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Le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale Cours

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne se retirent du Proche et Moyen-Orient qui entrent dans la logique de la guerre froide. Les pays arabes, dont les ressources en hydrocarbures attisent les convoitises, se rapprochent soit de l'URSS, soit des États-Unis.

Dès la création d'Israël en 1948, les pays arabes entrent en guerre contre ce nouvel État, et l'exil des populations arabes marque le début de la question palestinienne. Plusieurs conflits sont remportés par Israël et, dans les années 1970, la paix entre Israël et l'Égypte divise le monde arabe. La question palestinienne prend de l'importance avec l'arrivée de Yasser Arafat à la tête de l'OLP. Exclue de Jordanie, l'OLP se réfugie au Liban. Les attaques menées par l'organisation palestinienne depuis le Liban provoquent l'intervention d'Israël dans ce pays. Il faut attendre les accords d'Oslo en 1993 pour voir s'amorcer le début du processus de paix entre Palestiniens et Israéliens. Cependant, l'action des extrémistes des deux bords empêche la réalisation de ce processus de paix qui reste bloqué.

La montée de l'islamisme radical constitue le principal facteur de déstabilisation de la région après la guerre froide. Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis, dans le cadre d'une coalition de l'ONU, interviennent en Afghanistan puis de manière unilatérale en Irak en 2003.

Fragilisés par les printemps arabes, par l'intervention américaine et par les groupes islamistes radicaux, plusieurs pays sombrent dans le chaos (Irak, Syrie, Libye, Afghanistan). Les islamistes modérés, installés après les révolutions, cèdent la place aux militaires en Égypte et à une coalition de centre gauche en Tunisie.

I

Proche et Moyen-Orient de 1945 à 1991

Proche-Orient

Le Proche-Orient désigne traditionnellement les régions de l'est du Bassin méditerranéen, de la Turquie à l'Égypte (l'ancien "Levant").

Moyen-Orient

Le Moyen-Orient se définit comme l'ensemble des pays de l'Asie de l'Ouest et du Sud-Ouest, de la Turquie à l'Iran, voire l'Afghanistan, et du sud du Caucase à la péninsule Arabique, ensemble qui comprend en outre l'Égypte.

A

Moyen et Proche-Orient, un enjeu de la guerre froide

1

Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le contrôle du Proche-Orient est un enjeu considérable.

En effet, il permet aux grandes puissances des approvisionnements en pétrole et constitue un axe de circulation privilégié avec le canal de Suez.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mandats européens dans la région se terminent. Le Liban devient indépendant en 1943 et la Syrie en 1946.

En 1945, les États-Unis, première puissance mondiale, concluent un pacte avec l'Arabie saoudite qui leur donne accès au pétrole en échange d'une protection militaire.

L'ampleur des massacres contre les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale amplifie les revendications d'un État juif. La situation est très tendue. Les Britanniques ne sont plus en mesure de garantir la paix dans la région car des milices juives s'opposent à leur autorité et matent les révoltes arabes. Les Britanniques quittent la région en 1947. L'ONU propose un plan de partage entre Palestiniens et Israéliens. Les Juifs acceptent le plan tandis que les Arabes le refusent.
L'État d'Israël est proclamé par David Ben Gourion le 14 mai 1948 et provoque la première guerre entre Israël et ses voisins arabes.

2

Les facteurs de tension du Proche et Moyen-Orient

En 1945, de nombreux enjeux économiques, politiques et culturels font du Proche et du Moyen-Orient une région stratégique à l'échelle mondiale.

  • La zone est une importante réserve d'hydrocarbures, de pétrole et de gaz, dont l'exploitation est nécessaire pour les économies industrialisées.
  • C'est un carrefour de circulation essentiel entre l'Asie et l'Europe.
  • C'est enfin le berceau des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam) abritant les lieux saints.

Le cas des lieux saints est emblématique des tensions de la région.

  • Les Juifs considèrent la terre d'Israël comme la "Terre promise" par Dieu à Abraham au "peuple élu" en échange du respect de la loi de Dieu. Les premiers royaumes hébreux sont nés dans cette région et à Jérusalem se trouve le Mur des lamentations, le lieu le plus saint pour les Juifs, qui est une partie du temple détruit par les Romains.
  • Pour les chrétiens, la Palestine est l'endroit où a vécu le Christ et où il a fait ses miracles. Son tombeau serait à Jérusalem, ville dans laquelle il a été crucifié, ressuscité et d'où il serait monté au paradis.
  • Enfin, les musulmans ont leurs deux principaux lieux saints en Arabie : La Mecque et Médine. Ce sont les villes où est né l'islam avec Mohammed et à partir d'où la religion musulmane s'est développée. Jérusalem est aussi importante, c'est le troisième lieu saint pour les musulmans. À l'endroit qui abrite actuellement le dôme du Rocher, Mohammed aurait effectué un voyage nocturne et, de cet endroit, il serait monté au paradis.

De nombreux peuples et des religions différentes cohabitent dans cet espace. Les frontières tracées par les Britanniques et les Français ont été et sont toujours contestées par les populations locales.

Les États sont jeunes. Ils n'ont pas connu de transition démocratique et les gouvernements sont instables et fragiles.

De plus, plusieurs idéologies politiques s'exprimant dans la région entrent parfois en contradiction. Le panarabisme veut créer l'unité du monde arabe dans un grand État. En 1945, la Ligue arabe est créée. L'islamisme veut la mise en place d'un État appliquant la loi musulmane. Le sionisme veut la création d'un État juif en Palestine.

Socialement, la zone est très hétérogène. Au début des années 1950, les inégalités de richesse sont importantes.

En 1953, le revenu annuel par habitant en Irak et en Égypte est respectivement de 85 et 115 dollars alors qu'il est de 389 et 539 dollars pour le Liban et Israël.

Enfin, certaines ressources naturelles, comme l'eau, font défaut dans plusieurs régions. La forte croissance démographique à partir des années 1950 amplifie la pression sur les ressources naturelles et peut devenir une source de tensions.

3

Le Proche et le Moyen-Orient entrent dans la guerre froide

Dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS et les États-Unis, engagés dans la guerre froide, sont rivaux au Proche et au Moyen-Orient.

Les troupes soviétiques, présentes en Iran pendant la guerre, stationnent dans le pays. Sous la pression des États-Unis, Staline évacue l'Armée rouge en 1946. Le soutien des Soviétiques aux milices communistes en Grèce et en Turquie conduit Truman à définir la politique de l'endiguement, qui consiste à empêcher la propagation du communisme.

Les pays du Proche et Moyen-Orient rentrent dans la logique de la guerre froide et intègrent les blocs. Certains pays rejoignent le bloc occidental :

  • L'Arabie saoudite reste un allié des États-Unis.
  • La Turquie et l'Iran reçoivent des aides financières des États-Unis. La Turquie intègre d'ailleurs l'OTAN en 1952.
  • Le pacte de Bagdad en 1955 permet une alliance entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Pakistan, l'Iran et la Turquie.

L'URSS s'appuie sur le nationalisme arabe pour s'installer dans la région. Elle devient un soutien de Nasser qui prend le pouvoir en Égypte en 1952 et incarne ce nationalisme. Elle dénonce l'État d'Israël et défend la cause des Arabes palestiniens.

Les Britanniques ont concédé l'indépendance de l'Égypte contre le maintien de leurs intérêts sur le canal de Suez. En 1956, Nasser, président de l'Égypte, proche de l'URSS et ardent défenseur du nationalisme arabe, décide de nationaliser le canal de Suez. Une coalition entre les Britanniques, les Français et les Israéliens attaque l'Égypte. L'armée égyptienne subit des défaites et doit se replier. L'URSS menace alors la coalition d'une riposte nucléaire. Pour calmer la situation, les États-Unis exigent le retrait des forces occidentales. Nasser remporte une éclatante victoire qui marque le recul définitif des Européens dans la région. Suite à ce conflit, Israël est définitivement considéré comme un État pro-occidental.

Dans les années 1970, la Syrie, l'Irak et le Yémen se rapprochent de l'URSS. Avec la révolution islamique de 1979, l'Iran quitte le bloc occidental. Dans les années 1980, l'Irak et l'Égypte rejoignent finalement le bloc de l'Ouest.

B

Les guerres israélo-arabes et le conflit israélo-palestinien

1

Les guerres israélo-arabes

Le lendemain de la création d'Israël, le 14 mai 1948, les États arabes voisins attaquent le pays et déclenchent la première guerre israélo-arabe.

En effet, le 15 mai 1948, l'Égypte, la Jordanie, l'Irak, la Syrie et le Liban attaquent Israël. À la surprise générale, Israël sort vainqueur du conflit et augmente son territoire au détriment des zones peuplées par les Arabes. 700 000 Arabes de Palestine s'enfuient ou sont expulsés ils se réfugient dans les pays arabes voisins où ils sont parqués dans des camps. Cette fuite est appelée la Naqba ("catastrophe" en arabe) et constitue le point de départ de ce que l'on appelle la "question palestinienne".

L'affrontement israélo-arabe rentre dans la logique de la guerre froide. En effet, Israël devient allié avec les États-Unis, tandis que les pays arabes sont soutenus par l'URSS.

En 1967 commence la guerre des Six-Jours. Après des mois d'incidents frontaliers avec les pays arabes, les Israéliens déclenchent une "guerre préventive" contre l'Égypte, la Syrie et la Jordanie. En six jours, ils conquièrent le Sinaï, la Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza et le Golan. C'est une victoire pour Israël.

L'alliance forte entre les États-Unis et Israël est scellée durant cette période. Toutefois, la résolution 242 de l'ONU exige la restitution des territoires occupés par l'État hébreu et la reconnaissance, par les États arabes, d'Israël.

Anouar el-Sadate arrive au pouvoir en 1970 après la mort de Nasser. Il poursuit un temps la politique contre Israël. Il est d'ailleurs à l'origine de la guerre du Kippour en 1973. En attaquant le jour de la fête du Kippour, il mise sur l'effet de surprise, mais Israël réussit à contrer cette attaque.

Cette guerre a des conséquences internationales. Soviétiques et Américains aident les belligérants. En 1973, les pays arabes, réunis au sein de l'OPEP, décident de mettre en place des restrictions dans l'approvisionnement du pétrole pour les pays qui soutiennent Israël et provoquent le premier choc pétrolier.

Sadate change ensuite de politique. Il entreprend un rapprochement entre l'Égypte et Israël. En 1979, la paix est signée entre Israéliens et Égyptiens dans le cadre des accords de Camp David (1978). L'Égypte reconnaît Israël et récupère le Sinaï. Cette paix provoque des divisions au sein du monde arabe. L'Égypte est exclue de la Ligue arabe et Sadate est assassiné par les islamistes.

2

La question palestinienne

Depuis la guerre des Six-Jours en 1967, Israël domine la Cisjordanie (dont Jérusalem) et Gaza, territoire qui abrite 1 million et demi d'Arabes palestiniens.

Suite à la guerre, le mouvement national palestinien se radicalise. Yasser Arafat, chef du Fatah, prend la tête de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine). Il profite de l'échec des pays arabes durant la guerre des Six-Jours pour affranchir l'OLP de la tutelle de ces États.

L'OLP lance des actions armées contre Israël. Toutefois, le mouvement étant basé en Jordanie, qui souhaite normaliser ses liens avec l'État hébreux, l'OLP est expulsé en septembre 1970 (appelé le "septembre noir"). L'organisation se réfugie alors dans le sud du Liban et se radicalise. Les Palestiniens organisent des détournements d'avion et des attentats, dont celui des Jeux olympiques de Munich en 1972 contre les athlètes israéliens.

Le conflit israélo-palestinien s'exporte au Liban. L'OLP, soutenue par Moscou, s'allie aux partis progressistes libanais. En 1982, Israël lance une opération militaire au Liban nommée "Paix en Galilée" pour mettre un terme aux opérations de l'OLP. Il occupe alors l'Ouest de Beyrouth. Les milices chrétiennes libanaises organisent les massacres dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila avec le consentement de l'armée israélienne. L'OLP quitte le pays et se réfugie à Tunis. Trois ans plus tard, Israël quitte le Liban.

Au début des années 1980, la création du Hezbollah, mouvement armé chiite qui a le soutien de la Syrie et de l'Iran, reprend la lutte contre Israël. Il devient aussi un important facteur de tensions pour le Liban.

La situation sociale est très précaire dans les territoires palestiniens occupés par Israël en Cisjordanie et la première Intifada éclate en 1987 à Gaza. Il s'agit d'un soulèvement de la population palestinienne contre l'occupation israélienne. Le Hamas, mouvement palestinien islamiste radical, est créé en 1987.

C

La multiplication des conflits

Les conflits se multiplient au Proche et au Moyen-Orient.

Une guerre éclate entre l'Iran et l'Irak de 1980 à 1988. En effet, en 1979, Saddam Hussein accède au pouvoir en Irak en s'appuyant sur les sunnites du pays. La même année, l'ayatollah Khomeini prend le pouvoir en Iran et crée une république islamique chiite. Les causes religieuses (chiites contre sunnites), ethniques (Arabes contre Perses) et géopolitiques (ancien conflit frontalier entre Irak et Iran) conduisent Saddam Hussein à lancer ses troupes contre l'Iran.

Malgré des victoires initiales, il s'avère que Saddam Hussein a sous-estimé son adversaire. L'intense propagande du régime iranien amène à un enrôlement massif des soldats. La guerre dure huit ans, fait un million de morts et ne permet aucune victoire décisive.

Une autre guerre liée à la guerre froide éclate, celle d'Afghanistan, qui dure de 1979 à 1989. Elle commence avec l'intervention de l'URSS qui cherche à secourir le gouvernement socialiste menacé par les milices tribales. Les troupes de l'Armée rouge enregistrent quelques victoires mais le combat se prolonge contre les milices qui sont armées par les États-Unis. L'URSS se retire en 1989, la guerre est terminée mais le pays est complètement divisé.

II

Proche et Moyen-Orient depuis 1991

A

Proche et Moyen-Orient au lendemain de la guerre froide

1

De nombreux facteurs de déstabilisation

Le Proche et le Moyen-Orient restent une zone comprenant de nombreux facteurs de tensions dont les enjeux sont internationaux.

Certains de ces facteurs sont très anciens :

  • La région possède 50 % des réserves mondiales de pétrole connues, ce qui attire les convoitises.
  • L'eau est assez rare dans le secteur. Depuis les années 1970, les tensions sont très vives entre la Turquie, l'Irak et la Syrie suite à la construction de barrages sur les fleuves. Le problème du partage des eaux est aussi déterminant dans le conflit israélo-palestinien car Israël contrôle de nombreuses nappes phréatiques.
  • La présence de minorités, enfin, est instrumentalisée. Saddam Hussein s'appuie sur les sunnites et les chrétiens et réprime les chiites et les Kurdes. Les Kurdes subissent une oppression en Turquie et en Syrie. Le régime d'Assad s'appuie sur les alaouites et les chrétiens.

À ces anciens facteurs s'ajoutent de nouveaux éléments qui contribuent à la déstabilisation de la région. Le plus important de ces facteurs est le développement de l'islamisme radical :

  • L'Iran impose à la société iranienne un islamisme chiite fondamentaliste.
  • Le Hamas a augmenté son influence en Palestine.
  • Le Hezbollah est bien implanté au Liban.
  • En Afghanistan, à la suite d'une guerre contre le gouvernement de 1992 à 1996, les talibans sont à la tête de l'État. Le mouvement Al-Qaïda y est installé, dirigé par Oussama ben Laden qui entreprend des opérations terroristes à partir de 1993.
2

La guerre du Golfe

Après l'échec de Saddam Hussein contre l'Iran, l'Irak est très endetté, notamment auprès des monarchies pétrolières de la péninsule Arabique. La guerre du Golfe démarre dans ce contexte.

En effet, n'obtenant pas l'annulation des dettes, Saddam Hussein cherche des ressources financières et envahit le Koweït en août 1990. Il veut s'accaparer les réserves pétrolières du pays qui représentent 20 % des réserves mondiales.

Hussein instrumentalise la question palestinienne. Il refuse de quitter le Koweït si Israël ne quitte pas les territoires qu'il occupe en Palestine. Une coalition, sous mandat de l'ONU, intervient et libère le Koweït en février 1991.

Saddam Hussein entreprend alors une féroce répression contre les populations kurdes et chiites en Irak. Il utilise des armes non conventionnelles comme des gaz chimiques.

La guerre du Golfe est marquée par la non-intervention de l'URSS qui est en proie à une grave crise interne. George Bush parle de ce conflit comme symbolique du "nouvel ordre international" qui s'installe au lendemain de la guerre froide, un ordre basé sur le multilatéralisme.

B

Le conflit israélo-palestinien

À la fin de la guerre froide, au cœur du conflit israélo-palestinien, l'OLP ne peut plus compter sur le soutien de l'URSS.

Yasser Arafat doit trouver une issue au conflit et les États-Unis veulent favoriser un retour à la paix dans la région entre les Israéliens, les Palestiniens et les pays arabes.

Cela aboutit à la signature des accords d'Oslo en 1993 entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin. Ces accords permettent la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP, et la création d'une autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza. En 1994, un traité de paix est enfin signé entre la Jordanie et Israël.

Mais les extrémistes des deux bords empêchent la poursuite du processus de paix :

  • Les colons juifs refusent d'évacuer les colonies.
  • Les attentats-suicides menés par le Hamas et le djihad islamique se poursuivent.
  • Yitzhak Rabin est assassiné en 1995 par un extrémiste israélien.

La situation s'aggrave en 2000. Ariel Sharon, Premier ministre israélien opposé aux accords d'Oslo, se rend sur l'esplanade des Mosquées (le troisième lieu saint de l'islam), ce qui provoque le début de la deuxième Intifada.

En 2005, la bande de Gaza est évacuée par les Israéliens. Le Hamas et le Hezbollah multiplient les attaques contre Israël et le Hamas prend le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007. Le Fatah, dirigé par Mahmoud Abbas, doit alors affronter cette nouvelle autorité palestinienne concurrente à Gaza.

Israël entreprend des actions militaires au Liban en 2006 et à Gaza : l'opération "Plomb durci" de 2009 et l'opération de 2014. Un mur de séparation entre l'État hébreu et la Cisjordanie est construit.

Le processus de paix piétine. Israël conditionne la reprise des discussions à la fin des attaques sur son territoire. Le Hamas veut, préalablement aux négociations, une levée du blocus qui asphyxie Gaza. Certains problèmes sont difficiles à régler, comme le statut de Jérusalem, l'occupation des colonies et la question des réfugiés.

C

Le Proche et le Moyen-Orient depuis 2001

1

Les attentats du 11 septembre 2001 et leurs conséquences

L'islamisme radical constitue l'un des premiers facteurs de désordre.

Le réseau international Al-Qaïda, qui pratique une série d'attentats depuis 1993, organise les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Les villes de New York et de Washington sont touchées. George W. Bush, président des États-Unis à l'époque, décide de mener une guerre contre ce qu'il appelle l"axe du mal".

  • En 2001, une coalition internationale, sous mandat de l'ONU, attaque le régime des talibans en Afghanistan qui héberge Al-Qaïda.
  • En 2003, les États-Unis entrent en guerre contre l'Irak de Saddam Hussein, suspectée de détenir et de fabriquer des armes de destruction massive. Les États-Unis n'obtiennent pas le soutien de l'ONU face à l'opposition de plusieurs pays, dont la France.

L'intervention en Irak permet la chute de Saddam Hussein mais voit l'émergence d'un mouvement international de protestation contre la politique unilatérale des États-Unis.

2

Le printemps arabe

En 2010, un mouvement de colère monte en Tunisie et aboutit à la "révolution du Jasmin" qui renverse le dictateur Ben Ali.

En effet, la précarité sociale qui touche de larges couches de la population et le mécontentement envers le pouvoir despotique permettent ce "printemps arabe" qui va toucher plusieurs pays :

  • En Égypte, Hosni Moubarak est chassé du pouvoir.
  • Au Yémen, Ali Abdallah Saleh s'enfuit en Arabie saoudite.
  • Une coalition franco-britannique soutient les rebelles libyens et détruit le régime de Kadhafi.
  • Des troubles ont lieu au Maroc et au Bahreïn.
  • La Syrie entre dans une guerre civile.
3

Une région déstabilisée par la montée de l'islamisme

Les islamistes modérés remportent plusieurs victoires suite à la déstabilisation de la région.

Ainsi, en Turquie, l'AKP d'Erdogan dirige le pays depuis 2002 et remet en cause de nombreuses libertés fondamentales, violant les Droits de l'Homme. En Tunisie et en Égypte, les islamistes sont élus au pouvoir au lendemain des révolutions.

Ailleurs, ce sont les islamistes radicaux qui gagnent du terrain. En Afghanistan, où les troupes américaines sont toujours présentes, les talibans contrôlent encore de nombreuses régions. À cheval sur la Syrie et l'Irak, un État se revendiquant de l'islam fondamentaliste s'est créé. Il s'agit de Daech, qui mène une intense propagande pour le recrutement de djihadistes. Enfin, la Libye est en proie à une guerre civile dans laquelle les groupes islamistes sont des acteurs fondamentaux.

En 2014, les gouvernements islamistes élus en Égypte et en Tunisie sont remplacés par des gouvernements laïques :

  • En Égypte, l'armée, derrière le général Fattah el-Sissi, reprend le pouvoir et mène une intense répression contre les islamistes.
  • En Tunisie, la coalition laïque de centre-gauche dirigée par Beji Caïd Essebsi, est élue en décembre. Le président sortant qui a gouverné avec les islamistes perd les élections.

À l'inverse, en Turquie, malgré un important mouvement protestataire en 2013, le gouvernement d'Erdogan enregistre des succès électoraux et restreint de plus en plus les libertés.