éditoriale de Kartable, composéee de professeurs certififés et agrégés. en savoir plus

Voir aussi
  • Exposé type bac : D'avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n'y voi
  • Exposé type bac : C'est chose étrange d'ouïr parler de la vaillance
  • Cours : Discours de la servitude volontaire, La Boétie

Nos conseillers pédagogiques sont à votre écoute 7j/7

Nos experts chevronnés sont joignables par téléphone et par e-mail pour répondre à toutes vos questions.
Pour comprendre nos services, trouver le bon accompagnement ou simplement souscrire à une offre, n'hésitez pas à les solliciter.

support@kartable.fr
01 76 38 08 47

Téléchargez l'application

Logo application Kartable
KartableWeb, iOS, AndroidÉducation

4,5 / 5  sur  20266  avis

0.00
app androidapp ios
  • Contact
  • Aide
  • Livres
  • Mentions légales
  • Recrutement

© Kartable 2026