Seconde 2015-2016
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Seconde 2015-2016

Les hommes de la Renaissance (XVe -XVIe siècle)

Au XVe siècle, le mouvement humaniste renouvelle les savoirs et prône l'épanouissement de l'Homme par la connaissance et l'éducation. Les idées des humanistes se répandent grâce à l'imprimerie.

La Renaissance artistique est un mouvement artistique qui diversifie les thèmes religieux, adopte de nouvelles techniques et accorde un nouveau statut à l'artiste, notamment par le biais du mécénat. Plusieurs foyers artistiques se développent dans la péninsule italienne et en Europe du Nord.

L'Europe se divise suite à la création de l'Église protestante par Luther et le développement d'autres doctrines religieuses en rupture avec l'Église romaine.

I

L'humanisme

A

Le renouvellement des savoirs

Dès le XIVe siècle, des érudits proposent une nouvelle vision du savoir :

  • Ils critiquent le Moyen Âge qui leur apparaît comme une période d'ignorance.
  • Ils exaltent les savoirs de l'Antiquité.

Pétrarque est un poète florentin souvent considéré comme le premier humaniste. Il exprime clairement son admiration pour les savoirs antiques, en invitant les hommes à "déchirer les ténèbres pour revenir à la lumière pure et originale".

Les contacts avec l'Orient contribuent à cette redécouverte des sources anciennes :

  • Les Byzantins fuient Constantinople aux mains des Turcs ottomans en 1453 et se réfugient dans la péninsule italienne.
  • Les contacts avec le monde arabo-musulman permettent la diffusion des textes antiques traduits par les Arabes.

L'étude des langues anciennes permet une relecture des textes grecs et romains :

  • Les humanistes apprennent le grec et le latin.
  • Ils recherchent les textes antiques oubliés ou transformés pendant le Moyen Âge.
  • Ils traduisent ces textes.
  • Une grande attention est portée à l'étude de la Bible à partir des manuscrits de l'Antiquité.

Pic de la Mirandole propose aux hommes l’étude de Platon afin de mieux comprendre la Bible.

Les langues vernaculaires font aussi l'objet d’études de la part des humanistes :

  • Des dictionnaires bilingues traduisent le latin dans les langues vernaculaires.
  • Des grammaires sont publiées.
  • Les langues vernaculaires ont désormais des règles.

Antonio de Nebrija publie à la fin du XVe siècle, une grammaire castillane et un dictionnaire bilingue latin-castillan.

B

Les ambitions des humanistes

Les considérations sur l'Homme changent :

  • Au Moyen Âge, l'être humain doit avant tout se préoccuper de gagner son Salut, il est marqué par le péché originel.
  • Les humanistes pensent que l'Homme doit exploiter ses capacités intellectuelles dans tous les domaines afin de permettre son épanouissement.
  • L'Homme est maître de son destin car il possède le libre arbitre.
  • Il doit utiliser la raison.
  • Il ne faut pas considérer ces nouvelles ambitions comme des négations de la religion, les humanistes restent des croyants sincères qui cherchent la meilleure voie d'accès au Salut.

Montaigne est un auteur humaniste qui met en avant l'importance de la raison pour repenser l'ensemble des certitudes de l'Homme.

L’éducation est fondamentale pour atteindre cet objectif :

  • Les humanistes critiquent les enseignements dispensés dans les universités.
  • Ils pensent que l’éducation doit donner l'envie d'apprendre.
  • L’éducation est le seul moyen pour l'homme de progresser et d'atteindre ainsi le bonheur.

Érasme (1467 − 1536) résume l'importance du rôle joué par l'éducation dans cette phrase : "on ne naît pas homme, on le devient".

C

La diffusion des idées humanistes

Les humanistes bénéficient de l'invention de l'imprimerie :

  • Au Moyen Âge, les livres sont copiés à la main par des moines.
  • Gutenberg invente l'imprimerie et imprime la première Bible en 1455.
  • Ce procédé permet d'imprimer des livres plus rapidement et à moindre coût.
  • Les livres restent majoritairement religieux mais des livres profanes sont aussi imprimés, notamment les grands textes de l'Antiquité.

À Venise, l'imprimeur Alde Manuce imprime les grands textes de l'Antiquité.

  • Bien que le latin soit dominant lors des débuts de l'imprimerie, l'impression en langues nationales progresse.
  • Les imprimeries deviennent des lieux importants dans la diffusion des idées humanistes.

Christophe Plantin est un français qui fonde une imprimerie à Anvers. Il possède 22 presses et peut imprimer en plusieurs langues. Il devient l'un des plus grands imprimeurs d'Europe. Il accueille chez lui des humanistes itinérants.

L'humanisme se répand en Europe :

  • Les érudits sont soutenus et protégés par des mécènes comme Laurent de Médicis ou François Ier.
  • Les mécènes créent des académies qui rassemblent les humanistes.

Avec le soutien de François Ier, Guillaume Budé fonde à Paris le Collège des lecteurs royaux en 1530.

Les humanistes entretiennent des correspondances, voyagent et se rencontrent dans les grandes villes européennes. Ils forment une "république des lettres".

Cependant les humanistes, qui développent leurs savoirs en dehors des universités dirigés par l'Église rencontrent des oppositions de la part des autorités ecclésiastiques.

II

La Renaissance artistique

A

Un renouveau artistique

À partir du XVe siècle, l'art de la Renaissance marque une rupture avec l'art médiéval. L'art cherche désormais à être le plus proche de la réalité. Les thèmes artistiques développés à la Renaissance se diversifient.

Malgré la diversification des thèmes artistiques, les thèmes religieux restent dominants.

Véronèse peint Les Noces de Cana en 1562 et Michel-Ange peint le plafond de la chapelle Sixtine entre 1508 et 1512. Ce plafond est inauguré par le Pape Jules II.

Les thèmes antiques sont utilisés, la mythologie est une grande source d'inspiration.

L'École d'Athènes, peint par Raphaël en 1510, représente de nombreux savants et philosophes de l'Antiquité.

Cette influence antique se retrouve dans l'architecture grâce à des éléments repris des constructions antiques : colonnades, fronton, dôme.

La cathédrale de Florence, achevée par Brunelleschi en 1436, est surmontée d'un dôme inspiré par le Panthéon de Rome.

L'Homme est désormais un sujet digne d'étude et l'art du portrait se développe.

La Joconde de Léonard de Vinci, réalisée autour de 1505, est un des nombreux portraits de la Renaissance.

Les thèmes profanes, c'est-à-dire non religieux, sont davantage représentés.

Le Changeur et sa femme, du peintre flamand Quentin Metsys représente un banquier affairé à son travail aux côtés de sa femme.

La Renaissance développe de nouvelles techniques :

  • En Italie et en Flandre, les artistes utilisent la perspective par des dégradés de couleurs et des procédés géométriques.
  • Des artistes, comme Léonard de Vinci, dissèquent des corps qu'ils peignent de la manière la plus réaliste possible.
  • Les Flamands inventent la peinture à l'huile.
B

Un nouveau statut de l'artiste

Le statut de l'artiste est profondément modifié :

  • L'artiste est relégué durant le Moyen Âge au rang des travailleurs manuels.
  • Pendant la Renaissance, il acquiert un nouveau rôle.
  • Les artistes obtiennent une reconnaissance nouvelle. Ils sont désormais perçus comme des créateurs intellectuels.
  • Ils développent leurs talents dans de nombreux domaines, comme la sculpture, l'architecture, la technique, les sciences.

Léonard de Vinci est peintre mais aussi un ingénieur, un architecte, un anatomiste.

Le mécénat favorise l'affirmation de l'artiste dans la société.

C

Les foyers de la Renaissance

La péninsule italienne est le principal foyer de la Renaissance artistique :

  • Le développement du commerce favorise les grandes familles des villes marchandes italiennes.
  • Ces marchands, banquiers ou familles princières font du mécénat, ils accueillent, protègent et financent des artistes.

De nombreuses familles italiennes font du mécénat :

  • Florence, dirigée par les Médicis, aide de nombreux artistes : Botticelli, Brunelleschi, etc. Cette ville domine les débuts de la Renaissance.
  • À Rome, les papes deviennent aussi d'importants mécènes et accueillent Raphaël et Michel-Ange.
  • Les Sforza à Milan, les familles marchandes vénitiennes, et de nombreuses villes italiennes, participent à ce mouvement.
  • Les villes italiennes sont des États indépendants qui sont en concurrence dans de nombreux domaines, ces rivalités favorisent le mécénat et, de fait, la création artistique.
  • Le mécénat n'est pas désintéressé. Le fait d'être entouré de nombreux artistes et de soutenir la création d'œuvres d'art majeures permet de conforter le prestige des mécènes. De plus, les peintres représentent sur leurs tableaux le mécène et les membres de sa famille, notamment sur les portraits.

Botticelli a peint un célèbre portrait posthume dans lequel est représenté le frère de Laurent de Médicis, Julien de Médicis.

D'autres régions d'Europe sont aussi des foyers de la Renaissance, notamment en Europe du Nord et en France :

  • En Flandre, des peintres comme Jan Van Eyck et Pieter Bruegel deviennent des artistes reconnus.
  • Dans les territoires de langue allemande, on retrouve Hans Holbein et Albrecht Dürer.
  • En France, François Ier fait venir à la cour de nombreux artistes comme Léonard de Vinci.
  • En France, de nombreux châteaux sont construits comme les châteaux de la Loire.

Philippe le Bon, duc de Bourgogne, est le mécène de Jan Van Eyck et de nombreux artistes flamands.

III

La Réforme religieuse

A

L'Église remise en cause

1

L'Église critiquée

À la fin du Moyen Âge, les chrétiens sont très préoccupés par leur salut et beaucoup ne font pas confiance à l'Église pour les guider.

De nombreux humanistes critiquent l'Église romaine :

  • Ils lui reprochent sa richesse excessive.
  • Ils dénoncent le mode de vie des papes et des évêques jugés trop somptueux.
  • Ils critiquent les prêtres qui ne respectent pas leurs obligations religieuses et vivent comme des laïcs.
  • Ils dénoncent la vente des indulgences qui permettent, contre de l'argent, d'acheter sa place au paradis.

Érasme dans l'Éloge de la folie, imprimé en 1511, critique l'enrichissement du clergé.

Beaucoup pensent que les chrétiens doivent un rapport plus direct, plus authentique avec Dieu.

Un courant religieux, la devotio moderna, prône un contact direct avec Dieu par la lecture de la Bible et l'imitation de la vie de Jésus.

Bien que ces critiques provoquent des tensions avec Rome, elles ne provoquent pas de rupture au sein de la chrétienté occidentale.

2

Le rôle de Luther

Luther (1483 − 1546) est un moine allemand qui critique la vente des indulgences et rentre progressivement en rupture avec l'Église de Rome :

  • Il publie en 1517 95 thèses qui critiquent la vente des indulgences.
  • Ce texte est abondamment imprimé et devient un succès.
  • Luther est excommunié par le Pape en 1521.
  • Une nouvelle Église appliquant les principes de Luther est fondée : l'Église protestante.

Luther s'appuie uniquement sur la Bible et enlève, dans la pratique religieuse, tout ce qui ne figure pas dans les textes :

  • Il est impossible de faire des actions (des œuvres) pour gagner son paradis, seule la foi peut le permettre. Il défend la "justification par la foi seule".
  • Il remet en cause le rôle de la hiérarchie ecclésiastique et de son statut d'intermédiaire entre les hommes.
  • Les pasteurs sont en charge de l'encadrement des communautés chrétiennes. Contrairement aux prêtres, ils peuvent se marier.
  • La Bible est traduite en allemand. En effet le latin est abandonné afin qu'elle devienne accessible à tous. Le croyant établit un contact personnel avec Dieu par la lecture des textes saints.
  • Luther ne maintient que deux sacrements : le baptême et la communion.
  • Les demandes d'intercession auprès des saints et de la Vierge sont arrêtées.
3

Les autres réformes protestantes

Après la naissance du luthéranisme, d'autres courants protestants se développent.

  • Zwingli réforme la cité-état de Zurich. Il critique notamment la croyance traditionnelle dans la présence du Christ lors de l'eucharistie.
  • Calvin instaure un nouveau courant protestant à Genève.
  • Il prône un respect de la Bible plus strict que Luther.
  • Au contraire de Luther, il pense que la seule foi ne suffit pas pour gagner son Salut.
  • Pour Calvin, iront au paradis ceux qui ont été choisis par Dieu. C'est la théorie de la prédestination.

En Angleterre, une nouvelle Église protestante apparaît sous l'impulsion d'Henri VIII :

  • Henri VIII est en conflit avec le Pape.
  • Henri VIII rompt avec Rome et fonde l'Église anglicane.
  • Il est le chef de l'Église.
  • Dans la pratique religieuse, l'Église anglicane reste proche de l'Église catholique.
B

La réaction catholique

1

La lutte contre les protestants

Le Pape réprime les protestants :

  • Il rétablit le tribunal de l'Inquisition qui poursuit les protestants.
  • Il interdit les livres jugés dangereux qu'il réportorie dans un Index.

La Compagnie de Jésus est fondée par Ignace de Loyola pour défendre la foi catholique :

  • Les membres de la Compagnie de Jésus sont les Jésuites.
  • Ils luttent contre le protestantisme.
  • Ils développent l'enseignement par la fondation de collèges.
  • Ils accomplissent des missions de prédication dans le monde entier.
  • Ils encouragent la charité.
2

Le concile de Trente

Le Pape veut réaffirmer le dogme catholique et son autorité. En 1545, le Pape Paul III réunit un concile à Trente, en Italie, qui dure jusqu'en 1563 :

  • Le concile condamne les réformes protestantes.
  • Le Pape et le clergé restent les intermédiaires entre Dieu et les hommes.
  • Le Salut s'obtient par la foi mais aussi par les actions.
  • Les sept sacrements sont maintenus.
  • Un effort est réalisé dans l'éducation des prêtres.
C

L'Europe divisée

1

Des conflits religieux

De nombreux conflits éclatent entre les protestants et les catholiques en Europe :

  • Les régions protestantes des Pays-Bas espagnols se libèrent du roi catholique d'Espagne. Elles fondent les Provinces-Unies en 1579, après une répression très sanglante de la part de l'Espagne.
  • En France, les guerres de religion ravagent le royaume pendant 40 ans de 1562 à 1598.
  • De 1618 à 1648, la guerre de Trente ans entre protestants et catholiques touche le Saint Empire romain germanique.
2

Les paix de religion

Les souverains européens confrontés à ces conflits signent des traités de paix qui essaient de composer avec cette diversité religieuse :

  • En Allemagne, la paix d'Augsbourg en 1555 reconnaît et accepte la division religieuse de l'Empire.
  • En France, l'édit de Nantes de 1598 autorise le protestantisme.

Cependant, les guerres religieuses ne cessent pas pour autant et l'Europe apparaît profondément divisée aux XVIe et XVIIe siècles.

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