Repérer une figure d'insistance et d'amplification dans un texteExercice fondamental

Dans quelles phrases repère-t-on des figures d'insistance et d'amplification ?

« (1) Le bagne avec ses mœurs et son langage, avec ses brusques transitions du plaisant à l'horrible, son épouvantable grandeur, sa familiarité, sa bassesse, fut tout à coup représenté dans cette interpellation et par cet homme, qui ne fut plus un homme, mais le type de toute une nation dégénérée, d'un peuple sauvage et logique, brutal et souple. (2) En un moment Collin devint un poète infernal où se peignirent tous les sentiments humains, moins un seul, celui du repentir. (3) Son regard était celui de l'archange déchu qui veut toujours la guerre. (4) Rastignac baissa les yeux en acceptant ce cousinage criminel comme une expiation de ses mauvaises pensées. »

Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835

« DON DIÈGUE.
(1) Ne réplique point, je connais ton amour,
Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour ;
Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense.
(2) Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance :
Je ne te dis plus rien. (3) Venge-moi, venge-toi ;
Montre-toi digne fils d'un père tel que moi.
(4) Accablé des malheurs où le destin me range,
Je vais les déplorer. (5) Va, cours, vole, et nous venge. »

Pierre Corneille, Le Cid, Acte I, scène 5, 1637

« (1) Contre moi-même enfin j'osai me révolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
(2) Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein, et des bras paternels.
(3) Je respirais, Œnone. (4) Et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence ;
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits. »

Jean Racine, Phèdre, Acte I, scène 3, 1677

« (1) Booz s'était couché de fatigue accablé ;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.

(2) Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge ;
Il était, quoique riche, à la justice enclin ;
Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin ;
Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.

(3) Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.
(4) Sa gerbe n'était point avare ni haineuse ;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse :
– Laissez tomber exprès des épis, disait-il. »

Victor Hugo,« Booz endormi », La Légende des siècles, 1859

« ORGON.
(1) Vous me feriez damner, ma mère. (2) Je vous dis
Que j'ai vu de mes yeux un crime si hardi.

Mme PERNELLE.
(3) Les langues ont toujours du venin à répandre,
Et rien n'est ici-bas qui s'en puisse défendre.

ORGON.
(4) C'est tenir un propos de sens bien dépourvu.
(5) Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu,
Ce qu'on appelle vu : faut-il vous le rebattre
Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre ? »

Molière, Tartuffe, Acte V, scène 3, 1669