SartreFiche auteur

Jean-Paul Sartre

1905 − 1980

Jean-Paul Sartre

La Nausée

1938

Jean-Paul Sartre

Le Mur

1939

Jean-Paul Sartre

Les Mouches

1943

Jean-Paul Sartre

L'Être et le Néant

1943

Jean-Paul Sartre

L'Existentialisme est un humanisme

1945

Jean-Paul Sartre

Les Mains sales

1948

Jean-Paul Sartre

Critique de la raison dialectique

1960

Jean-Paul Sartre

Les Mots

1964

 

Jean-Paul Sartre est à la fois un grand philosophe et un auteur prolifique, dramaturge, romancier, nouvelliste et essayiste. Il reste le symbole de l'intellectuel engagé, par son implication dans la Résistance en 1941 et surtout partout  à son engagement à l'extrême-gauche et aux multiples causes qu'il a défendues jusqu'à sa mort (tiers-mondisme, marxisme, Mai 68).

Sartre est particulièrement connu pour sa philosophie appelée l'existentialisme, selon laquelle les choses sont (qu'elles soient naturelles ou fabriquées, elles sont une essence) tandis que l'homme existe. Cette idée célèbre est résumée par la formule "L'existence précède l'essence ». Cela signifie que l'homme est absolument libre de se définir lui-même par ses actions, car il est, écrit Sartre qui reprend ici Heidegger, un "projet". L'existentialisme s'oppose donc au déterminisme ainsi qu'au concept freudien d'inconscient, qui constitue un déterminisme intérieur.

Cette liberté a une conséquence inévitable : la responsabilité : l'homme doit répondre de toutes ses actions et pensées, car il est "condamné à être libre". De plus, en faisant un choix, c'est non seulement sa responsabilité mais la responsabilité de l'humanité tout entière qu'il met en jeu –tout homme est l'homme. L'existence humaine, caractérisée par la liberté et la contingence (les choses ne sont pas déterminées non plus) est donc source d'angoisse et de « nausée » (« La Nausée », titre du roman le plus célèbre de Sartre, signifiant le dégoût qu'éprouve l'homme devant sa propre lâcheté).

C'est pourquoi les hommes ont tendance à faire preuve de mauvaise foi en refusant d'assumer leur liberté et en invoquant des déterminismes psychiques, naturels ou sociaux. La mauvaise foi est pratiquement synonyme de conscience, même morale.

Toutefois, la seule source d'aliénation possible à la liberté humaine provient de la contrainte et de la souffrance nées des actes et même du regard d'autrui. Autrui nie ma liberté en me caractérisant par une définition et un jugement figés. C'est l'idée exprimée par la célèbre réplique de Huis clos "L'enfer, c'est les autres". Mais autrui est également le vecteur nécessaire à la prise de conscience de soi, le "médiateur indispensable entre moi et moi-même" puisqu'il me voit comme je ne peux pas me voir, à l'image du « voyeur » qui est surpris comme vu par un autre sujet.

 

Sartre distingue trois modalités différentes de l'être : l'être en-soi (l'être des objets inanimés, mais aussi notre propre « être-objet » : corps, passivité, lâcheté, etc.. ), l'être pour-soi (l'être du sujet conscient et libre). L'être pour-autrui (l'être lié au regard d'autrui), fondamental, nous contraint d'articuler nos deux dimensions (en soi et pour soi) dans nos conduites, nous obligeant à nous responsabiliser.

L'existence précède l'essence.

Jean-Paul Sartre

L'Existentialisme est un humanisme

1945

L'enfer, c'est les autres.

Jean-Paul Sartre

Huis clos

1944

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