Iphigénie Profil d'œuvre

Iphigénie

Racine

1674

Iphigénie est la fille d'Agamemnon, roi de Mycènes et d'Argos. Elle va rejoindre son père avec sa mère Clytemnestre. Elle croit que c'est pour retrouver son fiancé Achille et l'épouser.

En vérité, Agamemnon se prépare à attaquer la ville de Troie, car la femme de son frère Ménélas, Hélène, a été enlevée par Hector. Mais il n'y a pas de vent pour porter les bateaux. L'oracle a dit que les vents se lèveraient de nouveau et qu'Agamemnon aurait la victoire s'il sacrifiait Iphigénie.

Ériphile est une esclave prisonnière d'Achille. Elle en est secrètement amoureuse. Elle déteste Iphigénie.

Lorsqu'Iphigénie apprend que son père veut la sacrifier, elle l'accepte, elle le voit comme son devoir. Achille et Clytemnestre confrontent Agamemnon. Ils l'accusent de tuer sa fille sans remords. Iphigénie tente de restaurer la paix parmi les siens avant le sacrifice.

Au dernier moment, on apprend qu'Ériphile s'appelle en vérité Iphigénie et qu'elle est la descendante d'Hélène. C'est elle qui doit être sacrifiée. Iphigénie est sauvée, la paix est restaurée, Agamemnon peut partir à la guerre.

I

Une tragédie classique ?

A

La règle des trois unités

La pièce respecte la règle des trois unités.

  • L'intrigue se déroule en un seul lieu, un camp militaire dans un port d'Aulis.
  • Le sujet est également unique, il s'agit du sacrifice d'Iphigénie par son père.
  • L'unité de temps est également respectée, puisque l'histoire tient en une seule journée. Au lever du rideau c'est l'aube et il retombe sur le crépuscule. Les personnages sont tous des nobles, ce qui était essentiel à l'époque classique.
B

La fin de la pièce

Dans la mythologie, Iphigénie meurt sacrifiée par son père. Mais Racine n'a pas pu se résoudre à le faire. En effet, dès la préface, il écrit qu'Iphigénie est trop parfaite pour mourir. Dans la tragédie classique, un personnage peut mourir mais il doit être "ni tout à fait innocent, ni tout à fait coupable". Iphigénie n'a rien fait de mal.
Racine invente alors Ériphile, qui n'existe pas dans l'histoire initiale. Le spectateur a de la peine pour elle, parce qu'elle aime Achille et qu'elle est esclave. Mais elle représente aussi le chaos, car elle manigance contre Iphigénie. Quelque part, elle mérite sa mort. Peut-on alors parler d'une tragédie, puisque Iphigénie ne meurt pas, et qu'elle peut épouser Achille à la fin de la pièce ?

II

Les couples dans la pièce

Dans Iphigénie, les personnages fonctionnent par couples. Il y a d'abord le couple Iphigénie/Ériphile. On peut dire qu'elles sont les deux faces d'une même pièce, la bonne Iphigénie et la mauvaise. Il y a ensuite les deux couples de la pièce, Agamemnon et sa femme Clytemnestre, et les jeunes fiancés Achille et Iphigénie.
Mais il existe aussi d'autres couples. Ainsi, Agamemnon et Iphigénie sont unis par leur décision. Il veut la sacrifier et elle est prête à le faire, ils se rangent du côté des dieux. Achille et Clytemnestre se dressent contre le pouvoir du roi et des dieux en refusant la mort d'Iphigénie. Dès lors, on peut parler de pièce des doubles, de pièce qui fonctionne sur le principe de miroir. Chaque personnage semble avoir un allié et un antagoniste.

III

Les héros tragiques

A

Une jeune fille sacrificielle

Iphigénie est prête à mourir. Elle veut défendre son père, le roi et les dieux. C’est une jeune femme qui respecte les règles établies. Elle est obéissante. Elle répète à plusieurs reprises qu’elle a été élevée pour respecter son père. Elle sait également qu’il faut faire ce que le roi ordonne. Surtout, elle ne peut affronter les dieux.
Iphigénie croit également que son sacrifice pourra apporter la gloire à son père, mais aussi à son fiancé Achille. En effet, les deux hommes sont des guerriers qui vont partir pour la guerre.

B

Agamemnon ou le dilemme tragique

Agamemnon est un personnage complexe. Il a soif de gloire, il veut conquérir Troie. Alors qu'il aime profondément sa fille, il a déjà donné sa parole à l'oracle et est obligé de sacrifier une enfant obéissante et aimante. Lorsque la pièce commence, il regrette déjà son choix.
Il essaie plusieurs fois de changer d'avis, de sauver sa fille, mais il sait qu'il est inévitable de la sacrifier. Le spectateur a de l'empathie pour Agamemnon car il comprend son amour pour Iphigénie. Mais c'est aussi un homme prêt à tuer son enfant, ce qui en fait un homme tyrannique.