La société athénienne Questions sur documents

Document 1

Le rôle des femmes dans la société athénienne selon Xénophon

Xénophon, Économique

362 avant J.-C.

La divinité a d'avance approprié, selon moi, la nature de la femme pour les soins et les travaux de l'intérieur, et celle de l'homme pour les travaux et les soins du dehors. Froids, chaleurs, voyages, guerres, le corps de l'homme et son âme ont été mis en état de tout supporter, et la divinité l'a chargé pour cela des travaux du dehors ; quant à la femme, en lui donnant une plus faible complexion, la divinité me semble avoir voulu la restreindre aux travaux de l'intérieur. C'est pour une raison semblable que la femme ayant le penchant et la mission de nourrir ses enfants nouveau-nés, la divinité lui a donné bien plus qu'à l'homme le besoin d'aimer ces petits êtres. Et comme c'est aussi la femme qui est chargée de veiller sur les provisions, la divinité, qui sait que, pour surveiller, la timidité de l'âme n'est point un mal, a donné à la femme un caractère plus timide qu'à l'homme. Mais la divinité sachant aussi qu'il faudra que le travailleur du dehors repousse ceux qui tenteraient de lui nuire, elle a donné à l'homme une plus large part d'intrépidité. En même temps, l'un et l'autre ayant à donner et à recevoir, elle a pourvu également l'un et l'autre de mémoire et d'attention ; si bien que, sous ce rapport, on ne saurait décider lequel l'emporte, de la femelle ou du mâle.

Document 2

L'organisation de la maison athénienne

Lysias, Plaidoyer sur le meurtre d'Ératosthène

440 − 380 avant J.-C.

Lorsque je me décidai pour le mariage ; sans trop gêner la femme que j'avais choisie, et sans lui laisser trop de liberté, je cherchais à la connaître, et j'observais attentivement ses mœurs et son caractère. Dès qu'elle m'eut donné un fils, je lui accordai toute ma confiance, et lui abandonnai le soin de ma maison, persuadé qu'un enfant était le bien le plus fort qui pût l'attacher à moi. Sa conduite fut d'abord irréprochable ; prudente et active, elle gouvernait son ménage avec autant de zèle que d'intelligence. Mais lorsque ma mère vint à mourir, cet événement fut l'origine et l'occasion de tout le désordre. Ma femme suivait les funérailles ; Ératosthène l'aperçut, et par l'entremise d'une servante qui allait au marché, il lui fit faire des propositions, et vint enfin à bout de la séduire et de la perdre.

Il faut vous observer, Athéniens, que ma maison a deux étages, dont les appartements sont également distribués : les femmes habitent le haut, et le bas est habité par les hommes. Comme la mère nourrissait son enfant, je craignais que, les soins maternels l'obligeant souvent à monter, elle ne se trouvât exposée à quelque accident ; je me transportai donc en haut, et je fis descendre les femmes. J'étais accoutumé à voir mon épouse aller coucher en bas auprès de son fils, afin de prévenir ses besoins et d'empêcher ses pleurs.

Classer les éléments permettant de présenter les deux documents.

C'et un extrait du Plaidoyer sur le meurtre d'Ératosthène.

L'auteur est Lysias.

C'est un extrait de l'Économique.

L'auteur est Xénophon.

Document 1

Document 2

Dans le document 1, l'auteur décrit ce qu'il considère être des caractéristiques naturelles différentes entre les hommes et des femmes. Classer les différents éléments permettant de présenter ces différentes "caractéristiques naturelles".

"Plus timides"

"Une plus large part d'intrépidité"

Une nature faite pour les travaux de l'intérieur.

"Le penchant et la mission de nourrir ses enfants nouveau-nés"

Doit "repousse[r] ceux qui tenteraient de lui nuire".

Une nature faite pour travailler à l'extérieur.

Les "caractéristiques naturelles" des femmes

Les "caractéristiques naturelles" hommes

À l'aide du document 2, sélectionner les deux éléments qui permettent de caractériser l'organisation de l'espace domestique à Athènes.

En quoi ces documents nous renseignent-ils sur le statut des femmes à Athènes ?