Comment Pasolini choisit-il de représenter le tragique dans Œdipe roi ?
Juste après la nuit de noces d'Œdipe et Jocaste, que filme Pasolini ?
Quel objet Pasolini filme-t-il avec insistance, qui a un lien avec la mort de Jocaste ?
Quel objet Pasolini filme-t-il avec insistance, qui a un lien avec l'automutilation d'Œdipe ?
Quelle localisation symbolise le tragique dans le film de Pasolini ?
Pasolini choisit de souligner plusieurs éléments dans le film pour insister sur le tragique du destin d'Œdipe. Il met surtout en avant l'idée de souillure avec la peste, et symbolise le tragique avec l'image du croisement des routes et l'insistance portée à certains éléments.
La souillure est le sacrilège, le crime. Pasolini choisit de filmer de près les corps des morts de la peste pour choquer le spectateur et insister sur la dévastation causée par l'inceste d'Œdipe et Jocaste. La maladie de la peste est un symbole d'impureté, elle recouvre les cadavres de taches noires. La souillure visible illustre la souillure invisible. Pasolini associe très clairement la souillure à la liaison d'Œdipe et Jocaste. En effet, il opère un cut brutal après leur nuit de noces et filme en gros plan un mort pestiféré. Pour montrer l'ampleur de la tragédie, il utilise ensuite un plan de demi-ensemble pour montrer un bébé qui pleure, des vautours dans le ciel, et un autre cadavre. Plusieurs plans généraux se succèdent, et le spectateur découvre le grand nombre de cadavres au sol. Cela permet de faire comprendre au spectateur l'aspect incestueux de cette union qui conduit au tragique.
Pasolini s'intéresse également au tragique lié à la fatalité, à l'impossibilité pour le héros d'opérer un choix. Œdipe, malgré lui, est poussé vers Thèbes et donc vers le crime. En effet, à plusieurs reprises il arrive à un carrefour, lieu où se joue le destin. Plutôt que de choisir un chemin, il tourne sur lui-même en se cachant les yeux. Il choisit toujours, ou le hasard choisit toujours pour lui, la route qui est devant lui quand il les rouvre, et cette route indique toujours Thèbes. Le croisement est le lieu où se noue le tragique. Plus tard dans le film, pour prévenir le spectateur de la tragédie qui s'annonce, Pasolini filme plusieurs fois la broche de Jocaste avec laquelle Œdipe va se crever les yeux, et la poutre sur laquelle Jocaste va se pendre. Ce sont donc les images qui disent le tragique.
- Le tragique s'illustre dans la peste que Pasolini filme de près.
- Le tragique s'illustre dans l'image du croisement, où Œdipe ne parvient pas à faire un choix.
- Pasolini insiste sur certains objets pour montrer qu'ils auront ou ont un effet tragique.