Hormones et procréation humaineCours

I

Les étapes-clés de la procréation humaine

Les trois étapes-clés menant à une grossesse

Les trois étapes-clés menant à une grossesse

  • Étape 1 : la production continue des spermatozoïdes assurée dans les gonades/glandes sexuelles de l'homme. Sous le contrôle d'hormones.
  • Étape 1' : la production cyclique des ovocytes assurée dans les gonades/glandes sexuelles de la femme. Sous le contrôle d'hormones.
  • Étape 2 : la rencontre des gamètes. Elle suppose que les spermatozoïdes aient pu parvenir jusqu'à l'ovocyte. Cette étape se fait également sous le contrôle d'hormones.
  • Étape 3 : l'implantation de l'embryon dans l'endomètre (paroi interne de l'utérus). Cet endomètre est renouvelé de manière cyclique (son élimination, tous les 28 jours en moyenne, correspond à l'apparition des règles). Le développement et l'élimination de l'endomètre répondent eux aussi à un contrôle hormonal.

 

Si l'un de ces trois points essentiels ne peut pas se produire, il n'y aura pas de grossesse.

II

Le contrôle neuro-hormonal de la fonction de reproduction

A

Les hormones et les neuro-hormones hypothalamo-hypophysaires

L'ensemble des mécanismes liés à la reproduction est sous le contrôle d'hormones. La régulation du fonctionnement des organes impliqués dans la fonction de reproduction est assurée par un ensemble associant communications nerveuse et hormonale.

Dans le complexe hypothalamo-hypophysaire, deux structures produisent des hormones :

  • L'hypothalamus produit une neurohormone, la GnRH.
  • L'hypophyse, sous la stimulation de la GnRH, produit la LH (hormone lutéinisante, qui déclenche l'ovulation) et la FSH (hormone stimulant la croissance et la maturation du follicule).

 

Dans les organes sexuels (ou gonades), ces hormones jouent un rôle important :

  • Chez la femme, dans les ovaires, la FSH et la LH permettent la production des hormones ovariennes, l'estrogène et la progestérone. La FSH stimule la croissance des follicules et la sécrétion d'estrogènes, et la LH stimule l'ovulation et la sécrétion de progestérone.
  • Chez les hommes, dans les testicules, la FSH stimule la production des spermatozoïdes dans les tubes séminifères ; la LH stimule la sécrétion de la testostérone par les cellules interstitielles.
L'axe gonadotrope

L'axe gonadotrope

B

Le mode d'action des hormones

Les hormones constituent un moyen de communication entre organes au sein de l'organisme. Une hormone est un messager chimique, sécrété par une glande endocrine, qui agit par voie sanguine sur des organes-cibles spécifiques dont elle modifie l'activité.

La spécificité de l'action d'une hormone (pourquoi une hormone agit sur un organe et pas sur un autre) est déterminée par la présence de récepteurs spécifiques sur les organes-cibles sur lesquels l'hormone peut se fixer.

Si l'hormone ne peut pas se fixer sur son récepteur, elle ne peut pas agir. Inversement, si une substance analogue à l'hormone peut se fixer sur le récepteur :

  • soit elle entraîne une réponse de l'organe-cible ;
  • soit elle bloque l'effet de l'hormone elle-même.
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III

La contraception et la contragestion

Contrôler la procréation consiste à perturber ou à favoriser les trois étapes-clés de la fécondation : la production de gamètes, la fécondation et l'implantation.

La connaissance de plus en plus fine des mécanismes régulateurs intervenant dans la fonction de reproduction, ainsi que des molécules participant à ces régulations, les hormones et les neurohormones, a permis d'élaborer des molécules de synthèse : les molécules exogènes.

Molécules exogènes

Les molécules exogènes sont des molécules de synthèse qui ne proviennent pas de l'organisme. Elles peuvent leurrer le système régulateur.

Le perfectionnement de ces méthodes permet d'empêcher une grossesse (contraception) ou de de mettre fin à une grossesse (contragestion).

A

Les méthodes contraceptives

Les moyens de contraception permettent d'avoir des rapports sexuels en contrôlant la fécondité. Ils sont de plusieurs types.

Contraception

La contraception consiste à empêcher la fécondation.

Si le processus de contraception est irréversible, on parle de stérilisation.

1

La contraception hormonale

Les contraceptifs hormonaux libèrent des estrogènes et/ou de la progestérone en dose constante pour bloquer l'ovulation en perturbant la sécrétion des hormones hypophysaires LH et FSH (notamment la LH qui déclenche cette ovulation).

Les méthodes suivantes sont des contraceptifs hormonaux.

La pilule contraceptive :

  • est une contraception orale ;
  • se prend à raison d'un cachet par jour sur trois semaines avec interruption d'une semaine, ou de quatre semaines sans interruption.

 

L'anneau vaginal :

  • est un anneau placé au fond du vagin qui libère des estrogènes et de la progestérone ;
  • reste placé trois semaines puis est retiré pour laisser une semaine de règles.

 

Le patch contraceptif :

  • libère des estrogènes et de la progestérone ;
  • doit être porté pendant trois semaines (un patch par semaine) suivi d'une semaine d'interruption.

 

L'implant :

  • est placé sous la peau du bras et libère de la progestérone ;
  • fonctionne pendant trois ans.

 

La contraception hormonale masculine :

  • bloque la production des spermatozoïdes sans perturber les caractères sexuels secondaires, grâce à des molécules de synthèse perturbant la sécrétion et/ou l'action des hormones hypophysaires.

La contraception hormonale masculine est encore très peu utilisée en France.

2

Les autres modes de contraception

  • Le DIU (ou dispositif intra-utérin), anciennement appelé stérilet, peut être au cuivre ou hormonal. Il est placé dans l'utérus par un professionnel (gynécologue, sage-femme) pour une durée de quatre à dix ans.
  • Le diaphragme empêche le passage des spermatozoïdes. Réutilisable, il est à poser soi-même et doit être porté pendant huit heures après le rapport (il est souvent utilisé en association avec un spermicide).
  • Le préservatif, en latex ou en polyuréthane, retient le sperme. Il protège également des IST (infections sexuellement transmissibles). Il est à usage unique et peut être masculin ou féminin.

Le préservatif est la seule contraception qui protège des IST.

IST

Une IST est une infection sexuellement transmissible, ce qui signifie qu'elle se transmet par les contacts sexuels.

Certaines d'entre elles peuvent être dangereuses, comme l'infection à VIH, et n'ont parfois pas encore de traitement curatif. Le seul moyen actuel de s'en prémunir est le préservatif.

Les infections à HSV (herpès), ou à VIH qui peut se développer en sida (syndrome d'immunodéficience acquise), la syphilis et les infections à Chlamydiae sont des IST.

B

Les méthodes contragestives

Contragestion

La contragestion consiste à empêcher la gestation de l'œuf fécondé.

Les deux méthodes les plus courantes de contragestion sont la pilule abortive et l'avortement chirurgical.

La contraception d'urgence (ou pilule du lendemain) est un moyen de contragestion :

  • Elle est à prendre rapidement suite à un rapport non protégé pour prévenir d'une possible fécondation ;
  • Elle bloque l'ovulation (et n'est donc efficace que si cette dernière n'a pas encore eu lieu) en perturbant les sécrétions hypophysaires par une forte dose hormonale. Elle empêche ainsi la nidation ;
  • Elle est à prendre 72 heures au maximum après le rapport non protégé, au mieux dans les 24 heures pour une efficacité optimale.

L'avortement chirurgical est utilisé lorsque la pilule du lendemain ne peut plus être prescrite car le délai est passé.

IV

La procréation médicalement assistée

A

Les causes de l'infertilité

Infertilité

L'infertilité est l'impossibilité biologique d'avoir des enfants.

La principale cause d'infertilité chez l'homme et chez la femme a deux causes possibles :

  • soit il s'agit d'un dysfonctionnement dans la production d'hormones du complexe hypothalamo-hypophysaire (GnRH, LH, FSH), ce qui dérègle les productions de gamètes par les testicules ou les ovaires ;
  • soit il s'agit d'un dysfonctionnement des gonades : défaut d'estrogènes chez la femme ou de testostérone chez l'homme.

 

Ces problèmes hormonaux peuvent être d'origine génétique ou environnementale.

L'infertilité peut être causée :

  • par une obstruction des trompes utérines (chez la femme), consécutive à une infection ;
  • par une tératospermie (chez l'homme), c'est-à-dire par la production d'un très grand nombre de spermatozoïdes anormaux ;
  • par une oligospermie (chez l'homme), c'est-à-dire par la production en trop faible quantité de spermatozoïdes.

 

Divers examens (spermogramme, échographie, dosages sanguins, etc.) permettent d'identifier la cause de l'infertilité et d'y apporter des remèdes. Il s'agit alors de procréation médicalement assistée (PMA) (ou aide médicale à la procréation, AMP).

B

Les traitements contre l'infertilité

1

L'insémination artificielle

L'insémination artificielle se déroule en plusieurs étapes :

  • La femme suit un traitement hormonal visant à atteindre la production d'un ou plusieurs follicules ovariens.
  • La maturation des follicules est suivie à l'aide d'échographies et de prises de sang.
  • Lorsque le ou les follicule(s) sont arrivés à maturité, le sperme préalablement récolté et trié de l'homme est injecté par voie utérine.

 

Plusieurs inséminations artificielles sont parfois nécessaires avant l'obtention d'une grossesse.

2

La FIVETE et l'ICSI

FIVETE

FIVETE signifie « Fécondation in vitro avec transfert embryonnaire », c'est-à-dire une fécondation « en dehors de l'organisme ».

Cette technique est utilisée quand l'insémination artificielle n'a pas fonctionné, ou que l'un des deux membres du couple est stérile. Elle consiste à récupérer plusieurs ovocytes chez la femme après un traitement hormonal.

Les ovocytes sont mis en culture avec les spermatozoïdes récoltés chez le conjoint. Quand la fécondation a eu lieu sur plusieurs des ovocytes, ceux-ci sont réinjectés dans l'utérus de la femme. Un ou plusieurs peuvent s'implanter et permettre ainsi à la femme de mener une grossesse.

Quand la fécondation ne peut pas se produire lors de la mise en culture des gamètes, par exemple si le sperme ne contient pas de spermatozoïdes, une FIVETE avec ICSI, injection intra-cytoplasmique d'un spermatozoïde dans l'ovule, est possible.

Les spermatozoïdes peuvent être récoltés dans les testicules par voie chirurgicale, pour qu'ensuite l'un d'eux soit injecté directement dans l'ovule prélevé chez la femme. On met ensuite en culture les différentes cellules-œufs potentielles pour les réinjecter 2 à 3 jours plus tard dans l'utérus.

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