Voter : une affaire individuelle ou collective ?Cours

L'importance du vote et du système électoral dans le fonctionnement de la démocratie représentative amène à s'interroger sur la participation électorale des citoyens et ses mécanismes. Les explications de l'abstentionnisme sont multiples et reposent à la fois sur des facteurs structurels et conjoncturels. Différents modèles existent pour expliquer le vote des individus, qui insistent sur des variables sociales ou sur l'importance du choix individuel face aux enjeux d'une élection. Depuis plusieurs décennies, on observe une hausse de certains comportements électoraux, comme l'abstention et la volatilité électorale.

I

La participation électorale

Voter constitue l'un des principes de base des démocraties représentatives. On utilise différents indicateurs pour mesurer la diffusion de cet acte dans la population : le taux d'inscription indique la part d'électeurs inscrits sur les listes parmi les électeurs potentiels. Le taux de participation est une mesure de la participation électorale, tandis que l'abstention désigne le fait, pour un électeur, de ne pas aller voter. Dans les sociétés démocratiques occidentales, on observe une baisse de la participation (et donc un essor de l'abstention) depuis quelques dizaines d'années.

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Le vote : fondement de la démocratie représentative

Le principe électif constitue l'un des éléments centraux des démocraties représentatives contemporaines. 

Le principe électif est la désignation des représentants du peuple exerçant le pouvoir politique à travers des élections régulières, pluralistes (plusieurs tendances politiques) et libres. En France, le système électoral repose sur le suffrage universel et sur des scrutins variés selon les représentants à désigner. Ainsi, la démocratie représentative est un régime politique dans lequel le pouvoir est confié par le peuple à des représentants élus.

L'adoption du suffrage universel en France est le résultat d'un long processus historique.

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Suffrage universel

Le suffrage universel est le droit de vote donné à l'ensemble des citoyens sans condition de fortune, d'hérédité ou de capacité.

Il existe différents modes de scrutin permettant de choisir les représentants dans une démocratie : scrutin proportionnel, scrutin majoritaire à un tour, etc. En France, les élections présidentielles relèvent du scrutin majoritaire à deux tours. Lors d'un premier tour, les candidats sont départagés par le nombre de voix pour ne conserver que les deux plus représentatifs (majorité relative) et, lors du second tour, les deux principaux candidats sont départagés à la majorité absolue (50 % plus une voix).

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La mesure de la participation électorale

La participation électorale fait l'objet de mesures statistiques qui permettent de cerner le fonctionnement du système électoral et l'adhésion ou l'engagement des citoyens dans leurs institutions. On mesure principalement le taux d'inscription électorale, le taux de participation électorale et le taux d'abstention électorale. 

En France, le droit de vote ne concerne pas tous les habitants. Peuvent être électeurs les Français majeurs qui jouissent de leurs droits civils et politiques. Afin de pouvoir voter, il faut être inscrit sur les listes électorales. Le taux d'inscription mesure la part des personnes inscrites sur les listes électorales parmi les électeurs potentiels (ceux qui ont le droit de voter).

En 2018, 88 % des majeurs résidant en France et de nationalité française sont inscrits sur les listes électorales. Cela signifie que 12 % des personnes qui pourraient être sur les listes électorales ne le sont pas (et ne peuvent donc pas voter).

Taux d'inscription électorale

Le taux d'inscription électorale désigne le rapport entre le nombre d'inscrits sur les listes et le nombre d'électeurs potentiels.

La participation électorale

La participation électorale est le fait, pour un citoyen inscrit sur les listes électorales, de participer réellement aux élections.

La participation électorale est mesurée par le taux de participation, qui donne la part des personnes inscrites sur les listes électorales qui ont voté lors d'une élection donnée. Les personnes qui ont voté sont les votants. Les votes blancs et nuls sont pris en compte dans le taux de participation.

Taux de participation électorale

Le taux de participation électorale est le rapport entre le nombre de votants et le nombre d'inscrits.

Si, sur 100 000 électeurs inscrits sur les listes électorales, 80 000 se déplacent réellement pour aller voter, le taux de participation est de 80 %.

À l'inverse de la participation, l'abstention désigne le fait pour un électeur inscrit de ne pas aller voter.

Abstention électorale

L'abstention électorale est le fait pour un individu d'être inscrit sur les listes électorales et de ne pas participer aux votes.

L'abstention est différente de la non-inscription sur les listes électorales. Les personnes qui ne votent pas sont dites abstentionnistes. L'abstention est mesurée par le taux d'abstention.

Taux d'abstention électorale

Le taux d'abstention électorale est le rapport entre le nombre d'abstentionnistes et le nombre d'inscrits. Il est complémentaire du taux de participation. 

Au second tour de l'élection présidentielle de 2017, 74,6 % des électeurs sont allés voter. Il y a eu 25,4 % d'abstention.

L'abstention électorale ne doit pas être confondue avec les votes blancs, qui sont des votes sans candidat, ou les votes nuls, qui correspondent à des bulletins raturés. Ceux-ci sont comptés dans la participation électorale. Ils expriment une insatisfaction vis-à-vis de l'offre électorale. On observe en France une hausse de cette forme de participation.

Au second tour des élections présidentielles de 2017, plus de 4 millions d'électeurs (sur 35,5 millions de votants) ont voté blanc ou nul, soit 12 % des votants.

C

L'essor de l'abstentionnisme

L'abstentionnisme est le comportement qui consiste à ne pas voter. Il correspond à un affaiblissement de la participation électorale, que l'on constate dans les sociétés occidentales depuis quelques décennies. L'abstention peut être systématique ou intermittente. 

Les enjeux de la participation électorale sont cruciaux pour le fonctionnement de la démocratie représentative dans la mesure où la légitimité du pouvoir institutionnel repose sur le système électoral et la participation des citoyens à ce système.

Or, on constate depuis plusieurs décennies un affaiblissement de la participation électorale des citoyens partout en Europe.

Il faut distinguer l'abstention systématique de l'abstention occasionnelle ou intermittente :

  • L'abstention systématique désigne le comportement d'électeurs inscrits sur les listes qui ne se déplacent jamais pour voter. Cela représente environ 10 à 12 % de l'abstention à chaque élection.
  • L'abstention intermittente désigne le comportement d'électeurs qui participent à certaines élections et pas à d'autres. Il s'agit de la majorité de l'abstention constatée aux diverses élections. 

 

Beaucoup de Français ont déjà été abstentionnistes : seuls 56 % des Français reconnaissent ne s'être jamais ou pratiquement jamais abstenus.

II

Les facteurs de l'abstentionnisme

De multiples raisons peuvent pousser les électeurs à ne pas aller voter. L'abstentionnisme repose à la fois sur des facteurs structurels, comme l'intégration sociale ou le sentiment de compétence politique, et des facteurs conjoncturels, comme la perception de l'enjeu d'une élection.

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Les facteurs structurels

L'abstentionnisme dépend fortement de variables sociales, comme le niveau de diplôme, l'âge ou le lieu de résidence. Les sociologues expliquent l'abstentionnisme par une moindre intégration sociale ainsi qu'un sentiment de compétence politique plus réduit. 

Des facteurs structurels, d'ordre social, peuvent expliquer l'abstentionnisme, notamment dans sa forme systématique : 

  • Le niveau de diplôme : La participation augmente avec le niveau de diplôme. 
  • L'âge : Les personnes âgées participent davantage que les jeunes. Le taux d'abstention est plus élevé chez les jeunes (qui ont souvent une moindre implication politique) et les personnes très âgées (qui se déplacent moins pour voter du fait d'une mobilité moindre).
  • L'emploi : Plus l'emploi est stable, plus la participation est élevée. En revanche, plus l'individu est concerné par la précarité ou le chômage, plus il s'abstient.
  • Le lieu de résidence : L'abstention est plus élevée dans les pôles urbains.
  • Le statut professionnel : L'abstention est moins élevée chez les salariés du secteur public.

 

De manière générale, le taux de participation est plus faible chez les précaires, les chômeurs et les jeunes peu ou pas qualifiés. Cela s'explique notamment par un faible sentiment de compétence politique et un faible degré d'intérêt pour la politique, des variables fortement corrélées à la position sociale et au niveau de diplôme.

Sentiment de compétence politique

Le sentiment de compétence politique est le sentiment de comprendre la vie politique de manière suffisante pour pouvoir donner légitimement son opinion politique.

L'abstentionnisme est souvent le fait d'individus socialement fragilisés. Un individu qui s'engage dans plusieurs organisations et qui se sent membre d'un ou plusieurs groupes sociaux a plus de chances de se déplacer pour voter qu'un individu qui se sent en marge de la société. Le niveau d'intégration sociale est donc un facteur-clé, c'est-à-dire la force du partage des valeurs d'un groupe social ou d'une société.

L'abstentionnisme est moins fort dans les zones rurales, probablement grâce à la proximité d'élus et d'un contrôle social plus serré dans de petites communautés où les gens se connaissent plus qu'en ville.

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Les facteurs conjoncturels

L'abstentionnisme s'explique aussi par des facteurs conjoncturels. C'est notamment le cas de l'abstention intermittente qui varie selon l'enjeu du scrutin. Selon le contexte et le type d'élection, les électeurs accordent plus ou moins d'importance au fait d'aller voter. 

Des facteurs conjoncturels peuvent expliquer l'abstentionnisme, en particulier dans sa forme intermittente. En effet, l'abstention intermittente touche tous les groupes sociaux et seul un tiers des électeurs vote à toutes les élections. L'abstention intermittente s'explique par des facteurs conjoncturels (c'est-à-dire des éléments liés aux circonstances particulières du vote) tels que :

  • La perception de l'enjeu du scrutin : La participation diffère entre les élections présidentielles, européennes et municipales, selon que les individus perçoivent un intérêt réel pour eux au fait d'aller voter.
  • La prédictibilité du résultat de l'élection : Les individus se mobilisent moins lorsque le résultat de l'élection leur semble déjà acquis et qu'ils pensent que leur vote n'y changera rien.
  • Des variables externes : La temporalité de l'élection, notamment, peut avoir une influence sur la participation électorale. Par exemple, les élections tenues en périodes de vacances scolaires ou lorsque la météo est ensoleillée connaissent une participation électorale souvent moindre.
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L'abstentionnisme politique

L'abstentionnisme ne s'explique pas uniquement par un déficit d'intégration sociale ou un désintérêt pour une élection. L'abstention peut aussi être une forme d'expression politique. L'abstentionnisme politique exprime l'insatisfaction ou le rejet de l'offre électorale, ou plus largement du système politique. 

Pour simplifier, on définit souvent deux types d'abstentionniste : 

  • L'abstentionniste passif, ou abstentionniste sociologique, qui est une personne qui ne vote pas du fait d'un manque d'intérêt, de compétence politique ou d'intégration sociale. 
  • L'abstentionniste actif, ou abstentionniste politique, qui refuse de voter comme une forme d'engagement politique. 

 

L'abstentionnisme politique peut exprimer un refus de choisir parmi l'offre politique proposée (les candidats) ou plus largement une protestation à l'encontre de la classe politique ou du système politique. 

Plusieurs éléments permettent de caractériser le profil des non-votants et de distinguer l'abstentionnisme actif de l'abstentionnisme passif. Les abstentionnistes « passifs » font le plus souvent partie des catégories populaires et sont peu diplômés. Au contraire, les abstentionnistes « actifs » sont généralement plus diplômés et intéressés par la politique et ont un sentiment de compétence politique plus élevé.

Cependant, les raisons de s'abstenir sont multiples et il est difficile de distinguer strictement deux types d'abstentionnisme. Les abstentionnistes « sociologiques » comme les abstentionnistes « politiques » expriment un désintérêt ou un rejet du système ou des candidats proposés, pour diverses raisons.

III

Les modèles explicatifs du vote et la volatilité électorale

Plusieurs approches sociologiques existent pour étudier le vote et ses principaux déterminants. Le vote résulte des appartenances sociales, du processus de socialisation, des choix individuels, et dépend aussi des enjeux mêmes de l'élection. Depuis les années 1980, les individus changent de plus en plus de comportement électoral : on parle de volatilité électorale.

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Les différents modèles explicatifs

Différents modèles tentent d'expliquer ce qui détermine le vote des individus. Voter est à la fois un acte collectif, car déterminé par des variables sociologiques et une identification partisane, et un acte individuel : une expression de préférence en fonction d'une offre électorale et d'un enjeu particulier.

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Les déterminants sociaux du vote

Le vote d'un individu est fortement déterminé par ses appartenances sociales. Les approches sociologiques traditionnelles (modèle de Columbia) mettent l'accent sur l'importance des « variables lourdes » comme la religion, la catégorie sociale ou le lieu de résidence. Une deuxième approche (paradigme de Michigan), légèrement différente, insiste sur le rôle de la socialisation et l'identification partisane des individus.

Le vote est un acte collectif car il reflète les appartenances sociales d'un individu, c'est-à-dire les groupes sociaux auxquels il appartient, en fonction de son âge, son genre, son niveau de diplôme, sa PCS, etc.

On constate que les variables sociales structurent les préférences partisanes (attachement à un parti) et le positionnement sur l'axe gauche-droite.

Les approches traditionnelles du vote insistent sur les variables sociales. C'est notamment le cas du modèle de Colombia, basé sur les travaux de Paul Lazarsfeld, qui énonce : « un individu pense politiquement comme il est socialement ».

Dans ce modèle des « variables lourdes », le vote résulte des caractéristiques sociodémographiques de l'individu comme la religion, la catégorie sociale, le genre, l'âge ou la génération. Ce modèle permet de décrire et d'expliquer les phénomènes de vote de groupes sociaux entiers.

Variables lourdes du comportement électoral

Les variables lourdes du comportement électoral sont des variables caractéristiques (âge, religion, statut social, genre) identifiées comme étant les plus prédictives du comportement électoral d'un individu.

On parle ainsi du vote « catholique », traditionnellement à droite, du vote « bourgeois » ou du vote « ouvrier ».

« Le clivage gauche/droite s'explique en France par des données liées aux milieux de vie, le milieu rural étant plus favorable à la droite chrétienne et bourgeoise, contrairement au milieu urbain plus laïc et socialiste : le granit vote à droite et le calcaire vote à gauche. »

André Siegfried

Tableau politique de la France de l'Ouest, © Armand Colin

1913

De plus, on constate que, encore plus que la position sociale objective des individus, c'est la manière dont ils se perçoivent qui détermine leur vote.

Aux États-Unis, le fait de se définir comme travailleur augmente la probabilité de voter démocrate. Inversement, le fait de se percevoir comme faisant partie du monde des affaires augmente la probabilité de voter républicain.

Un autre modèle explicatif, le paradigme de Michigan, sans remettre en cause l'importance des variables lourdes, insiste sur l'importance de la socialisation et de l'identification partisane. Les électeurs ont un attachement affectif durable à certaines formations politiques qui est le déterminant principal de leur vote. 

Les électeurs acquièrent cet attachement au travers de la socialisation politique et le maintiennent dans le temps. Ils se préoccupent plus de voter pour un parti que pour des propositions concrètes ou des idées.

Identification partisane (ou identification politique)

L'identification partisane est le processus par lequel un individu ou un groupe s'identifie à un parti politique et voit en lui nécessairement le meilleur défenseur de ses idées politiques ou sociales.

En France, cette théorie fonctionne moins pour l'identification à un parti, mais peut s'appliquer au positionnement sur un axe droite-gauche. On constate ainsi que la socialisation détermine des valeurs, comme une préférence pour la gauche ou la droite, ou une attirance pour un parti en particulier. 

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L'approche individualiste

Le vote est un acte individuel : les votants, dans la solitude symbolique de l'isoloir, formulent un choix en fonction de leurs préférences. Le modèle explicatif du vote sur enjeux conçoit ainsi le vote comme un choix réalisé dans un contexte particulier, en fonction de l'offre électorale (programmes et candidats). Dans cette approche, le vote est avant tout déterminé par les caractéristiques de chaque élection.

Dans ce modèle explicatif, le choix d'un électeur est avant tout lié aux enjeux des élections. Il s'agit d'un choix réalisé dans un contexte particulier : contexte économique, social, national, international, etc. Ce choix est fait en fonction de la position des candidats sur un certain nombre de questions et non pas en fonction de leur étiquette politique. Cette théorie du vote s'oppose aux explications du vote par des variables lourdes déterminantes ou par l'identification partisane, selon lesquelles les électeurs auraient tendance à toujours voter de la même façon, indépendamment des enjeux du moment.

Vote sur enjeux

Le vote sur enjeux est un processus par lequel un individu ou un groupe procède à ses choix électoraux en fonction des positions adoptées par les candidats sur les questions politiques.

Le vote des individus est ainsi une réponse à un contexte particulier et à une offre électorale particulière. Chaque élection est différente : le déroulement de la campagne, les enjeux principaux qui se dégagent d'un scrutin, les positions particulières des candidats vont avoir une influence sur le vote.

De manière générale, le vote présente à la fois des dimensions individuelles et collectives. L'explication du vote ne peut pas être réduite à une seule dimension.

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La volatilité électorale

Depuis les années 1980, on constate une plus grande instabilité du vote. Ce phénomène de volatilité électorale prend la forme d'une alternance entre les partis pour qui un électeur vote, mais aussi entre le vote et l'abstention (vote intermittent). On explique ces changements par un déclin du poids des variables sociales dans le vote, ainsi qu'une moindre identification politique des électeurs.

La volatilité électorale désigne le changement de comportement électoral entre deux élections. D'abord, une proportion de plus en plus élevée d'électeurs ne vote pas systématiquement : c'est le vote intermittent (ou l'abstentionnisme intermittent). Les électeurs votent aussi pour différents partis ou candidats d'une élection à l'autre. Cependant, ils votent souvent pour des candidats du même camp politique (droite ou gauche). La part des électeurs volatiles semble augmenter depuis les années 1980.

La volatilité électorale peut s'expliquer par une importance réduite du poids des variables lourdes dans le vote des individus. Ce changement peut être attribué aux transformations structurelles de la société : augmentation du niveau de diplôme, désindustrialisation et disparition de l'identité ouvrière, crise de représentation des partis politiques, etc. L'identité des individus est complexe : les individus ont des appartenances multiples, qui peuvent se contredire entre elles.

La hausse de la volatilité reflète aussi une moindre identification politique des électeurs, c'est-à-dire que les électeurs sont moins nombreux à se considérer comme appartenant à une tendance politique ou à un parti. Moins déterminés par leur identification partisane, les électeurs se tourneraient alors vers un vote sur enjeux, et feraient un choix en fonction de variables contextuelles (type d'élection, offre électorale, etc.).

On assiste ainsi à une évolution du comportement des électeurs, qui sont de plus en plus mobiles. On mesure cette mobilité par un indice de volatilité électorale.

Indice de volatilité électorale

L'indice de volatilité électorale permet de saisir les modifications de comportements entre deux votes. Il mesure les variations nettes (absolues) du nombre d'électeurs pour l'ensemble des partis entre deux consultations : 

\text{Indice de volatilité électorale} = \frac{\text{Somme des variations dans les résultats des partis entre deux élections}}{2}

L'indice de volatilité électorale varie entre 0 (volatilité nulle, personne n'a changé de comportement électoral) et 100 (changement extrême de clivage partisan entre les deux élections : tous les électeurs ayant voté pour un parti à la première élection ont voté pour l'autre à la deuxième et vice-versa).

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