La production et la productivitéCours

I

Les consommations intermédiaires et les facteurs de production

A

Les consommations intermédiaires

Pour produire, une entreprise a besoin d'éléments indispensables comme des machines, des matières premières, etc. Certains de ces éléments sont transformés ou détruits dans le processus de production : on parle de consommations intermédiaires.

La farine est transformée en pain durant la production : c'est une consommation intermédiaire.

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B

Les facteurs de production : travail et capital

Les travailleurs et les machines sont des éléments qui participent à plusieurs cycles de production puisqu'ils ne sont pas détruits durant le processus.

En économie, on parle de « facteurs de production » pour désigner le facteur travail (le travail fourni) et le facteur capital (les équipements et le capital financier).

Facteur de production

Un facteur de production est un moyen (travail, capital) utilisé par une organisation productive pour fabriquer des biens et services et qui n'est pas détruit pendant la production.

Les facteurs de production

Définitions

Le travail

Les travailleurs participent à la production de l'entreprise.

Le capital

Ensemble des machines qui participent à la création de la production et qui ne sont pas détruites immédiatement pendant celle-ci.

Le travail et le capital sont des facteurs de production très liés. Ils peuvent être plus ou moins substituables et complémentaires.

1

Des facteurs substituables

Si les travailleurs et les machines sont substituables, on peut remplacer les travailleurs par des machines et des machines par des travailleurs.

Facteurs substituables

Deux facteurs sont substituables si l'on peut produire la même chose en utilisant l'un ou l'autre des facteurs.

À certains postes des chaînes de production automobile, des travailleurs ont été remplacés par des machines.

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© Pixhere & Wikimedia Commons

2

Des facteurs complémentaires

Si pour produire un bien il faut nécessairement une machine spécifique et un travailleur pour la faire fonctionner, alors le travailleur et la machine sont des facteurs de production complémentaires.

Facteurs complémentaires

Deux facteurs de production sont complémentaires si l'on ne peut pas remplacer l'un des facteurs par l'autre.

Un chauffeur de bus et son véhicule sont complémentaires.

II

La combinaison productive et l'optimisation de la production

L'entreprise peut utiliser différents facteurs de production pour créer des biens et des services. Pour accroître sa rentabilité, elle va essayer d'articuler ces facteurs de la manière la plus efficace possible : on parle de combinaison des facteurs de production, ou de combinaison productive.

A

Le choix de la combinaison productive

Cette combinaison va dépendre du niveau de substituabilité des deux facteurs de production. S'ils sont substituables, l'organisation productive aura le choix entre plusieurs combinaisons productives.

Pour choisir quelle combinaison productive elle va utiliser, l'entreprise regarde celle qui est la plus rentable. Pour cela, elle analyse les coûts de production des différentes combinaisons productives envisageables.

Coût de production

Le coût de production représente l'ensemble des dépenses que l'entreprise réalise pour produire.

Les salaires sont l'un des coûts de production car l'entreprise dépense de l'argent pour payer ses salariés qui participent à la production.

Le coût de production comporte deux grandes catégories :

  • Les coûts fixes : frais qui restent identiques quel que soit le niveau d'activité.
  • Les coûts variables : frais qui varient selon le niveau de la production.

 

Pour maximiser sa production, l'entreprise choisit la combinaison productive dont les coûts de production sont les plus faibles.

Si l'entreprise se rend compte que payer des travailleurs coûte plus cher que d'acheter des machines (en sachant que les facteurs capital/travail sont substituables), l'entreprise peut choisir de remplacer les travailleurs par des machines.

Coût de production

\textcolor{Red}{\text{Coûts de production}}=\textcolor{blue}{\text{Coûts fixes}}+\textcolor{green}{\text{Coûts variables}}

Pour produire des baguettes, un boulanger a besoin d'un four et de 250 g de farine par baguette. Le four coûte 5 000 € et 250 g de farine coûtent 30 centimes. Le boulanger souhaite produire 100 baguettes. Ses coûts sont :

  • les coûts fixes : le four, soit 5 000 € ;
  • les coûts variables : la farine, soit \textcolor{Green}{100 \times 0,30 = 30 \text{ €}}.

On peut alors calculer le coût de production :  \textcolor{Blue}{\text{5 000}}+\textcolor{Green}{30}=\textcolor{Red}{5\ 030\text{ €}}.  

L'amélioration de la combinaison productive (en réduisant les coûts de production) ne se fait pas que par substitution des facteurs. L'entreprise peut également améliorer sa combinaison productive en se concentrant sur sa « qualité », en augmentant la formation de ses travailleurs.

En améliorant les qualifications et le savoir-faire des salariés de l'entreprise, leur travail peut devenir plus rapide et d'une meilleure qualité, ce qui permet à l'entreprise d'obtenir des productions d'une valeur plus grande.

B

Le volume optimal de production

Les organisations productives et notamment les entreprises vont chercher à produire de façon optimale en fonction de leur combinaison productive. Pour cela, l'entreprise doit déterminer le volume optimal de production.

Celui-ci peut être déterminé par une analyse des coûts de production moyen et des coûts marginaux en raison d'un phénomène appelé la loi des rendements décroissants.

Coût moyen

Le coût moyen est le coût de chaque unité produite en moyenne :

\text{Coût moyen = }\dfrac{\textcolor{skyBlue}{\text{Coût total de la production}}}{\textcolor{darkOrchid}{\text{Volume de production}}}

Coût marginal

Le coût marginal est le coût de production d'une unité supplémentaire produite :

\textcolor{Limegreen}{\text{Coût marginal}}=\textcolor{Fuchsia}{\text{Coût de la production }n\text{ unités}}-\textcolor{cadetBlue}{\text{Coût de la production de }n^{-1}\text{ unités}}

Loi des rendements décroissants et du volume optimal de production
Loi des rendements décroissants et du volume optimal de production

Lorsque l'on augmente le volume de production, on constate la plupart du temps que :

  • dans un premier temps, le coût marginal est décroissant et inférieur au coût moyen (c'est le phénomène d'économie d'échelle) ;
  • dans un second temps, le coût marginal devient croissant (les consommations intermédiaires coûtent de plus en plus cher) ;
  • dans un dernier temps, le coût marginal devient supérieur au coût moyen, ce qui signifie que l'augmentation du volume des productions diminue le profit.

 

On peut alors déterminer le volume optimal de production en constatant à quel volume de production le coût marginal et le coût moyen s'égalisent.

III

La productivité et les progrès techniques

Une fois que l'entreprise a choisi la combinaison productive qui lui semble la plus efficace (au niveau des coûts et de la qualité), il faut qu'elle mesure son efficacité. Pour cela, elle va regarder le volume de production créé par rapport au nombre de facteurs de production employés. On parle de productivité pour mesurer ce rapport.

A

Le calcul de la productivité

Productivité

La productivité est la mesure de l'efficacité du facteur utilisé pour produire.

Productivité

\textcolor{Tan}{\text{Productivité}}=\dfrac{\textcolor{Brown}{\text{Quantité produite}}}{\textcolor{OrangeRed}{\text{Quantité de facteurs de production employés}}}

Si une entreprise produit 6 bouteilles et emploie pour cela 2 travailleurs, sa productivité est de :   \dfrac{\textcolor{Brown}{6}}{\textcolor{OrangeRed}{2}}=\textcolor{Tan}{3\text{ bouteilles par travailleur}}.

La productivité est donc une sorte de moyenne. Cela ne signifie pas forcément que chaque travailleur produit réellement 3 bouteilles.

Si une entreprise produit 10 bouteilles et avec 2 machines, sa productivité est de :
10/2 = 5 bouteilles par machine

C'est donc une sorte de moyenne. Cela ne signifie pas forcément que chaque machine produit réellement 5 bouteilles.

Si le calcul de la productivité est un indicateur technique qui permet d'estimer pour une part l'efficacité économique globale d'une production, il ne permet cependant pas d'évaluer l'intérêt social ou environnemental de celle-ci.

B

Le progrès technique et les innovations

Plusieurs innovations ont permis d'améliorer la productivité des facteurs de production : l'ensemble des innovations se nomme le progrès technique. Il découle de l'introduction de nouveaux biens de production, de nouvelles techniques productives ou de nouveaux modes d'organisation de la production.

Le progrès technique peut résulter :

  • de l'introduction de nouveaux biens de production ;
  • de nouvelles sources d'énergie, de nouvelles techniques de production ;
  • de nouveaux modes d'organisation de la production.

La machine à écrire a été remplacée par l'ordinateur : c'est l'introduction d'un nouveau bien de production.

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La vapeur a été remplacée par l'électricité : c'est l'utilisation d'une nouvelle source d'énergie.

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© Pixabay & Wikipédia

La division du travail sur des chaînes de production dans les usines permet une meilleure organisation de la production.

Le progrès technique a permis tout d'abord d'accroître l'efficacité du capital technique.

Les entreprises augmentent la formation des salariés pour qu'ils puissent utiliser les nouvelles machines issues du progrès technique. La qualité du travail est donc améliorée.

C

Les effets contrastés des progrès techniques

L'augmentation de la productivité due au progrès technique a des effets positifs. Les entreprises accroissent leur production sans employer plus de facteurs qu'avant (elles emploient seulement des facteurs plus efficaces) : ce sont les gains de production ou de productivité.

Le progrès technique (permettant les gains de production) peut avoir des effets contrastés sur l'emploi :

  • Il peut détruire des emplois : c'est notamment le cas des emplois se situant dans le secteur où les innovations sont introduites.
  • Il permet de créer de nouveaux emplois, généralement dans d'autres secteurs. Suite à l'introduction d'innovations dans le secteur industriel, beaucoup de gains de productivité ont été engendrés, ce qui a permis au secteur des services (le secteur tertiaire) de se développer.

L'introduction de robots dans les industries a détruit beaucoup d'emplois d'ouvriers puisque les machines pouvaient réaliser leur travail à moindre coût et plus rapidement.

La création des ordinateurs (progrès technique) a permis l'émergence de nouveaux métiers (informaticiens, ingénieurs, marketing, etc.).