Analyser l'utilisation des connecteurs dans un texte argumentatif Exercice fondamental

Parmi les listes suivantes, laquelle regroupe des connecteurs argumentatifs qui permettent d'ordonner les idées ?

Classe les connecteurs argumentatifs selon le lien logique qu'ils établissent dans un texte.

Par exemple

Aussi

À savoir

Notamment

De plus

De même

Également

En effet

Les connecteurs argumentatifs pour expliquer une idée

Les connecteurs argumentatifs pour ajouter des idées

Classe les connecteurs argumentatifs selon le lien logique qu'ils établissent dans un texte.

Comme

Néanmoins

De même

Pourtant

En revanche

Or

De la même manière

Ainsi que

Les connecteurs pour comparer des idées

Les connecteurs pour opposer des idées

Dans la phrase suivante, sélectionne les connecteurs.

L'uneetl'autredecesextrémitésseraient,en effet,blâmables;maissouventonlessupposelégèrement.

Dans le texte suivant, distingue les liens logiques établis entre les idées par les connecteurs repérés en rouge et en bleu.
 

Il est dans les lettres et les arts des écoles qui ne survivent guère aux générations qui leur ont donné naissance − faute, sans doute, d'une universalité, d'une profondeur humaine qui les auraient mises à l'abri du temps : ainsi le symbolisme en France, l'expressionnisme en Allemagne, qui, pourtant, ont eu leur moment de vogue européenne. Aucun de ces mouvements ne s'est imposé comme ferment de renouvellement à travers les mutations périodiques de l'esprit européen. Le romantisme, par contre, n'a cessé d'agir au cours des époques qui l'ont suivi comme provocation ou repoussoir sur ceux qui cherchaient, dans les arts et les lettres, à frayer la voie vers des horizons nouveaux. Naguère, on affublait ironiquement de l'étiquette romantique toute attitude contraire au souci primordial de réalisme et de raison pratique. Aujourd'hui, la jeunesse se réclame volontiers d'une sorte de néoromantisme. La critique incisive du progrès technique, de ses objectifs strictement utilitaires et la peur de se trouver asservi à une civilisation industrielle mondiale, avec ses rechutes dans la barbarie et son insouciance du bonheur et de la vie de l'âme, tout cela a ramené l'attention vers les aspirations de l'âge romantique. Non pas, certes, pour les restaurer dans leurs formes historiques; rien n'est plus périmé aujourd'hui que les mièvreries sentimentales de 1830 ; mais certaines attitudes d'esprit typiques du romantisme resurgissent actuellement chez nos contemporains.
Il y a d'abord ce refus de se laisser encadrer par les traditions philosophiques et sociales d'hier. L'adolescent d'aujourd'hui, c'est d'abord quelqu'un qui dit « non », j'entends qui se refuse à ouvrir aux institutions et aux mœurs en cours ce crédit de confiance, jusqu'à preuve de leur légitimité, que ses aînés consentaient plus libéralement : « non » un peu fou, un peu trop romantique peut-être, qui fait hocher la tête aux gens raisonnables, mais mise en question salutaire, susceptible de débloquer bien des structures fossilisées.
Autre résurgence romantique : le retour à la nature. Jamais, sans doute, les jeunes qui pensent n'ont été plus sensibles aux menaces d'une rupture du contact entre l'homme et la nature. L'humanité moderne, ils le voient de plus en plus clairement, « se développe dans la nature [...] comme une sorte d'artifice universel ». L'homme, pris dans l'univers technique, se coupe de son milieu naturel, que, d'ailleurs, il ravale au rang de matériau. Nos contemporains, par réaction, éprouvent le besoin de rester liés, dans leur travail et leurs loisirs, avec la verdure et la lumière, la montagne et la mer, dussent-ils y perdre quelques raffinements ou commodités de la société d'abondance. Tout donne à penser que, ce comportement, le proche avenir le développera.
Enfin, la référence délibérée au « moi » comme principe de valeur revient au premier plan. Elle entraîne le refus croissant des critères d'efficacité pratique, de réussite sociale, de rendement financier. Un certain affairisme à l'américaine périclite sous nos yeux. Les jeunes s'inquiètent du bénéfice moral, des satisfactions de l'esprit et du cœur que leur vaudront leur travail et leur effort. C'est dire que la considération de l'homme intérieur se trouve revalorisée et que l'esprit, qui tendait à n'être plus que l'instrument d'une exploitation technique du monde, redevient intéressant par lui-même, comme le vrai problème à résoudre, le vrai mystère à scruter. C'est là un autre symptôme de cette remontée des priorités romantiques en ce dernier tiers du XXe siècle.
 

Alfred Biedermann, Le Romantisme européen, « L'esprit romantique de la jeunesse actuelle », 1972

a

Les connecteurs notés en rouge permettent...

b

Les connecteurs notés en bleu permettent...