Repérer une figure de construction dans un texteExercice fondamental

Dans quelles phrases trouve-t-on des figures de construction ?

« ARCAS.
(1) C'est vous-même, Seigneur ! (2) Quel important besoin
Vous a fait devancer l'aurore de si loin ?
(3) À peine un faible jour vous éclaire et me guide,
Vos yeux seuls et les miens sont ouverts dans l'Aulide.
(4) Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit ?
(5) Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit ?
(6) Mais tout dort, et l'armée, et les vents, et Neptune. »

Jean Racine, Iphigénie en Aulide, 1674

« (1) C'est en riant que Gwynplaine faisait rire. (2) Et pourtant il ne riait pas. (3) Sa face riait, sa pensée non. (4) L'espèce de visage inouï que le hasard ou une industrie bizarrement spéciale lui avait façonné, riait tout seul. (5) Gwynplaine ne s'en mêlait pas. (6) Le dehors ne dépendait pas du dedans. »

Victor Hugo, L'Homme qui rit, 1869

« (1) Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
(2) Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
À chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.

(3) Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
(4) Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
[...] »

Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, 1678

« (1) Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

(2) Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

(3) Est-elle brune, blonde ou rousse ? − (4) Je l'ignore.
(5) Son nom ? (6) Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila. »

Verlaine, « Mon rêve familier», Poèmes saturniens, 1866

« (1) Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

(2) Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

(3) La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

(4) Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes. »

Pierre de Marbeuf, « Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage », Recueil des vers, 1628.