Vipère au poingProfil d'œuvre

Vipère au poing

Hervé Bazin

1948

L'histoire se déroule pendant l'été 1922. Jean et Ferdinand sont élevés par leur grand-mère paternelle dans le château familial de la Belle-Angerie. Lorsque celle-ci meurt, leurs parents sont obligés de quitter l'Indochine pour venir s'occuper d'eux.

Les deux frères ont hâte de retrouver leurs parents qu'ils ne connaissent pas. Lorsqu'ils voient leur mère, ils se jettent sur elle, mais elle les repousse violemment. Les deux garçons rencontrent également leur nouveau petit frère, Marcel, qui est très froid. Seul le père les embrasse.

La vie des enfants change complètement. Ils doivent se lever très tôt, leurs journées sont très studieuses. Leur mère leur interdit le café au lait, ils sont obligés de se tondre les cheveux. Elle confisque leurs objets personnels. Ils ne peuvent plus s'amuser ; quand ils ont du temps libre ils doivent s'occuper du parc.

Les enfants ont froid et faim à cause des mesures de leur mère. Ils ne connaissent pas la tendresse, ils sont constamment punis et humiliés. Le père ne dit jamais rien pour ne pas se disputer avec sa femme.

Les enfants trouvent pour leur mère un surnom, "Folcoche", qui est une contraction de "folle" et "cochonne". Ils écrivent partout VF, qui signifie "Vengeance à Folcoche".

Jean finit par ne plus avoir peur de sa mère. À la fin du roman, il confronte sa mère qui refuse qu'il aille au collège. Il gagne et a le droit de partir ; il a vaincu sa mère.

I

Une autofiction

L'autofiction est un récit où l'auteur utilise ses souvenirs mais les romance. Les noms des lieux ou des personnages peuvent être modifiés. Certaines choses sont effacées, oubliées, d'autres sont mises en avant.
Vipère au poing est un roman autobiographique mais romancé. Le narrateur, Jean, est probablement Hervé enfant, même s'il n'a pas le même prénom. Les autres personnages ont aussi des noms fictifs. En revanche, Hervé Bazin utilise le personnage de Folocoche pour parler de sa mère et des violences qu'il a connu enfant.

II

La violence

A

Les mauvais traitements physiques

Le roman est un huis clos. Cela signifie que tout se déroule au même endroit, dans le château familial. Une atmosphère d’étouffement est créée par ce dispositif.
La mère et le père mettent en place un système très strict. Mais au-delà d’un emploi du temps rigide et studieux, les enfants connaissent les mauvais traitements physiques. La mère les pique notamment avec sa fourchette quand ils se tiennent mal à table. Ils ne mangent pas à leur faim, ils ne sont pas assez couverts et ont très froid.

B

La violence psychologique

Le roman raconte surtout la violence psychologique, bien plus destructrice que celle physique. La mère renvoie les seules personnes qui sont gentilles avec les enfants (la gouvernante et l'abbé). Elle prive les enfants de jeux, d'amusement et surtout de tendresse.
Elle les humilie constamment. Les enfants vivent dans la terreur. Ils craignent leur mère. Elle devient une sorte de monstre pour eux.

III

La rébellion

Le narrateur, Jean, est l'enfant le moins aimé par la mère. Pour cette raison, il va tout faire pour se faire remarquer.
Il se dresse contre sa mère, contre son autorité. Il devient rebelle. Il crée le nom de "Falcoche" et se met à la défier, écrivant partout sur les murs "VF".
Au début du roman, Jean tombe sur une vipère endormie alors qu'il joue dans le jardin. Il l'attrape par le cou et l'étrangle d'une seule main. Cette scène rappelle Hercule qui a tué deux serpents dans son berceau. Cette ouverture sert de métaphore au roman. Jean et sa mère vont lutter pour le pouvoir.
Jean va grandir, il devient un jeune homme. Il a alors le courage de s'opposer à sa mère. À la fin du roman, Jean dit qu'il a vaincu la vipère, il a vaincu sa mère.