Mesures et limites de la productionCours

I

Les indicateurs de création de richesse

Pour mesurer la quantité réelle de richesse nouvellement produite par les organisations productives, les économistes utilisent la notion économique que l'on appelle la valeur ajoutée.

Valeur ajoutée

La valeur ajoutée est la mesure de la richesse nouvelle créée par l'entreprise lors de son activité de production.

A

Le calcul de la valeur ajoutée

Pour calculer la valeur ajoutée, l'entreprise doit auparavant connaître :

  • La valeur de la production, c'est-à-dire la somme d'argent qu'elle a récoltée en vendant ses produits. Elle est le plus souvent mesurée par le chiffre d'affaires.
  • Les consommations intermédiaires, c'est-à-dire la valeur des biens et services que l'entreprise a détruits ou transformés durant la production.

Chiffre d'affaires

\textcolor{Red}{\text{Chiffre d'affaires}}=\textcolor{Orange}{\text{Prix du produit}}\times\textcolor{Green}{\text{Nombre de produits vendus}}

Une entreprise de téléphones vend 100 téléphones qui coûtent chacun 50 euros. Son chiffre d'affaires est de :  \textcolor{Orange}{50} \times\textcolor{Green}{100}= \textcolor{Red}{5\ 000\text{ €}}.

Valeur ajoutée

\textcolor{LimeGreen}{\text{Valeur ajoutée}}=\textcolor{Red}{\text{Chiffre d'affaires}}-\textcolor{purple}{\text{Valeur des consommations intermédiaires}}

Une entreprise possède un chiffre d'affaires de 10 000 euros et elle a consommé 3 000 euros de consommations intermédiaires. La valeur ajoutée de la production est de :  \textcolor{Red}{10 000}–\textcolor{Purple}{3\ 000} = \textcolor{limegreen}{7\ 000\text{ €}}.

B

Le partage de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée créée par les organisations productives se répartit entre :

  • La rémunération des salariés : les salariés obtiennent une partie de la richesse créée en échange de leur travail qui a permis la réalisation de la production.
  • Les impôts sur la production : l'État prélève une partie de la richesse créée afin de financer les infrastructures du pays.
  • Le profit brut ou bénéfice : ce qui reste de la valeur ajoutée créée une fois enlevés la rémunération des salariés et les impôts sur la production.

 

Le profit brut se répartit entre :

  • les dividendes versés aux actionnaires lorsqu'il y en a ;
  • les intérêts versés aux prêteurs (banques et institutions financières) ;
  • les impôts sur les sociétés et l'épargne brute (qui permet aux organisations productives d'investir ou de placer l'argent).

 

La répartition de la valeur ajoutée est un enjeu économique important. Le niveau de partage de la valeur ajoutée est l'objet de tensions sociales fortes entre les différents acteurs de l'économie (État, travailleurs, entreprises, actionnaires et financiers). Il n'existe pas de consensus sur la répartition la plus efficace de ces richesses nouvellement créées.

II

Le PIB et ses limites

A

Le PIB et l'évolution de la croissance économique

Produit intérieur brut 

Le Produit intérieur brut (PIB) est un indicateur statistique qui correspond à la somme des valeurs ajoutées dans une économie. C'est l'ensemble des valeurs ajoutées produites par l'économie.

Le PIB est un indicateur économique qui donne donc la mesure de la production et de la richesse nouvelle créée chaque année dans un pays ou une région. Il permet d'estimer la performance d'une économie chaque année. Son augmentation, mesurée en pourcentage, est nommée croissance économique.

Croissance économique

La croissance économique est l'augmentation du PIB, mesurée annuellement en pourcentage.

En France, en 2018, la croissance a été de 1,5 %, ce qui signifie que le PIB de la France a augmenté en 2018 de 1,5 % par rapport à l'année précédente.

La croissance en France depuis 1985

La croissance en France depuis 1985

© Insee

B

Les limites du calcul du PIB

Le PIB présente cependant certaines limites :

  • Il est difficile d'établir avec précision les volumes des productions.
  • Certaines productions (le secteur non marchand) ne sont pas vendues et leur valeur est seulement estimée à partir du coût de production.
  • Certaines activités ne sont pas comptabilisées du tout, comme la production domestique, le travail au noir ou les productions illicites.
III

Inégalités de croissance et limites de production

A

Croissance économique et variation du PIB

La croissance économique mondiale a connu une très forte augmentation depuis le milieu du XIXe siècle et les deux révolutions industrielles.

L'évolution du PIB mondial

L'évolution du PIB mondial

D'après Banque mondiale OCDE 2018

Au total, le PIB mondial a ainsi été multiplié par 7 entre 1950 et 2000.

Toutefois, la croissance économique mondiale reste très inégale selon les régions :

  • Avant 1850, la croissance mondiale était inférieure à 1 % par an, elle s'accroît très largement avec les révolutions industrielles survenues en Europe, aux États-Unis puis dans les pays occidentaux.
  • Au cours des années 1950−1980, la croissance du PIB dans les pays occidentaux dépasse régulièrement les 5 % : c'est la période des Trente Glorieuses.
  • Depuis 1980, cette croissance a ralenti dans les pays occidentaux mais a en revanche accéléré dans d'autres pays, appelés pays émergents.

Pays émergents

Les pays émergents sont les pays dans lesquels la croissance économique est très forte.

La Chine ou encore l'Inde sont des pays émergents.

Taux de croissance économique comparés de la Chine, l'Inde et la France

Taux de croissance économique comparés de la Chine, l'Inde et la France

D'après Banque mondiale OCDE 2018

B

Les limites écologiques de la production

Cette augmentation sans précédent du PIB mondial (on estime qu'il a été multiplié par 60 en un demi-siècle) a permis une formidable amélioration des conditions de vie dans de nombreux pays.

L'espérance de vie a augmenté partout dans le monde.

Cette augmentation pose cependant de très graves problèmes écologiques. En effet, elle repose sur une industrialisation de la production économique qui est très souvent extrêmement polluante.

Les eaux sont polluées.

Cette augmentation s'appuie également sur une exploitation très forte des ressources naturelles non renouvelables de la Terre. Cette surexploitation menace l'équilibre écologique de la planète et des sociétés humaines (épuisement des ressources et diminution de la biodiversité).

Le pétrole est une ressource épuisable.

Les économistes et les gouvernements cherchent à tenir compte de ces effets négatifs en mesurant par exemple le taux de dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère par les entreprises.