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  4. Question sur corpus type bac : Comparer les points de vue des personnages

Comparer les points de vue des personnages Question sur corpus type bac

Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.

Dernière modification : 24/10/2018 - Conforme au programme 2018-2019

Adapté de Métropole, 2010, voies technologiques

Vous comparerez les points de vue adoptés par les personnages sur la ville de Paris.

Document 1

Texte A : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale

1869

[Frédéric Moreau, jeune provincial étudiant à Paris, est épris de Mme Arnoux, épouse d'un marchand d'œuvres d'art. De la place qu'il occupe dans la diligence qui le ramène à Paris après une longue absence, il regarde défiler la ville.]

On descendit le boulevard au grand trot, les palonniers1 battants, les traits2 flottants. La mèche du long fouet claquait dans l'air humide. Le conducteur lançait son cri sonore : "Allume ! allume ! ohé !", et les balayeurs se rangeaient, les piétons sautaient en arrière, la boue jaillissait contre les vasistas, on croisait des tombereaux3, des cabriolets, des omnibus. Enfin la grille du Jardin des Plantes se déploya.

La Seine, jaunâtre, touchait presque au tablier4 des ponts. Une fraîcheur s'en exhalait. Frédéric l'aspira de toutes ses forces, savourant ce bon air de Paris qui semble contenir des effluves amoureux et des émanations intellectuelles ; il eut un attendrissement en apercevant le premier fiacre. Et il aimait jusqu'au seuil des marchands de vin garni de paille, jusqu'aux décrotteurs avec leurs boîtes, jusqu'aux garçons épiciers secouant leur brûloir à café. Des femmes trottinaient sous des parapluies ; il se penchait pour distinguer leur figure ; un hasard pouvait avoir fait sortir Mme Arnoux.

Les boutiques défilaient, la foule augmentait, le bruit devenait plus fort. Après le quai Saint-Bernard, le quai de la Tournelle et le quai Montebello, on prit le quai Napoléon ; il voulut voir ses fenêtres, elles étaient loin. Puis on repassa la Seine sur le Pont-Neuf, on descendit jusqu'au Louvre ; et, par les rues Saint-Honoré, Croix-des-Petits-Champs et du Bouloi, on atteignit la rue Coq-Héron, et l'on entra dans la cour de l'hôtel.

Pour faire durer son plaisir, Frédéric s'habilla le plus lentement possible, et même il se rendit à pied au boulevard Montmartre ; il souriait à l'idée de revoir, tout à l'heure, sur la plaque de marbre, le nom chéri.

1 Palonniers : pièce mobile sur laquelle on fixe les rênes dans un attelage.
2 Traits : partie du harnais qui sert à tirer un véhicule.
3 Tombereaux : charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc.
4 Tablier : la plate-forme qui constitue le plancher d'un pont.

Document 2

Texte B : Émile Zola, L'Assommoir

1877

[Gervaise, blanchisseuse dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, attend au petit matin son amant Auguste Lantier qui, pour la première fois, n'est pas rentré de la nuit. Elle le guette depuis sa fenêtre.]

L'hôtel se trouvait sur le boulevard de la Chapelle, à gauche de la barrière Poissonnière. C'était une masure de deux étages, peinte en rouge lie de vin jusqu'au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d'une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire entre les deux fenêtres : Hôtel Boncœur, tenu par Marsoullier, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux. Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard de Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants ; et le vent frais apportait une puanteur par moments, une odeur fauve de bêtes massacrées. Elle regardait à gauche, enfilant un long ruban d'avenue, s'arrêtant presque en face d'elle, à la masse blanche de l'hôpital de Lariboisière, alors en construction. Lentement, d'un bout à l'autre de l'horizon, elle suivait le mur de l'octroi1, derrière lequel, la nuit, elle entendait parfois des cris d'assassinés ; et elle fouillait les angles écartés, les coins sombres, noirs d'humidité et d'ordure, avec la peur d'y découvrir le corps de Lantier, le ventre troué de coups de couteau. Quand elle levait les yeux, au-delà de cette muraille grise et interminable qui entourait la ville d'une bande de désert, elle apercevait une grande lueur, une poussière de soleil, pleine déjà du grondement matinal de Paris. Mais c'était toujours à la barrière Poissonnière qu'elle revenait, le cou tendu, s'étourdissant à voir couler, entre les deux pavillons trapus de l'octroi, le flot ininterrompu d'hommes, de bêtes, de charrettes, qui descendait des hauteurs de Montmartre et de la Chapelle. Il y avait là un piétinement de troupeau, une foule que de brusques arrêts étalaient en mares sur la chaussée, un défilé sans fin d'ouvriers allant au travail, leurs outils sur le dos, leur pain sous le bras ; et la cohue s'engouffrait dans Paris où elle se noyait, continuellement. Lorsque Gervaise, parmi tout ce monde, croyait reconnaître Lantier, elle se penchait davantage, au risque de tomber ; puis, elle appuyait plus fortement son mouchoir sur la bouche, comme pour renfoncer sa douleur.

1 Octroi : administration et bâtiment où se payait la taxe d'entrée de certaines denrées.

Dans les deux textes, par quoi est influencée la description de la ville de Paris ?

Document 1

Texte A : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale

1869

[Frédéric Moreau, jeune provincial étudiant à Paris, est épris de Mme Arnoux, épouse d'un marchand d'œuvres d'art. De la place qu'il occupe dans la diligence qui le ramène à Paris après une longue absence, il regarde défiler la ville.]

On descendit le boulevard au grand trot, les palonniers1 battants, les traits2 flottants. La mèche du long fouet claquait dans l'air humide. Le conducteur lançait son cri sonore : "Allume ! allume ! ohé !", et les balayeurs se rangeaient, les piétons sautaient en arrière, la boue jaillissait contre les vasistas, on croisait des tombereaux3, des cabriolets, des omnibus. Enfin la grille du Jardin des Plantes se déploya.

La Seine, jaunâtre, touchait presque au tablier4 des ponts. Une fraîcheur s'en exhalait. Frédéric l'aspira de toutes ses forces, savourant ce bon air de Paris qui semble contenir des effluves amoureux et des émanations intellectuelles ; il eut un attendrissement en apercevant le premier fiacre. Et il aimait jusqu'au seuil des marchands de vin garni de paille, jusqu'aux décrotteurs avec leurs boîtes, jusqu'aux garçons épiciers secouant leur brûloir à café. Des femmes trottinaient sous des parapluies ; il se penchait pour distinguer leur figure ; un hasard pouvait avoir fait sortir Mme Arnoux.

Les boutiques défilaient, la foule augmentait, le bruit devenait plus fort. Après le quai Saint-Bernard, le quai de la Tournelle et le quai Montebello, on prit le quai Napoléon ; il voulut voir ses fenêtres, elles étaient loin. Puis on repassa la Seine sur le Pont-Neuf, on descendit jusqu'au Louvre ; et, par les rues Saint-Honoré, Croix-des-Petits-Champs et du Bouloi, on atteignit la rue Coq-Héron, et l'on entra dans la cour de l'hôtel.

Pour faire durer son plaisir, Frédéric s'habilla le plus lentement possible, et même il se rendit à pied au boulevard Montmartre ; il souriait à l'idée de revoir, tout à l'heure, sur la plaque de marbre, le nom chéri.

1 Palonniers : pièce mobile sur laquelle on fixe les rênes dans un attelage.
2 Traits : partie du harnais qui sert à tirer un véhicule.
3 Tombereaux : charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc.
4 Tablier : la plate-forme qui constitue le plancher d'un pont.

Document 2

Texte B : Émile Zola, L'Assommoir

1877

[Gervaise, blanchisseuse dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, attend au petit matin son amant Auguste Lantier qui, pour la première fois, n'est pas rentré de la nuit. Elle le guette depuis sa fenêtre.]

L'hôtel se trouvait sur le boulevard de la Chapelle, à gauche de la barrière Poissonnière. C'était une masure de deux étages, peinte en rouge lie de vin jusqu'au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d'une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire entre les deux fenêtres : Hôtel Boncœur, tenu par Marsoullier, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux. Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard de Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants ; et le vent frais apportait une puanteur par moments, une odeur fauve de bêtes massacrées. Elle regardait à gauche, enfilant un long ruban d'avenue, s'arrêtant presque en face d'elle, à la masse blanche de l'hôpital de Lariboisière, alors en construction. Lentement, d'un bout à l'autre de l'horizon, elle suivait le mur de l'octroi1, derrière lequel, la nuit, elle entendait parfois des cris d'assassinés ; et elle fouillait les angles écartés, les coins sombres, noirs d'humidité et d'ordure, avec la peur d'y découvrir le corps de Lantier, le ventre troué de coups de couteau. Quand elle levait les yeux, au-delà de cette muraille grise et interminable qui entourait la ville d'une bande de désert, elle apercevait une grande lueur, une poussière de soleil, pleine déjà du grondement matinal de Paris. Mais c'était toujours à la barrière Poissonnière qu'elle revenait, le cou tendu, s'étourdissant à voir couler, entre les deux pavillons trapus de l'octroi, le flot ininterrompu d'hommes, de bêtes, de charrettes, qui descendait des hauteurs de Montmartre et de la Chapelle. Il y avait là un piétinement de troupeau, une foule que de brusques arrêts étalaient en mares sur la chaussée, un défilé sans fin d'ouvriers allant au travail, leurs outils sur le dos, leur pain sous le bras ; et la cohue s'engouffrait dans Paris où elle se noyait, continuellement. Lorsque Gervaise, parmi tout ce monde, croyait reconnaître Lantier, elle se penchait davantage, au risque de tomber ; puis, elle appuyait plus fortement son mouchoir sur la bouche, comme pour renfoncer sa douleur.

1 Octroi : administration et bâtiment où se payait la taxe d'entrée de certaines denrées.

Quels regards les personnages portent-ils sur Paris dans les textes suivants ?

Document 1

Texte A : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale

1869

[Frédéric Moreau, jeune provincial étudiant à Paris, est épris de Mme Arnoux, épouse d'un marchand d'œuvres d'art. De la place qu'il occupe dans la diligence qui le ramène à Paris après une longue absence, il regarde défiler la ville.]

On descendit le boulevard au grand trot, les palonniers1 battants, les traits2 flottants. La mèche du long fouet claquait dans l'air humide. Le conducteur lançait son cri sonore : "Allume ! allume ! ohé !", et les balayeurs se rangeaient, les piétons sautaient en arrière, la boue jaillissait contre les vasistas, on croisait des tombereaux3, des cabriolets, des omnibus. Enfin la grille du Jardin des Plantes se déploya.

La Seine, jaunâtre, touchait presque au tablier4 des ponts. Une fraîcheur s'en exhalait. Frédéric l'aspira de toutes ses forces, savourant ce bon air de Paris qui semble contenir des effluves amoureux et des émanations intellectuelles ; il eut un attendrissement en apercevant le premier fiacre. Et il aimait jusqu'au seuil des marchands de vin garni de paille, jusqu'aux décrotteurs avec leurs boîtes, jusqu'aux garçons épiciers secouant leur brûloir à café. Des femmes trottinaient sous des parapluies ; il se penchait pour distinguer leur figure ; un hasard pouvait avoir fait sortir Mme Arnoux.

Les boutiques défilaient, la foule augmentait, le bruit devenait plus fort. Après le quai Saint-Bernard, le quai de la Tournelle et le quai Montebello, on prit le quai Napoléon ; il voulut voir ses fenêtres, elles étaient loin. Puis on repassa la Seine sur le Pont-Neuf, on descendit jusqu'au Louvre ; et, par les rues Saint-Honoré, Croix-des-Petits-Champs et du Bouloi, on atteignit la rue Coq-Héron, et l'on entra dans la cour de l'hôtel.

Pour faire durer son plaisir, Frédéric s'habilla le plus lentement possible, et même il se rendit à pied au boulevard Montmartre ; il souriait à l'idée de revoir, tout à l'heure, sur la plaque de marbre, le nom chéri.

1 Palonniers : pièce mobile sur laquelle on fixe les rênes dans un attelage.
2 Traits : partie du harnais qui sert à tirer un véhicule.
3 Tombereaux : charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc.
4 Tablier : la plate-forme qui constitue le plancher d'un pont.

Document 2

Texte B : Émile Zola, L'Assommoir

1877

[Gervaise, blanchisseuse dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, attend au petit matin son amant Auguste Lantier qui, pour la première fois, n'est pas rentré de la nuit. Elle le guette depuis sa fenêtre.]

L'hôtel se trouvait sur le boulevard de la Chapelle, à gauche de la barrière Poissonnière. C'était une masure de deux étages, peinte en rouge lie de vin jusqu'au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d'une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire entre les deux fenêtres : Hôtel Boncœur, tenu par Marsoullier, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux. Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard de Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants ; et le vent frais apportait une puanteur par moments, une odeur fauve de bêtes massacrées. Elle regardait à gauche, enfilant un long ruban d'avenue, s'arrêtant presque en face d'elle, à la masse blanche de l'hôpital de Lariboisière, alors en construction. Lentement, d'un bout à l'autre de l'horizon, elle suivait le mur de l'octroi1, derrière lequel, la nuit, elle entendait parfois des cris d'assassinés ; et elle fouillait les angles écartés, les coins sombres, noirs d'humidité et d'ordure, avec la peur d'y découvrir le corps de Lantier, le ventre troué de coups de couteau. Quand elle levait les yeux, au-delà de cette muraille grise et interminable qui entourait la ville d'une bande de désert, elle apercevait une grande lueur, une poussière de soleil, pleine déjà du grondement matinal de Paris. Mais c'était toujours à la barrière Poissonnière qu'elle revenait, le cou tendu, s'étourdissant à voir couler, entre les deux pavillons trapus de l'octroi, le flot ininterrompu d'hommes, de bêtes, de charrettes, qui descendait des hauteurs de Montmartre et de la Chapelle. Il y avait là un piétinement de troupeau, une foule que de brusques arrêts étalaient en mares sur la chaussée, un défilé sans fin d'ouvriers allant au travail, leurs outils sur le dos, leur pain sous le bras ; et la cohue s'engouffrait dans Paris où elle se noyait, continuellement. Lorsque Gervaise, parmi tout ce monde, croyait reconnaître Lantier, elle se penchait davantage, au risque de tomber ; puis, elle appuyait plus fortement son mouchoir sur la bouche, comme pour renfoncer sa douleur.

1 Octroi : administration et bâtiment où se payait la taxe d'entrée de certaines denrées.

Dans le texte d'Émile Zola, quel champ lexical domine qu'on ne trouve pas dans le texte de Gustave Flaubert ?

Document 1

Texte A : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale

1969

[Frédéric Moreau, jeune provincial étudiant à Paris, est épris de Mme Arnoux, épouse d'un marchand d'œuvres d'art. De la place qu'il occupe dans la diligence qui le ramène à Paris après une longue absence, il regarde défiler la ville.]

On descendit le boulevard au grand trot, les palonniers1 battants, les traits2 flottants. La mèche du long fouet claquait dans l'air humide. Le conducteur lançait son cri sonore : "Allume ! allume ! ohé !", et les balayeurs se rangeaient, les piétons sautaient en arrière, la boue jaillissait contre les vasistas, on croisait des tombereaux3, des cabriolets, des omnibus. Enfin la grille du Jardin des Plantes se déploya.

La Seine, jaunâtre, touchait presque au tablier4 des ponts. Une fraîcheur s'en exhalait. Frédéric l'aspira de toutes ses forces, savourant ce bon air de Paris qui semble contenir des effluves amoureux et des émanations intellectuelles ; il eut un attendrissement en apercevant le premier fiacre. Et il aimait jusqu'au seuil des marchands de vin garni de paille, jusqu'aux décrotteurs avec leurs boîtes, jusqu'aux garçons épiciers secouant leur brûloir à café. Des femmes trottinaient sous des parapluies ; il se penchait pour distinguer leur figure ; un hasard pouvait avoir fait sortir Mme Arnoux.

Les boutiques défilaient, la foule augmentait, le bruit devenait plus fort. Après le quai Saint-Bernard, le quai de la Tournelle et le quai Montebello, on prit le quai Napoléon ; il voulut voir ses fenêtres, elles étaient loin. Puis on repassa la Seine sur le Pont-Neuf, on descendit jusqu'au Louvre ; et, par les rues Saint-Honoré, Croix-des-Petits-Champs et du Bouloi, on atteignit la rue Coq-Héron, et l'on entra dans la cour de l'hôtel.

Pour faire durer son plaisir, Frédéric s'habilla le plus lentement possible, et même il se rendit à pied au boulevard Montmartre ; il souriait à l'idée de revoir, tout à l'heure, sur la plaque de marbre, le nom chéri.

1 Palonniers : pièce mobile sur laquelle on fixe les rênes dans un attelage.
2 Traits : partie du harnais qui sert à tirer un véhicule.
3 Tombereaux : charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc.
4 Tablier : la plate-forme qui constitue le plancher d'un pont.

Document 2

Texte B : Émile Zola, L'Assommoir

1877

[Gervaise, blanchisseuse dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, attend au petit matin son amant Auguste Lantier qui, pour la première fois, n'est pas rentré de la nuit. Elle le guette depuis sa fenêtre.]

L'hôtel se trouvait sur le boulevard de la Chapelle, à gauche de la barrière Poissonnière. C'était une masure de deux étages, peinte en rouge lie de vin jusqu'au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d'une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire entre les deux fenêtres : Hôtel Boncœur, tenu par Marsoullier, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux. Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard de Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants ; et le vent frais apportait une puanteur par moments, une odeur fauve de bêtes massacrées. Elle regardait à gauche, enfilant un long ruban d'avenue, s'arrêtant presque en face d'elle, à la masse blanche de l'hôpital de Lariboisière, alors en construction. Lentement, d'un bout à l'autre de l'horizon, elle suivait le mur de l'octroi1, derrière lequel, la nuit, elle entendait parfois des cris d'assassinés ; et elle fouillait les angles écartés, les coins sombres, noirs d'humidité et d'ordure, avec la peur d'y découvrir le corps de Lantier, le ventre troué de coups de couteau. Quand elle levait les yeux, au-delà de cette muraille grise et interminable qui entourait la ville d'une bande de désert, elle apercevait une grande lueur, une poussière de soleil, pleine déjà du grondement matinal de Paris. Mais c'était toujours à la barrière Poissonnière qu'elle revenait, le cou tendu, s'étourdissant à voir couler, entre les deux pavillons trapus de l'octroi, le flot ininterrompu d'hommes, de bêtes, de charrettes, qui descendait des hauteurs de Montmartre et de la Chapelle. Il y avait là un piétinement de troupeau, une foule que de brusques arrêts étalaient en mares sur la chaussée, un défilé sans fin d'ouvriers allant au travail, leurs outils sur le dos, leur pain sous le bras ; et la cohue s'engouffrait dans Paris où elle se noyait, continuellement. Lorsque Gervaise, parmi tout ce monde, croyait reconnaître Lantier, elle se penchait davantage, au risque de tomber ; puis, elle appuyait plus fortement son mouchoir sur la bouche, comme pour renfoncer sa douleur.

1 Octroi : administration et bâtiment où se payait la taxe d'entrée de certaines denrées.

Quelle opposition majeure existe-t-il entre les deux descriptions de Paris dans les textes ?

Document 1

Texte A : Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale

1869

[Frédéric Moreau, jeune provincial étudiant à Paris, est épris de Mme Arnoux, épouse d'un marchand d'œuvres d'art. De la place qu'il occupe dans la diligence qui le ramène à Paris après une longue absence, il regarde défiler la ville.]

On descendit le boulevard au grand trot, les palonniers1 battants, les traits2 flottants. La mèche du long fouet claquait dans l'air humide. Le conducteur lançait son cri sonore : "Allume ! allume ! ohé !", et les balayeurs se rangeaient, les piétons sautaient en arrière, la boue jaillissait contre les vasistas, on croisait des tombereaux3, des cabriolets, des omnibus. Enfin la grille du Jardin des Plantes se déploya.

La Seine, jaunâtre, touchait presque au tablier4 des ponts. Une fraîcheur s'en exhalait. Frédéric l'aspira de toutes ses forces, savourant ce bon air de Paris qui semble contenir des effluves amoureux et des émanations intellectuelles ; il eut un attendrissement en apercevant le premier fiacre. Et il aimait jusqu'au seuil des marchands de vin garni de paille, jusqu'aux décrotteurs avec leurs boîtes, jusqu'aux garçons épiciers secouant leur brûloir à café. Des femmes trottinaient sous des parapluies ; il se penchait pour distinguer leur figure ; un hasard pouvait avoir fait sortir Mme Arnoux.

Les boutiques défilaient, la foule augmentait, le bruit devenait plus fort. Après le quai Saint-Bernard, le quai de la Tournelle et le quai Montebello, on prit le quai Napoléon ; il voulut voir ses fenêtres, elles étaient loin. Puis on repassa la Seine sur le Pont-Neuf, on descendit jusqu'au Louvre ; et, par les rues Saint-Honoré, Croix-des-Petits-Champs et du Bouloi, on atteignit la rue Coq-Héron, et l'on entra dans la cour de l'hôtel.

Pour faire durer son plaisir, Frédéric s'habilla le plus lentement possible, et même il se rendit à pied au boulevard Montmartre ; il souriait à l'idée de revoir, tout à l'heure, sur la plaque de marbre, le nom chéri.

1 Palonniers : pièce mobile sur laquelle on fixe les rênes dans un attelage.
2 Traits : partie du harnais qui sert à tirer un véhicule.
3 Tombereaux : charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc.
4 Tablier : la plate-forme qui constitue le plancher d'un pont.

Document 2

Texte B : Émile Zola, L'Assommoir

1877

[Gervaise, blanchisseuse dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, attend au petit matin son amant Auguste Lantier qui, pour la première fois, n'est pas rentré de la nuit. Elle le guette depuis sa fenêtre.]

L'hôtel se trouvait sur le boulevard de la Chapelle, à gauche de la barrière Poissonnière. C'était une masure de deux étages, peinte en rouge lie de vin jusqu'au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d'une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire entre les deux fenêtres : Hôtel Boncœur, tenu par Marsoullier, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux. Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard de Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants ; et le vent frais apportait une puanteur par moments, une odeur fauve de bêtes massacrées. Elle regardait à gauche, enfilant un long ruban d'avenue, s'arrêtant presque en face d'elle, à la masse blanche de l'hôpital de Lariboisière, alors en construction. Lentement, d'un bout à l'autre de l'horizon, elle suivait le mur de l'octroi1, derrière lequel, la nuit, elle entendait parfois des cris d'assassinés ; et elle fouillait les angles écartés, les coins sombres, noirs d'humidité et d'ordure, avec la peur d'y découvrir le corps de Lantier, le ventre troué de coups de couteau. Quand elle levait les yeux, au-delà de cette muraille grise et interminable qui entourait la ville d'une bande de désert, elle apercevait une grande lueur, une poussière de soleil, pleine déjà du grondement matinal de Paris. Mais c'était toujours à la barrière Poissonnière qu'elle revenait, le cou tendu, s'étourdissant à voir couler, entre les deux pavillons trapus de l'octroi, le flot ininterrompu d'hommes, de bêtes, de charrettes, qui descendait des hauteurs de Montmartre et de la Chapelle. Il y avait là un piétinement de troupeau, une foule que de brusques arrêts étalaient en mares sur la chaussée, un défilé sans fin d'ouvriers allant au travail, leurs outils sur le dos, leur pain sous le bras ; et la cohue s'engouffrait dans Paris où elle se noyait, continuellement. Lorsque Gervaise, parmi tout ce monde, croyait reconnaître Lantier, elle se penchait davantage, au risque de tomber ; puis, elle appuyait plus fortement son mouchoir sur la bouche, comme pour renfoncer sa douleur.

1 Octroi : administration et bâtiment où se payait la taxe d'entrée de certaines denrées.

Dans les deux textes du corpus, les personnages de Frédéric et Gervaise observent Paris. Ils ont tous deux une vision différente de la ville.

Flaubert et Zola proposent une description de la ville de Paris vue à travers les yeux de leurs personnages. Ils utilisent tous deux l'imparfait de description, car leurs scènes se déroulent dans le passé. Dans le premier texte on relève : "claquait", "lançait", "battaient". Dans le second texte on relève : "se trouvait", "suivait", "s'engouffrait". Ce sont les sentiments des personnages qui influencent le regard qu'ils portent sur la ville. Ainsi, Frédéric, amoureux et plein d'espoir, est émerveillé par ce qu'il voit. La description est vive, en mouvement, et traduit cette émotion exaltée. Au contraire, Gervaise est terriblement inquiète car son amant Lantier n'est pas rentré de la nuit. Elle reporte son angoisse sur la ville, qu'elle perçoit comme inquiétante et dangereuse, mais aussi délabrée et malodorante.

Dans le texte extrait de L'Éducation sentimentale de Flaubert, Frédéric est en mouvement, puisqu'il se trouve dans une diligence. La description est donc itinérante, il voyage à travers Paris. On peut citer plusieurs verbes de mouvement : "battants", "flottants", "lançait", "sautaient", "jaillissait", "défilaient", "augmentaient". D'autres expressions soulignent cette avancée rapide dans la ville, comme : "grand trot". Il y a une véritable progression dans le texte. On relève d'ailleurs l'adverbe "enfin" après plusieurs verbes d'action séparés par des virgules : c'est tout un trajet qui est décrit. La scène est marquée par l'action, il y a d'ailleurs présence du discours direct, ce qui donne plus de vie au passage : "Allume ! Allume !" Plusieurs énumérations permettent aussi de donner l'impression d'un mouvement rapide. Les noms de rues ou lieux de Paris se succèdent ainsi : "quai de la Tournelle", "quai Montebello", "quai Napoléon", "rue Saint Honoré", "Le Louvre". Flaubert répète aussi l'adverbe "jusque" ce qui souligne l'idée de grandeur, l'impression d'un long voyage.
Le lecteur est bien placé dans la tête de Frédéric, puisqu'on trouve des verbes de perception comme "sembler". La ville elle-même n'est pas forcément belle, le narrateur décrit la Seine comme étant "jaunâtre", adjectif qualificatif dépréciatif. Mais les sentiments du personnage transforment la ville, Frédéric la voit de façon très positive. On relève ainsi des expressions mélioratives : "bon air frais", "savourant", "émanations intellectuelles". Il y a beaucoup d'exagérations. Frédéric est si euphorique qu'il apprécie même ce qui n'est pas beau : "marchand de vin garni de paille", "décrotteurs avec leurs boîtes" ,"garçons épiciers secouant leur brûloir à café". Flaubert se montre ironique. C'est l'amour qui anime le personnage, on peut d'ailleurs en relever le champ lexical : "effluves amoureux", "attendrissement", "aimait". Cet effet culmine avec le nom de la femme aimée : "Mme Arnoux".

Au contraire du texte de Flaubert, Zola présente Gervaise comme angoissée. Elle ne bouge pas, elle scrute la ville depuis la fenêtre de la chambre d'hôtel où elle se trouve. La description de la ville, très précise et symbolisant bien le courant naturaliste auquel Zola appartient, est donc statique. C'est un vocabulaire dépréciatif qui domine, Gervaise voit la ville comme un lieu délabré : "pourries", "moisissure", "puanteur", "odeur fauve", "ordure". On trouve le verbe de sentiment "gênait" qui souligne que Gervaise n'est pas à l'aise. Le champ lexical de la mort est très présent, car la jeune femme craint qu'il soit arrivé quelque chose à Lantier : "abattoirs", "sanglants", "massacrées", "cris d'assassinés". La ville est décrite comme sombre : "sombre", "noirs", grise". Il y a une idée de mouvement, car Gervaise observe des hommes qui vont au travail : "flot ininterrompu d'hommes, de bêtes et de charrettes". On trouve des verbes de mouvement : "descendait". Mais ce mouvement est comme entravé. En effet, les thèmes de l'emprisonnement et de l'immobilité sont présents, comme si on ne pouvait pas avancer : "piétinement", "brusques arrêts". Zola décrit à un moment le soleil qui se lève, mais Gervaise n'y prête pas attention, elle revient "toujours" au quartier délabré, cherchant Lantier des yeux. Contrairement à Frédéric, elle a une vue d'en haut, une vue panoramique. L'angoisse de Gervaise est caractérisée par l'utilisation du terme "douleur". La peur de la jeune femme lui fait voir les côtés négatifs de la ville.

Ainsi, les deux descriptions de Paris sont très différentes. Frédéric perçoit la ville comme animée et belle, alors que Gervaise la voit statique, laide et dangereuse.

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