Nietzsche Fiche auteur

Friedrich Nietzsche

1844 − 1900

Friedrich Nietzsche

La Naissance de la tragédie

1871

Friedrich Nietzsche

Le Livre du philosophe

1875

Friedrich Nietzsche

Aurore

1881

Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra

1885

 

La pensée de Nietzsche, fils de son siècle et des « Lumières », mais également de la pensée grecque ancienne, est marquée par la critique de la métaphysique et de la religion, et inaugure une nouvelle ère, "l'ère du soupçon" à l'égard non seulement de la foi, mais encore de la raison et des idéaux qu'elle a forgés. Nietzsche va ainsi plus loin que Kant, déjà critique de la « raison pure ».

Afin de détruire, en particulier, la morale judéo-chrétienne, Nietzsche cherche à en dévoiler les origines. La morale a pour origine le ressentiment des faibles à l'égard des forts, qui a provoqué un renversement des valeurs aristocratiques : le faible devient bon, alors que le fort est considéré comme mauvais. Mais cet ascétisme entraîne un abêtissement du troupeau et refrène les instincts qui expriment pourtant la vie.

 La morale ascétique traditionnelle, héritière du ressentiment (judaïque) puis de la mauvaise conscience (chrétienne) serait donc « castratrice » et hostile à la vie. C'est pourquoi Nietzsche préconise une transvaluation (un renversement de l'ordre habituel des valeurs) : le bien est ce qui élève le sentiment de puissance (au lieu de l'humilier).

La volonté de puissance, c'est-à-dire la tendance à augmenter indéfiniment sa puissance, est en effet universelle et présente chez tout être. Elle peut être négative et destructrice chez les réactifs qui imposent leurs valeurs en détruisant les précédentes. Mais elle peut aussi être positive et créatrice chez les actifs et surtout chez le « surhomme », qui crée des valeurs en affirmant son individualité et sa liberté. L'art en est, en particulier, une expression.

Nietzsche dénonce également la philosophie platonicienne, qui proclame l'existence d'un monde "vrai" éternel et immuable, considéré comme supérieur au monde sensible. Pour Nietzsche, l'homme invente une telle "vérité" car il est incapable d'assumer les contradictions du monde dans lequel il vit : il se console alors dans l'idée d'un monde éternel et identique, le même que celui du christianisme « platonisme à l'usage du peuple ».

Si nous croyons en l'existence d'idées transcendantes, c'est aussi à cause du langage dans son usage conceptuel. Par exemple, en parlant de beauté, nous finissons par croire qu'il existe une beauté en soi, alors les beautés sont toujours particulières. Le langage est source d'illusion car il ne rend pas compte de la singularité du réel. Cette position sera aussi celle de Bergson.

Nietzsche critique le désir de vérité et de rationalité, qui est une attitude dangereuse : "Vouloir le vrai, ce pourrait être, secrètement, vouloir la mort". En effet, le réel est multiple et irrationnel, et rechercher l'unité et l'identité revient à nier la vie. Le christianisme et la métaphysique traditionnelle conduisent donc au nihilisme (perte de sens et refus de la vie) .

Il existe toutefois un nihilisme actif et un autre qui est passif. Nietzsche prône ainsi plutôt que le désespoir ou la mélancolie, non pas un renversement violent des valeurs « établies », mais le perspectivisme, qui cherche à penser la réalité dans toutes ses dimensions, notamment artistique. Il faut privilégier la vie, voire l'illusion, plutôt que la vérité qui affaiblit.

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Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont.

Friedrich Nietzsche

Le Livre du philosophe

1875

Toutes nos actions sont au fond incomparablement personnelles, singulières, d'une individualité illimitée [...] ; mais dès que nous les traduisons en conscience, elles semblent ne plus l'être.

Friedrich Nietzsche

Aurore

1881

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