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Après la chute de la monarchie le 10 août 1792, Louis XVI est emprisonné au Temple avec sa famille. La Convention décide de le juger pour trahison et complot contre la nation, un procès inédit dans l'histoire de France. Les débats opposent Girondins et Montagnards, mais le roi est déclaré coupable et condamné à mort. Le 21 janvier 1793, il est guillotiné place de la Révolution. Cet événement symbolise la rupture totale avec l'Ancien Régime, ouvre une phase de radicalisation politique et de conflit avec l'ensemble des monarchies européennes.
De la monarchie renversée au roi prisonnier
La chute de la monarchie le 10 août 1792
Le roi, déjà affaibli par sa tentative de fuite à Varennes en juin 1791 et par ses hésitations face à la guerre contre l'Autriche et la Prusse, perd définitivement la confiance du peuple. Le 10 août 1792, les sans-culottes et les fédérés venus de province prennent d'assaut le palais des Tuileries, défendu par les gardes suisses. Le roi, contraint de chercher refuge à l'Assemblée, est déchu de ses fonctions. La monarchie constitutionnelle s'effondre et laisse place à la République proclamée le 21 septembre 1792. Louis XVI devient alors le « citoyen Capet », simple prisonnier du peuple souverain.
La décision de juger le roi
La Convention, élue au suffrage universel masculin, doit trancher le sort de l'ancien souverain. Certains députés craignent qu'un procès divise davantage le pays et rallume les guerres civiles. Mais pour les Montagnards, juger le roi est indispensable : il s'agit de prouver que même le monarque n'est pas au-dessus de la loi. Le procès prend ainsi une dimension hautement symbolique : il ne s'agit pas seulement de juger un homme, il est aussi question de condamner l'idée même de monarchie. Cette décision engage la Révolution dans un chemin irréversible.
Le procès de Louis XVI : un débat politique et symbolique
Les charges et la défense du roi
En décembre 1792, Louis XVI est traduit devant la Convention. On lui reproche notamment d'avoir comploté contre la liberté publique, d'avoir entretenu des relations secrètes avec des puissances étrangères et d'avoir tenté de fuir le pays. La découverte de l'« armoire de fer » aux Tuileries, contenant des documents compromettants, fournit des preuves accablantes sur la collusion du roi avec les puissances étrangères. Louis XVI tente de se défendre avec dignité, affirmant qu'il n'a jamais voulu trahir la nation. Ses avocats, dont Malesherbes, plaident en sa faveur avec courage, mais l'opinion publique et la majorité des députés sont convaincus de sa culpabilité.

Procès de Louis XVI à l'Assemblée de la Convention Nationale, salle du Manège du palais des Tuileries, 11 décembre 1792.
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Le vote des députés et la condamnation
La Convention débat intensément de la peine à infliger. Les Girondins, plus modérés, souhaitent emprisonner ou exiler le roi, tandis que les Montagnards exigent la peine capitale pour affirmer la force de la République. Le 15 janvier 1793, le roi est déclaré coupable à l'unanimité des votants. Le 17 janvier, après un vote nominal, la sentence tombe : 361 députés votent la mort contre 360 pour une peine plus clémente ; le député Louis-Philippe d'Orléans, prince du sang et cousin du roi, père du futur roi Louis-Philippe Ier, vote la mort sans appel ni sursis. Ce faible écart illustre la division de la France. Mais la décision est prise : Louis XVI doit être exécuté publiquement pour incarner la victoire de la souveraineté populaire sur l'héritage monarchique.

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L'exécution de Louis XVI et ses conséquences
Le 21 janvier 1793 : l'exécution du roi
À l'aube du 21 janvier, Louis XVI est conduit en charrette depuis la prison du Temple jusqu'à la place de la Révolution, escorté par des gardes nationaux. Devant une foule silencieuse, il monte sur l'échafaud et tente de prononcer un discours, affirmant son innocence et souhaitant que son sang serve à l'union des Français. Mais les tambours couvrent sa voix. La lame de la guillotine tombe : le roi est mort, et avec lui l'idée d'une monarchie réconciliée avec la Révolution. L'exécution frappe les esprits par sa dimension inédite : pour la première fois, un roi sacré est traité comme un criminel.

Exécution de Louis XVI (musée Carnavalet, gravure anonyme, XVIIIe siècle)
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Réactions et conséquences politiques
En France, la mort du roi provoque à la fois effroi et soulagement. Pour les partisans de la République, elle marque la fin d'un monde ancien et la victoire du peuple souverain. Mais une partie de la population, surtout dans les campagnes, demeure attachée au roi et vit l'exécution comme un sacrilège, ce qui favorise l'éclatement d'insurrections royalistes, notamment en Vendée. À l'étranger, les monarchies européennes condamnent avec horreur le régicide : l'Angleterre, l'Espagne et les Provinces-Unies rejoignent la coalition en guerre contre la France depuis le 20 avril 1792. Le régicide entraîne donc un isolement diplomatique, une radicalisation intérieure et une entrée dans une guerre de plus en plus intense.