Contes en vers (Perrault) Profil d'œuvre

Contes en vers

Charles Perrault

1691 − 1694

Charles Perrault a écrit plusieurs contes en vers. "Griselidis" est écrit en 1691, "Les Souhaits ridicules" en 1693 et "Peau d'Âne" en 1695.

"Griselidis" : Un prince refuse de se marier. Il pense que toutes les femmes sont des hypocrites. Quand elles sont jeunes filles, elles sont douces, gentilles, aimables. Mais une fois qu'elles sont mariées, elles enlèvent leur masque et ont une tout autre personnalité. Lors d'une partie de chasse, il rencontre une bergère. Il lui fait jurer qu'elle fera tout selon sa volonté du prince, et il l'épouse. Griselidis met bientôt au monde un enfant. Le prince finit par ne plus croire à la sincérité de son épouse. Il la tient à l'écart de la cour, lui enlève ses belles parures. La femme accepte. Pour éprouver son épouse, il lui enlève sa fille qu'il met dans un couvent. Griselidis ne dit rien. Le prince a honte mais continue son manège. Il lui fait croire que l'enfant est morte. La femme le console lui plutôt qu'elle-même. Plus tard, il la renvoie chez elle, lui disant qu'il va épouser une jeune femme. Elle accepte.
La veille du mariage, il demande à Griselidis de préparer les noces. Elle rencontre alors la jeune femme, qui est en vérité sa fille (le prince met de nouveau sa femme à l'épreuve). Les deux femmes s'apprécient instantanément. Griselidis demande alors au prince de ne pas faire souffrir sa nouvelle femme comme il l'a fait souffrir. Le jour du mariage, le prince avoue tout et déclare qu'il faut vénérer Griselidis car elle est la meilleure des femmes.

"Peau d'Âne" : Un roi perd sa femme. Il dit qu''il épousera une femme seulement si elle est plus belle et sage que sa femme. Sa fille devient magnifique en grandissant. Il veut l'épouser. La princesse demande à sa marraine la fée de l'aider à échapper à ce destin. La fée lui conseille de demander l'impossible. Elle demande alors des robes couleur temps, lune et soleil. Mais le père les fait faire. Alors elle demande la peau de l'âne merveilleux du père. Il la lui donne. La jeune femme s'enfuit sous cette peau.
Peau d'Âne vit comme une pauvresse jusqu'à sa rencontre avec un prince. Lors des bals, elle remet les belles robes. Le prince tombe amoureux mais ne sait pas qu'elle est Peau d'Âne. Elle lui fait un jour un gâteau dans lequel il y a un anneau. Le prince dit qu'il épousera celle qui peut mettre l'anneau. Il épouse ainsi Peau d'Âne et découvre qu'elle est la belle femme qu'il aime secrètement. Le père assiste au mariage, repenti.

"Les Souhaits ridicules" : Jupiter aide Blaise, un pauvre bûcheron qui veut mourir. Elle lui accorde trois vœux. Irréfléchi, l'homme demande du boudin. Sa femme le dispute, alors il demande à ce que le boudin lui pende au nez. Il ne reste plus qu'un vœu, et il demande à ce que sa femme retrouve son nez. C'est ainsi que se termine l'histoire.

I

La préface

A

Une description de l'œuvre

L'auteur présente ses préférences dans cette préface. Il souligne ainsi qu'il aime le folklore français et s'intéresse particulièrement aux contes qui traitent des problèmes des enfants. L'importance du lien parent-enfant est mise en avant. Il y a souvent du ressentiment.
Perrault écrit sa préface en utilisant le rythme binaire. Cela donne un effet de double, d'écho, tout comme les contes qui sont un miroir de l'humanité. Perrault fait l'éloge des contes populaires. Il dit qu'ils apprennent la morale, le bien et le mal.

B

Un manifeste en faveur des Modernes

Dès la préface, Perrault annonce que ses contes sont destinés aux enfants. Mais en vérité, c'est l'homme mondain qui va lire ses contes. Il ne peut pas vraiment y avoir de caractère pédagogique dans ce cas, puisque le mondain ne peut plus être "éduqué".
La préface est surtout un manifeste en faveur des Modernes. Perrault s'oppose à Boileau. Il affirme que les contes méritent d'être mieux racontés. Il critique aussi les Anciens. Le modernisme apparaît comme étant de plus en plus en accord avec les contes. Perrault assure même que les contes sont supérieurs à la grande littérature.
Il existe une morale à cette préface. Ce qu'il faut faire ce n'est pas respecter les traditions, mais parvenir à capter son auditoire et dépasser les Anciens.

II

Les caractéristiques du conte

Un conte est un texte généralement court. C'est une histoire issue de la culture populaire, qui a souvent été transmise oralement avant d'être enfin rédigée. Les contes puisent dans le folklore populaire. Certaines formules sont ainsi très célèbres. Les contes de Perrault sont une version littéraire des histoires populaires, mais ces histoires n'ont pas été inventées par lui, et on retrouve d'autres versions des histoires notamment chez les frères Grimm.
L'époque et le lieu du récit sont indéfinis. Presque tous les contes de Perrault commencent par "Il était une fois". Le lecteur est plongé dans le passé, mais on ne sait pas vraiment dans quel pays ou lieu se déroule l'histoire.
Les contes de Perrault comportent tous une morale, qui est rédigée sous la forme d'un poème. La morale explique quelle leçon le lecteur doit tirer de l'histoire. Dans "Griselidis", l'auteur fait comprendre qu'une jeune femme respectable et honorable doit obéir en tout à son époux. Dans "Peau d'Âne", où une fille doit quitter sa maison et se marier loin de son père, Perrault dénonce l'inceste. Dans "Les Souhaits ridicules", Perrault met en garde contre les envies ridicules. Il faut toujours réfléchir.

III

Les histoires

A

"Les Souhaits ridicules"

C'est un des contes les plus étranges et les moins traditionnels de Perrault. Le merveilleux est convoqué puisqu'il y a la présence du dieu Jupiter. Il est très court. C'est un texte qui relève de la farce voire même du grotesque, il est donc très comique.
Les personnages ont un certain âge, ils ne sont pas beaux, ils sont assez médiocres et ridicules. On ne peut pas les plaindre, puisqu'ils semblent mériter leur situation. Ils n'évoluent pas, à la fin ils sont au même point qu'au début. La moralité même du conte est assez étonnante. Perrault laisse entendre qu'aucune évolution n'est possible pour la classe modeste, et qu'à cause de leur bêtise les pauvres méritent leur situation.

B

La famille et le mariage

Dans "Griselidis", Perrault met en scène des châteaux et des princes, dans une époque non définie. On est bien dans le genre conte. Le jeune homme ne fait pas confiance aux femmes. Il épouse finalement une bergère, Griselidis. Elle est donc socialement inférieure à lui. Elle est très belle. Elle accepte de lui obéir en tout. Elle supporte toutes les épreuves : il lui enlève son enfant, lui fait croire qu'elle est morte, la renvoie chez elle et lui demande de préparer sa future épouse. Elle obéit. À la fin, le prince la considère enfin parfaite. On peut aujourd'hui critiquer une morale misogyne. Le prince est cruel, et Griselidis est plus une victime qu'une sainte.
Dans "Peau d'Âne", le merveilleux est présent grâce à la fée, aux robes merveilleuses et à l'âne magique. Le conte est terrible, il parle de l'inceste. Le roi est fou, sa pauvre fille doit le fuir. Elle vit pauvrement avant de pouvoir épouser un prince. Le conte dit qu'une jeune femme doit épouser un jeune homme. Il y a ici un discours positif d'une jeune femme qui prend sa vie en mains et échappe à la tyrannie de son père.